Archive pour janvier, 2007

Joyeux Noël, d’un (presque) papillon à une étoile

Ce que vous cherchez est bien souvent sous vos yeux. C’est une des leçons de Saint Exupéry, à travers le Petit Prince.

Je pourrais parler de ce garçon rencontré hier. Je pourrais dire combien j’ai été bien dans ses bras. Dire aussi que je me suis senti serein, que j’ai eu envie d’évoluer encore, que ces caresses m’ont réveillé, et qu’un instant j’ai essayé de croire que c’était lui. Je pourrais et je le dirai certainement dans un prochain billet mais il n’est pas celui qui accompagne mes pensées.

Celui à qui je pense est une évidence. Il sait me faire rire, Il sait m’attendrir et quand je crois noter un de ses défauts je réalise qu’Il est ma rose. Il est dans mon champs de vision si souvent qu’il m’arrive d’oublier qu’Il est beau. Son visage m’est familier depuis toujours. C’est un guide, un ange gardien. C’est une prière. Quand Il m’offre un fou rire je cherche une autre blague pour qu’Il ne s’arrête pas. Lui seul semble detenir le pouvoir de me faire rire vraiment.

Bien souvent quand Je regarde ses yeux espiègles je vois un enfant et ça me donne envie de devenir homme pour Lui tenir la main et Lui faire croire que je l’aide à traverser la route. Son univers est pastel, c’est un gigantesque arc-en-ciel où on aurait supprimé les couleurs déplaisantes. Il n’est ni blanc ni noir, Il est au dessus de ça, Il navigue sur des eaux entre bleu turquoise, rouge tagada, rose bonbon et vert passion. Il brille. Son univers est si beau qu’on veut en faire partie. Il met des couleurs dans la vie des autres. C’est un artiste du bonheur. Il s’assume, Il s’en fout. C’est le héro d’un conte pour enfant qu’on repose pour ne pas le finir. Il rayonne, comment ne pas vouloir Le protéger ? Il a chassé le mal de sa vie depuis si longtemps qu’on se demande s’il existe encore. Il est bon. C’est un moteur, il me donne sans cesse envie de m’améliorer. Il me donne envie de déposer les armes et d’être en paix, enfin.

Chez le garçon que j’ai rencontré hier, il y’a un sapin décoré, lumineux des guirlandes partout dans la maison. Chez lui c’est encore Noël. Dans ses bras, hier, par la porte je regardais les guirlandes clignoter et mettre de la lumière dans le noir et j’ai repensé à cette voyante qui disait que j’aurais presque tout pour Noël. J’ai compris qu’à cet instant c’était vraiment Noël et qu’il ne me manquait que Lui. J’ai fermé les yeux et je me suis demandé ce qu’Il faisait, s’Il dormait. Quand il est apparu dans ma tête il avait amené avec Lui la plénitude, tout était là et je me suis enfin endormi.

J’ai révé que je n’étais plus tout à fait une chenille, qu’Il ouvrait les fenêtres vers ma libération et qu’on s’envolait tous les deux …

Il est des instants d’Eternité, quand tout s’illumine.

Ici je fais le voeu de me rappeler, de ne jamais oublier que tout est possible. Ici je reconnais que cette âme qui me réchauffe le coeur n’est pas la seule qui peut me toucher. Ici je comprends qu’il est Unique. Ici je réalise qu’il y’a des grandes âmes et des hommes bons. Ici je fais le voeu de devenir chaque jour un peu plus moi même. Ici j’avoue que j’ai été surpris, que je le serai encore, qu’il y a de la magie ici bas. Ici je m’incline devant le bonheur et je remercie les maîtres de la Fortune. Ici j’avoue que je ne sais pas. Ici je remercie le destin d’avoir des amis. Ici j’accepte de baisser ma garde. Ici je comprends que rien n’est jamais joué entre bonheur et malheur. Ici je dois me souvenir que l’amour m’illuminera. Ici je remercie. Ici je prends conscience que je dois être patient. Ici je décide de lâcher prise toujours plus. Ici j’accepte de faire des erreurs et d’apprendre. Ici je fais le voeu de me rappeler de lui. Ici je décide de me pardonner pour vivre avec les autres. Ici je veux m’aimer. Ici je sais la nécessité du partage. Ici j’embrasse mon Destin.

Merci !

Le manque

Nous avons passé la soirée ensemble. E, je vais l’appeler E. Vers 4h du matin je lui ai demandé si je pouvais dormir chez lui. Il a dit oui. J’étais partagé entre l’envie de rentrer et la peur de la diva, de le réveiller à une heure si tardive et de voir sa tête. Mon ordi me manquait… J’avais peur également que le fait que nous dormions ensemble revete une signification particulière pour lui. E est un garçon qui a des idées intéressantes. Il a épousé une amie étrangère pour qu’elle puisse rester en France. J’ai trouvé que c’était la meilleure des raisons pour se marier. Nous avons parlé d’amour, il dit ne l’avoir jamais connu, que jamais personne ne lui a manqué donc qu’il n’a pas été amoureux. L’amour est en effet acommpagné du manque de l’autre quand il n’est pas là. Le manque est inhérent à la drogue. Son père étant militaire, il a déménagé durant toute son enfance et au fur et à mesure a appris à ne plus s’attacher à personne. C’est comme ça qu’il explique cette absence d’état amoureux.

Moi, puisqu’il n’a jamais s’agit d’autre chose que de moi, moi il m’a fallu du cannabis pour l’éprouver. J’ai dit à Louis qui me parlait de sa relation que je l’enviais, que je n’avais jamais connu ce qu’il décrivait. « Peut être n’as tu jamais été amoureux ?! » a-t-il dit au moment où je le pensais. J’ai aimé P mais j’étais sans cesse enfumé et cachetonné. Sobre je n’ai jamais aimé personne. A moi non plus, personne ne me fait véritablement défaut. Il me manque quelqu’un, pas une personne en particulier. Je n’oublie jamais qui que ce soit, chaque jour je pense à tous ceux qui ont compté pour moi mais est-ce qu’ils me manquent ? Pas vraiment. Parfois je pense trop à l’un d’entre eux, son image me hante toute la journée mais ça passe. Personne n’est essentiel à ma vie sauf peut être Elle.

Mon psy m’a dit qu’on doit apprendre à être heureux juste pour soi, autonome et que seulement après on peut l’être avec quelqu’un d’autre. Pour la première fois je n’ai pas été imperméable à cette idée. Je réalise qu’il a raison, indiscutablement. Cependant … vivre pour moi ? La finalité me dépasse. Je n’ai pas envie de vivre pour moi, pas envie d’être autonome. Je n’en ai pas envie mais j’en ai besoin. Je sais que toute relation amoureuse que je pourrais vivre, si je ne le suis pas, est vouée à l’échec. Je le sais mais même si c’est vrai, je voudrais en commencer une, quitte à faire souffrir l’autre et moi même. J’ai été patient et Dieu sait que ce n’est pas une de mes qualités. Il y’a si longtemps que je regarde les trains passer sans monter dedans. Pourtant, je prends conscience que ça m’empècherait d’avancer, que je ne devrais pas, que je ne dois pas. Je ne peux pas me permettre de gacher ma chance de réussir à être bien dans ma peau. Tout détruire mais pas moi… En ce moment je suis presque toujours assez triste mais j’ai pourtant l’impression de n’avoir jamais été aussi proche du bien être. Je survis, convaincu que mon bonheur ne tient plus qu’à un souvenir. Il m’échappe. Je voudrais savoir ordonner à mon inconcient de m’obéir.

E m’a dit que je n’arrete pas de bouger la nuit, que je fais des sursauts dans mon sommeil. Je me réveille fatigué, toujours. Désormais quand je dors, les fantômes de ma vie reviennent me hanter, nuit après nuit. Je ne trouve pas vraiment le repos. Moi qui dormais toujours d’un seul trait, maintenant je reprends concience plusieurs fois, en nage. Je me réveille angoissé, apeuré mais par quoi ?!! Pourquoi ?

E m’a blessé. Il me demandait si j’avais déjà eu des relations sexuelles avec une fille. J’ai répondu « de manière volontaire, non ». Il a dit « comment ça ? »,… et il a rit en disant « tu as été violé ? ». Je lui ai dit que ce n’était pas drôle, il a continué à rire puis s’est arrêté et un silence pesant s’est installé entre nous. Je l’ai rompu sciemment. C’est comme si cet épisode de ma vie devrais n’avoir aucune importance, c’est une idée idiote que quand ça arrive à l’homme il devrait être content, fier. Cette idée me révolte même si je n’arrive pas véritablement à en vouloir à E en particulier mais au monde entier dans son ensemble. C’est la négation de mes souffrances.

Oui il manque quelqu’un, il manque quelque chose et la plupart du temps c’est tout simplement l’envie...

Surchauffe

J’ai rencontré ce garçon l’autre soir. Il m’a parlé sur pedeland.net, m’a dit quil n’a pas de photos mais une caméra. « Msn ? » m’a-t-il demandé. J’ai accepté et l’ai entré dans ma base de contacts. Il s’est connecté, j’ai ouvert la fenêtre de discussion . Sa photo s’est affichée sur mon écran puis ce fut sa caméra. Il m’a fallu trente secondes pour constater qu’il n’était pas mon genre, du moins pas le style que j’attends pour faire un bout de chemin… J’ai pensé sexe, c’est une période de grosse chaleur pour moi. A tel point qu’à certains moments il me semble être devenu un peu de ceux que j’ai pu décrier en disant « je ne suis pas comme ça », sans vraiment juger mais en espérant parfois le devenir. Il m’a invité chez lui pour passer un bon moment (sic) en sa compagnie. J’ai décliné en pretextant qu’il était tard: 5h, j’avais encore bien trois heures devant moi. Il a internet depuis peu (voir billet précedent), nous avons parlé, il espérait qu’on se revoit le lendemain sur msn et en live pour faire l’amour . J’ai dit « oui » en pensant que d’ici là je l’aurais peut être bloqué. Je n’en étais pas vraiment sûr mais je connais mes sautes d’ humeur.

Le lendemain j’avais toujours cette envie cérébrale de sexe. Je l’ai trouvé sur mon QG. « Toujours envie de me S…r ? » lui ai-je demandé. Il a dit oui et m’a donné son adresse. J’ai fait une recherche d’itinéraire en commençant à angoisser, paniquer. Je me disais que je n’y arriverais pas, mon esprit malade se le répétait, queje suis comdamné à ne trouver du plaisir sexuel réel que dans la masturbation. Je suis parti, déjà tremblant. Le plan que j’ai trouvé sur la toile m’a fait passer par plein de petites rues inconnues. J’ai croisé des blocs, style cité, avec des mecs qui tiennent les murs. A un moment j’ai cru me perdre. J’angoissais, il faisait nuit et je devais faire demi tour pour repasser devant ces jeunes. J’ai fait marche arrière, une voiture m’a suivi sur le coté de la route avec au volant un énergumène qui me faisait des signes. Angoisse: « je suis paumé, complètement, j’ai l’air pédé, je vais me faire tabasser, je devrais rentrer, je vais me faire dépouiller, qu’est ce que je dirai aux flics… » Cerveau déglingué mode obsesionnel.

J’ai fini par trouver. Arrivé devant chez lui ,vers minuit, j’ai fumé une clope en essayant de trouver du courage, de me calmer. Pas vraiment réussi. Je me suis jeté à l’eau, j’ai sonné. Il a ouvert la porte, est apparu, confirmant qu’il n’est pas mon genre. Nous nous sommes assis sur le canapé, on a discuté, j’ai essayé de l’aider pour un problème informatique et je n’ai pas réussi. La tension ne semblait pas vouloir me quitter. Après un long moment à parler ensemble il a posé sa main sur mon bras. Automate j’ai fait pareil. On s’est alors embrassé. J’avais dans un premier temps l’impression d’être une pute qui fait semblant mais quand il a commencé à me toucher l’entre-jambe l’excitation a fini par arriver. On a quitté le salon pour la chambre et on a fait l’amour.

C’était bon, agréable. J’ai joui, lui aussi et on a recommencé à discuter. Quand je parlais j’avais l’impression que ma voix venait d’un autre corps que le mien, d’une autre personne mais dans l’ensemble je n’étais pas si mal. La conversation a duré longtemps, une heure, deux ? C’est un mec plus interessant qu’il n’y paraissait sur l’internet. On a parlé de drogues, trop: de la coke qu’il prenait avant, de shit, d’alcool. Il buvait du gin-coca moi du soda. Plus on parlait de ces substances, d’exta, de lsd, plus je le vivais mal: j’avais très envie de prendre quelque chose, n’importe quoi pour être un peu à l’ouest, un peu ailleurs. Pourtant c’est moi qui le relancais sur ce sujet, m’en rendais compte puis m’en voulais sans pouvoir passer à autre chose. Pendant qu’on parlait on ne se touchait pas, une petite barrière invisible semblait s’être dressée entre nous, au milieu du lit. Ainsi quand il a mis sa main sur mon torse j’y ai vu une invitation au sexe et j’ai commencé à le caresser. On a fait l’amour une deuxième fois.

Après nous avons recommencé à converser. J’ai dit « bon il va falloir que j’y aille » mais je n’ai fini par me lever que longtemps après, fumant dernière cigarette sur dernière cigarette. Il était plus de 7h quand je suis rhabillé. Il m’a accompagné jusqu’à la gare pour s’acheter un paquet de clopes. On s’est quitté dans le hall et j’ai repris la direction de chez moi. Le ballet des voitures avait recommencé. Je me suis de nouveau senti étranger à ce charivari, à ces gens qui paraissent pressé de si bon matin. Il me semblait que les voitures allaient trop vite, qu’elles défilaient comme une cassette vidéo en accéléré ou moi au ralenti. Je suis rentré et me suis réinstallé devant mon ordi puis j’ai commencé une journée sans dormir.

Ce soir, alors que je discutais avec un tourrangeau marié et très sympatique, fraichement rencontré juste avant sur pede.net, alors que je l’avais presque oublié, il est apparu dans une des fenêtres de mon msn. On a discuté de tout et de rien. Il m’a demandé si j’avais été déçu la dernière fois, je l’ai rassuré et me suis tout de suite demandé si lui l’avait été. J’ai fait un effort pour ne pas lui poser la question. Dans la conversation qui a suivi j’ai mentionné ma surchauffe libidineuse. Maintenant je crois que je lui faisais un appel de phare. Cependant quand il m’a demandé si j’ai quelque chose de prévu demain soir puis si on peut se voir j’ai recommencé à paniquer. J’ai ressassé l’idée qu’il allait finir par croire que je voulais autre chose que du sexe avec lui, que je lui devrais une relation amoureuse et que j’allais lui faire du mal à lui aussi. « Encore un que tu vas blesser ! ». Pourtant j’ai dit « oui » . Il m’a proposé d’aller boire un verre dans un bar/bordel toulousain avant d’aller chez lui et, me surprenant moi même, j’ai réussi à décliner. On a parlementé et finit par décider d’une heure de rendez vous. Le malaise de la culpabilité, du « je vais lui devoir ça » a continué à me travailler et il a fallu que je commence à écrire ces lignes pour qu’il se taise. Si jamais il attendait autre chose de moi ce serait finalement son affaire puisque moi je n’ai jamais évoqué quoi que ce soit d’autre et je n’ai rien laissé imaginer d’autre. Ce serait sa responsabilité, je ne suis pas seul dans cette histoire. Je peux et dois le voir en étant serein et sans rien me reprocher et je peux aussi ne pas y aller. Rien ne m’oblige à rien.

A l’écrit c’est facile de raisonner ainsi mais et si demain soir je n’en étais plus capable ? Et si encore une fois je me laissais emporter par mon esprit confus ? Quoiqu’il en soit que vogue ma galère dans des eaux un peu moins calmes que celles dans lesquelles je flotte quotidiennement !

Quitte à avoir le mal de mer…

La guerre du lave-vaisselle

Tous les jours le même scénario.

Lever à 18h30, la diva est derrière son écran, je lance un « bonsoir » auquel invariablement il répond par un « salut ». Je cherche un bol pour faire chauffer de l’eau pour mon thé. Il n’y en a plus et le lave-vaisselle est plein. Tout est propre car il l’a déjà fait tourner. Comme hier.

Hier je l’ai vidé. Ma petite guerre, mesquine, minable, c’est de ne pas le faire aujourd’hui, ne pas être complètement son esclave. Cette machine pleine est devenue le symbole d’un combat.

Je sors un bol, une cuillère, un sachet de thé. Quand l’eau est chaude je réunis les trois et repars vers ma chambre.

Comme chaque jour j’allume mon ordinateur. Direction Hotmail. Rien d’interessant, aucun courrier perso. Je fais mes deux loteries quotidiennes et je me demande sur quel site aller traîner ma solitude.

J’allume ma deuxième cigarette et je repense à ce mec que j’ai rencontré hier sur un site de « drague » . Il a internet depuis peu, « je ne sais pas encore bien m’en servir » dit-il. Je lui répond « Ca viendra rapidement » et un, devenu rituel, « internet est un média dangereux ». Je ne développe pas. Il dit « tout est dangereux quand on ne sait pas s’en servir ». Je dis « peut être ». Je ne veux pas lui dire que je passe beaucoup de temps sur le web. Je réflechis et réalise l’ampleur des dégâts. Je ne passe pas « beaucoup de temps » sur le net, je ne fais plus que ça. Je suis devant l’écran du réveil au coucher. La connexion continue de tourner quand je dors pour télécharger divers films ou séries. Il est 5h du mat et j’essaie de quantifier : je suis sur mon clavier depuis quoi ? 12, 13 h d’affilée. A part des courses rapides je n’ai rien fait d’autre. J’ai probablement un teint affreux et des cernes sous les yeux mais je m’en moque. Ici je contrôle. Ici je suis le dieu d’un petit univers merdique. Ici personne n’a le pouvoir de me faire du mal. Je suis en train de devenir un légume ou peut être un logiciel… La photo que j’affiche sur MSN date de 2002, semblant montrer que tout s’est figé. Ai-je encore une identité dans le monde réel ? Je me demande si quand il dit « savoir s’en servir » cela signifie aussi savoir gérer le temps qu’on passe dessus. Je me dis que peut être je le recroiserai dans quelques années ou quelques mois et que lui aussi sera devenu un « meuble » de la toile qui connait si bien les codes de ce monde virtuel qu’il en oublie presque de sortir, de décrocher. A la fin de la soirée j’ai ouvert un autre compte mail. Je n’avais jamais compris pourquoi on nous demande souvent de recopier une série de lettres et de chiffres pour valider une inscription et sur ce site la réponse était là : « pour vérifier que ce n’est pas un robot « . En suis-je cependant si loin ?

Cette réflexion est devenue celle d’une page internet, la boucle semble bouclée.

Pourtant le monde virtuel a changé lui aussi. En 2000 on critiquait le quasi monopole de Microsoft, on disait « regarde sur un moteur de recherche » et la pub « va chercher Lycos » pouvait nous faire sourire. En 2007 on dit « regarde sur google », on est incapable de dire si Lycos existe encore, on cherche des blogs sur Google blogs, des photos sur Google image, des cartes sur Google maps, je ne sais quoi sur Google earth, on regarde des vidéos sur Youtube racheté par Google, et beaucoup ont une adresse électronique Gmail… Suis-je le seul à être effrayé ? Si vous l’êtes aussi soyez subversifs: passez de temps en temps par Yahoo, Altavista ou n’importe quel autre moteur de recherche et regardez les vidéos sur le français (comme son nom l’indique) Dailymotion.

Dans l’autre monde la diva est sortie. J’ai tout géré façon sprint: suis allé chercher mon linge sec sur la terrasse, mis une machine à laver en route, préparé un autre thé, monté le chauffage, pris une douche et finalement… j’ai vidé le lave-vaisselle.

Bonheur et autres illusions

Fatigué, épuisé.

Le chemin se fait seul même si parfois cette solitude vous pèse au point de vouloir vous coucher par terre et attendre la fin.

L’espoir ? Si vous en avez vous risquez de souffrir en réalisant que c’était une chimère, en le perdant..

Ai-je un jour perdu l’espoir ? Malgré tout je pense que non. Quand j’ai essayé de mourir, encore j’avais l’espoir de ne plus ressentir de douleur et peut être de trouver un ailleurs chaud et lumineux.

Le bonheur ? Une histoire pour bercer les enfants et les endormir. Il semble que tous ces gens qui vous parlent du bonheur ne l’ont jamais connu démontrant ainsi qu’il n’éxiste pas. C’est un joli mot, une illusion facile, « cheap ».

Pourtant j’y crois encore. J’attends, j’espère encore. Mais j’ai peur de me rendre compte que c’était vraiment une chimère et que même s’il existe, moi je n’y ai pas droit.

« Il y’a des instants où tout se brise »

31 ans que je suis là, que j’espère. Alors quoi ? Enfin sauter par la fenêtre ? J’attends qu’il ne reste plus une goutte d’espoir pour le faire, j’attends d’avoir tout détruit. Des lustres que je fais semblant de sourire aux autres, que je leur dis ce qu’ils veulent entendre. Ce n’est pas très compliqué , essayez vous verrez !

Il me semble que je suis inapte au bonheur, au point de me demander ce que j’attends finalement. J’espère un changement, un déclic, une baguette magique.

Pour la première fois j’envisage qu’il n’y ait pas de suite à ma vie, qu’une fois le cerveau mort ça s’arrête là, comme ça. Peur qu’il n’y ait aucun sens à tout ça.

Tout à l’heure, assis sur un banc, attendant mon bus, j’ai regardé les gens dans leur voiture. Certains avaient l’air heureux. J’ai réalisé que je ne suis pas normal. Aucune voiture ne m’emmène chez moi. Où est ce, chez moi ? Toulouse ? La Creuse ? Ici ? Là bas ? Jamais je ne me suis senti chez moi. Tout au mieux j’ai fait si bien semblant de le penser que je finissais par le croire.

C. avait-il finalement raison quand il disait « on est toujours seul, quand on l’a accepté on s’en accomode et on vit avec… » ?

C’est une perspective qui donne envie d’arreter, d’en finir. Qu’est ce qui alors le motive à continuer ? Ca m’échappe. Pourtant le soir de notre rencontre j’ai eu le sentiment que je n’étais plus seul, que quelqu’un savait qui j’étais et comprenait ce qu’il y a véritablement sous le spectacle que je donne.

Il y a un petit garçon malheureux qui a juste envie qu’on le soigne, qu’on le borde, qu’on lui raconte une belle histoire et que jamais on ne le quitte. Il joue à l’homme, il gonfle sa poitrine et donne l’impression de savoir ce qu’il fait là ou de s’en moquer clairement. Il a peur , il est terrorisé et assez fatigué. Il est perdu dans les rayons d’une grande surface où personne ne l’appelle au micro. Il rêvait de tant de choses, il n’attend plus que d’être bien, d’être serein, seulement ça. Il est blasé, il sait que l’être humain est fondamentalement mauvais et que nombre de créatures ont pour seule nourriture la souffrance des autres. Il n’a plus envie qu’on l’abuse, il est entouré de sadiques qui, s’il ny prend pas garde, le feront tomber juste pour voir la douleur dans ses yeux. Il ne sourit pas, sourire c’est du commerce. Sourire c’est ce qu’il renvoie quand il a envie d’hurler. Sourire pour qu’elle soit heureuse, qu’elle ne le quitte pas.

Aimer c’est se retrouver dans un lit, les yeux dans le vide, n’ayant plus d’autre espoir que celui que ça aille vite, qu’au moins ça soit rapide. Aimer c’est baisser sa garde et donner à l’autre la possibilité de tout vous prendre. Aimer c’est souffrir. C’est mourir.

Ce jour là je voyais le soleil pour la dernière fois et je ne le savais pas. Depuis il est devenu ma quête et j’ai peur de devoir renoncer à le revoir un jour, qu’il faille me contenter de néons à la lumière blafarde.

Ce soir j’ai envie d’arrêter…

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