Archive pour avril, 2007

Quitter la blogosphère

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Cet après-midi j’étais en train de m’ennuyer sur le net quand Nathan m’a envoyé ce sms : « tu viens me voir quand ?  »

J’ai répondu « Très bientôt » en songeant que tout était relatif et j’ai entrepris de continuer mon errance de blog en blog. Pourtant l’idée faisait son chemin.

« Tu attends quoi exactement ?  » me suis-je demandé.

Je lui ai envoyé un deuxième texto :  » Je vais consulter les horaires de trains. « .

STOP ! ! !

J’essaie d’écrire, d’y mettre les formes mais je n’y arrive pas. Je voulais vous dire que sur le site de la SNCF j’avais ressenti le réveil, le vertige, l’urgence du départ, tout ça tout ça.

Mais résumons : demain je pars à Poitiers.

J’ai envie de revoir Nathan, de rencontrer son nouveau copain, de rire, de faire la folle et même de boire un verre dans un fucking bar gay !

J’ai besoin de revoir des amis, de croiser des regards, de discuter de tout et de rien, de me retrouver dans une autre réalité que celle que vous avez sous les yeux !

J’ai soif de rencontres, de futilités, de corps nouveaux, de vie tout simplement.

Après avoir décidé de partir j’ai commencé à écrire à Léonard « j’ai besoin de quitter un peu la blogosphère  » et j’ai pris conscience du ridicule de cette phrase.

Et que dire de ce mot ?

Blo

Go

Sphère

Regardez, vous y êtes ! Ca semble gigantesque avec tous ces liens, ces clics, ces bannières mais au bout du compte même le plus high tech des écrans reste petit, plat et surtout on sort difficilement du cadre.

C’est un très bon passe temps me direz-vous mais moi ma vie se résume à ça, vous l’avez sous les yeux ma vie ! Des blogs…

On doit sûrement pouvoir faire autre chose à côté non ? ( que celui qui a répondu Second Life sorte immédiatement !)

Il faut que je me casse, je ne tourne vraiment pas rond.

Le pire c’est que depuis quelques jours je n’ai même pas envie d’écrire quoi que ce soit. Quand j’essaie je suis pris de fatigue.

Qui plus est, pour avoir quelque chose à raconter, aussi inintéressant que ce soit, ce serait bien qu’il ne m’arrive pas seulement des e-mails.

Et puis Nathan a peut-être raison quand il me suggère d’oublier Toulouse. Qu’ai-je donc de si important à y faire ? J’adore cette ville mais rien ne m’y attend, à part le Capitole et la Garonne (et les rugbymen ?). Ils peuvent attendre. Il m’apparaît que la vie dans n’importe quelle bourgade aussi petite soit elle sera toujours plus intéressante que cette non-vie dans ce trou. Toulouse seul versus Poitiers accompagné ou encore ailleurs (the world is mine !) je n’en sais rien, il sera toujours temps d’y penser après ma visite à Nathan.

Quoiqu’il en soit je trouverai bien pendant mon séjour à Poitiers un cyber-café pour me faire un shoot de web et vous tenir au courant parce qu’au fond Internet j’adore ça, je suis accroc et quand ça reste modéré ça ne doit pas être si nocif que ça.

En attendant il faut que je regarde un peu ce qu’il y a autour de l’écran et surtout que j’arrête de réfléchir.

Faire un pas, puis deux puis trois et voir où tout ça m’emmène.

Vivre.

Pendant que j’écrivais ça j’ai reçu ce mail :

«  Bonjour

Je suis Dominique et je me permets de vous écrire car je pense que vous avez besoin d’un petit coup de main aujourd’hui ! (pour la vaisselle ?)

 » Si j’avais su !  »

Combien de fois avez-vous déjà dit cette phrase ? Une, deux, dix fois ? (non je dis « si j’aurais su  » comme tout le monde)

Nous avons tous, à un moment de notre vie, prononcé ces quelques mots dans des circonstances plus ou moins difficiles ! (ça c’est de la voyance pure ou un flash ? )

C’est pourquoi il est important dans certains cas, de bien réfléchir avant de prendre une décision qui pourrait se révéler désastreuse pour la suite de votre vie. Combien de personne autour de vous avez-vous vu prendre une mauvaise décision qui a amené la ruine et la malchance. (il n’a pas suivi on dirait, faut astiquer la boule ^^)

Peut-être même cela vous est arrivé ? (c’est le nouveau Nostradamus ?)

Un mauvais choix et on voit sa vie sentimentale prendre un chemin catastrophique, une mauvaise décision et on se retrouve proche de la ruine financière… Nous avons tous un bon nombre d’exemple pour illustrer ce que je vous écris ! (assez anxiogène ce discours, il doit voter Sarko lui !)

Ma devise : ‘SAVOIR C’EST PRÉVOIR !’* (est-ce qu’il avait prévu de se retrouver là ? il doit être maso, cette fois c’est sûr il vote Sarko)

Mon but est de mettre au service de ceux qui en ont besoin ce que je peux capter du monde invisible. (s’il essayait de capter le monde tout court, ça serait déjà beaucoup)Car même si nous avons tous notre libre arbitre, notre faculté à vouloir continuer à avancer ou à abaisser les bras (baisser suffirait) , il n’en demeure pas moins vrai que lorsque nous sommes confrontés à des difficultés il n’est parfois pas évident de trouver seul sa route. (il ne l’a pas déjà répété 3 fois ça ?)

Prévoir les obstacles à venir peut éviter de commettre des erreurs de jugement. Savoir qu’une période difficile s’annonce, permet de l’aborder différemment. (non mais il nous prend vraiment pour des cons, il manque un slogan*)

De la même façon, il est plus facile d’entreprendre, de créer, lorsque l’on sait que nous sommes dans une période faste et positive. (je vais vomir)

Alors si vous êtes vous aussi dans une situation ou vous devez prendre une décision importante (le train de 12h ou de 14h ?), ou si vous avez un doute sur un choix à faire (je prends le sac à dos bleu ou le rouge ?) , si toutefois vous vous posez des questions sur votre devenir (est-ce que je vais trouver une place côté fenêtre ?) , je vous invite à me contacter par téléphone pour que je puisse essayer d’éclairer les zones d’ombre autour de vous. Dans une consultation de voyance par téléphone, je puis en direct (puis : joli) , au travers des vibrations de votre voix ainsi qu’avec le support de mes Tarots, vous renseigner et répondre à vos questions immédiatement. C’est une démarche rapide qui permet d’éclairer et apporter une réponse instantanément.

Composez le 03.69.67.80.00. Vous allez avoir au bout du fil une personne qui se prénomme Claude, c’est la personne qui prend les appels lorsque je suis déjà en consultation, afin de ne pas troubler mes visions et ma concentration. (Claude devait faire une pause clope pendant qu’il rédigeait ça)

Après avoir pris vos coordonnées, je vous contacte et nous partons pour une consultation privée par téléphone.

Mon tarif est unique. 3 euros par minute(soit 20 francs la minute, 30 centimes la seconde),. Afin de bien me concentrer et d’être particulièrement ‘branché’ avec vous, je ne vous compte pas les 5 premières minutes de notre voyance. Ce tarif est simple et unique. Avec moi, vous payez juste le temps que vous restez en ligne : soit 3 euros la minute (pour ce prix là j’irai lire mon avenir dans un verre de Coca), après les 5 premières que je vous offre (pour parler à Claude) . Ainsi vous n’aurez pas de  » mauvaise surprise  » à la fin de la consultation. (non ça c’est sûr)

Voila, il ne vous reste plus qu’a franchir le pas…Je vous attends. (ça peut durer longtemps)

Astralement votre(c’était pas le nom de la rubrique d’Elisabeth Tessier, la thésarde de Télé 7 jours ça ? plagiat !!) ,

Dominique. « 

Si vous décidez d’appeler Dominique, vous, et de claquer 3 euros par minute pour lui parler dites-lui bien ceci de ma part :

JE NE VEUX PAS PREVOIR MON AVENIR, JE VEUX LE VIVRE (connard) ! ! ! 

 

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Une touche d’espoir

 

Ariane Mnouchkine, metteur en scène, soutient Ségolène Royal.
Une touche d'espoir dans Obsessions diurnes
« Je voudrais vous parler de sentiments. Car lors d’une élection présidentielle, et pour celle-ci plus que pour toute autre, il s’agit aussi de sentiments. Il s’agit d’étonnement d’abord, d’espoir, de confiance, de méfiance, de craintes, et de courage aussi. Il s’agit surtout, je crois, d’un sentiment de genèse. Je n’ai jamais cru que la Genèse fut terminée. Petite fille, je pensais même qu’une fois grande personne, je serais fermement conviée à y participer. Et comme, à l’époque, aucun adulte autour de moi ne s’est cru autorisé à me détromper, je le pense toujours.Certains hommes, certaines femmes, savent mieux que d’autres nous rappeler à notre droit et à notre devoir de contribuer à cette genèse, à cette mise au monde d’un meilleur monde. D’un meilleur pays, d’une meilleure ville, d’un meilleur quartier, d’une meilleure rue, d’un meilleur immeuble. D’un meilleur théâtre. Mieux que d’autres, par leur détermination, leur sincérité, leur intelligence, leur audace, ils nous incitent à entamer ou à reprendre avec joie un combat juste, urgent, possible.Pour libérer cet élan, il ne doit y avoir chez les prétendants aucune forfanterie, aucune vulgarité de comportement, aucun mépris de l’adversaire. Aucune enflure pathologique de l’amour du moi. Aucune clownerie de bas étage, aucun double langage. Aucune mauvaise foi. Non, il doit y avoir une terreur sacrée. Oui. Ils doivent être saisis d’une terreur sacrée devant le poids écrasant de la responsabilité qu’ils ambitionnent de porter, devant l’attente du peuple dont ils quémandent le suffrage. Oui, il faut qu’ils tremblent de la terreur de nous décevoir. Or, pour cela, il leur faut de l’orgueil. Car sans orgueil, pas de honte. Pas de vergogne.

Que de fois, ces jours-ci, je me suis exclamée : «Oh ! Il est vraiment sans vergogne, celui-là.» Eh bien, moi, j’espère, je crois, je sais que Ségolène Royal a de la vergogne et donc qu’elle est capable de grande honte si, une fois élue, elle ne réussissait pas à nous entraîner tous, où que nous soyons, du plus important des ministères jusqu’à la plus humble classe de la plus petite école de France, dans cet herculéen travail qui nous attend et qui consistera à recoudre, à retisser même par endroits, et à poursuivre la formidable tapisserie qu’est la société française. Cet imparfait, cet inachevé mais si précieux ouvrage que, par pure ou plutôt par impure stratégie de conquête du pouvoir, Nicolas Sarkozy et ses associés s’acharnent à déchirer.

Donc, contre la pauvreté, contre le communautarisme, pour la laïcité, pour la rénovation de nos institutions, contre l’échec scolaire, et donc pour la culture, pour l’éducation, et donc pour la culture, pour la recherche, et donc pour la culture, pour la préservation de la seule planète vivante connue jusqu’à ce jour, pour une gestion plus vertueuse, plus humaine, donc plus efficace des entreprises, pour l’Europe, pour une solidarité vraie, qu’on pourrait enfin nommer fraternité et qui ne s’arrêterait pas à une misérable frontière mais s’étendrait bien au-delà de la mer, bref, pour une nouvelle pratique de la politique, c’est un immense chantier que cette femme, eh oui, cette femme, nous invite à mettre en oeuvre. Et moi, je vote pour ce chantier.

Son adversaire surexcité veut nous vendre un hypermarché ­ très bien situé, remarquez, juste en face de la caserne des CRS, elle-même mitoyenne du nouveau Casino des Jeux concédé à ses amis lorsqu’il était ministre ­ tandis qu’un troisième… celui-là, à part être président, j’ai du mal à comprendre ce qu’il veut pour nous. Une hibernation tranquille, peut-être ? Pendant ce temps, celui que bien imprudemment certains s’obstinent à classer quatrième alors qu’il y a cinq ans… vous vous souvenez ?

O nos visages blêmes, nos mains sur nos bouches tremblantes et nos yeux pleins de larmes. O ce jour-là nos visages… les avons-nous déjà oubliés ? La honte de ce jour-là, l’avons-nous déjà oubliée ? Voulez-vous les revoir, ces visages ? Moi, non.

Voilà pourquoi, même si je respecte leurs convictions, et en partage plus d’une, je ne veux pas que ceux qui pratiquent l’opposition radicale, jusqu’à en prôner la professionnalisation durable, nous entraînent dans leur noble impuissance.

Voilà pourquoi je pense que nous, le soir, dans nos dîners, devons cesser nos tergiversations de précieux ridicules. C’est du luxe. Un luxe insolent aujourd’hui. Beaucoup dans ce pays ne peuvent se le payer. Ils souffrent. Ils sont mal logés, ou pas logés. Ils mangent mal. Ils sont mal soignés, ne connaissent pas leurs droits, donc n’ont droit à rien. Ni lunettes, ni dents, ni vacances, ni outils de culture. Leurs enfants n’héritent que de leur seule fragilité. Ils souffrent. Ils sont humiliés. Ils ne veulent pas, ils ne peuvent pas, eux, passer un tour. Encore un tour. Jamais leur tour.

Dépêchons-nous. Il y a du monde qui attend. Allons-y, bon sang ! Vite ! Cette femme, eh oui, cette femme porte nos couleurs, elle les porte vaillamment, courageusement, noblement. Et quand je dis couleurs, je ne parle pas des seules trois couleurs de notre drapeau. Je parle des couleurs de la France, celle que j’aime, celle de la citoyenneté vigilante, de la compassion pour les faibles, de la sévérité pour les puissants, de son amour intelligent de la jeunesse, de son hospitalité respectueuse et exigeante. Je parle des couleurs de l’Europe, à qui nous manquons et qui nous manque. Voilà pourquoi je vote pour les travaux d’Hercule, je vote pour Ségolène Royal, et je signe son pacte. « 

Ariane Mnouchkine

Bilan(2)

Maintenant que mes nerfs sont plus « calmes »  (crise d’hystérie ?) j’envisage les choses différemment (et puis bon c’est la soirée faux-cul, c’est que c’est pas fini tout ça ma brave dame !).

On aurait pu avoir le choix entre Le Pen ou Sarko !

Est-ce que c’est Melle qui me met dans cet état ?

On va juste garder l’essentiel à retenir du post original emoticone

- J’ai pensé à mon ex à chaque fois que je voyais Melle (toutes les deux minutes) en suppliant je ne sais quoi que la caméra ne me montre pas sa tronche et je me suis rappelé que pour l’élection présidentielle 2002 j’habitais là bas

- Dans 15 jours je voterai contre le facho…

Pour le reste, hommage à Sarko :

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Non, je ne vous comprends pas (ou la génétique expliquée aux con(nasse)s)

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(Coming out) Un acouphène au coeur

 

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5 ans que c’est fini. Pour moi la maladie aura été plus fidèle que nous. Elle s’est répandue dans chacune de mes particules peu à peu. Implacable, elle m’a envahit en une succession d’innombrables stades : de la tristesse au manque, de la colère au désespoir, de la haine à la jalousie, du rejet au déni avant de recommencer dans d’infinies nuances. Toutes les émotions négatives semblent contenues dans ce que tu es devenu pour moi : un bruit de fond désagréable, un acouphène dans le cœur.

Je pensais t’avoir oublié. J’ai cru m’être débarrassé de toi mais toujours tu finis par me rendre visite. Ma solitude est ton lit.

Ce soir tu es venu.

Je cherchais dans le frigo un dessert invisible et te voilà à mes côtés. Je m’aperçois que je suis chez toi. D’abord tu essaies de ruser en prenant une autre forme mais je te reconnais. Je me suis tant baigné dans ton odeur que maintenant je devine ta présence, je te sens. Je tourne la tête et je te considère sans surprise car au fond tu as toujours été là. Tu guettais dans la nuit le moment où je m’abandonnerais à la tentation de te laisser entrer. Tu t’entends si bien avec mes faiblesses. Je fais comme si je ne voyais pas ton sourire arrogant et je continue à chercher ce stupide dessert. Je mets ton frigo sans dessus-dessous comme si ton apparition avait décuplé mon appétit. Ca a l’air immense, je fouille mais je ne trouve pas. Tu prends ce ton paternel si familier et, pédagogue, tu m’expliques les vertus d’une de tes dernières trouvailles, une sucrerie exotique et raffinée qui finira probablement dans toutes les assiettes mais la tienne d’abord. Tu essaies de me convaincre de la goûter, je vais adorer. Je n’en veux pas, je veux ce putain de chocolat liégeois ! Sans quitter ton sourire, tu me demandes de te laisser la place. Je ne refuse pas, je ne sais pas chercher et tu sais si bien trouver. Planté derrière toi j’essaie d’évaluer ce que je ressens. Je suis curieusement calme, les battements de mon cœur sont réguliers, je ne transpire pas. Tu sors ta sale bouille d’enfant terrible du frigo et tu me tends le dessert dont je ne suis plus sûr d’avoir envie. On se regarde encore et tu souris. Je n’ai jamais vu des dents aussi blanches.

Puis sans que je comprenne, nous sommes de nouveau amis, nous quittons la maison et commençons à marcher sous le soleil. Nous bavardons, nous sommes un flot de paroles intarissable, comme avant. Avec l’enthousiasme de l’inédit tu me racontes une de ces blagues que j’ai déjà entendu mille fois et je me surprends à rire. Je tourne la tête pour t’observer et je te découvre monté sur un grand cheval noir. Pas vraiment surpris, je m’arrête pour lui caresser le museau. Je cherche mon reflet dans ses pupilles puis nous repartons. Du coin de l’œil tu as fier allure, je ne te savais pas si bon cavalier.

Après quelques pas je me rends compte que j’ai oublié ce fichu dessert chez toi et que je vais en avoir besoin. Tu me demandes si j’en suis sûr et j’acquiesce. Evidemment que j’en suis sûr, je sais ce dont j’ai besoin ! Je reste calme, tout ça pourrait m’énerver mais non, je ne ressens rien. Tu entreprends de faire demi-tour pour retourner chercher l’objet de mon obsession, à cheval ça ira plus vite. Je me tourne et je ne suis plus qu’un regard vers toi, hypnotisé. Quand tu atteins le milieu du chemin devenu gigantesque, à tes côtés j’aperçois une silhouette noire que je ne reconnais pas. Il me semble que vous parlez tout en continuant à avancer ensemble. Le rythme de mon cœur accélère légèrement. Arrivés à un embranchement, à quelques mètres de la maison, ton compagnon s’engage sur la droite. Mon cœur s’emballe mais tu poursuis ta route, seul. Et puis, alors que tu touches au but, tu reviens en arrière et, sans que j’aie le temps de comprendre ce qui se passe, tu rejoins la forme noire, au galop, et vous disparaissez dans l’horizon sans même jeter un œil dans ma direction.

Je me réveille, je te cherche dans le lit et même si je ne te vois pas je sais que tu es là, je sens ta présence. Je regarde l’écran de l’ordinateur qui était resté allumé, je mets une chanson de déprime et je laisse le vernis s’étaler sur mes joues. Tu ne me quitteras donc jamais ?

 

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Signes intérieurs de richesse

 

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« La richesse est dans nos cœurs ? Mon cul moi j’veux de l’oseille ! », Booba (Pitbull)

Après des siècles de réflexion, d’hésitations et de doutes je viens enfin de trouver ce que je voulais faire de ma vie : je veux « gagner » beaucoup d’argent.

En effet, si j’étais riche, mes problèmes existentiels revêtiraient l’importance qu’ils méritent, je pourrais leur accorder une totale attention sans me sentir coupable ou déplacé.

De plus j’aimerais qu’un jour on puisse dire de moi : « il avait tout mais malgré ça il n’a jamais trouvé le bonheur ». Non seulement mon cœur d’éternelle midinette pense que c’est romantique mais ça démontrerait aussi une bonne fois pour toutes que l’argent n’a aucune importance à mes yeux.

A ce propos, j’ai vingt euros qui partent chaque mois chez AOL uniquement parce que je n’ai pas résilié notre contrat après mon départ de Toulouse. Ensuite il y a Club Internet : en arrivant dans cette horrible campagne sans ADSL j’ai souscrit à un forfait internet bas débit chez eux dans l’idée de rompre tout de suite après avoir utilisé les heures promotionnelles offertes. Résultat : depuis cette idée de génie ils me délestent de quinze euros tous les mois alors que j’utilise un autre FAI. Je sais que c’est obscène mais je ne trouve jamais le courage de chercher leur adresse puis de leur écrire une lettre. Il y’a aussi cette annexe de pédéland.net où je n’ai pas mis les lettres depuis bientôt deux mois. Je ne réussis jamais à me décider à chercher sur leur horrible site la ligne probablement minuscule où on annule l’abonnement. Imaginez qu’ils exigent en plus un recommandé ? ! Autant me donner tout de suite une carte de client à vie ! Pour finir que penser de cet abonnement « UGC illimité » quand je ne sais même pas s’il existe encore un cinéma dans ce trou ? Il m’arrive de songer à déclarer à ma banque la perte de ma carte bleue dans l’unique but d’être enfin débarrassé de tout ça et de pouvoir profiter de ces deniers que je jette par la fenêtre.

Mais si j’étais riche, ça ne serait pas nécessaire et ça justifierait que je me sois toujours comporté comme tel ! Mon compte en banque serait enfin en adéquation avec ma façon d’être. En gros, n’ayons pas peur des mots, ma vie serait presque harmonieuse.

Qui plus est je pense sincèrement que j’étais fait pour avoir des domestiques. Un jour je le disais à une de mes connaissances et elle a été choquée. Je ne comprends toujours pas pourquoi. Les gens ne se rendent pas compte du talent qu’il faut pour être servi. Ils s’imaginent que ça n’exige rien mais c’est un art ! Il faut savoir adapter ses sourires, faire comprendre qu’on ne se sent pas supérieur et qu’on compatit tout en ne méprisant pas. Exit le « ma pauvre je n’aimerais pas être à votre place », non seulement il ne faut pas être très perspicace pour le deviner tout seul mais c’est également vulgaire et condescendant. Il s’agit d’employer les compliments avec parcimonie pour leur donner une portée significative, d’essayer tant que possible de les varier et de doser ses effets. Enfin il faut savoir proférer des « qu’est-ce que je ferais sans vous ?  » en mariant l’intensité et la conviction d’un acteur de la Comedia dell’arte sur le point de défaillir avec la retenue et l’élégance d’un Jean Rochefort dans presque tous ses films, comme si vous n’étiez pas persuadé que n’importe qui pourrait faire l’affaire !

Finalement, dire aux autres ce qu’ils ont envie d’entendre est LA CLEF dans presque tous les domaines, je devrais d’ailleurs le mettre un peu plus souvent en application.

Quoiqu’il en soit je pratique fort bien l’art d’être servi et il me semble que c’est inné (génétique ?).

C’est pourquoi je persiste à penser que la cigogne qui m’a déposé ici était tellement ivre ou droguée qu’elle s’est trompée d’adresse de livraison ! C’est comme ça que j’ai atterri chez les pauvres, je ne vois pas d’autre explication.
Je dois réparer cette grossière erreur et pour cela gagner beaucoup d’argent, je n’ai pas le choix !

Mais qu’est-ce que je peux faire pour ça ?

Je n’ai pas d’autre talent que celui que je viens de vous exposer et je ne vois pas dans quel métier il pourrait être utile à quelque chose.

Il est vrai que je suis aussi un très bon diplomate et que j’ai la faculté de me faire apprécier facilement, sans même le chercher sciemment. Je commence instinctivement mes phrases par « tu as raison » puis j’ajoute le « mais » qui me permettra d’avancer mes idées.

A bien y réfléchir je suis aussi particulièrement doué pour la « suggestion ». J’ai vite compris que les autres sont comme moi : ils détestent se sentir obligés de quelque chose. Alors, enfant, je m’exerçais sur ma mère à ne pas lui demander ce que je voulais, à lui souffler de me le proposer en lui laissant croire que c’était son idée. Ca m’a permis de développer des stratégies très intéressantes que je ne dévoilerais pas ici, par souci de secret professionnel, et ça a aussi été très utile à mon assistant Dominique Poireau. Cependant le telemarketing c’est l’usine des neurones, ce n’est pas gratifiant et ça paie très mal : rien à voir avec mes aspirations.

Je résume la situation : je veux être riche, j’ai l’art d’être servi, je sais accepter avec élégance qu’on me propose ce que je désirais et je m’y entends comme pas deux pour mettre les gens dans ma poche quand je le veux vraiment.

Voilà…

J’ai beau cherché, à part princesse je ne vois pas quelle carrière (honnête) je pourrais embrasser ni à quel employeur je pourrais faire profiter de tous ces incroyables dons.

Il faut sûrement que j’y réfléchisse encore un peu mais je me pose une question : est-ce que ça vous ferait plaisir de me donner des conseils … ?

Dans le doute je ne vous le demanderai pas, vous êtes libres de faire ce que bon vous semble.

De toute façon après avoir lu ce qui précède vous devez certainement me trouver détestable.

Mais que voulez-vous que je vous dise ?

Vous avez raison mais… (Voir plus haut)

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résultat :

 

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flash semi-nocturne sous forme d’injonctions personnelles répétées jusqu’à l’oubli et/ou l’abandon pur et simple et/ou plus compliqué ne nécessitant que son aval propre et uniquE.

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1.il n’y a pas de règleS.

2.il n’y a que celles inventées par ceux qui voulaient te faire croire aux règles pour t’imposer les leurS.

3.brise-leS.

12.on ne retiendra que les exceptions.

17.compose les tienneS.

22.crée Ton jeu.

joUe.76.

EnCore.87.

joUe.98.

enCore.109.

joUe.1110.

enCore ;12

enCore ;24

réinVente ;48

;encoRe-333

;en.kor-0

2 ;jo.ue ;2

4 ;en.kor ;4

6 ;en.kor ;6

12 ;va.troploin ;12

0 ;En ;Ko ;R ;0

00 :;En :;Ko : ;R :;00

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France, SarkoZy* 2007-2012

 

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*Nicolas SarkoZy est un concept du groupe TF1**, tout contrevenant s’expose à périr sous une pluie de Karcher***
** TF1 est un groupe du consortium Bouygues
***Karcher est une marque du concept Nicolas SarkoZy*

Pollution nocturne (morue inside !) n’est pas soutenu par Nicolas SarkoZy*, ni par Ségolène Royal, ni par Olivier Besancenot, ni par François Bayrou, ni par Arlette Laguiller, ni par José Bové, ni par Gérard Schivardi, ni par Marie-George Buffet, ni par Dominique Voynet, ni par Philippe de Villiers, ni par Frédéric Nihous, ni par Mariah Carey et il le leur rend bien.

This is why i’m hot

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En ce moment, je carbure à « This is why i’m hot » de MIMS. Dès la première écoute on sent que c’est un hit en puissance. C’est d’abord la musique qui capte l’attention. Le son, absolument pas sophistiqué, évoque le rap underground des années 90. C’est simple et « pur ». De plus les effets sonores, pour une fois distillés dans le premier couplet, sont très efficaces.

Ensuite on se délecte de la suprême arrogance des lyrics. MIMS affirme dès le début qu’il pourrait vendre des millions de disques en ne disant (absolument) rien. Et c’est ce qu’il va démontrer. Même si dans le fond le rappeur ne va pas révolutionner le hip-hop, se faire mousser étant devenu récurrent dans le rap international, il se revendique et c’est en partie là que réside l’intérêt du disque. Avec un flow qui évoque un peu 5O cent, MIMS se paie même le luxe de ne pas courir après la rime. Si certains jugeront le morceau « commercial », MIMS s’assume sans faux-semblants et ça donne le titre de rap ricain le plus réussi qu’on ait entendu depuis « Ridin’ » de Chamillionaire.

http://www.dailymotion.com/video/3yt9kuu1oEscH5Ooy

 

Le miroir de l’âme

 

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J’ai eu ma première relation sexuelle adulte à 17 ans. On ne peut pas appeler ça « faire l’amour ». C’était avec le père d’un de mes camarades de classe. Quand ça s’est produit je ne le savais pas encore. Je l’ai rencontré grâce ou à cause d’un graffiti que j’avais écrit parmi d’autres sur les murs des toilettes publiques de la ville où se trouvait mon lycée. Le lendemain il avait répondu, au même endroit, et de fil en aiguille nous avons fixé un rendez-vous. Le jour dit un homme extrêmement disgracieux (sic) est arrivé. J’ai compris que c’était lui, j’ai hésité et l’ai finalement suivi. Nous sommes montés dans sa voiture et il a pris ma main pour la poser sur son entrejambes. Le sordide était définitivement de mise. Il était d’une laideur qui m’excite parfois, quelque chose de brute ou du moins d’absolument pas raffiné. Le sophistiqué, déjà à l’époque me faisait débander. On a quitté la ville à la recherche d’un « petit coin tranquille », il a trouvé un chemin et garé sa voiture. Glauque, définitivement. Nous en somme « restés » à des caresses et une fellation. Il a pris son pied, moi je n’ai pas eu le temps de jouir car une vielle femme nous a surpris alors qu’il s’appliquait à ce que j’y parvienne à mon tour. J’étais presque nu sur la banquette arrière, je me suis caché comme je pouvais et il est passé derrière le volant sans que j’aie le temps de me rhabiller. Je me sentais plus qu’honteux : vicieux et condamnable. En me ramenant en ville il s’est arrêté pour que je remette mes vêtements. Nous avons échangé quelques mots. Je lui ai posé des questions sur sa vie : ça m’intriguait de savoir si un pervers comme moi pouvait mener une vie normale et surtout être heureux. Il m’a dit qu’il avait une femme, une fille et un travail. C’est tout ce dont je me rappelle vraiment de notre discussion, j’ai bien plus de souvenir de son anatomie et de la bosse sous son pantalon vert. Il m’a déposé assez loin du lycée en me disant qu’il aimerait me revoir.

Je me rappellerai probablement ma vie entière de ce jour là et de mon retour au lycée. J’avais lu des livres où l’héroïne violée se sent sale et jusque là je pensais que c’était une minable formule récurrente qu’on reprend quand on manque d’originalité. En traversant la cour j’ai compris qu’il n’y en a pas de meilleure. J’avais l’impression que le vice, que mon homosexualité (c’est mon ressenti de l’époque et c’est clairement de l’homophobie irrationnelle, que ça soit dit une fois pour toute), que ça se voyait sur moi, sur mon visage. J’avais peur d’avoir du sperme sur toute la figure. Je suis allé directement dans les toilettes de l’établissement pour me laver la bouche et le visage et me regarder dans un miroir. En rentrant chez moi ce soir là j’ai repris mon onanisme ordinaire avec une nouvelle scène à jouer dans ma tête car il me faut bien l’avouer cette aventure allait finir par m’exciter et ceci aujourd’hui encore.

Depuis ce jour le sexe est devenu, pour moi, étroitement lié au sordide bien qu’il me soit arrivé bien souvent de faire l’amour et même parfois avec les sentiments qui, parait-il, vont avec. Depuis ce jour là où est-ce que c’est bien avant ?

J’ai revu mon « partenaire de sexe » une seule autre fois et puis j’ai fini par apprendre qu’il était le père de cet élève que je voyais dans ma classe chaque jour et que je n’appréciais pas plus que ça. Là le glauque de la chose est encore monté d’un bon cran.

Cette année là j’ai fait « exploser » les factures de téléphone de ma grand-mère en fréquentant assidûment et avec culpabilité les premiers « réseaux » de drague homo. Je ne pouvais pas m’en empêcher. Par ce biais j’ai rencontré deux ou trois garçons avec qui je faisais du sordide dans leur voiture.

Puis il y’a eu la fac de C. ou je faisais semblant d’étudier la psycho en fuyant la mienne. J’ai vite remarqué que dans le parc à coté de la gare, que je traversais en rentrant de week-ends familiaux, il se passait des choses vraiment pas catholiques. J’y croisais des hommes qui me regardaient bizarrement. Naïvement je me disais que je me faisais des idées car il n’y avait absolument aucun amour dans leur regard et j’imaginais qu’il eut du y’en avoir s’ils avaient envie de coucher avec moi. Je croyais bêtement que les gens normaux en ont dans les yeux et le coeur, eux, quand quelqu’un leur plaît. Je confondais alors amour et sexe. Je me pensais anormal avec mon sordide.

Au moment où j’écris ces lignes, dans ma tête s’impose une des répliques prononcées dans Alien 2 par la petite fille puis dans Alien 4 par Ripley : « ma maman disait que les monstres n’existent pas mais c’est faux il y’en a (hein ?) ». Les innocents croient aux monstres et en grandissant arrivent presque à se persuader eux même que tout ça n’est qu’affabulation.

Il n’y avait pas d’amour dans leurs regards mais plus tard j’y ai lu une avidité sans commune mesure, une faim proche de celle des chiens sauvages qui montrent leurs crocs à ceux qui sont sur leur passage.

Un jour j’ai eu la confirmation qu’il se passait des trucs bizarres dans ce jardin public : j’y ai croisé un homme qui tenait d’une main la laisse d’un immonde caniche blanc et de l’autre son pénis sorti du pantalon. Il se masturbait en me regardant. J’ai alors trouvé le signe indubitable du glauque que je soupçonnais et ça m’a rassuré sur mon état mental. Une fois chez moi, j’ai repensé à cette scène, ça m’a travaillé pendant des jours sans que j’ose retourner voir. Une fois j’ai même marché jusque là bas et finalement fait demi-tour, coupable et frustré. Et puis les soirs chez moi, quand j’étais seul, j’ai commencé à boire de l’alcool. J’allais écrire qu’il n’y a pas de cause à effet mais je n’en suis plus si sûr. Peut être buvais-je car j’étais incapable de m’assumer quand j’étais sobre, peut être est-ce en effet une des causes ou la raison principale ? Juste un a parté pour dire que j’en suis arrivé là, à ce constat, avec mon thérapeute : je ne m’assume pas, je n’assume pas ma sexualité. Il a insisté sur le fait qu’il ne s’agit pas ici de mon orientation sexuelle bien que personnellement je me demande si vraiment je l’assume celle ci, mais bien de ma sexualité. Un soir où j’étais complètement ivre, à la nuit tombée j’ai trouvé la force d’aller jusqu’au parc. Je me suis assis sur un banc. Le maître de l’immonde caniche est arrivé accompagné du monstre. Je lui ai fait clairement comprendre, je ne sais plus comment, que je cherchais bien du glauque également. Il s’est approché, a baissé son pantalon et je me suis lancé dans la fellation désespérée de l’affamé que j’étais. Pendant que je m’exécutais, un autre sexe s’est approché de mon visage. Je ne savais plus où donner de la tête. Le premier a joui et s’est éloigné pendant que je finissais le second. J’ai relevé les yeux et découvert qu’il y’avait aussi un visage. Il a souri, m’a embrassé et murmuré un merci des plus sincères.

Une fois qu’il fut parti j’ai regardé autour de moi et vu qu’il y’avait un autre homme pres d’un arbre. Il me regardait, disparaissait sous le sapin géant puis revenait et ainsi de suite. Ce manège j’allais le revoir de nombreuses fois par la suite. J’ai fini par comprendre qu’il voulait que je le rejoigne et c’est ce que j’ai fait. Quand je fus arrivé à coté de lui nous nous sommes brièvement touchés l’un l’autre et il m’a dit : « je t’ai vu tout à l’heure, tu devrais faire attention et ne pas faire ça ici ». J’ai acquiescé. « J’habite juste à côté, tu veux qu’on aille chez moi ? » Pas encore rassasié et toujours ivre j’ai dit oui et l’ai suivi. Nous avons eu du sexe mais nous avons aussi parlé. Je me rappelle qu’il était charmant. Peut être est-ce que j’avais desesperemmaet besoin de tendresse, d’humanité et d’écoute mais je pense qu’il l’était vraiment. Il s’appelait Jacky R, travaillait à la SNCF et habitait un appartement qu’elle lui louait. Je l’ai revu une ou deux fois.

Quelques temps plus tard je suis retourné au parc. Je me suis assis sur un banc. Un homme mince, aux cheveux poivre et sel est arrivé et m’a regardé avec insistance. J’ai plongé mes yeux dans les siens et l’avidité était bien là. Il s’est approché, s’est penché et a mis sa langue dans ma bouche. Il m’a dit qu’il avait envie de moi, qu’on devait aller ailleurs. Je lui ai répondu qu’on pouvait le faire sous le sapin, il a dit non. J’ai suggéré qu’on s’enferme dans les Decaux et j’ai essuyé un autre refus. Il m’a alors proposé d’aller chez lui, « je vis seul et c’est pas très loin, tu viens ? ». J’ai fait non, il m’a dit qu’il avait envie de me prendre, je lui ai dit la vérité : que je ne l’avais jamais fait et que j’en avais peur, ses yeux ont brillé, il a insisté, non, tu vas voir comme ça va te plaire, je ne sais pas, tu en as envie hein, non, aie confiance, moui, tu vas adorer ça, bof, je serai tendre et mon appart’ est pas loin. J’ai fini par accepter. Ce qui me fait penser que j’étais sobre c’est que je me rappelle l’avoir suivi en regardant autour de moi, complètement effrayé, honteux aussi, avec l’impression que tous les gens que nous croisions et ceux que j’imaginais à leur fenêtre savaient ce que nous allions faire, que j’étais un pervers. Je voyais des yeux me regarder avec dégout, me condamner et me juger coupable. Des yeux qui annonçaient ma mise à mort toute prochaine. Je regardais le bourreau qui marchait à mes cotés, me jetant de temps en temps un regard qui semblait s’assurer que je n’avais pas fui. J’aurais voulu crier, partir en courant mais je ne pouvais pas, je n’y arrivais pas, mes jambes semblaient fonctionner sans mon contrôle. Je souffrais le martyr. On est arrivé devant un immeuble. Nous sommes rentrés et dans le hall il m’a regardé comme un objet qu’on a réussi à volé contre toute attente. Dans l’ascenseur il s’est collé à moi, a tourné sa langue dans ma bouche et baissé son pantalon. Il a mis ses mains sur mes épaules et m’a poussé vers le bas. Il a enfoncé son penis entre mes lèvres. Je l’ai alors « sucé » un moment. Il s’est dégagé, a remonté sa braguette. Je l’ai suivi jusque chez lui. Dès que la porte fut fermée derrière nous le même scénario a repris ? Pendant que je j’essayais de lui faire une fellation il donnait des coups de rein dans ma bouche. Ca a duré des heures. J’espérais qu’il me touche moi aussi, il ne l’a pas fait. J’ai réalisé en un éclair que je n’avais aucune importance. Il m’a conduit dans la chambre, m’a demandé de me déshabiller pendant qu’il finissait d’enlever ses propres vêtements. Je lui ai parlé de préservatif, il est allé dans la salle de bain en me disant de ne pas m’en faire. En l’attendant je me suis étendu sur le lit comme une planche à pain. Quand il est revenu il m’a demandé de me mettre à quatre pattes. Je me suis exécuté. Il a tenté de me pénétrer et j’ai eu extrêmement mal. J’ai demandé si je pouvais me coucher à nouveau sur le dos pour voir si ça faisait moins mal. Il a accepté. Je lui ai redemandé s’il avait bien mis une capote, il a pris ma main, l’a posé sur son sexe et m’a dit « oui tu vois bien ». La vérité c’est qu’aujourd’hui encore je ne sais pas. Je n’étais plus vraiment là. Il est entré en moi et j’ai ressenti une douleur aiguë, il m’a aboyé de me détendre, « c’est psychologique ! ». Une fois qu’il eut réussi à me prendre je suis revenu dans la pièce pour le regarder. Il n’y avait aucun amour dans ses yeux. Il y’avait du mépris, une froideur glaciale que j’avais l’impression de n’avoir jamais vu. Dans son regard je suis devenu une pute, une merde. Ses lèvres étaient pincées dans un rictus. Il n’avait plus l’air humain. Pendant qu’il jouissait en moi il ne s’est pas adouci. Il s’est retiré et m’a jeté son dédain à la figure. Il a demandé « tu veux jouir toi ? – oui – Alors branle-toi ». J’ai osé dire « ce serait mieux si c’était toi qui le faisais ». Il a été chercher une espèce de mouchoir qu’il a tenu sous mon gland pendant qu’il faisait un va et vient du bout des doigts, debout au bord du lit. Le mépris ne l’avait pas quitté une seule seconde. « Pour que tu n’en mettes pas partout » a-t-il lancé sèchement. Je ne sais pas si j’ai éjaculé, je ne me rappelle pas non plus mon départ de son appartement. Une part de moi-même est restée là bas, sous les ruines de mon amour propre.

Souvent je revois ses yeux. Je ne parviens pas à les oublier. Il n’y avait pas d’amour. Il n’y avait pas vraiment de haine. Il n’y avait aucun sentiment.

Dans le miroir de ses pupilles il y avait moi et je n’étais vraiment pas beau à voir.

 

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