Archive pour décembre, 2006

Avis de recherche

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Je rentre du secours catholique. J’étais assis en train d’attendre mon tour. La tristesse m’avait envahi en constatant que je ne pouvais pas accéder à mon suivi conso téléphonique par le wap à cause de « factures impayées », dixit le message qui s’affichait sur mon écran en tentant la connection. Le spleen se renforça quand je refusai de m’inscrire pour le réveillon de Noël de l’association en disant au gentil monsieur qui me le proposait que ça me ferait cruellement penser à ma famille. Ce sentiment s’était encore accentué en entendant « je vous donne deux litres de lait car on n’a pas grand chose ». Puis mes yeux tombèrent sur le sapin de noël qui trônait dans un coin de la pièce et descendirent jusqu’à la crèche. A peine avais-je eu le temps de m’imaginer les bénévoles froissant le papier sur lequel elle repose que je constatai qu’il y’avait seulement 3 ou 4 personnages mais pas… Jésus. Sa couche, qui semblait être un bout de bois, gisait là, vide. Ce constat finit d’achever mon moral, c’est un symbole si peu subtil de cette époque et du desespoir qui m’envahissait: Jésus a disparu de la creche de Noël du secours catholique…

 

J’ai cru un instant que je l’avais retrouvé: rael.gif

Et puis non.

 

PS: A l’instant où j’écris, un ami me confirme sur msn une idée qui, quand même, m’avait traversé l’esprit : les cathos ne mettent Jésus qu’à Noël. Ils tuent le symbolisme !!! ARF

 

 

 

 

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Je t’aime. Moi non plus.

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Encore un journée où je n’ai rien fait. Je suis sorti du lit à 18h et j’ai trouvé sous ma porte une lettre de ma mère avec les 10€ que je lui avais demandé. Je ne l’ai pas lu, une phrase m’a suffit : « je n’aurais pas cru que tu serais devenu comme ça ». J’ai pris le billet, l’ai glissé dans mon portefeuille et j’ai réfléchis à cette phrase en prenant ma douche. J’ai envoyé un texto de remerciements puis je suis parti dépenser le billet dans un paquet de tabac et quelques aliments nécessaires. En marchant dans le supermarché avec mon portable en mode calculatrice je me suis demandé si ma mère avait déjà eu besoin d’une calculette pour faire ses courses, si elle avait déjà été à 1 euro près comme ça m’est déjà arrivé à plusieurs reprises. Sur le chemin du retour je me suis décidé à appeler ma grand mère, en me disant « j’étais déjà déprimé alors un peu plus un peu moins… ». La conversation a été assez calme, je me suis même senti coupable. En raccrochant, devant la porte d’entrée de mon immeuble, j’ai constaté que j’avais un sms de ma soeur. En fait, ma mère ne sachant pas les écrire a demandé lui a demandé de le faire pour elle. « Salut c maman, si tu veux de l’argent tu a ka prendr t jamb à ton cou é alé travaillé en esperant ke la nouvelle année te rendra courageu bisou bon soiré. Je n’ai pas pu attendre d’être en haut pour répondre. Je savais que j’aurais du laisser couler et être plus intelligent mais j’en étais incapable. Le premier truc qui m’est venu c’est un laconique « je t’emmerde ». J’ai songé sérieusement à envoyer juste ça et puis j’ai réfléchi, cherché quelque chose de désagréable. Dans les escaliers j’ai trouvé: « en 2007 je changerai peut être de numéro, me mettrai sur liste rouge et je ne te donnerai ni adresse ni nouvelle ni numéro de téléphone. Ca m’évitera de recevoir des messages désagréables et infantiles ». Le pire c’est qu’à la clinique, après un appel de ma mère et ,cerise sur le gateau, de ma grand mère, complètement anéanti j’avais énvisagé sérieusement cette possibilité. Je tiens à ma maigre santé mentale alors si je dois être laminé à chacune de nos conversations, autant ne plus en avoir . En arrivant, mes courses à peine sorties du sac, j’en ai envoyé un autre: « Moi je pourrai dire un jour « oui j’ai eu faim, oui parfois il me manquait même 1cts ». En 2006 j’ai fait le choix de m’occuper de moi enfin, de voir ce que je cachais sous les drogues. Peu ont le courage de le faire. Alors je devrais rire quand tu parles de paresse. Je vois mon psy 2 fois par semaine et je fais un travail que tu ne comprendras jamais.J’en suis à un évenement de mon enfance qui a foutu ma vie entière en l’air. J’ai le courage de faire ce travail là devant l’incompréhension de tous. Je ne te demande pas ta bénédiction, je n’en ai pas besoin ». Ca ne suffisait pas, j’en ai écrit un troisième : « ne me parle pas de courage, tu ne sais pas ce que c’est. Tu ne connais pas le courage qu’il faut pour dépasser le manque et tu ne sais pas à quel point ma vie a été douloureuse, toujours. Tu crois qu’on tente de se suicider à 12 ans pour rien ? Tu ne sais pas quel courage il m’a fallu pour être en vie aujourd’hui. Ce courage là, j’en suis fier. »

Ca m’a presque calmé. La souffrance que j’ai connu, elle ne l’a comprendra, ne la croira jamais, je le sais. Alors pourquoi perdre du temps avec ces mesquineries ? Je lui en veux, je leur en veux d’avoir laissé passer cette tentative de suicide et celles qui ont suivi. Je ressentais le besoin de parler de cet évenement dont je ne me rappelle plus. J’avais besoin d’être plaint, un besoin infantile de l’être.

J’ai connecté l’ordi et passé le début de soirée sur msn. J’ai regardé si John était là puis, ne le voyant pas, j’ai débloqué Pablo et Julien. J’ai d’abord conversé avec l’espagnol. Il était triste parce qu’il lui semblait qu’il ne trouverait jamais l’appartement qu’il veut acheter, essuyant, dit-il, refus sur refus. J’ai essayé de le faire relativiser, en vain. Je lui ai même parlé de ma situation, autrement plus catastrophique. Ca n’a pas vraiment marché. On a fini la discussion en parlant de mon total décalage horaire et que ça devrait changer. Ses arguments ne m’ont pas convaincu alors j’ai esquivé quand il m’a demandé de lui « promettre » de me coucher tôt.

A peine était-il parti que Julien est arrivé. Pas en forme lui non plus. Nous avons eu une longue conversation durant laquelle nous nous sommes livrés, plus que jamais nous ne l’avions fait. C’est un gentil garçon, ça semble même quelqu’un de bien. Un de ses problèmes c’est son ex qui vit encore chez lui. Il est dépréssif, sans emploi et sans réelles possibilités de trouver un appartement. Le fait qu’il ne soit pas indifférent à la situation de celui qu’un jour il a choisi pour partager sa vie me touche. Il trouve qu’il n’a « pas assez de couilles » (expression que John affectionne lui aussi), moi je trouve qu’il est simplement humain. Il n’arrive pas à admettre qu’il l’aime encore. J’ai fini par lui dire ce que je pense ou presque: qu’il doit laisser à son ex l’opportunité de se retrouver face à lui même, de s’occuper enfin de ses problèmes. Je lui ai parlé de ma vie juste avant l’entrée en clinique, de ma nécessité de toucher le fond pour enfin m’affronter sans fard. John, hier, me demandait le déclic qui m’avait décidé à arreter les drogues. C’est une suite de détails mais j’ai réalisé en en parlant à Julien que si je l’ai fait c’est aussi parce que j’étais deescendu plus bas que jamais. J’en suis même venu au constat que si Léo, mon ex, ne m’avait pas laissé tombé totalement je ne l’aurais paut être pas fait. Je n’avais plus rien: plus de job, plus d’appartement, plus d’argent et presque plus d’amis. Même si aujourd’hui ma situation est aussi dramatique je suis clean, peut être mieux que jamais et j’avance dans ma thérapie. J’ai dit à Julien « laisse lui toucher le fond » , je n’ai pas eu la force de lui dire plus clairement « laisse le tomber ». Tout ça est parti de la simple phrase d’une chanson de la Mylène: « je te laisse parce que je t’aime ». J’avais toujours vu cette phrase comme « je t’aime, si je te laisse c’est parce que je suis juste capable de te pourrir la vie et je te veux heureux ». Aujourd’hui je l’ai vu dans le sens « je te laisse pour que tu puisses te trouver car avec moi tu n’y arriveras jamais, quoique je fasse je suis incapable de te rendre heureux, tu dois trouver la force en toi seul ». La vie est surprenante: merci à Léo de m’avoir laisser tomber, je devais me relever tout seul !

Une nouvelle nuit d’errance sur le web. Demain je vais au secours catholique chercher un « colis alimentaire ». Je vais donc passer une nuit blanche pour être debout. Ce n’est qu’à partir de 14h mais j’en suis au point de dire que pour moi c’est l’aube. Je vais mettre en profit la matinée en m’occupant un peu des choses que je laisse dangeureusement en suspens: aller aux ASSEDIC, à la sécu. Quand je ne dors pas je suis étonnament en grande forme, souvent même éxalté et les choses me semblent plus faciles. Si je suis seul pour Noël je veillerai la nuit du 23 au 25 pour jouer la Belle au Bois Dormant pendant le réveillon. Mes noël sont chaque année de plus en plus originaux. Cependant à ce niveau j’aspire à une certaine norme. L’année prochaine peut être …

 

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Paralysé

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Entretien avec le psy cet apres midi. Il pense comme moi, j’étais déjà cassé. Alors quoi, qui, comment, où ? J’ai mal mais je ne sais pas ce qu’il faut soigner, sur quelle plaie il faut mettre un pansement. Frustration: je n’ai pas réussi à parler de toute la séance, je suis là aussi bloqué, j’en ai conscience mais je n’arrive pas à le changer. C’est comme si de mon enfance je ne gardais aucun souvenir précis, juste une certaine nuance. J’en veux à John pour le « libre arbitre ». Cette nuit là, quand ma cousine a voulu coucher avec moi, je ne voulais pas, mon libre abitre avait dit non et moi je faisais l’inverse. Encore aujourd’hui je me sens paralysé, j’ai plein de papiers à envoyer, de choses à gérer et je n’y arrive pas, je suis bloqué, engourdi. Comment lui faire comprendre que non, même quand tout semble montrer qu’on a le choix, et bien parfois on ne l’a pas ? Je ne sais pas dire non, si je ne sais pas le prononcer, comment le dire ? Le psy dit que je me suis construit sur des mauvaises bases… La séance était une torture, on voudrait parler,on en crève d’envie, mais on ne peut pas, on est « emprisonné ». Combien d’années que je survis sans jamais vivre ? 25, 29 ? J’en pleurerais. Qui pourrait bien comprendre ? Tout le monde minimisera. Seul car présumé incompris. Je me demande si je ne reste pas seul pour ne pas ressentir cette immense frustration de ne pas pouvoir dire, expliquer, de rester sans mot ? J’ai 30 ans et l’impression de ne jamais avoir vécu, d’être un enfant. Je suis un petit garçon qui ne sait pas s’occuper de lui même, qui n’ose pas traverser la route sans qu’un grand lui tienne la main. Je voudrais me rappeler, ça m’obsède. Je n’ai jamais été si prêt du but et pourtant encore il m’échappe.

La diva dine chez la voisine, dans l’appartement du dessous, un enfant pleure et personne ne semble s’en préoccuper. Le destin est joueur et assez cruel de m’envoyer ce message. J’ai voulu tuer l’enfant qui est en moi mais c’est l’apaiser, lui dire qu’il peut grandir, que personne ne lui veut du mal ce qu’il faudrait faire. Il n’y a plus vraiment personne autour de moi, est-ce une manière d’éviter d’avoir mal, d’être blessé ? Tout ce que j’ai (rien) contre un jour de bonheur, un jour de quiétude.

Je n’ai plus que des pates à manger, la dernière boîte de sauce tomate vient de passer dans l’assiette que j’ai du mal à avaler. J’ai envoyé un sms à ma mère, lui demandant si elle peut m’envoyer 10€. J’ai éteint le téléphone aussitôt, je ne veux pas parler, à personne. La pensée de ce noël seul me galce. Si je prenais encore des cachets, j’aurais multiplié la dose par 10 ce soir là afin de dormir et me réveiller comme si ce jour n’avait jamais existé. 3 jours après j’aurais 31 ans. Malgré tout ça j’ai encore l’espoir d’un futur meilleur , et ça en somme c’est incompréhensible. Après tout, je n’ai plus que mon toit à perdre… Néanmoins quand on pense qu’on vit le pire la vie vous rappelle souvent qu’il y’a encore pire, toujours pire. Avant de prendre le bus tout à l’heure j’ai vu un papa qui tenait par la main sa petite fille. Elle n’avait pas de cheveux sur la tête. Ca semblait être le signe d’une chimio. J’ai eu honte de me plaindre. Cependant ça ne minimise pas ma propre douleur, mon incapacité à vivre.


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Tea time

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Seuls, nous sommes seuls. Même accompagné je resterais seul. Alors pourquoi aimerais-je tellement l’être, accompagné ?!! Hier Francis, que j’ai rencontré sur un ‘tchat’ homo m’a demandé si je voulais aller boire un thé avec lui aujourd’hui dans un bar de Toulouse. J’ai dit oui en pensant « non mais il faudrait bien que je me décide à rencontrer « du monde ». J’étais en train de discuter (toujours sur msn, mon qg) avec John, un ami marseillais. Il m’a conseillé de le voir. Il a raison , il faut tenter, oser le rencontrer sinon comment savoir si c’est Lui, celui que j’espère depuis si longtemps maintenant ? Pourtant je sens bien déjà que ce n’est pas Lui. D’ores et déjà, par nos nombreuses discussions je vois bien que Francis et moi nous n’évoluons pas dans le même univers. Néanmoins qui évolue dans mon univers ? Personne. Il s’agit alors peut être de vérifier que ce n’est pas lui. Tout prendre à l’envers, bouleverser les shémas pour arriver ni plus ni moins au même endroit: seul , seul et froid. L’idée de boire ce thé avec lui m’effrayait: j’avais peur de ne pas savoir dire non s’il voulait coucher avec moi. Avec combien de mecs ça m’est arrivé de ne pas dire non pour ne pas leur déplaire ? John m’a rétorqué « libre arbitre » mais je n’ai pas réussi à lui faire comprendre à quel point cette notion est floue quand on a une conduite pathologique comme la mienne. Je passe ma vie à vouloir plaire aux autres, la séduction est le seul mode de fonctionnement que je sache utiliser. Quand je ne le fais pas pour quelqu’un qui éxiste vraiment en dehors de moi, je le fais pour celui que j’invente, inconsciemment dans ma tête. L’enfant que je reste n’a jamais su (pu ?) dire non. Il fait ce qu’il imagine que les autres attendent de lui.

Dans l’idée de cette rencontre je me suis levé plus tôt que je voulais. 14h30: certains diront que j’abuse, que je ne me suis pas levé tôt mais quand on a l’habitude de se lever à 16 ou 17h, et bien c’est un changement, c’est déjà faire quelque chose pour quelqu’un. Je me suis douché et habillé, j’ai fait mon lit. Tout ça je l’ai fait pour pouvoir être pret à partir dès que Francis le voudrait. Déjà j’étais à sa disposition et ne voulait pas le faire attendre. Quand je me suis connecté il n’était pas là. J’ai envoyé un sms pour lui dire « je suis sur msn », ce qui sous entendait « je suis à ta disposition pour aller boire ce thé ». Il n’a pas répondu. Je n’ai pas dit à John, que j’avais retrouvé sur msn, que c’était insultant, ce silence, que je mérites mieux que ce « dédain ». Je pourrais faire la liste de ce que je n’ai pas dit, de ce que j’ai retenu pour ne pas paraitre arrogant et égocentrique: comment me permettrais-je , je n’ai aucune importance ! Francis s’est connecté, je n’ai pas parlé de ce thé, lui non plus. Et puis j’ai sauté sur l’occasion quand il m’a demandé si j’étais sorti cet apres midi : « en fait je pensais que tu voulais boire un thé avec moi… ». Il m’a dit qu’il n’y a plus pensé avant d’ajouter devant mon silence qu’il se sent « épié par son ex qui vit encore chez lui ». J’ai creusé jusqu’à ce qu’il « avoue » que ce n’était pas son ex le jaloux de l’histoire mais lui, qui a mal de voir son ex prendre son envol. Rencontrer quelqu’un d’autre c’est probablement l’autoriser à prendre cet envol. Peu importe, j’ai dit « c’est pas grave ». Pour un peu c’est moi qui me serait excusé…

J’ai continué mes conversations msn, suis tombé sur Pablo, un espagnol rencontré sur le même site il y’a quelques temps. Pablo est aussi un timide, il trouve des excuses pour repousser une rencontre où nous devons « faire des calins ». J’ai décidé alors de le brusquer, d’accélerer les choses. Quelle est la part de moi qui la fait pour correspondre à l’idée de John qu’il faut oser ? J’ai dit « il faudrait qu’on se rencontre enfin, tu es libre maintenant ? »; il rentrait de Barcelone, était fatigué. « Et ce soir ? -Ce soir je dois diner au chinois avec des amis mais je ne sais pas si c’est toujours d’actualité. » On a changé de sujet jusqu’à que j’ose lui dire « Il faudrait que je sache si on se voit ou pas, si on ne se voit pas je prévoierai autre chose ». Je ruminais sur l’idée que je semblais à leur disposition à tous, et qu’il fallait que ça change. « Je vais appeler mes amis pour savoir » a-t-il dit .

Moi j’ai pris la décision de ne pas attendre sa réponse et j’ai débloqué Julien,lui aussi rencontré sur le même site (!!!) il y’a quelques temps. Il vit en couple mais a envie de follâtrer avec moi. On avait même convenu de se voir le week end dernier, je devais confirmer le samedi mais je l’ai bloqué. Aujourd’hui l’idée était simple: trouver un plan. Je pense que je l’ai choisi justement parce qu’il est en couple et qu’ainsi je n’ai rien à en attendre, même si je suis incapable de ne pas penser qu’il peut y avoir un coup de foudre qui le forcerait à quitter son mec pour moi. J’ai déconnecté, et débloqué en constatant qu’il n’était pas en ligne mais à peine me suis je reconnecté qu’il m’a interpellé, restant hors ligne: « Salut comment vas tu ? Tu viens faire un petit tour sur msn ! » Ca m’a flatté, je n’ai pas evoqué l’idée que j’avais de le rencontrer pour un plan ce soir. Il l’a m’a devancé en me demandant si j’étais libre vers 23h. J’ai dit oui. Il reçoit des invités à diner ce soir mais compte s’éclipser après le diner en prétextant vouloir sortir. La dernière fois il m’avait proposé de venir me chercher pour aller chez lui mais ce soir son ami est là. « Un f1 ? » J’ai dit oui, j’ai mentionné que c’etait dommage de devoir payer un hotel juste pour avoir l’air … quoi ? soucieux de son porte monnaie ? Ou pour pouvoir dire que je n’ai pas un centime (ce qui est la vérité) ? J’ai commencé à psychoter sur mon apparence, sur mon bide, je lui ai dit et il a répondu exactement ce qu’il fallait : « Je ne cherche pas un apollon du milieu, j’ai du bide moi aussi – Dans ces cas là je suis d’accord ». Je ne sais plus comment il a formulé les choses mais ça voulait dire « tu souhaites qu’on passe la nuit ensemble ? » J’ai d’abord dit que c’était comme il voulait, qu’on verrait au feeling avant de constater qu’encore une fois je laissais l’autre choisir. Je me suis alors repris: « j’aimerai passer la nuit avec quelqu’un mais peut être que tu veux rentrer chez toi … – J’ai les animaux qui m’attendent, je dois être debout à 6h – Tu as quoi comme animaux ? – Chats, chiens et oiseaux » Je me rends juste compte en l’écrivant que l’excuse parait bidon et que de tels animaux peuvent bien attendre ! Peu importe, j’étais chaud et le suis probablement encore même si je n’en ressens pas les « symptômes ». Néanmoins depuis qu’on a convenu d’aller à l’hotel je ne peux m’empecher de me dire que je me fais penser à une pute. Quand Pablo s’est reconnecté je lui ai dit « bon je vois un mec pour baiser ce soir, je ne pouvais pas prévoir ma soirée en fonction d’une hypothétique rencontre… – Je comprends, je vais au chinois » a-t-il dit avant de me poser mille et une question sur le mec en question. A la fin il m’a dit « en fait je suis jaloux  » . J’ai trouvé ça curieux pour quelqu’un que je n’ai jamais vu mais ça m’a fait plaisir. Je lui ai dit « j’ai l’impression d’être une pute, a caude de l’hotel », il a dit qu’il comprenais alors que j’attendais qu’il dise « n’importe quoi ! » ou quelque chose de ce goût là. Pourtant si je fonctionne avec ma raison je me rend bien compte que c’est idiot. Néanmoins cette idée ne veut pas me quitter. L’idée d’être un objet sexuel pourrait même bien m’exciter.

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Chronique d’une vie.com

Pour la deuxième fois j’ouvre un blog. Est ce que je vais m’y tenir ? Etre rigoureux n’est en général pas mon fort… D’ailleurs pourquoi sur tous les profils astrologiques du Net Libre je lis que les capricornes le sont ? Je n’ai encore surement pas du me révéler à moi même. La quête de soi est la mienne, jour après jour. Je ne sais toujours pas qui je suis et pourtant j’ai terriblement besoin de certitudes. La toile devient quasiment  le seul monde que je fréquente. S’y perdre… Ca me rappelle un texte que j’ai écrit voici quelques semaines. Comme je suis enrhubé et je n’ai pas les idées claires je vais le copier ici…

 

Je relis son sms et pose mon téléphone. Clic gauche, j’ai le monde au bout des doigts, effaçable, reformatable à l’infini, Internet m’a manqué et cet ordi presque autant qu’un ami. Ici tout est chimère, c’est finalement ce que j’y cherche. Entre deux bandeaux publicitaire un apollon m’invite à l’amour. On peut s’y perdre, qui peut veut parfois. Un clic et les Etats Unis me regardent regarder ma caméra. Je suis à Washington,à Nancy et à Rome,un autre Narcisse, une autre époque. S’y perdre, s’y dissoudre en pixel. S’y chercher? Surement pas.L’essence de ma quête est pourtant là: une conversation sans fin, d’un contact à un autre, de branche en branche,de l’Ouest à L’Est.C’est grisant. Ou est l’Autre? Qui est-il ? Est-ce si important? L’Autre c’est moi qui le regarde me toucher en se touchant. C’est une réalité qui me plait: simple dans sa complexité. Ils t’énervent, mieux à faire, clique droit tu bloques. Clique droit encore, tu reprends. Rien ici n’est naturel, pas plus que moi et mes civilités presque oubliées pour un temps. Je tends la main pour ouvrir mon frigo minuscule,songer à commander sur fauché.com. Je regarde la météo des Hybrides presque aussi peu importante que celle derrière les volets fermés, au dessus du radiateur. Je rêve sur cette plage jaune soleil. Il s’agit d’oublier le corps chaud qui manque à mes cotés. Je clique encore, un oracle informatique me dit que « ça viendra », me dit que la patience est La Qualité. Je regarde la pub d’un chien robot qui semble faire l’affaire: 1500 fonctions jusqu’à la crotte du matin, port compris. Ou est le Vrai ? Surement au milieu de toute ces lumières blafardes. « Vous voulez connaitre la Vérité? »: l’affiche d’un film d’anticipation s’étale. C’est sûrement par là. Clic gauche. Un numéro de carte bleue suffit. Une voix metallique m’avertit d’un courrier.  » Plan Branle par cam, tré cho ». Un expatrié à Singapour.Je consulte mon agenda numérique, favori numéro 4: rien avant un rendez vous sur ma messagerie instantanée. Je fonce, je clique, gauche. C’est beau Singapour. J’avais pas imaginé ça comme ça, il y’a aussi des rainbow flags ! Comment se sentir perdu ?!!Je jouis, clique gauche, je raccroche comme on remonte son pantalon trop vite. Mon rendez vous est à l’heure. Discussion vive sur les républicains de l’Amérique, la seule, celle de google et ebay puis sur la mode, la vraie, celle de la page gautier.com en bas à droite. Les critiques de la page fashion.net.gouv.org.com sont unanimes, pas nous. Il quitte la messagerie, j’ai fini mon café. Je remet un clic dans le jukebox virtuel, c’est un beau refrain. Mon film du soir est bientôt téléchargé. Un autre sms m’avertit que ce soir il ne sera pas là, qu’il vient rarement. Un deuxieme horoscope me dit « Soyez patient ». Pourquoi pas ? De toute façon tout le monde finit par passer ici à un moment ou un autre. Ou j’irais de toute façon ? Dehors y’a trop de gaz d’échappement, de bruit et de gens qui achetent le Figaro. J’ai mis un contrôle parental sur le Figaro et le code dans la Corbeille, des fois que ! Clic droit, vue du Luxembourg. Le jardin, pas la ville: quelle idée !C’est reposant, y a même des oiseaux et un écureuil en 3D.Le film peut commencer: « Le bonheur est dans le pré », remasterisé, Dolby et tout et tout. Je relis son sms. S’il ne vient pas où va-t-il donc ? Il doit y’avoir une nouvelle messagerie qui m’enverra sa pub dans le prochain courrier.Rien de grave puisque j’ai mon portable. Clic droit,j’éteins la lumière.

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