Non

Mail ecrit à Louis tout à l’heure:

A 16h j’ai finalement décidé d’aller faire une sieste.
Je le mentionne à ma grand mère qui me dit comme si je lui avais demandé « non tu n’y vas pas c’est pas l’heure… tu ne dormiras pas ce soir. Reste avec moi »
Moi qui hésitais encore, ça a suffit pour me convaincre de le faire.
Hier j’avais décidé de fermer ma porte à clefs mais je ne le fais pas.
J’étais allongé depuis 10 minutes que l’affreuse sonnerie de téléphone rententit. J’entends ma grand mère parler à ce que j’identifie immédiatement comme ma mère.
Elle raccroche et pénètre dans ma chambre. Comme ça, comme avant, sans même frapper, sans demander, un viol.
« Lève-toi, ta mère et G. vont arriver. J’ai pleinement conscience qu’il est effectivement poli, sympa de le faire mais c’est devenu autre chose qu’une simple question de politesse, c’est le repect de mes choix, de mes droits qui est devenu le « jeu », la bataille. « - Non, je dors. – Mais quand même ils ont fait des crèpes et ils nous en amène. – Non, je dors. – Quand même tu lui dois à G. après qu’il t’ait aidé hier. Ils sont sur la route, ils arrivent. – Non » Je dis un « non » qu’on a jamais entendu, dont ici on se moque bien, comme si je pissais dans un violon. Elle sort et je referme les yeux. Je somnole un peu mais chaque fois que le sommeil commence à l’emporter je me reprend en me disant qu’ils vont arriver, que la guerre n’est pas finie. Je commence même à me remettre en question. J’entends une voiture arriver. La porte de ma chambre s’ouvre a nouveau: »Ils arrivent, leve-toi, etcetera, etcetera – Non, non, non, non… »Je referme les yeux mais c’est du gachis, je sais bien que je ne me rendormirai pas.Dans la salle à manger je l’entend dire à ma mère que je suis parti faire une sieste il y’a peu, « va le voir dans sa chambre pour lui dire que tu es là » et lui faire croire qu’elle ne l’a pas fait. Ma mère répond « non puisqu’il dort ». Ca me donnerait presque envie de me lever qu’enfin on semble me respecter. Deux minutes plus tard ça frappe 3 énormes grands coups dans ma porte. Ca c’est la griffe de ma mère. Je ne peux m’empêcher de hurler  » je dors lachez moi la grappe ! » . Accalmie de 2 minutes puis ma porte s’ouvre à nouveau. Ma grand mère. La mini discussion est la même sauf qu’elle reprécise que G. a fait des crèpes, je dis « j’m'en tape » et elle repart en lachant  » tu n’as pas de coeur J. ». La phrase est exactement la bonne pour me faire culpabiliser. Je me dis que c’est pas sympa de rester au lit quand ma mère est là, que je suis salaud, qu’elle m’a dépanné hier. En même temps je me dis que c’est ma mère et qu’elle me le doit puis je culpabilise sur mon égoïsme. Je commence à penser que je vais me lever, que de toute façon je ne peux pas dormir, etc.. Ca refrappe de grands coups sur la porte. Je hurle et balance mon oreiller dessus. Je descend du lit comme une furie, ouvre la porte en tremblant, trouve ma mère derriere, effrayée, lui fait une bise en maugréant « que je dors, que c’est abusé, que…  » je ne sais plus. Dans la cuisine, je serre la main de son mari en me disant puisque c’est ça je vais être là mais je ne dirai pas un mot pour qu’ils voient leurs erreurs. Et c’est là que je comprends que ça ne sert à rien, que jamais ils ne comprendront même si j’essaie d’expliquer, que c’est foutu et que mon « non » n’aura jamais de sens pour eux, elles. Je commence à culpabiliser, a cause des crèpes, de G qui me voit dans cet état d’énervement, à mon ingratitude. Je me dis qu’elle est venue (ma mère) en pensant me faire plaisir et qu’elle ne se rend pas compte que je préfèrerais qu’elle se soit passée de le faire, que je vis très bien sans la voir, que je la méprise complètement et qu’elle ne compte pas pour moi… puis je culpabilise. Je me rends compte que je n’ai même pas pris une crepe alors je le fais pour être sympa et je la mange sans faim en sortant des banalités qu’il me faut chercher, j’en sors de moins en moins vu le peu de mondanités de ma vie : « C’est la chandeleur ? Tu commences a quelle heure demain ? …. ». G parle de son boulot et tient une remarque raciste  » oui ils contruisent des batiments uniquement pour de sales noirs ». Ma grand mère renchérit. Je ne dis pas un mot, je perdrais du temps pour rien, je trifouille mon portable pour me donner une contenance. Mon avis n’a jamais changé quoi que ce soit, personne ne m’a jamais entendu, je preche dans le désert. Je réalise pleinement que ça ne changera jamais, que j’aimerais ne plus les revoir, changer de numéro, d’adresse et de ne pas leur communiquer. La semaine dernière j’ai envoyé à ma grand mère une lettre ou j’ai recopié un des textes que j’ai écrit ici (« le prix) , celui sur sa trahison. Dans le mot que je joins, je dis de ne me poser aucune question, de respecter mon silence et de me respecter moi. Hier elle commence une phrase par « je me pose une question mais tu m’as de ne pas t’en parler… » Je la coupe en lui disant « tu as ta réponse, ne m’en parle pas ». Dans la soirée elle redit a un moment « c’est ma mère dont tu parles ?  » , je répond non et de ne pas m’en parler. Ca me surprend qu’elle imagine que c’est sa mère qui a pu me faire ça. Alors qu’elle montait l’escalier pour aller dormir je comprends que c’est l’identité de « elle » qu’elle n’a pas compris, je l’arrete et lui dit « non la femme dont je parle c’est toi, pas ta mère

- Ah bon mais c’est parce que tu as écrit laissé mourir’, etc…

J »ai compris là que même ça , meme une lettre , meme des mots écrits , quand on ne veut pas comprendre on ne comprend pas, que ce « mot d’amour » n’a même pas été compris, que je suis pathétique et qu’elle n’a jamais mérité mon amour et je me sens minable. Je suis bien de retour et décidemment rien, absolument rien n’a changé chez eux, elles et ça ne changera jamais.

Hier dans la voiture quand je disais à ma mère, qui me parlait de ma barbe, que la semaine d’avant j’en avais plus elle a pouffé en disant « n’importe quoi ». J’ai répondu « j’ai du mal à comprendre ce qu’il y’a de drôle ». En fait elles deux me considèrent encore comme un enfant et me poussent à agir comme un enfant, a devenir ce mec que je déteste, celui qui reste dans son lit quand sa mère vient.


 


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