Archive pour février, 2007

…,

Je suis un garçon bizarre.

Je ne sais pas combien de fois dans mes 31 ans j’ai pu dire que j’étais désolé.
Plus encore je ne sais pas combien de fois j’ai pu le penser.

Je suis un garçon bizarre …

Souvent j’ai laissé sur le bord de ma route ceux qui comptaient pour moi.

Il y’a eu Pam, 10 ans d’amitié, une longue adolescence ensemble, collés.
Cette fille était mon double.
Elle savait tout de celui que j’étais.

Il y’a eu Christophe, compagnon d’infortune, de plan popo et autres soirées ganja.
Pendant presque un an on s’est vu quotidiennement et on a partagé bien plus qu’un bang.

Il y’a eu Lord B. à qui je confiais tout de ma vie sentimentale.

Il y’a eu Regan, il faut bien la citer, personne ne peut savoir mieux l’enfant que j’étais.

Il y’a eu P1, P2 et O.

Pourtant je ne crois pas qu’aucun d’eux sache vraiment le dégoût que m’inspire l’aspartam.

Je suis un garçon bizarre.

Je raconte sans problème toutes mes cassures, la moindre cicatrice et quoiqu’on en pense je n’ai pas l’impression de m’exhiber.
Dire ces expériences sans rougir, sans gène ni honte c’est leur donner la désinvolture qu’elles n’auront jamais vraiment.
C’est les réduire à l’état le plus insignifiant qui soit. C’est les regarder avec le mépris qu’on n’a pas pu offrir à ceux qui les ont causées.

L’aspartam, lui a quelque chose de grave.

En mettre dans mon thé du matin c’est faire débuter ma journée sous les pires auspices.

Dire au gens que je déteste les édulcorants de synthèse c’est leur donner un pouvoir considérable sur moi, c’est me rendre otage de leur bon vouloir.

Peu de gens savent que le matin je bois du thé, dans un mug avec trois gros sucres et une seule personne comprendra pleinement l’intérêt de cette révélation.

Ils croiront peut-être qu’ils savent.

Je suis un garçon bizarre.

J’aimerais parfois me détester complètement mais je n’y arrive jamais vraiment.

Plus encore j’aimerais faire ce cadeau à O., Pam, Christophe,Lord B, …

Il y’a du mystère dans les points de suspension et j’adore ça.

Je suis un garçon bizarre.

Aujourd’hui je veux vivre en Alsace.
J’en étudie les us et coutumes depuis bientôt un an et je pense être prêt.
A force d’y avoir si souvent trouvé refuge j’ai appris à aimer cette province au point de vouloir oublier toutes les autres.

Je ne veux plus chercher mon itinéraire dans d’autres plans.

Les volets sont entrouverts, et même si je n’ai pas suffisamment de force pour laisser entrer le soleil totalement je suis plein d’espoir.

Je sais qu’il n’y a pas d’aspartam là bas.

Je suis un garçon bizarre et je suis désolé d’être comme ça.

Sincèrement …

LH

En passant

On entend parfois parler de ces jeux vidéos en ligne qui provoqueraient quand on en abuse des crises d’épilepsie et autres joyeusetés mais…

23 heures non stop sur des blogs après une énième nuit blanche ça compte ?

Pourquoi personne ne parle des gens comme moi, enfin vous et moi, enfin vous voyez ce que je veux dire ?

Certains rêvent de leur travail (en cherchant dans les liens masqués (hu, hu, hu) de cette page au nouvel habillage, vous devriez pouvoir trouver de qui je parle), moi, je rêve de msn.

Voilà en fait c’est un jeu !

Au passage je peux vous tutoyer ?

Vous êtes 3 !

Merci à vous.

LH

PS: Maman, tu peux te déconnecter, j’ai faim !!!!!!!!!!!!

Pollution nocturne

Toxxic c’est fini.

Il faut dire que ça a encore moins d’importance que lorsque Bio au bifidus actif est devenu Activia. C’est dire !
Toxxic est mort !

J’utilsais déjà pollution nocturne ailleurs alors:

Vive Pollution nocturne !

 

Merci à vous.

 

 

Mais pour qui se prend-t-il ?

Je ne représente rien ni personne mais comme beaucoup j’ai généralement un avis sur tout et j’ai décidé de le donner. « Pour qui se prend-t-il ? » allez vous vous dire à juste titre. Je ne saurais pas précisément vous répondre mais si ce qui va suivre donne envie à une seule des 3 personnes qui fréquentent ce truc qu’est mon blog d’aller visiter « Le journal intime de LeXomil » ça justifiera l’existence de ce post et de ceux qui suivront peut-être. J’ai récemment trouvé sur un blog un lien menant au journal de LeXomil.

J’ai tout de suite été intrigué par le nom du site. D’abord j’ai trouvé son visuel sympa, notamment l’habillage assez sobre et l’en tête. J’ai commencé à lire quelques posts et j’ai alors été proprement énervé par le style de l’auteur : un langage djeun, oral. Enervé aussi par ce grognon qui enchaîne coups de gueule sur mauvaises humeurs (s’il prend du léxo ça ne se voit pas !). Et pourtant au bout de quelques lignes la mayonnaise prend. Ce n’est pas qu’il arrive vraiment grand chose à ce ronchon chronique mais irrésistiblement il parvient à vous intéresser à sa vie et à provoquer la sympathie. Alors on comprend que le style n’aurait pu être autre car dans le fond comme dans la forme LeXomil est un narrateur entier, sans concession et il parle «vrai ». On tourne les pages et on y prend vraiment du plaisir.

Extrait du 22 décembre 2006, billet intitulé  » Coup de gueule!’

« Ouais, j’ai un coup de gueule à passer. A tout ceux qui me jugent…

Je ne cherche aucunement à ce que vous me jugiez, à ce que vous me critiquiez. Si j’ai ouvert ce blog, c’est seulement pour exorciser ce qui me tient à coeur… Je ne force personne à me lire, et si ce que j’écris vous incommode, évitez de me lire. Je ne suis pas un Caliméro, ne me plaigniez pas. J’en ai vraiment pas besoin.

Pourquoi ce coup de gueule? On m’a dit que je faisais pitié à écrire ce qui me tenait à coeur, que je devais garder celà en moi, au risque de souffrir certainement… Ouais, j’peux paraître dépressif, ouais j’peux paraître tout ce que vous voulez, c’est pas grave. Je continuerai. »

LeXomiL , http://lexomil.canalblog.com/

Coming out: R. Kelly

Tout à l’heure alors que je donnais une conférence de presse sous la douche j’ai déclaré «je ne peux plus vivre avec ça, ce secret m’étouffe, d’une manière ou d’une autre il faut que j’assume, j’aime «i believe i can fly » de R. Kelly ».

Pourtant quand le morceau est sorti, je le détestais avant même de l’écouter.
C’était une époque trouble de mon adolescence où je me rebellais contre la société en vomissant tous les chanteurs (ou chanteuses, d’ailleurs plus souvent) «à voix » et les «guimauves américaines sirupeuses» dégoulinantes de bons sentiments dont nous abreuvaient Whitney Houston, Céline Dion ou Mariah Carey.
Et puis au bout de quelques écoutes je me suis mis à vraiment apprécier ce titre qui, malgré son positivisme affiché et un peu cul-cul, m’a toujours semblé triste. Il faut dire que souvent je trouve «le triste » beau.
Néanmoins pour être fidèle à moi-même j’ai continué de prétendre que je ne l’aimais pas.
Et puis la chanson a fini dans un des placards de NRJ et est arrivée l’époque des «guimauves R&B » telles que Cassie, Rihanna ou Mariah Carey.
Malgré tout je n’ai pas oublier ce morceau inavouable et récemment alors que je téléchargeais de la musique (sur une plate-forme légale bien sûr) je n’ai pas pu résister à l’envie de l’écouter et comme je n’avais plus d’amis à qui dire que je le déteste, je ne me suis pas privé de le faire.
Depuis je fais une fixette et me la passe en boucle.
Je ne sais pas exactement pourquoi j’aime cette chanson.
Peut-être est-ce parce que j’ai le fantasme de pouvoir un jour approprier ses paroles à ma vie personnelle ?
Parce qu’enfant je rêvais d’être un oiseau ?
Quoiqu’il en soit quand Robert dit «i think about it every night and day » j’ai tout simplement envie de pleurer. Pour une fois j’apprécie même le passage «gospel » !
Finalement la meilleure raison d’aimer comme de vivre c’est de ne pas en avoir.

MAMAN J’AIME « I BELIEVE I CAN FLY » ET NON, CE N’EST PAS TA FAUTE .

PS : Il y’a peu je regardais un épisode de Southpark, mon dessin animé préféré, dans lequel Tom Cruise s’enferme dans le placard d’un des enfants. Tout le long ils lui répètent «sors du placard Tom ! ». C’est clairement du outing mais je n’ai pas réussi à être révolté (pas plus que récemment pour cette pooovre Muriel Robin). Avant le générique final Cruise sera rejoint dans sa cachette par Travolta et … R. Kelly.
Est-ce que mon radar gay fonctionne même au travers d’une chanson ? Est-ce que ça peut donner une quelconque caution à ce titre racoleur ? Est-ce que quand il chante « true love » il parle de quelqu’un que nous connaissons ? Combien ai-je employé d’expressions toutes faites dans ce billet ? Y’a t-il un s à toutes ? Est ce que c’est important ? Est-ce qu’à force de manger des beignets au chocolat je vais finir seul dans un centre d’amincissement en plein milieu du Lubéron ? Enfin et surtout, Magali va-t-elle sortir du château ?

« I used to think that I could not go on
And life was nothing but an awful song
But now I know the meaning of true love
I’m leaning on the everlasting arms

If I can see it, then I can do it
If I just believe it, there’s nothing to it

[1] – I believe I can fly
I believe I can touch the sky
I think about it every night and day
Spread my wings and fly away
I believe I can soar
I see me running through that open door
I believe I can fly
I believe I can fly
I believe I can fly

See I was on the verge of breaking down
Sometimes silence can seem so loud
There are miracles in life I must achieve
But first I know it starts inside of me, oh

If I can see it, then I can be it
If I just believe it, there’s nothing to it … »

Cette chanson fait partie de la bande originale de Space Jam, film que je ne souhaite pas voir, non n’insistez pas

First life (de merde)

23h50 un samedi soir

Ca fait combien de temps que je suis pas sorti de chez moi un samedi soir ?

De toute façon je suis même pas chez moi…

Sms à Louis : « ne m’en veux pas j’ai pas envie de parler là, je t’appelle demain soir ».

Forfait neo qui sert à rien, 120 sms pour quoi faire?

En plus j’ai rien à dire, là.

Je vais de blogs en blogs. Je me surprends à me demander ce que foutent chez eux ceux qui viennent juste de poster.Eux non plus z’ont pas de vie ?

Un mec.

Oui il me faudrait un mec.

Ca s’achète ?

Oui c’est vrai ça s’achète, chui con. Et ça fait semblant de sourire, d’aimer pour un billet. Monde fascinant.

Il pleut.

Mon player buggue sur une compil’ techno. J’ai téléchargé ça moi ?

C’est pas si mal.

Dans 2h certains arriveront en boîte.

Ca fait combien de mois que je suis pas sorti ?

La dernière fois j’ai du m’endormir dans une backroom sordide. Ca me manquerait presque cet oubli. Un corps contre moi. Aussi.

Ou un chat ?

C’est mignon un chat, ça ronronne. Mouais ça fait pas la cuisine. Ca gueule pas non plus quand vous rentrez tard. Ca vous tient pas la main au ciné quand la lumière s’éteint. Ca déteste pas la musique que vous écoutez. C’est mignon, ça dit rien. C’est… chiant.

Tchatter ? Oui c’est bien ça. Lol, mdr, ptdr comme si on avait besoin de voir un lol pour comprendre quand c’est de l’humour. Vous avez déjà failli dire lol à quelqu’un dans le monde réel vous ? Moi, oui…

Pathétique.

O. mon ex ,souvent le week-end il montait chez ses parents et je le voyais pas pendant deux jours. Ca nous faisait du bien de souffler.

… là bon ça fait un grand week-end qu’il y’a plus personne à ne pas voir, j’ai super bien soufflé.

Ouais…

Un chien ?

C’est pratique ça vous oblige à sortir. Ca remue la queue. Ca fait la fête quand vous rentrez. M’enfin, vu que je sors plus. Ca bouffe, ça pue, ça aboie et ça fait même pas de câlin.

Quel intérêt ?

Et puis ça fait même pas la cuisine.
Essayer second life ? Suiveur de tous ceux qui en parlent ?

En fait j’aimerais bien.

En bas débit ? Non ça va pas le faire. Même les telecoms sont contre moi !

Si j’essayais de me rappeler tous les mauvais côtés du couple… ?

Alors bon c’est chiant d’être avec quelqu’un tout le temps, y’a les disputes, t’as envie de faire la grasse mat’ et pas lui, tu voudrais qu’il se taise pour pouvoir lire tranquille ou l’inverse, euh… quoi d’autre ?

Parfois il t’engueule par ce que tu fais jamais la cuisine et puis un soir où tu t’y mets pour lui faire plaisir il te lâche pas une minute en te disant «non pas comme ça, pas tant d’huile, moi j’utilise du beurre c’est meilleur, mais non faut pas prendre cette spatule là ! Mais qu’est-ce que tu fais ? ! ! Mais c’est n’importe quoi ! » et il finit par vous virez de votre place en maugréant «non écoute, tu sais pas faire, mets les assiettes, donne-moi ça… » parce qu’en fait il adore ça.

Mouais, c’est sûr que c’est chiant tout ça.

Seul on peut écouter sa musique perso, lire toute la journée, prendre toutes les couvertures, tchatter toute la nuit sur msn sans qu’on vous fasse une énième crise de jalousie, laisser traîner la vaisselle dans l’évier pendant 4 jours, on se prend pas la tête à trouver un film qui vous plairait à tous les deux…

Oui c’est sûr, c’est génial la liberté, vraiment c’est…super.

Là si j’étais en couple, je suis sûr qu’on serait en train de se disputer… oui c’est sûr.

Ou ptet qu’on serait serré l’un contre l’autre à critiquer le film de merde qu’on est allé louer. C’est d’ailleurs marrant comme ça peut être sympa les navets quand on est deux. On passe le film à tout critiquer et à rire… complices.

Oui c’est sympa…

J’me demande si je vais pas essayer l’internet par satellite. C’est pas si cher, j’hallucinais !

Comme ça je pourrai aller sur second life …

Oui c’est ça que je vais faire, il paraît qu’on peut même parler avec des gens là dessus.

J’y trouverai sûrement quelqu’un pour tout critiquer…
Oui, c’est ça que je vais faire.

One day i’ll fly away (bis)

Réveil horrible. J’avais oublié de fermer ma chambre à clef. Elle entre et commence à me dire que j’ai beaucoup de courrier, elle blablate comme si de rien n’était. Sans gène. Je dis «je dors », elle fait comme si elle n’entendait pas, elle continue, me parle du repas de midi. Je hurle «JE M’EN TAPE ! JE DORS ! ! ! ». Enfin elle quitte mon espace vital.
Je commence à reprendre totalement conscience et c’est atroce. Je suis là, dans ce trou, sans solution de départ. Je ne peux pas rester ici. Je vais mal finir. Elle me rend dingue. Je déteste ce département, cette région. Ca sent la mort ici.
Je sais qu’un jour je partirai et je laisserai cette creuse mourir sans même un regard, une pensée. L’oubli. Tout est petit ici, surtout les gens.
Hier elle me parle de la visite d’une voisine qu’elle a reçue pendant que j’étais chez le dentiste, dans le chef lieu moribond de cette campagne misérable. Elle me raconte les commérages, me dit que je n’ai pas à m’inquiéter, personne ici ne lui a parlé de mon homosexualité. Je tente de lui expliquer que c’est le cadet de mes soucis, que pour moi ces gens et ce qu’ils pensent ne comptent pas, qu’ils n’existent pas, que la vie de certains internautes a plus d’importance pour moi que la leur. Je n’arrive pas à lui faire comprendre qu’à Toulouse ou ailleurs, je ne connais même pas mon voisin de palier et que je ne souhaite pas échanger plus qu’un bonjour, au revoir avec lui.
Elle et moi vivons dans deux mondes si différents. Néanmoins je connais le sien. Je l’ai fui il y’a bien longtemps. Elle ne fait pas l’effort de comprendre le mien, cette fourmilière parfois froide et cruelle mais qui me plaît, en partie justement pour cet anonymat, cette paix.
Maintenant bien réveillé j’appréhende de sortir de ma chambre. Je sais que d’une manière ou d’une autre elle va m’énerver, me saouler de questions ou d’autre chose.
La représentation doit pourtant commencer…

Entre chien et loup

Mes yeux sont tristes d’avoir tout vu. J’ai vu la chute de mes idéaux, l’un après l’autre. J’ai vu les uniformes et les blouses blanches, vu les poches vides et les mains qui se tendent depuis le trottoir, vu la misère et l’ostentation. J’ai oublié le soleil et dit bonjour à la nuit des millions de fois. J’ai essayé d’oublier mon nom , j’ai fini par m’oublier moi. Je prêté ma confiance aux mauvais et renié les bons. J’ai fait plus d’erreurs que je ne peux compter. J’ai aimé, j’ai haï, j’ai pleuré et ri. J’ai eu faim et mal au ventre d’avoir trop mangé. J’ai voulu tout comprendre sans cesse et j’en ai perdu le sens. J’ai souvent laissé l’essentiel de côté pour me perdre dans le superflu. J’ai privilégié la forme en touchant le fond. J’ai fait mes valises en déposant les armes, plus souvent qu’à mon tour . J’ai cru puis j’ai douté. J’ai dit oui en pensant non, choisi jaune et voter blanc. J’ai cherché ce que je n’avais pas perdu, trouvé ce qui ne me manquait pas. J’ai fui en me regardant en face. J’ai fait des prières sans croire en Dieu. J’ai connu des lits vides et des lits sales. J’ai voulu sans pouvoir, pu sans vouloir. J’ai survécu tant bien que mal.

Mes yeux sont avides de découvertes. Je continue de rêver. Je prête moins d’attention aux imbéciles. J’ai ce qu’il faut pour vivre, je comprends chaque jour un peu mieux mon nécessaire. Je veux dire au revoir aux ténèbres pour saluer le soleil. J’accepte mon nom et je commence à me trouver. Le loup n’entrera plus dans ma bergerie tant que j’en aurai le choix, j’essaye d’avoir foi en mes amis et en moi même. Je réussirai. J’éprouve des sentiments comme chaque être humain. J’ai soif de connaissances et d’une nouvelle vie. Je comprends que parfois l’essentiel ne s’explique pas et je laisse de côté ce qui ne me sert à rien. Je poserai mes bagages dans le port que j’aurai choisi. J’essaierai puisque je doute. Je tâcherai de faire des compromis sans me trahir moi même. Je regarderai autours de moi avant de chercher ailleurs. Je n’évite plus mon reflet, je commence à m’accepter. J’ai foi en mon destin. J’accepte d’être seul plutôt qu’en mauvaise compagnie. Je me donnerai les moyens de ce que je veux. Je vais vivre.

Le silence des (ex) agneaux

La nature a parait-il horreur du vide, ça tombe bien je ne l’aime pas vraiment l’herbe non plus.

J’ai dormi une bonne partie de la journée. Ce matin à 7h30 quand j’ai entendu ma grand mère descendre de sa chambre je suis allé décrocher la rallonge de mon modem et j’ai rebranché son téléphone. Alors que je venais de fermer la porte, au travers elle me dit :

« C’est donc que tu ne veux plus me voir !??

- Cesse de t’imaginer que le monde tourne autours de toi. Si je vais me coucher c’est peut-être simplement parce que j’ai sommeil ! »

J’ai monté le son de la musique et j’ai fait des parties de solitaire sur l’ordi jusqu’à 10h30.

Elle a du venir frapper pour que je déjeune avec eux (elle et son frère) vers midi. J’ai dit « non » et je ne me rappelle pas du reste, seulement qu’elle est repartie en me disant qu’elle se rappelerait longtemps de l’humiliation que je lui faisais subir. Ensuite j’ai fait des rêves étranges et lorsque je me suis réveillé j’étais dans une angoisse terrible. Je me disais qu’elle allait me demander de partir, me foutre à la porte, comme si c’était son genre. Je refermais les yeux mais ça ne voulait pas me quitter, alors je me suis levé pour me rattrapper en passant du temps, le reste de l’après midi en sa compagnie. J’ai tenu une heure. C’est devenu épidermique,elle m’horripile, quoiqu’elle fasse. Ensuite je me sens merdeux, je culpabilise. Elle me donne envie de bouffer des médocs et fumer du shit pour la supporter et pire supporter la personne que je deviens en sa compagnie.

Je n’ai toujours pas de solution pour retourner à Toulouse. Je ne suis ici que depuis 5 jours et ça me semble être une éternité. Pourtant je suis incapable de projeter quelque chose et quand il m’arrive de commencer à penser au futur j’arrête immédiatement devant le mur que j’entrevois. Je n’ai aucun avenir. Alors j’essaie de me dire que ce n’est pas si mal, que finalement là bas je ne fais pas grand chose de plus qu’ici, que tant que j’ai une connection internet ça pourrait durer des mois que ce ne serait pas grâve mais je n’arrive pas à m’en convaincre.

Un de mes grands problèmes avec elle c’est qu’elle voudrait régenter absolument tout ce que je fais, qu’elle ne semble pas comprendre que je me débrouille sans elle depuis longtemps, qu’à Toulouse ou ailleurs je fais sans elle. Alors pourquoi n’y arriverais-je pas ici ? Elle se prétend altruiste mais au final c’est quelqu’un de très égoïste (au moins nous avons un point commun), elle n’essaie d’aider les autres que pour la satisfaction d’imposer son point de vue et pour la gratitude qu’elle pourrait en recevoir.

Avant hier ma soeur est passée. Quand elle fut partie, elle m’a demandé comment je l’avais trouvé. Je lui ai dit la vérité, que je n’en pensais absolument rien, que je ne l’avais même pas regardé. « Quand même, tu as bien du voir sa tenue, elle a si peu de vêtement, elle est habillée comme une pute ! ». Je n’ai rien répondu, à quoi bon défendre une quelquonque opinion ? Au téléphone, je l’ai entendu répeter son discours à ma mère. Il semble que les gens qui n’ont pas de vie propre ont donc souvent tendance à vouloir tyranniser celle des autres. Je ne suis pourtant pas comme ça. Son esprit est obtus, fermé, petit.

Après m’avoir dit « j’aime quand tu me parles, ça me fait du bien » et constaté que ça ne me rendait pas plus bavard elle s’est mise à commenter la tv. Vint  la bande-annonce d’un débat politique avec Lepen et elle a commencé à dire qu’elle allait voter pour lui. C’était clairement une stratégie pour me faire sortir de mes gonds et qu’enfin je dise quelque chose. Je n’ai pourtant pas pipé mot. Mon silence est une victoire, lui répondre quoique ce soit serait rentrer dans son jeu et par conséquent l’accepter. Pourtant c’est une course de fond et j’ai bien peur de ne pas pouvoir maintenir mon fort debout une éternité. Elle finira, je suppose, par m’avoir à l’usure.

Je ne la changerai pas, je le sais et jamais elle ne me connaîtra vraiment. Jamais elle ne m’entendra. Je voudrais la laisser seule dans son petit monde étriqué et lui offrir un silence définitif, sans aucune explication. J’ai soif d’une vengeance que je ne comprends pas vraiment moi même.

Jamais je n’ai détesté quelqu’un comme ça.

Le déclin

Journée passée dans mon lit.

J’ai dormi toute la matinée puis de 16h à 22h. Je fuis la réalité comme je peux et si j’avais pu je serais encore auprès de Morphée. Il me semble que j’ai abandonné totalement la partie. Mes rêves ont tellement la saveur de la réalité qu’au réveil je crois que ça l’est. A vrai dire je voudrais presque décrocher totalement, un peu à la manière d’une cliente d’Ally Mac Beal qui veut qu’un hôpital l’endorme définitivement car dans ses rêves elle a un mari, des enfants et une vie agréable. Comment ne pas la comprendre ?

J’ai échangé très peu de mot avec ma grand mère aujourd’hui et ce furent des paroles d’énervement notamment au sujet de l’internet bas débit qui réquisitionne sa ligne téléphonique:

« Mon fils a essayé de m’appeler hier. Pourquoi utilises-tu la ligne ?

- Pour internet je te l’ai déjà dit…

- J’en ai rien à foutre de ton internet

- Et moi rien à battre de tes appels ! Egalité, Balle au centre !!! « 

Petit, minable, puéril.


Le reste du temps eveillé je l’ai passé en majeure partie sur un site où il y’a une quantité phénoménale de photo de bites et rien d’autre que ça (sobrement intitulé ma-queue.com). J’en ai parlé à Louis qui m’a rappelé qu’il était le premier à m’avoir mentionné cette adresse il y’a des mois et que je lui avais sorti un péremptoire « c’est pathétique ». Bien sûr que ça l’est, évidemment. Néanmoins ici je ne peux regarder aucune vidéo sur mon ordinnateur vu la lenteur de la connection alors j’occupe mes plaisirs solitaires devant ce catalogue de bites en tous genres. Mais tout à l’heure je cherchais à faire un film de bonheur dans ma tête pour m’endormir et je me suis mis à entrevoir ces queues et à essayer de mettre des visages et des corps autours. Le mec « idéal » que invente souvent je le créais en commençant par visualiser un sexe et je ne sais pourquoi en plus d’une réelle excitation, j’en éprouvais une certaine allégresse. Je repensais au corps de mes ex en me disant « oui ça fait aussi partie de la magie, du bonheur d’avoir un mec dans sa vie cette part de lui », le sexe rejoignait mes fantasmes sentimentaux d’adolescent. Dois-je y voir une évolution positive ?

De plus cette expérience avec ce site c’est un peu comme si je découvrais une nouvelle forme d’érotisme perverti, très 21è siècle. Les visages sont devenus ce qu’on ne montre pas, l’essence de l’érotisme est maintenant de les cacher. Tout le reste est dévoilé de manière tellement clinique, chirurgical ou gynecologique, en gros banal. Alors je regarde ces bites en cherchant à mettre un visage dessus ou une émotion. Par exemple quand le cliché suit visiblement une éjaculation, je cherche à inventer un rictus de jouissance pour l’accompagner. Et lorsqu’il y’a une tête qui l’accompagne (c’est plus que rare) je zappe car ça casse totalement la magie de la chose.

Un nouveau jour se lève et moi je vais essayer de trouver la chaleur du sommeil et de l’oubli.

Je vais retrouver la bite idéale et créer un visage, une histoire autours.

Drôle d’époque.

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