Le manque

Nous avons passé la soirée ensemble. E, je vais l’appeler E. Vers 4h du matin je lui ai demandé si je pouvais dormir chez lui. Il a dit oui. J’étais partagé entre l’envie de rentrer et la peur de la diva, de le réveiller à une heure si tardive et de voir sa tête. Mon ordi me manquait… J’avais peur également que le fait que nous dormions ensemble revete une signification particulière pour lui. E est un garçon qui a des idées intéressantes. Il a épousé une amie étrangère pour qu’elle puisse rester en France. J’ai trouvé que c’était la meilleure des raisons pour se marier. Nous avons parlé d’amour, il dit ne l’avoir jamais connu, que jamais personne ne lui a manqué donc qu’il n’a pas été amoureux. L’amour est en effet acommpagné du manque de l’autre quand il n’est pas là. Le manque est inhérent à la drogue. Son père étant militaire, il a déménagé durant toute son enfance et au fur et à mesure a appris à ne plus s’attacher à personne. C’est comme ça qu’il explique cette absence d’état amoureux.

Moi, puisqu’il n’a jamais s’agit d’autre chose que de moi, moi il m’a fallu du cannabis pour l’éprouver. J’ai dit à Louis qui me parlait de sa relation que je l’enviais, que je n’avais jamais connu ce qu’il décrivait. « Peut être n’as tu jamais été amoureux ?! » a-t-il dit au moment où je le pensais. J’ai aimé P mais j’étais sans cesse enfumé et cachetonné. Sobre je n’ai jamais aimé personne. A moi non plus, personne ne me fait véritablement défaut. Il me manque quelqu’un, pas une personne en particulier. Je n’oublie jamais qui que ce soit, chaque jour je pense à tous ceux qui ont compté pour moi mais est-ce qu’ils me manquent ? Pas vraiment. Parfois je pense trop à l’un d’entre eux, son image me hante toute la journée mais ça passe. Personne n’est essentiel à ma vie sauf peut être Elle.

Mon psy m’a dit qu’on doit apprendre à être heureux juste pour soi, autonome et que seulement après on peut l’être avec quelqu’un d’autre. Pour la première fois je n’ai pas été imperméable à cette idée. Je réalise qu’il a raison, indiscutablement. Cependant … vivre pour moi ? La finalité me dépasse. Je n’ai pas envie de vivre pour moi, pas envie d’être autonome. Je n’en ai pas envie mais j’en ai besoin. Je sais que toute relation amoureuse que je pourrais vivre, si je ne le suis pas, est vouée à l’échec. Je le sais mais même si c’est vrai, je voudrais en commencer une, quitte à faire souffrir l’autre et moi même. J’ai été patient et Dieu sait que ce n’est pas une de mes qualités. Il y’a si longtemps que je regarde les trains passer sans monter dedans. Pourtant, je prends conscience que ça m’empècherait d’avancer, que je ne devrais pas, que je ne dois pas. Je ne peux pas me permettre de gacher ma chance de réussir à être bien dans ma peau. Tout détruire mais pas moi… En ce moment je suis presque toujours assez triste mais j’ai pourtant l’impression de n’avoir jamais été aussi proche du bien être. Je survis, convaincu que mon bonheur ne tient plus qu’à un souvenir. Il m’échappe. Je voudrais savoir ordonner à mon inconcient de m’obéir.

E m’a dit que je n’arrete pas de bouger la nuit, que je fais des sursauts dans mon sommeil. Je me réveille fatigué, toujours. Désormais quand je dors, les fantômes de ma vie reviennent me hanter, nuit après nuit. Je ne trouve pas vraiment le repos. Moi qui dormais toujours d’un seul trait, maintenant je reprends concience plusieurs fois, en nage. Je me réveille angoissé, apeuré mais par quoi ?!! Pourquoi ?

E m’a blessé. Il me demandait si j’avais déjà eu des relations sexuelles avec une fille. J’ai répondu « de manière volontaire, non ». Il a dit « comment ça ? »,… et il a rit en disant « tu as été violé ? ». Je lui ai dit que ce n’était pas drôle, il a continué à rire puis s’est arrêté et un silence pesant s’est installé entre nous. Je l’ai rompu sciemment. C’est comme si cet épisode de ma vie devrais n’avoir aucune importance, c’est une idée idiote que quand ça arrive à l’homme il devrait être content, fier. Cette idée me révolte même si je n’arrive pas véritablement à en vouloir à E en particulier mais au monde entier dans son ensemble. C’est la négation de mes souffrances.

Oui il manque quelqu’un, il manque quelque chose et la plupart du temps c’est tout simplement l’envie...

 


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