Le président Macron est bon

Ecoutez ma voix, suivez mon doigt de droite à gauche et répétez avec moi :

« Emmanuel Macron a été surpris par les violences de samedi. Il est rentré d’urgence de ses vacances qui n’étaient absolument pas le tournage d’un roman photo à la neige. Il n’a pas laissé les Champs Élysées être saccagés par les black block pendant qu’il faisait nassé et gazé les pacifiques avec des lacrymos et des gaz neutralisants qui les laissent malades plusieurs jours afin de les dégoûter de revenir tout en essayant de les écraser, de les soumettre, de nier leurs droits et de les annihiler. Absolument pas. Tout cela n’etait pas une mascarade ni un stratagème pour pouvoir dire à propos de la loi anticasseurs avant son passage devant le conseil consitutionnel : regardez, quand on vous disait qu’on a besoin de ces lois, ce sont des barbares, des assassins !!! Ce n’est pas une manipulation supplémentaire pour justifier la repression, les lbd, réfuter les déclarations de l’ONU, du conseil de l’Europe, Amnesty, etc. Et faire passer de nouvelles lois liberticides.
Le président Macron n’est pas un fasciste.
Le chef Macron n’est pas au service du capital.
Le patron Macron n’est pas le pire président de la cinquième république.
On ne se souviendra pas de lui dans l’Histoire comme un ignoble personnage qui voulait reduire les moins favorisés en esclavage pour enrichir encore les plus aisés. »

Répétez 3 fois.
Répetez encore.
Répétez, les gueux !
Estimez vous heureux qu’on vous laisse encore de quoi bouffer quelques jours par semaine pour avoir suffisamment d’énergie pour aller faire tourner les entreprises de ceux qui comptent en France.
Répète jojo !

Maintenant circulez !



La guerre des Gilets jaunes

Hier on était des dizaines de milliers sur les champs Élysées. Nous qui étions le plus en bas des champs, qui marchions dans le calme, ils nous ont nassés en resserrant, en empêchant les gens de sortir. Ils ont lancé plein de grenades lacrymo, des gaz incapacitants. On montait : des grenades, on descendait : des grenades. On ne pouvait plus respirer, plus rien voir, les gens couraient déboussolés dans tous les sens puis tombaient comme des mouches en suffoquant. Je ne pouvais plus reprendre mon souffle, pendant quelques temps j’ai vraiment pensé que c’était peut-être la fin, là pour moi au milieu des champs Élysées. Il y avait non seulement cette douleur physique mais aussi cette panique, ce sentiment horrible d’être enfermés dehors là sans sortie et gazés comme des rats. C’était Auschwitz. Ce sont des pratiques fascisantes. CE SONT DES FASCISTES. A partir de là pour moi, ce n’est plus une manifestation, ce n’est plus une révolte, à ce moment précis c’est devenu la guerre. Ils peuvent sortir les canons, ils peuvent nous tirer comme des chiens, je ne me laisserai pas faire, je ne finirai pas ma vie à genou en les ayant laissés gagner. Je mourrai là bas s’il le faut, je préfère partir libre que me soumettre à ces moins que rien,  à ces voleurs machiavéliques qui se goinffrent sur notre dos, prêt à toutes les bassesses pour défendre leur pillage organisé des richesses et de la démocratie d’une nation entière. Je retournerai là bas, sur le champs de bataille et je crèverai s’il le faut. Je préfère mourir debout que survivre la tête baissée. Ils croient nous écraser mais ils dressent des soldats. C’est la guerre.



Eh Manu

Tu peux gesticuler autant que tu veux à la TV mais c’est comme ça qu’on se rappellera de toi. Bienvenue dans l’Histoire !

 

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MACRON DEMISSION !!!


Suicide, mode d’emploi foireux (a D.J. really saved my life)

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Un jour, pendant ma vingt-cinquième ou vingt-sixième année dans la fange, bien après que le bout du rouleau fut devenu poussière, j’ai essayé de m’échapper une dernière fois. J’en avais eu bien plus que ma dose de cette douleur qui, jamais, ne m’a laissé de répit. Je venais de quitter celui que j’appelais « le chat » , après presque deux ans à vivre ensemble une relation caractérielle et destructrice. Un après-midi, alors qu’il travaillait et sans le prévenir au préalable, j’avais déménagé dans un tourbillon toutes mes affaires de sa maison et je m’étais installé dans le logement d’urgence d’un foyer de jeunes travailleurs, une chambre sordide dans une bourgade glauque à vous donner la chiasse. Le soir même, j’avais réalisé que j’étais bien plus accro à mon bourreau que je ne l’avais envisagé. J’étais alors devenu obsédé par l’idée de le reconquérir mais je ne rencontrais de sa part qu’un refus catégorique et obstiné. Avec sa bienveillance coutumière il m’avait même fait comprendre que ma fuite lui avait rendu service :

– Si tu n’étais pas parti, je crois que je t’aurais foutu dehors.

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Je savais que cette relation était nocive mais sans elle je me sentais encore plus perdu. Il m’apparaissait que d’une manière ou d’une autre, dans la solitude ou la compagnie, sobre ou défoncé, à la campagne, à la ville, j’étais incapable de trouver l’interrupteur qui rallume la lumière. Il n’y avait pas d’espoir pour moi, ici, aucune raison de prolonger ce calvaire.

Pour soutenir mon addiction aux anxiolytiques et autres psychotropes, j’avais à ma disposition de nombreuses boîtes de drogues ainsi que tout un stock de substituts au tabac que j’avais probablement volé au greffier, visiteur médical ou qu’il m’avait donné pour m’inciter à arrêter de fumer. Pensant qu’une dose intense de nicotine aiderait peut-être les pilules à achever mon cœur, j’ai méticuleusement recouvert mon corps de patches, de haut en bas puis j’ai avalé ma pharmacie et me suis couché dans le noir.

Je suis resté comme ça un moment mais mon désespoir était si froid que j’ai décidé de partir avec la radio dans des écouteurs pour qu’elle me procure un semblant de compagnie, une minuscule étincelle pour me réchauffer un peu. Je n’ai pas envisagé qu’une étincelle suffit parfois à raviver les cendres.

Je suis allé cherché la radio puis, une fois les écouteurs sur les oreilles, j’ai recommencé à attendre. C’est alors qu’un morceau que je ne connaissais pas s’est fait entendre, un de ceux qui vous tient captif, haletant dès la première écoute et qui n’est pas fini que vous avez déjà envie de le rejouer. Je me considérais athée depuis déjà des années, je n’avais aucune foi en un autre monde ou un retour possible. J’ai soudain réalisé que si je partais, je ne découvrirais plus aucune chanson, je n’entendrais plus jamais celle-ci et cette idée m’a semblé intolérable. J’ai décidé d’ouvrir les volets et d’aller demander de l’aide auprès du personnel du foyer.

C’est une chanson qui m’a « sauvé la vie ».

J’ai été conduit aux urgences où j’ai été malmené par un docteur odieux qui condamnait mon geste et semblait vouloir me donner une leçon en me traitant comme un moins-que-rien. Le chat est venu me visiter à l’hôpital et m’a apporté un roman policier, un genre qu’il me savait détester formellement, un bouquin de Mary Higgins Clarke nommé « Comment te dire Adieu ». Quand, devant ce titre, j’ai mentionné son manque de subtilité et sa cruauté, il a fait mine de l’avoir choisi au hasard mais je n’étais pas dupe, il était bien trop retors pour ça.

Mon existence dans la fange à continué à être une torture. Il m’a fallu des années pour dompter la douleur mais j’ai découvert d’autres morceaux et j’ai eu de nombreux coups de foudre. Il y a peu je suis tombé sur « Saltwater » de Chicane et toute cette histoire est remontée à la surface. Il se pourrait bien que ce soit le morceau en question, j’ai envie de le croire.

Merci donc à toi, Chicane, d’avoir rallumé les braises avec ces dix minutes parfaites. Merci à tous les autres artistes qui ont rendu mon voyage parmi les humains en devenir  un peu plus acceptable.

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Chicane, Saltwater



Le serpent (Hasta siempre, eh, pédé !)

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Version 1 :

(…) Je demande alors aux forces qui m’entourent si j’ai gâché tout ce temps, s’il en reste assez pour accomplir ce que je viens écrire ici. Peu de temps après, je m’endors.

Je reprends conscience de l’autre côté, sortant d’un immeuble, une serviette à la main, pour me retrouver, l’air affairé sur l’imposante avenue d’une cité. Je dépasse un groupe assemblé au milieu du trottoir quand une voix lance en espagnol :

  Dis-donc, il n’y a que des pédés dans ta famille d’accueil

Incertain sur la dernière sanction, je suis, sans ambivalence, sûr de moi comme du maricón en question. En me demandant si je suis de retour à Valence, je toise ce grand monde d’un œil intense. La voix me répond dans un français parfait :

  Pédé ! 

Je fronce un peu pour les voir mieux. Ce sont des gitans.

J’ai peur.

Je commence à chercher une manière de fuir quand une toute petite vieille au teint gris, le cheveu bien tiré, se détache de la bande pour se presser contre mon flanc. Elle lève la tête au ciel et mime une si sombre affliction, les mains jointes sous son menton dans des incantations. Je n’entends rien de sa litanie mais, dans l’espoir de mes sous tirer, elle prétend sûrement que je l’ai bousculée. Je me tiens prêt pour la joute des mots mais elle repart dans le nombre en me laissant stupide puis, un homme, son ombre, s’avance sur moi. Je suis charmé par le regard de braise, les cicatrices, la bouche édentée. Tout y est. Jusqu’à la main calleuse qui découvre, une lame après l’autre, un jeu entier. La peur devient terreur.

  C’est bien ici, le terminus, n’est-ce pas ?!

Fou de panique, je cherche autour de moi une autre sortie. Si je cours très vite sur la route en longeant le trottoir pour éviter les voitures, je pourrai peut-être en échapper. Je n’ai pas le temps de le découvrir, je suis emporté loin de la scène et, tout doux, dans les ténèbres, un compteur d’essence vole jusqu’à moi. Il est à l’envers, le rouge sur la gauche. Sur la jauge de ma sombre vie, le réservoir ne contient plus qu’un cinquième. Puisque j’approche des quarante ans, il m’en reste encore dix, peut-être quinze jusqu’à ce que la main du destin ne se charge de moi.

  Hasta siempre, eh, pédé!

J’ouvre les yeux, bouleversés. Par terre, à côté de mon lit, je trouve une feuille qui était tomber là gentiment. J’attrape un crayon sur ma table de nuit. Je note la prophétie puis je sors le tarot pour m’en tirer l’âme au clair : la papesse, l’arcane sans nom, le chariot. Le message est limpide :

Pour le poète, la faucheuse sur la voie express ! (…)

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Version 2 :

(…) Suivant les souffrances de son existence, je supplie d’insistance les forces en instance. Qu’elles me laissent savoir si j’ai gâchées ses saisons, si j’en dispose d’assez pour signer ma mission.

Ensuite, je succombe au sommeil.

Je me ressaisis, sortant en songe d’une succursale, l’air assagi dans l’immensité d’une cité sale. Je dépasse une assemblée sur le pavé lorsqu’en espagnol, une sanction est lancée :

   Dis-donc, il n’y a que des pédés dans ta famille d’accueil ? »

Restant ambivalent sur le sens avancé par l’ultime sentence, je suis à l’évidence, sûr de moi comme du maricón en présence. Je les toise, intense. De nouveau, Valence ? La voix semblant lire mes pensées, réplique dans un français parfait :

   Pédé ! 

Je fronce un peu, pour les voir mieux. Des bohémiens. Par dix au moins.

J’ai peur.

Une minuscule ancêtre, au teint plus gris que blanc, sort de l’ensemble pour se presser contre mon flanc. Là, face au ciel, grimace une si sombre affliction, mains jointes à son menton susurre incantations.

Je ne saisis syllabe de sa supplique.

Elle doit scander que je l’ai bousculée, dans l’espérance de mes sous tirée. Sur le point de siffler mots, je suis laissé pour sot lorsqu’elle rejoint le nombre et c’est un homme, son ombre qui s’avance sur moi. Je sombre en désarroi, charmé par le serpent. Ses yeux de flamme, ses cicatrices, son rire sans dent. Jusqu’à la main d’écailles qui découvre en son creux, une lame après l’autre, tout entier, son jeu. La peur se mue terreur.

   C’est bien ici, le terminus, n’est-ce pas ?!

Désespéré, je cherche une autre issue. « Cours vite sur la route, à longer le trottoir, échapper des voitures, t’en sortira peut-être ». Pas le temps d’en trouver, je suis loin désormais. Un compteur d’essence volant au pas, traverse les ténèbres jusqu’à moi. Le rouge est à l’envers sur la jauge de ma vie, et dans le réservoir : un cinquième d’énergie ! Puisque j’approche du quarantième automne, une dizaine avant que la mort ne sonne.

   Hasta siempre, eh, pédé!

Je me réveille, bouleversé et cherche de quoi noter. Sur le sol, une feuille bienveillante tombée près de mon lit. Je trouve un aimable crayon sur la table de nuit. Pour m’en tirer l’âme au clair, sors des tarots : la papesse, l’arcane sans nom et le chariot. Le message des sages à la prophétesse : La faucheuse vient sur la voie express. (…)

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Allo Simone, je ne vous entends pas

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Rita s’en va

 J’ai traversé seul les vestiges de la ville glace maudite. Le printemps ne s’y était pas montré depuis trois mille hivers. Les rats devenus rois n’avaient de préoccupation que pour le clinquant, leurs dieux étaient des pies voleuses* aux instincts malfaisants. Il était déjà tard quand j’ai croisé Rita en longeant la rivière. Dans ses yeux, la lumière s’éteignait. Elle ne pouvait plus porter ses dix ans de vie de chien, elle se mourait d’effroi. Bientôt elle se prosternerait devant les abattoirs avec les autres ombres. Elle oublierait la Vie, les couleurs et les vraies friandises. Les tambours de l’Appétit Féroce Que Rien n’Éteint Jamais seraient devenus les seuls à battre dans son cœur. A la fin de son errance servile, dans le murmure d’un soupir fatigué, elle disparaîtrait sans rien ajouter. J’aurais voulu l’aider mais comme j’approchais, elle s’est enfuit dans la nuit. Elle avait pris ma main tendue pour la promesse de nouveaux coups.

Pardon.

 

*des pies voleuses mâles

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Chloe Charles (avec The Sweetness) – God is a toad



Dr Sigvard d’Urdelaffoeil, Plantologue agréé

Diplômé de la Faculté de Plantologie Appliquée à Mequouille (Bordeaux V).

Reconnu d’utilité publique par un colloque de 17 pairs.

Ensemenceur officiel de la République. Autorisation 153.123.0.1

VU A LA TV

Accepte bitcoins, coupons sex-shop, et prières.

 

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La vie secrète des plantes, un documentaire des années 80 passionnant sur les plantes : sont-elles douées de sentiments, peuvent-elles apprendre le japonnais,  savent-elles danser ? Malheureusement, je ne trouve plus de version française :

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Brûle

Extrait de mon manuscrit en cours.

(…) Je t’attends depuis quarante ans, je t’ai cherché partout où je me trouvais, j’ai examiné le moindre recoin de la fange, scruté jusqu’aux regards vides de chaque ombre que je croisais dans l’espoir de t’apercevoir enfin. Un seul moment d’inattention et, soudain, tu es là, à quelques centimètres, dans cette voiture. Ma triste vie entière, tu m’as manqué comme la première des nécessités, si bien que je ne sais par quel miracle j’ai rampé jusqu’à toi, et maintenant que je n’aurais plus qu’à tendre la main pour sentir ton corps, je ne le peux pas. Depuis le premier jour, je suis maudit.

 Je me répète que ce désir qui monte n’est que la progéniture de ma solitude et de mon désespoir, un nouveau mirage dans mon désert. Je suis un simple passager qui aura disparu de ton rétroviseur dans quelques heures. Sans réagir, je t’écoute piétiner la flamme, invoquer ta femme et tes enfants, je te regarde jeter cette couverture sur les braises qui refusent de s’éteindre. Je la ramasse quand elle prend feu et je m’en drape en souriant, qu’elle ose me réduire en cendre !

 Je te lance des vérités philosophiques fondamentales : que je suis un être humain avec un corps et ses contingences. Je pète, je rote, je transpire, je pisse, parfois le tout à la fois et je refuse de me sentir encore coupable de ces figures imposées. C’est sûr qu’on n’entend personne en parler dans les salons littéraires bien que malgré toute cette retenue, la puanteur persiste. Aucune pécore de la télé ne s’extasiera sur le sujet parce que, à l’évidence, ses maîtres vendraient bien moins d’anxiolytiques, de graisses, de sucres et de couvertures de survie à des gens sains qu’à des névrosés dévorés par la peur, la honte et leurs cortèges de maladies, des fous qui se tirent les uns sur les autres ou s’empoisonnent eux-mêmes.

 Je te parle de ma vie. A moi. La mienne. La seule que je veux diriger. Je me dévêtis, je veux être nu, âme et corps au vent, parce que ce doit être beau d’être libre, avec toi. Avec quelqu’un qui voudrait jouer le jeu d’être humain, vraiment, quelqu’un qui voudrait briser toutes les chaînes que ses prédécesseurs imposent pour que l’élite de rapaces perdure. Un autre qui pourrait dire, à la fin de son crépuscule, avant de repartir, qu’il a fait tout ce qu’il pouvait pour s’élever.

 Pourtant, parfois, tu essaies de faire briller ton plumage avec des babioles argentées qui traînaient par là. Ce plastique ne fait que t’enlaidir. Je me tais parce que tu me donnes chaud, parce que je veux que tu continues à parler mais c’est pur que tu m’enivres, que je pleurerais pour en avoir encore. Quand je fais mine de détourner la tête, je te sens me regarder du coin de l’œil. Je lance un trait d’humour à mon reflet dans la vitre. Un rire t’échappe et, vite, je trouve n’importe quoi pour qu’il résonne encore. Je découvre peu à peu que je n’ai jamais eu d’autre destination que tes côtés et que quel que soit l’endroit où ta voiture me jettera, sans toi ce sera l’enfer ! S’il te plaît, tue-moi tout de suite, délivre-moi si tu ne fais que passer. Je suis si fatigué, je ne tiendrai plus longtemps. Ma chandelle me brûlera de bout en bout si je dois continuer sans toi. (…)



La peur

Quand je lui raconte toutes ces tristes mines que je croise en me promenant au bord de la rivière, Daniel me dit que les gens ont peur de moi.

Le lendemain, en rentrant de ma balade, je trouve sur le trottoir un groupe, dont le dos d’un homme qui me barre le passage. Soudain, la mégère qui nous fait face me jette un regard terrifiant de haine et lui lance :

- Attention à toi !!

Elle s’est fardée mais ne me trompe pas. Voilà de nouveau cette peur. Les mots en sont révélateurs autant que mon sentiment. Perturbé par l’œil que cette femme me porte, les pas m’emmènent au loin et je ne trouve qu’un « Pardon » à lancer, aussi neutre que possible, en articulant bien.

Ma peau métissée est de plus en plus difficile à porter ici. Ma nouvelle barbe n’y arrange rien. Quant à mes yeux ouverts, ils sont dérangeant. Tant pis, je ne suis pas responsable de l’ignorance ni de ce qui agite les si petits papiers des marchands de peur et leur boîte de contrôle, votre cage maintenant plate. En continuant ma route, j’ai préparé la répartie que j’aurais voulu servir, celle qui attendra la prochaine occasion :

- Rassurez-vous, braves gens, je ne mors que si j’y suis invité. Faut-il encore que la proie soit à mon goût.

Regardez-vous, tout tremblotant.

 

 

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Assassin, Esclave 2000 (enfin mort en 2015 ?)

 



 

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