…,

Je suis un garçon bizarre.

Je ne sais pas combien de fois dans mes 31 ans j’ai pu dire que j’étais désolé.
Plus encore je ne sais pas combien de fois j’ai pu le penser.

Je suis un garçon bizarre …

Souvent j’ai laissé sur le bord de ma route ceux qui comptaient pour moi.

Il y’a eu Pam, 10 ans d’amitié, une longue adolescence ensemble, collés.
Cette fille était mon double.
Elle savait tout de celui que j’étais.

Il y’a eu Christophe, compagnon d’infortune, de plan popo et autres soirées ganja.
Pendant presque un an on s’est vu quotidiennement et on a partagé bien plus qu’un bang.

Il y’a eu Lord B. à qui je confiais tout de ma vie sentimentale.

Il y’a eu Regan, il faut bien la citer, personne ne peut savoir mieux l’enfant que j’étais.

Il y’a eu P1, P2 et O.

Pourtant je ne crois pas qu’aucun d’eux sache vraiment le dégoût que m’inspire l’aspartam.

Je suis un garçon bizarre.

Je raconte sans problème toutes mes cassures, la moindre cicatrice et quoiqu’on en pense je n’ai pas l’impression de m’exhiber.
Dire ces expériences sans rougir, sans gène ni honte c’est leur donner la désinvolture qu’elles n’auront jamais vraiment.
C’est les réduire à l’état le plus insignifiant qui soit. C’est les regarder avec le mépris qu’on n’a pas pu offrir à ceux qui les ont causées.

L’aspartam, lui a quelque chose de grave.

En mettre dans mon thé du matin c’est faire débuter ma journée sous les pires auspices.

Dire au gens que je déteste les édulcorants de synthèse c’est leur donner un pouvoir considérable sur moi, c’est me rendre otage de leur bon vouloir.

Peu de gens savent que le matin je bois du thé, dans un mug avec trois gros sucres et une seule personne comprendra pleinement l’intérêt de cette révélation.

Ils croiront peut-être qu’ils savent.

Je suis un garçon bizarre.

J’aimerais parfois me détester complètement mais je n’y arrive jamais vraiment.

Plus encore j’aimerais faire ce cadeau à O., Pam, Christophe,Lord B, …

Il y’a du mystère dans les points de suspension et j’adore ça.

Je suis un garçon bizarre.

Aujourd’hui je veux vivre en Alsace.
J’en étudie les us et coutumes depuis bientôt un an et je pense être prêt.
A force d’y avoir si souvent trouvé refuge j’ai appris à aimer cette province au point de vouloir oublier toutes les autres.

Je ne veux plus chercher mon itinéraire dans d’autres plans.

Les volets sont entrouverts, et même si je n’ai pas suffisamment de force pour laisser entrer le soleil totalement je suis plein d’espoir.

Je sais qu’il n’y a pas d’aspartam là bas.

Je suis un garçon bizarre et je suis désolé d’être comme ça.

Sincèrement …

LH

 


Pas encore de commentaires to “…,”

sarivoli |
Lusopholie |
Critica |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Dolunay
| "Le Dernier Carré"
| Les terres arides de l'isol...