Entre chien et loup

Mes yeux sont tristes d’avoir tout vu. J’ai vu la chute de mes idéaux, l’un après l’autre. J’ai vu les uniformes et les blouses blanches, vu les poches vides et les mains qui se tendent depuis le trottoir, vu la misère et l’ostentation. J’ai oublié le soleil et dit bonjour à la nuit des millions de fois. J’ai essayé d’oublier mon nom , j’ai fini par m’oublier moi. Je prêté ma confiance aux mauvais et renié les bons. J’ai fait plus d’erreurs que je ne peux compter. J’ai aimé, j’ai haï, j’ai pleuré et ri. J’ai eu faim et mal au ventre d’avoir trop mangé. J’ai voulu tout comprendre sans cesse et j’en ai perdu le sens. J’ai souvent laissé l’essentiel de côté pour me perdre dans le superflu. J’ai privilégié la forme en touchant le fond. J’ai fait mes valises en déposant les armes, plus souvent qu’à mon tour . J’ai cru puis j’ai douté. J’ai dit oui en pensant non, choisi jaune et voter blanc. J’ai cherché ce que je n’avais pas perdu, trouvé ce qui ne me manquait pas. J’ai fui en me regardant en face. J’ai fait des prières sans croire en Dieu. J’ai connu des lits vides et des lits sales. J’ai voulu sans pouvoir, pu sans vouloir. J’ai survécu tant bien que mal.

Mes yeux sont avides de découvertes. Je continue de rêver. Je prête moins d’attention aux imbéciles. J’ai ce qu’il faut pour vivre, je comprends chaque jour un peu mieux mon nécessaire. Je veux dire au revoir aux ténèbres pour saluer le soleil. J’accepte mon nom et je commence à me trouver. Le loup n’entrera plus dans ma bergerie tant que j’en aurai le choix, j’essaye d’avoir foi en mes amis et en moi même. Je réussirai. J’éprouve des sentiments comme chaque être humain. J’ai soif de connaissances et d’une nouvelle vie. Je comprends que parfois l’essentiel ne s’explique pas et je laisse de côté ce qui ne me sert à rien. Je poserai mes bagages dans le port que j’aurai choisi. J’essaierai puisque je doute. Je tâcherai de faire des compromis sans me trahir moi même. Je regarderai autours de moi avant de chercher ailleurs. Je n’évite plus mon reflet, je commence à m’accepter. J’ai foi en mon destin. J’accepte d’être seul plutôt qu’en mauvaise compagnie. Je me donnerai les moyens de ce que je veux. Je vais vivre.

 


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