Je t’aime. Moi non plus.

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Encore un journée où je n’ai rien fait. Je suis sorti du lit à 18h et j’ai trouvé sous ma porte une lettre de ma mère avec les 10€ que je lui avais demandé. Je ne l’ai pas lu, une phrase m’a suffit : « je n’aurais pas cru que tu serais devenu comme ça ». J’ai pris le billet, l’ai glissé dans mon portefeuille et j’ai réfléchis à cette phrase en prenant ma douche. J’ai envoyé un texto de remerciements puis je suis parti dépenser le billet dans un paquet de tabac et quelques aliments nécessaires. En marchant dans le supermarché avec mon portable en mode calculatrice je me suis demandé si ma mère avait déjà eu besoin d’une calculette pour faire ses courses, si elle avait déjà été à 1 euro près comme ça m’est déjà arrivé à plusieurs reprises. Sur le chemin du retour je me suis décidé à appeler ma grand mère, en me disant « j’étais déjà déprimé alors un peu plus un peu moins… ». La conversation a été assez calme, je me suis même senti coupable. En raccrochant, devant la porte d’entrée de mon immeuble, j’ai constaté que j’avais un sms de ma soeur. En fait, ma mère ne sachant pas les écrire a demandé lui a demandé de le faire pour elle. « Salut c maman, si tu veux de l’argent tu a ka prendr t jamb à ton cou é alé travaillé en esperant ke la nouvelle année te rendra courageu bisou bon soiré. Je n’ai pas pu attendre d’être en haut pour répondre. Je savais que j’aurais du laisser couler et être plus intelligent mais j’en étais incapable. Le premier truc qui m’est venu c’est un laconique « je t’emmerde ». J’ai songé sérieusement à envoyer juste ça et puis j’ai réfléchi, cherché quelque chose de désagréable. Dans les escaliers j’ai trouvé: « en 2007 je changerai peut être de numéro, me mettrai sur liste rouge et je ne te donnerai ni adresse ni nouvelle ni numéro de téléphone. Ca m’évitera de recevoir des messages désagréables et infantiles ». Le pire c’est qu’à la clinique, après un appel de ma mère et ,cerise sur le gateau, de ma grand mère, complètement anéanti j’avais énvisagé sérieusement cette possibilité. Je tiens à ma maigre santé mentale alors si je dois être laminé à chacune de nos conversations, autant ne plus en avoir . En arrivant, mes courses à peine sorties du sac, j’en ai envoyé un autre: « Moi je pourrai dire un jour « oui j’ai eu faim, oui parfois il me manquait même 1cts ». En 2006 j’ai fait le choix de m’occuper de moi enfin, de voir ce que je cachais sous les drogues. Peu ont le courage de le faire. Alors je devrais rire quand tu parles de paresse. Je vois mon psy 2 fois par semaine et je fais un travail que tu ne comprendras jamais.J’en suis à un évenement de mon enfance qui a foutu ma vie entière en l’air. J’ai le courage de faire ce travail là devant l’incompréhension de tous. Je ne te demande pas ta bénédiction, je n’en ai pas besoin ». Ca ne suffisait pas, j’en ai écrit un troisième : « ne me parle pas de courage, tu ne sais pas ce que c’est. Tu ne connais pas le courage qu’il faut pour dépasser le manque et tu ne sais pas à quel point ma vie a été douloureuse, toujours. Tu crois qu’on tente de se suicider à 12 ans pour rien ? Tu ne sais pas quel courage il m’a fallu pour être en vie aujourd’hui. Ce courage là, j’en suis fier. »

Ca m’a presque calmé. La souffrance que j’ai connu, elle ne l’a comprendra, ne la croira jamais, je le sais. Alors pourquoi perdre du temps avec ces mesquineries ? Je lui en veux, je leur en veux d’avoir laissé passer cette tentative de suicide et celles qui ont suivi. Je ressentais le besoin de parler de cet évenement dont je ne me rappelle plus. J’avais besoin d’être plaint, un besoin infantile de l’être.

J’ai connecté l’ordi et passé le début de soirée sur msn. J’ai regardé si John était là puis, ne le voyant pas, j’ai débloqué Pablo et Julien. J’ai d’abord conversé avec l’espagnol. Il était triste parce qu’il lui semblait qu’il ne trouverait jamais l’appartement qu’il veut acheter, essuyant, dit-il, refus sur refus. J’ai essayé de le faire relativiser, en vain. Je lui ai même parlé de ma situation, autrement plus catastrophique. Ca n’a pas vraiment marché. On a fini la discussion en parlant de mon total décalage horaire et que ça devrait changer. Ses arguments ne m’ont pas convaincu alors j’ai esquivé quand il m’a demandé de lui « promettre » de me coucher tôt.

A peine était-il parti que Julien est arrivé. Pas en forme lui non plus. Nous avons eu une longue conversation durant laquelle nous nous sommes livrés, plus que jamais nous ne l’avions fait. C’est un gentil garçon, ça semble même quelqu’un de bien. Un de ses problèmes c’est son ex qui vit encore chez lui. Il est dépréssif, sans emploi et sans réelles possibilités de trouver un appartement. Le fait qu’il ne soit pas indifférent à la situation de celui qu’un jour il a choisi pour partager sa vie me touche. Il trouve qu’il n’a « pas assez de couilles » (expression que John affectionne lui aussi), moi je trouve qu’il est simplement humain. Il n’arrive pas à admettre qu’il l’aime encore. J’ai fini par lui dire ce que je pense ou presque: qu’il doit laisser à son ex l’opportunité de se retrouver face à lui même, de s’occuper enfin de ses problèmes. Je lui ai parlé de ma vie juste avant l’entrée en clinique, de ma nécessité de toucher le fond pour enfin m’affronter sans fard. John, hier, me demandait le déclic qui m’avait décidé à arreter les drogues. C’est une suite de détails mais j’ai réalisé en en parlant à Julien que si je l’ai fait c’est aussi parce que j’étais deescendu plus bas que jamais. J’en suis même venu au constat que si Léo, mon ex, ne m’avait pas laissé tombé totalement je ne l’aurais paut être pas fait. Je n’avais plus rien: plus de job, plus d’appartement, plus d’argent et presque plus d’amis. Même si aujourd’hui ma situation est aussi dramatique je suis clean, peut être mieux que jamais et j’avance dans ma thérapie. J’ai dit à Julien « laisse lui toucher le fond » , je n’ai pas eu la force de lui dire plus clairement « laisse le tomber ». Tout ça est parti de la simple phrase d’une chanson de la Mylène: « je te laisse parce que je t’aime ». J’avais toujours vu cette phrase comme « je t’aime, si je te laisse c’est parce que je suis juste capable de te pourrir la vie et je te veux heureux ». Aujourd’hui je l’ai vu dans le sens « je te laisse pour que tu puisses te trouver car avec moi tu n’y arriveras jamais, quoique je fasse je suis incapable de te rendre heureux, tu dois trouver la force en toi seul ». La vie est surprenante: merci à Léo de m’avoir laisser tomber, je devais me relever tout seul !

Une nouvelle nuit d’errance sur le web. Demain je vais au secours catholique chercher un « colis alimentaire ». Je vais donc passer une nuit blanche pour être debout. Ce n’est qu’à partir de 14h mais j’en suis au point de dire que pour moi c’est l’aube. Je vais mettre en profit la matinée en m’occupant un peu des choses que je laisse dangeureusement en suspens: aller aux ASSEDIC, à la sécu. Quand je ne dors pas je suis étonnament en grande forme, souvent même éxalté et les choses me semblent plus faciles. Si je suis seul pour Noël je veillerai la nuit du 23 au 25 pour jouer la Belle au Bois Dormant pendant le réveillon. Mes noël sont chaque année de plus en plus originaux. Cependant à ce niveau j’aspire à une certaine norme. L’année prochaine peut être …

 

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3 commentaires

  1. cedric dit :

    salut page web après page web je suis tombé sur ton site je n’ai pas eu le courage de tout lire mais en tout cas le peu que j’ai eu la chance de lire est époustouflant! tu ecrit merveilleusement bien, tu as les mots justes, directs, sincères, touchants… je te souhaite tout le bonheur du monde et de remonter a la surface plus fort que jamais.

  2. Je te remercie Cédric !

  3. milena dit :

    pas lcourage dtout lire nn plus dsl ct ya 1 ans presque jespère ktu vas mieux

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