Surchauffe

J’ai rencontré ce garçon l’autre soir. Il m’a parlé sur pedeland.net, m’a dit quil n’a pas de photos mais une caméra. « Msn ? » m’a-t-il demandé. J’ai accepté et l’ai entré dans ma base de contacts. Il s’est connecté, j’ai ouvert la fenêtre de discussion . Sa photo s’est affichée sur mon écran puis ce fut sa caméra. Il m’a fallu trente secondes pour constater qu’il n’était pas mon genre, du moins pas le style que j’attends pour faire un bout de chemin… J’ai pensé sexe, c’est une période de grosse chaleur pour moi. A tel point qu’à certains moments il me semble être devenu un peu de ceux que j’ai pu décrier en disant « je ne suis pas comme ça », sans vraiment juger mais en espérant parfois le devenir. Il m’a invité chez lui pour passer un bon moment (sic) en sa compagnie. J’ai décliné en pretextant qu’il était tard: 5h, j’avais encore bien trois heures devant moi. Il a internet depuis peu (voir billet précedent), nous avons parlé, il espérait qu’on se revoit le lendemain sur msn et en live pour faire l’amour . J’ai dit « oui » en pensant que d’ici là je l’aurais peut être bloqué. Je n’en étais pas vraiment sûr mais je connais mes sautes d’ humeur.

Le lendemain j’avais toujours cette envie cérébrale de sexe. Je l’ai trouvé sur mon QG. « Toujours envie de me S…r ? » lui ai-je demandé. Il a dit oui et m’a donné son adresse. J’ai fait une recherche d’itinéraire en commençant à angoisser, paniquer. Je me disais que je n’y arriverais pas, mon esprit malade se le répétait, queje suis comdamné à ne trouver du plaisir sexuel réel que dans la masturbation. Je suis parti, déjà tremblant. Le plan que j’ai trouvé sur la toile m’a fait passer par plein de petites rues inconnues. J’ai croisé des blocs, style cité, avec des mecs qui tiennent les murs. A un moment j’ai cru me perdre. J’angoissais, il faisait nuit et je devais faire demi tour pour repasser devant ces jeunes. J’ai fait marche arrière, une voiture m’a suivi sur le coté de la route avec au volant un énergumène qui me faisait des signes. Angoisse: « je suis paumé, complètement, j’ai l’air pédé, je vais me faire tabasser, je devrais rentrer, je vais me faire dépouiller, qu’est ce que je dirai aux flics… » Cerveau déglingué mode obsesionnel.

J’ai fini par trouver. Arrivé devant chez lui ,vers minuit, j’ai fumé une clope en essayant de trouver du courage, de me calmer. Pas vraiment réussi. Je me suis jeté à l’eau, j’ai sonné. Il a ouvert la porte, est apparu, confirmant qu’il n’est pas mon genre. Nous nous sommes assis sur le canapé, on a discuté, j’ai essayé de l’aider pour un problème informatique et je n’ai pas réussi. La tension ne semblait pas vouloir me quitter. Après un long moment à parler ensemble il a posé sa main sur mon bras. Automate j’ai fait pareil. On s’est alors embrassé. J’avais dans un premier temps l’impression d’être une pute qui fait semblant mais quand il a commencé à me toucher l’entre-jambe l’excitation a fini par arriver. On a quitté le salon pour la chambre et on a fait l’amour.

C’était bon, agréable. J’ai joui, lui aussi et on a recommencé à discuter. Quand je parlais j’avais l’impression que ma voix venait d’un autre corps que le mien, d’une autre personne mais dans l’ensemble je n’étais pas si mal. La conversation a duré longtemps, une heure, deux ? C’est un mec plus interessant qu’il n’y paraissait sur l’internet. On a parlé de drogues, trop: de la coke qu’il prenait avant, de shit, d’alcool. Il buvait du gin-coca moi du soda. Plus on parlait de ces substances, d’exta, de lsd, plus je le vivais mal: j’avais très envie de prendre quelque chose, n’importe quoi pour être un peu à l’ouest, un peu ailleurs. Pourtant c’est moi qui le relancais sur ce sujet, m’en rendais compte puis m’en voulais sans pouvoir passer à autre chose. Pendant qu’on parlait on ne se touchait pas, une petite barrière invisible semblait s’être dressée entre nous, au milieu du lit. Ainsi quand il a mis sa main sur mon torse j’y ai vu une invitation au sexe et j’ai commencé à le caresser. On a fait l’amour une deuxième fois.

Après nous avons recommencé à converser. J’ai dit « bon il va falloir que j’y aille » mais je n’ai fini par me lever que longtemps après, fumant dernière cigarette sur dernière cigarette. Il était plus de 7h quand je suis rhabillé. Il m’a accompagné jusqu’à la gare pour s’acheter un paquet de clopes. On s’est quitté dans le hall et j’ai repris la direction de chez moi. Le ballet des voitures avait recommencé. Je me suis de nouveau senti étranger à ce charivari, à ces gens qui paraissent pressé de si bon matin. Il me semblait que les voitures allaient trop vite, qu’elles défilaient comme une cassette vidéo en accéléré ou moi au ralenti. Je suis rentré et me suis réinstallé devant mon ordi puis j’ai commencé une journée sans dormir.

Ce soir, alors que je discutais avec un tourrangeau marié et très sympatique, fraichement rencontré juste avant sur pede.net, alors que je l’avais presque oublié, il est apparu dans une des fenêtres de mon msn. On a discuté de tout et de rien. Il m’a demandé si j’avais été déçu la dernière fois, je l’ai rassuré et me suis tout de suite demandé si lui l’avait été. J’ai fait un effort pour ne pas lui poser la question. Dans la conversation qui a suivi j’ai mentionné ma surchauffe libidineuse. Maintenant je crois que je lui faisais un appel de phare. Cependant quand il m’a demandé si j’ai quelque chose de prévu demain soir puis si on peut se voir j’ai recommencé à paniquer. J’ai ressassé l’idée qu’il allait finir par croire que je voulais autre chose que du sexe avec lui, que je lui devrais une relation amoureuse et que j’allais lui faire du mal à lui aussi. « Encore un que tu vas blesser ! ». Pourtant j’ai dit « oui » . Il m’a proposé d’aller boire un verre dans un bar/bordel toulousain avant d’aller chez lui et, me surprenant moi même, j’ai réussi à décliner. On a parlementé et finit par décider d’une heure de rendez vous. Le malaise de la culpabilité, du « je vais lui devoir ça » a continué à me travailler et il a fallu que je commence à écrire ces lignes pour qu’il se taise. Si jamais il attendait autre chose de moi ce serait finalement son affaire puisque moi je n’ai jamais évoqué quoi que ce soit d’autre et je n’ai rien laissé imaginer d’autre. Ce serait sa responsabilité, je ne suis pas seul dans cette histoire. Je peux et dois le voir en étant serein et sans rien me reprocher et je peux aussi ne pas y aller. Rien ne m’oblige à rien.

A l’écrit c’est facile de raisonner ainsi mais et si demain soir je n’en étais plus capable ? Et si encore une fois je me laissais emporter par mon esprit confus ? Quoiqu’il en soit que vogue ma galère dans des eaux un peu moins calmes que celles dans lesquelles je flotte quotidiennement !

Quitte à avoir le mal de mer…

 


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