Le silence des (ex) agneaux

La nature a parait-il horreur du vide, ça tombe bien je ne l’aime pas vraiment l’herbe non plus.

J’ai dormi une bonne partie de la journée. Ce matin à 7h30 quand j’ai entendu ma grand mère descendre de sa chambre je suis allé décrocher la rallonge de mon modem et j’ai rebranché son téléphone. Alors que je venais de fermer la porte, au travers elle me dit :

« C’est donc que tu ne veux plus me voir !??

- Cesse de t’imaginer que le monde tourne autours de toi. Si je vais me coucher c’est peut-être simplement parce que j’ai sommeil ! »

J’ai monté le son de la musique et j’ai fait des parties de solitaire sur l’ordi jusqu’à 10h30.

Elle a du venir frapper pour que je déjeune avec eux (elle et son frère) vers midi. J’ai dit « non » et je ne me rappelle pas du reste, seulement qu’elle est repartie en me disant qu’elle se rappelerait longtemps de l’humiliation que je lui faisais subir. Ensuite j’ai fait des rêves étranges et lorsque je me suis réveillé j’étais dans une angoisse terrible. Je me disais qu’elle allait me demander de partir, me foutre à la porte, comme si c’était son genre. Je refermais les yeux mais ça ne voulait pas me quitter, alors je me suis levé pour me rattrapper en passant du temps, le reste de l’après midi en sa compagnie. J’ai tenu une heure. C’est devenu épidermique,elle m’horripile, quoiqu’elle fasse. Ensuite je me sens merdeux, je culpabilise. Elle me donne envie de bouffer des médocs et fumer du shit pour la supporter et pire supporter la personne que je deviens en sa compagnie.

Je n’ai toujours pas de solution pour retourner à Toulouse. Je ne suis ici que depuis 5 jours et ça me semble être une éternité. Pourtant je suis incapable de projeter quelque chose et quand il m’arrive de commencer à penser au futur j’arrête immédiatement devant le mur que j’entrevois. Je n’ai aucun avenir. Alors j’essaie de me dire que ce n’est pas si mal, que finalement là bas je ne fais pas grand chose de plus qu’ici, que tant que j’ai une connection internet ça pourrait durer des mois que ce ne serait pas grâve mais je n’arrive pas à m’en convaincre.

Un de mes grands problèmes avec elle c’est qu’elle voudrait régenter absolument tout ce que je fais, qu’elle ne semble pas comprendre que je me débrouille sans elle depuis longtemps, qu’à Toulouse ou ailleurs je fais sans elle. Alors pourquoi n’y arriverais-je pas ici ? Elle se prétend altruiste mais au final c’est quelqu’un de très égoïste (au moins nous avons un point commun), elle n’essaie d’aider les autres que pour la satisfaction d’imposer son point de vue et pour la gratitude qu’elle pourrait en recevoir.

Avant hier ma soeur est passée. Quand elle fut partie, elle m’a demandé comment je l’avais trouvé. Je lui ai dit la vérité, que je n’en pensais absolument rien, que je ne l’avais même pas regardé. « Quand même, tu as bien du voir sa tenue, elle a si peu de vêtement, elle est habillée comme une pute ! ». Je n’ai rien répondu, à quoi bon défendre une quelquonque opinion ? Au téléphone, je l’ai entendu répeter son discours à ma mère. Il semble que les gens qui n’ont pas de vie propre ont donc souvent tendance à vouloir tyranniser celle des autres. Je ne suis pourtant pas comme ça. Son esprit est obtus, fermé, petit.

Après m’avoir dit « j’aime quand tu me parles, ça me fait du bien » et constaté que ça ne me rendait pas plus bavard elle s’est mise à commenter la tv. Vint  la bande-annonce d’un débat politique avec Lepen et elle a commencé à dire qu’elle allait voter pour lui. C’était clairement une stratégie pour me faire sortir de mes gonds et qu’enfin je dise quelque chose. Je n’ai pourtant pas pipé mot. Mon silence est une victoire, lui répondre quoique ce soit serait rentrer dans son jeu et par conséquent l’accepter. Pourtant c’est une course de fond et j’ai bien peur de ne pas pouvoir maintenir mon fort debout une éternité. Elle finira, je suppose, par m’avoir à l’usure.

Je ne la changerai pas, je le sais et jamais elle ne me connaîtra vraiment. Jamais elle ne m’entendra. Je voudrais la laisser seule dans son petit monde étriqué et lui offrir un silence définitif, sans aucune explication. J’ai soif d’une vengeance que je ne comprends pas vraiment moi même.

Jamais je n’ai détesté quelqu’un comme ça.

 


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