Bonheur et autres illusions

Fatigué, épuisé.

Le chemin se fait seul même si parfois cette solitude vous pèse au point de vouloir vous coucher par terre et attendre la fin.

L’espoir ? Si vous en avez vous risquez de souffrir en réalisant que c’était une chimère, en le perdant..

Ai-je un jour perdu l’espoir ? Malgré tout je pense que non. Quand j’ai essayé de mourir, encore j’avais l’espoir de ne plus ressentir de douleur et peut être de trouver un ailleurs chaud et lumineux.

Le bonheur ? Une histoire pour bercer les enfants et les endormir. Il semble que tous ces gens qui vous parlent du bonheur ne l’ont jamais connu démontrant ainsi qu’il n’éxiste pas. C’est un joli mot, une illusion facile, « cheap ».

Pourtant j’y crois encore. J’attends, j’espère encore. Mais j’ai peur de me rendre compte que c’était vraiment une chimère et que même s’il existe, moi je n’y ai pas droit.

« Il y’a des instants où tout se brise »

31 ans que je suis là, que j’espère. Alors quoi ? Enfin sauter par la fenêtre ? J’attends qu’il ne reste plus une goutte d’espoir pour le faire, j’attends d’avoir tout détruit. Des lustres que je fais semblant de sourire aux autres, que je leur dis ce qu’ils veulent entendre. Ce n’est pas très compliqué , essayez vous verrez !

Il me semble que je suis inapte au bonheur, au point de me demander ce que j’attends finalement. J’espère un changement, un déclic, une baguette magique.

Pour la première fois j’envisage qu’il n’y ait pas de suite à ma vie, qu’une fois le cerveau mort ça s’arrête là, comme ça. Peur qu’il n’y ait aucun sens à tout ça.

Tout à l’heure, assis sur un banc, attendant mon bus, j’ai regardé les gens dans leur voiture. Certains avaient l’air heureux. J’ai réalisé que je ne suis pas normal. Aucune voiture ne m’emmène chez moi. Où est ce, chez moi ? Toulouse ? La Creuse ? Ici ? Là bas ? Jamais je ne me suis senti chez moi. Tout au mieux j’ai fait si bien semblant de le penser que je finissais par le croire.

C. avait-il finalement raison quand il disait « on est toujours seul, quand on l’a accepté on s’en accomode et on vit avec… » ?

C’est une perspective qui donne envie d’arreter, d’en finir. Qu’est ce qui alors le motive à continuer ? Ca m’échappe. Pourtant le soir de notre rencontre j’ai eu le sentiment que je n’étais plus seul, que quelqu’un savait qui j’étais et comprenait ce qu’il y a véritablement sous le spectacle que je donne.

Il y a un petit garçon malheureux qui a juste envie qu’on le soigne, qu’on le borde, qu’on lui raconte une belle histoire et que jamais on ne le quitte. Il joue à l’homme, il gonfle sa poitrine et donne l’impression de savoir ce qu’il fait là ou de s’en moquer clairement. Il a peur , il est terrorisé et assez fatigué. Il est perdu dans les rayons d’une grande surface où personne ne l’appelle au micro. Il rêvait de tant de choses, il n’attend plus que d’être bien, d’être serein, seulement ça. Il est blasé, il sait que l’être humain est fondamentalement mauvais et que nombre de créatures ont pour seule nourriture la souffrance des autres. Il n’a plus envie qu’on l’abuse, il est entouré de sadiques qui, s’il ny prend pas garde, le feront tomber juste pour voir la douleur dans ses yeux. Il ne sourit pas, sourire c’est du commerce. Sourire c’est ce qu’il renvoie quand il a envie d’hurler. Sourire pour qu’elle soit heureuse, qu’elle ne le quitte pas.

Aimer c’est se retrouver dans un lit, les yeux dans le vide, n’ayant plus d’autre espoir que celui que ça aille vite, qu’au moins ça soit rapide. Aimer c’est baisser sa garde et donner à l’autre la possibilité de tout vous prendre. Aimer c’est souffrir. C’est mourir.

Ce jour là je voyais le soleil pour la dernière fois et je ne le savais pas. Depuis il est devenu ma quête et j’ai peur de devoir renoncer à le revoir un jour, qu’il faille me contenter de néons à la lumière blafarde.

Ce soir j’ai envie d’arrêter…

 


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