Archive pour mai, 2007

Recyclage nocturne : Le Lien

arc3a.gif

Le lien

A l’heure où le mot communautarisme s’étale dans tous les médias, je m’interroge sur l’homosexualité, sur une communauté, quelque chose qui me rapprocherait plus d’un homo lambda que d’un hétéro lambda. Il y’a quelques temps nous discutions Louis et moi et il me dit « tu es plus ouvert parce que tu es gay ! ! « . Je lui ai répondu que je me sentais à mille lieux de la majorité des mecs qu’on assemble sous le patchwork « communauté « . En effet je me sens loin de la plupart des mecs, héteros ou homos. Je ne suis pas en train de dire que je leur suis supérieur mais de constater que tous autant que nous sommes nous entourons d’amis et de connaissances avec qui nous avons des affinités et délaissons donc les autres, ceux qui ne nous interessent pas. Nous pratiquons tous une forme de « tri sélectif » et quoi de plus naturel ?

Cependant son idée a fait son chemin et force est de constater qu’être homo ce n’est pas seulement baiser avec des personnes du même sexe, c’est aussi, quand on est un garçon, pouvoir développer un sentiment amoureux pour d’autres garçons. Ca peut être aussi une philosophie, une manière d’être, une conception de l’amour ou que sais-je ? Quoiqu’il en soit ça devrait toujours ouvrir des portes, rendre plus tolérant parce quand on passe son enfance à écouter l’insulte « pédé  » à longueur de récréation, on connaît le rejet discriminatoire et on sait à quel point il est douloureux et sans fondement pour celui qui le vit.

Le soir du réveillon du nouvel an, j’étais dans un bar pédé à Aix en Provence. John et moi rigolions en regardant un client s’amuser à faire la folle, dansant sur Dalida en jouant avec un boa, mimant une tentative de séduction auprès d’un client assis à une table, etc… Il était très drôle, il faisait son show pour nous amuser dans une dérision que les pédés me semblent parfois pratiquer mieux que quiquonque. Il nous faisait rire et s’assumait totalement. D’un coup je me suis senti bien et je me suis dit « je suis heureux d’être homo ». Et c’est vrai. Si je devais renaître j’aimerais renaître pédé, parce que je trouve que le cliché « les gays savent faire la fête  » n’est pas si galvaudé, parce que ça m’a ouvert l’esprit sur la diversité du monde, sur la différence, les différences, parce que quand j’aurais pu vouloir être raciste en mettant une ethnie entière dans la même case j’étais bien forcé de constater que moi et un autre quidam gay n’avions parfois absolument rien en commun et enfin et surtout parce que j’aime les hommes et qu’en l’état actuel des choses il m’est très difficile d’imaginer de vouloir aimer les femmes. Etre homo m’a enrichit. Grâce (ou a cause, bouteille moitié vide ou moitié pleine) à mon homosexualité j’ai été plus sensibilisé que la moyenne à la prévention contre le VIH quand les gouvernements laissaient mourir les pédés et les toxicos, j’ai mieux appréhendé l’horreur des camps de concentration où les triangles roses côtoyaient les étoiles jaunes, j’ai compris l’importance de se battre pour ses droits et de ne rien lâcher quand on pourrait se contenter d’un pacs mais que par principe on exige une égalité totale. J’ai pu apprécier qu’on me montre qu’on n’est pas obligé de tirer la gueule pour manifester, que le faire sur de la musique peut être amusant (touche homo par excellence). J’ai aussi compris l’importance des soldes, de l’humour et d’avoir un canapé assorti au papier peint. J’ai appris l’injustice. La liste serait longue pour expliquer comment mon orientation sexuelle et amoureuse a participé à mon identité tout entière. Je suis homosexuel, je suis bien plus qu’une sodomie.

Alors que je rigolais avec John dans ce bar, est arrivé un groupe qui comptait deux hommes travestis. Une des connaissances de mon comparse a soudain fait une mine renfrognée et lui a murmuré quelque chose. J’ai voulu savoir de quoi il s’agissait et mon cavalier m’a dit « il n’aime pas les mecs qui s’habillent en femme « . La moutarde m’est montée au nez. Il est différent, il y’a encore quelques années il était hors la loi et aujourd’hui que fait-il ? A son tour il discrimine, à son tour il est intolérant. Sait-il qu’au Stonewall des folles se sont battus pour lui ? ! Je l’ai maudis le reste de la soirée.

Certaines personnes ne « méritent » pas d’être homosexuelles. Etre gay pour moi ça relève presque d’un acte politique et en son temps j’ai choisi la gauche aussi en partie pour ça. Aujourd’hui nous semblons à la mode, nous sommes devenus  » Double income no kid « , une cible publicitaire, un marché ou des électeurs potentiels. On nous racole à gauche à droite, on en oublierait presque qui sont nos ennemis.

Je comprends ceux qui veulent rejeter le modèle « hétéronormé  » même si moi, une maison, un copain, un travail et des enfants c’est à peu près ce à quoi j’aspire. Il s’agit d’avoir le droit d’être différent, d’être qui on veut ou qui on peut ! Rien n’est jamais acquis et quand nous aurons le droit de nous marier et d’adopter (car nous l’aurons), il faudra se rappeler les combats, du chemin parcouru et des pays où on brime encore et toujours les gens différents de la norme. Il faudra continuer de se battre contre les bien pensants qui veulent imposer comme seule façon d’être la leur, qu’ils soient hétéros, homos, blanc, jaunes ou extraterrestres.

Il y’a des combats qui ne s’arrêtent jamais.

06.jpegcrazy.jpg

 

Au bord de la crise de nerfs

 

 

edvardmunch02.jpg

Une vie.com

Je suis extrêmement énervé. D’ailleurs j’étais en train de discuter avec un mec que j’ai rencontré hier sur pédéland.net, quand ça s’est accentué.

«Moi : je ne vais pas me mettre à la colle avec n’importe qui juste pour ne plus être célibataire quand même ?

Moi : j’ai essayé, ça a duré une semaine à peine

Lui : raconte !

Moi : un jour je lui ai présenté mon meilleur ami, qui a fini par me dire « tu fais quoi là avec qi d’huitre ? »

Moi : exemple, il ne savait pas que le nom de l’Almodobar, un bar de Toulouse, venait de Almodovar, c’est un petit détail mais significatif

Lui : tu comptes sur tes amis pour choisir ou te dire ce que tu as à faire?? la prochaine fois on te dira que celui que tu as choisi a quelque chose qui ne va pas etc…

Lui : moi je ne le savais pas et je trouve ça vraiment anodin

Moi : non tu n’as pas saisi, il m’a juste fait atterrir

Lui : il te fera atterrir sur un autre de la même façon

Moi : tu t’imagines que je suis incapable d’avoir un point de vue perso ?

Lui : ben planter un mec parce qu’il ne sait pas que l’amodobar fait référence à almodovar c’est très restrictif tout le monde ne suit pas forcément le ciné

Lui : si j’avais écouté mes amis je ne serais pas resté 7a avec mon ex

Moi : nous sommes sur msn , je n’ai pas la possibilité en terme de temps de développer ce que je dis, Almodovar est un exemple parmi d’autre; mon ami était juste là pour souligner qu’il ne me voyait pas aller très loin, pour moi c’est son rôle entre autre, je n’ai pas besoin de lui pour te dire par exemple que je ne souhaite pas aller plus loin avec toi, que tu sembles être omniscient et avoir la science infuse

Moi : sur ce je te souhaite une bonne continuation, bye ! »

FIN

Je précise ici que je n’ai rien contre les gens qui n’aiment pas le ciné ou qui ne connaissent pas Almodovar. C’était seulement un détail parmi tant d’autres.
Ce billet, inintéressant au possible, est juste là pour poster quelque chose après trois jours d’absence.
Je n’ai pas envie d’écrire.
Je suis énervé, limite hystérique.
J’ai envie de frapper quelqu’un ou de fumer un joint, au choix.

« I should kill somebody, maybe me »
PS: je crois que je suis en train de devenir un connard intolérant, un de plus ! Bienvenue en France !

sarkogrimace.jpg

L’ami du petit-déjeuner

petitdejeuner.jpg


Novembre 2006, Toulouse

Solitude intolérable et besoin d’amour, juste des bras autour de moi.
Hier je cherchais un coup sur le net et puis comme ça ne mordait pas, comme ça m’énervait, je suis devenu « envie de me faire sucer, Toulouse » sur un réseau téléphonique.
En moins de dix minutes, après un tri sélectif, je trouve le bon preneur « bien monté ». Echange de tel, prise de contact, rendez-vous chez moi.
Je suis hyper stressé, en ce qui me concerne le sexe n’a jamais coulé de source et encore moins dans ma version sobre. Bien sûr j’ai songé à prendre un verre mais j’ai résisté.
Comme il n’est pas là au bout de 3/4 d’heure je lui envoie un sms :
 » Tu viens toujours ?
– Oui, je suis sur la route  »
Il sonne, je lui ouvre par l’interphone.
Le stress monte d’un cran ou deux et lui de 5 étages, sans ascenseur.
J’entrebâille la porte, il me demande « ça le fait ? » sous-entendant que si ça ne va pas il part.
C’est un type plus petit que moi de peut être 10 centimètres, il a un visage sympa, il n’est pas habillé fashion et ça me plaît.
Le stress monte encore.
Je lui offre un verre d’eau puis me rends compte que dans le minuscule frigo de ma chambre j’ai du jus d’orange. « Avec plaisir, ça ne sent pas la cigarette comme tu l’avais dit mais je suppose qu’avec ta colocation je ne peux pas fumer dans le salon, dit-il sur le canapé minimaliste où je l’ai invité à s’asseoir.
- Tu supposes bien. Je te préviens je n’aime pas me presser, on est pas obligé de se sauter dessus… »
On parle.
Il s’appelle Thierry, 32 ans, travaille dans l’immobilier. Son attitude me plaît de plus en plus, le fait qu’il semble me regarder avec envie aussi.
Direction la chambre, je lui taxe une cigarette puis une autre et on discute.
J’en suis déjà à entrevoir les défauts qui auraient du mal à passer si nous étions amant, je suis comme ça, je suis un capricorne on ne peut plus pragmatique.
On échange des baisers. La peur de ne pas bander enfle.
On commence à faire l’amour. Aucun problème d’érection en vue. C’est sensuel, c’est bon, il suce bien, moi aussi. Plus on le fait plus j’aime, il semble que lui également.
 » Tu me réconcilies avec le sexe » lui dis-je.
« On fait une pause cigarette ? » demande-t-il.
Son attitude me séduit de plus en plus, même si mon cœur est aussi froid qu’une dalle de marbre et chaque geste, réfléchi jusqu’à l’obsession.
On recommence.
« Je pourrais passer la nuit à faire l’amour avec toi » dit-il.
Je réponds « Ne te prive surtout pas ».
C’est une certaine osmose.
Chaque geste étudié, je pourrais me donner une médaille de perfection si j’éprouvais la moindre pitié pour moi-même.
Il me demande l’heure, il est une heure, il m’apprend qu’il a une partie de tennis à 9.
Je lui dis que, dans ces cas là, s’il veut que je vienne, je peux.
« Pas tout de suite… » répond-t-il, est-il parfait ?
Je lui propose de dormir avec moi.
« Mes affaires de sport sont chez moi… Je peux aller les chercher et revenir  »
J’acquiesce, satisfait, on continue un peu, il me masse le torse, me demande si j’aime ça,je lui réponds que oui, « je peux ramener du gel de massage », j’acquiesce encore.
On s’embrasse.
« J’en ai pour 20 minutes maxi ».
Je l’accompagne jusqu’à l’escalier et sans m’en rendre compte je l’embrasse sur le pas de la porte. Le baiser est déjà amorcé que je regrette le geste que j’intellectualise comme signification de la faim d’amour que j’éprouve. Je l’embrasse quand même une deuxième fois.
Il traîne sur le palier, s’en va, je ferme.
Je n’éprouve rien d’autre qu’un peu de condescendance pour moi-même, « je suis pathétique ».
En pensée, j’essaie de revoir son visage et me dis qu’il ne me plaît pas plus que ça, que j’aime seulement sa façon d’être.
J’appelle Louis pour lui raconter l’aventure, il est content pour moi, je le suis aussi, je raccroche et sors 2 bols, 2 cuillères, 2, 2, 2, 2, 2……. pour le petit déjeuner. (Ai-je pensé à O et à mon rôle quasi quotidien du préparateur de pti dej ?!!!??).
Je me fais un thé en stressant à nouveau à cause de ma fatigue, de mon corps imparfait, de la lumière crue qui révèle les 20 ans que je n’ai plus, de tout ce qui veut bien s’offrir à moi.
Je me lave les dents, tout est parfait sauf moi.
Je décide d’aller sur Internet pour tuer le temps en l’attendant.

Sur mon ghetto blaster Mimi la morue (Aka Mariah Carey, dont j’ai mis le disque avant son arrivée) me chante « after tonight, will you remember me ? « . J’ai découvert cette chanson un peu avant de découvrir P. (mon ex), je l’écoutais en pensant à lui, incertain, après notre première nuit. Elle me fait penser à P. et c’est tout, c’est notre chanson, même si je suis le seul à le savoir.
Je me retrouve sur hotmail à relire les premiers courriers de Léo.
Quand ça fait au moins une heure que Thierry est parti, je me sens stupide de douter de son retour mais un quart d’heure plus tard je lui envoie le sms le plus laconique que je peux trouver : « un problème ? ».
Aucune réponse.
Je laisse encore passer une demi-heure puis je décide de l’appeler.
Ca ne répond pas, je laisse un message, attends encore un quart d’heure et je téléphone à Louis.
 » Tu peux m’appeler Miss Bonnepoire, j’avais même préparé le petit dej !
- Je t’avais bien dit de te méfier !  »
Oui il l’avait di
t.
. Mimi la morue tourne en boucle, j’éteins le poste.

Je suis seul, seul et pathétique, pathétiquement seul.
Comme il n’y a personne d’intéressant sur mon msn, j’ouvre 3 chats’ homo en même temps puis je crée un compte sur un quatrième.
Je songe au sms que je pourrais envoyer à Thierry : « J’ai rencontré des mecs vraiment graves mais toi tu te poses là… ».
Je revois le déroulement de la soirée en me disant que c’est impossible qu’il soit si bon comédien, qu’il pouvait juste dire « je rentre chez moi », y mettre un point barre et partir.
Pourquoi énumérer les affaires qu’il veut rapporter ?
En effet il se pose là !
Je pense à cette « communauté » que j’ai souvent défendue, en me disant que finalement il n’y en a pas un pour rattraper l’autre.
Je songe à Léo, à son Asie, à sa maison, à son copain et à leurs chats, a notre week-end et à notre relation devenue épistolaire.
Je pense aux gens brillants qui méritent mon amour et par contraste ce Thierry me semble insignifiant, il ne réveille rien chez moi.
Se forme alors l’idée que je suis en train d’accepter, d’ingérer : être en couple à tout prix.
Je me couche et finis par tomber dans un sommeil hanté par mes ex.

Le lendemain je suis en train de marcher dans la rue pour aller chez Louis quand mon téléphone m’avertit de la réception d’un message.
C’est Léo qui s’enquiert de mon week end.
Je m’assois sur un muret et lui rédige une réponse.
Mon portable retentit une nouvelle fois, je continue néanmoins à lui résumer ma mésaventure.
J’envoie le message puis je lis celui que je viens de recevoir.
Il est signé Thierry : « Désolé de ne pas avoir téléphoné plus tôt, hier je me suis fait cambrioler. J’ai trouvé la porte grande ouverte…  »
Mon cerveau n’imprime que cette phrase et a occulté le reste. Bien sur je n’y crois pas mais que j’y crois ou pas n’a que peu d’importance. Ce qui est important c’est que je repense à ce Thierry qui me laisse froid ou plus exactement à cette froideur et je comprends où j’en suis.
Il est fort possible que je m’embarque en toute connaissance de cause dans une histoire avec quelqu’un pour qui je n’éprouve rien, vraiment j’en suis là.
Je ne supporte plus mon célibat, je n’en veux plus, je n’en peux plus. Tout ce que je veux c’est un copain et un toit.
Je me sens terrorisé devant ce destin que j’entrevois et dont je n’ai pas envie. J’ai peur.
P. est avec un comptable, O. « essaie de fréquenter » quelqu’un, Louis aime Bis, Léo aime l’Asie, ma grand-mère a passé sa vie avec quelqu’un qu’elle détestait, ma mère a aimé mon père pour le splendide résultat qu’on connaît. Moi j’essaie de survivre et j’y laisserai fatalement des plumes.

 

requiemricor.jpg

Non, rien de rien

 

mrienpourrien.jpg

Je n’ai absolument rien à raconter ici. Enfin je suppose que mes prises de tête sur des forums internet ne vous intéresseraient pas beaucoup.A ce propos les derniers billets que j’ai postés sont plus que pathétiques, écrire pour écrire ça ne me réussit pas, comme vous pouvez le lire en ce moment.Sur les blogs que j’ai visités aujourd’hui il me semble que tout le monde va mal. A moins que je ne lise que des dépressifs chroniques ?

Ce matin, sous la douche, peinant à sortir d’une certaine fatigue, je me suis dit à moi-même.

 » Je m’éteins. Oui, c’est ça je suis en train de m’éteindre « 

Et en effet peut-être que je suis en train de mourir, que je vis sans le savoir (ou du moins en être sûr) mes derniers instants. Un jour j’irai faire ma balade quotidienne et puis vlan un mec, pour éviter un chat qui traversait la route, me rentrera dedans avec sa voiture et m’enverra je ne sais où.

Vous imaginez ça ?

 » Qu’est-ce que tu as fait les derniers jours de ta vie ?

– Hum je passais 11 ou 12 heures par jour sur internet, entre deux connexions je faisais une marche de 5 km et c’est à peu près tout. Mais j’étais clean et ça c’est formidable ! ! « 

Quand on regarde des films où les protagonistes font une cure de désintoxication, quand ils en sortent ça a toujours l’air fantastique ou c’est moi qui hallucine ? C’est toujours comme si dans la foulée tous leurs problèmes étaient résolus, qu’ils venaient d’avoir une illumination et étaient de nouvelles personnes. Bref c’est toujours génial.

Ils leur filent quoi chez Betty Ford et combien de mg ? Parce que je veux la même chose ! ! !

Extrait des dialogues de ma journée :

 » Tu crois que c’est une vie de ne faire qu’un repas par jour ?

- Oui, c’est la mienne ! « 

 » Je ne sais pas ce que fait ta sœur mais c’est bizarre, bla-bla-bla…

- Excuse-moi mais j’aimerais bien pouvoir entendre la télé. « 

J’ai encore diminué mon antidépresseur et ce n’est visiblement pas une bonne idée.

Je n’ai jamais été aussi fatigué que depuis que j’ai commencé une cure d’omégas 3.

Je n’arrive pas à guérir de ma bronchite.

Je m’ennuie sur le net.

Les gens me saoulent.

Hier j’ai regardé « Garfield, le film » que j’avais emprunté à mon petit frère. Je ne trouve pas de mot pour décrire à quel point c’était mauvais. Cerise sur le gâteau : l’horrible voix de Cauet qui me donnait envie de balancer mon ordi par la fenêtre même si je suis au rez-de-chausseé.

J’arrête là les frais et je vais regarder « Ladybird » le seul film que je n’ai pas vu dans le coffret Ken Loach que m’avait offert mon ex, il y a deux ans et demi. Je sens que ça va m’achever.

Non je n’ai vraiment rien à raconter ici.

on20a20rien20a20dire20fermer20sa20gueule.jpg

 

Digressions sexuelles

 

carson3.jpg

J’ai vu Octave hier. Octave est un homme que je connais depuis mes 18 ans. Il avait répondu à mon annonce sur un réseau téléphonique et nous nous étions rencontré pour du sexe. A l’époque je ne me connaissais pas vraiment, je commençais juste à comprendre que j’étais homosexuel et surtout que ça ne changerait jamais. Dans le sexe j’étais un débutant et Octave avait su apprécier la situation et me mettre à l’aise. Au fil des années nous nous sommes revus en pointillés, toujours dans la même optique. Chaque fois que je revenais visiter ma famille, je ne manquais pas de lui téléphoner afin qu’on en profite pour se voir. Pourtant nous n’avons jamais été autre chose que des partenaires sexuels.

Même si à chaque rencontre nous prenions un peu de temps pour évoquer nos vies respectives je sentais bien qu’il ne souhaitait pas que notre relation sorte du cadre du sexe.

Avec les années nous avons commencé à avoir un rituel : il arrivait, on fumait un joint ensemble en bavardant puis nous passions aux choses sérieuses et il repartait.

Octave est de ceux qui dans le sexe se contentent de prendre du plaisir sans jamais se soucier de savoir si l’autre en reçoit véritablement. Je m’exerce donc à lui en prodiguer, ce qui ponctuellement n’est pas insatisfaisant puisque donner du plaisir fait partie intégrante de ma propre jouissance, je ne conçois pas de mon côté d’être exclusivement receveur. De plus donner du plaisir c’est un certain pouvoir : l’autre est en quelque sorte entre nos mains, sa satisfaction dépend de ce que nous allons faire ou ne pas faire et je trouve ça particulièrement excitant. J’aime voir un homme s’abandonner, j’aime le regarder s’oublier dans l’extase. Dans ma vie, j’ai eu l’occasion de rencontrer des personnes dont les approches sexuelles étaient très différentes. Il y’a notamment des hommes qui font toujours la même chose et tiennent toujours le même rôle. Je ne suis pas de ceux là. Non seulement j’aime découvrir de nouvelles distractions mais la gamme de mes plaisirs est extrêmement variée. Je m’adapte à mon partenaire, certains verraient là la démonstration d’un manque de personnalité mais je ne pense pas que ça relève de cela. Je suis un garçon curieux, je pense qu’il n’y a jamais une vérité unique ou une seule bonne façon de faire et j’applique ça jusque dans le sexe.

A ce niveau, une des nombreuses choses plaisantes lorsqu’on est en couple c’est qu’en apprenant à se connaître mutuellement nous inventons notre propre manière de faire l’amour, une façon de faire qui sera forcément différente si l’un des deux partenaires échangeait avec une autre personne. Dans le sexe aussi nous créons notre histoire commune, une histoire unique que personne d’extérieur à la relation ne peut vraiment comprendre ou même connaître. Par exemple le J de la relation J + C ne sera pas le même que le J extérieur à cette histoire. Son existence est toute dépendante de cette combinaison. C’est bien pour ça qu’il est difficile de conseiller objectivement une personne qui vient vous parler des difficultés qu’elle rencontre dans son couple. Pour le faire correctement il faudrait paradoxalement faire partie de ce couple.

Si ma relation avec Octave est toute particulière, c’est parce qu’avec lui j’expérimente des choses que je ne pratique jamais avec personne d’autre. Sans entrer dans les détails c’est une sorte d’exutoire immuable à mon côté « salope ». Alors hier j’ai été ravi de le voir mais quand il m’a proposé de partir en week-end avec lui à la mer j’ai été assez surpris. Non seulement ça ne lui ressemblait pas mais je n’en avais aucune envie. En effet j’ai compris petit à petit que sa mesquinerie sexuelle devait déborder sur d’autres aspects de sa vie et surtout que, pour être viable, le J (mon prénom est J) de cette histoire n’est concevable pour moi que comme une parenthèse dans ma propre existence. Alors en remontant mon pantalon je lui ai dit que je n’étais pas sûr d’être disponible et que je l’appellerai. Il n’était pas dupe mais il a fait mine d’acquiescer.

Comme il me ramenait chez moi et que nous avions peine à briser le silence j’ai réalisé que cette relation, aussi particulière soit-elle, était devenue pathétiquement la plus stable de toute ma vie et ceci me conforte dans l’idée que pour continuer à exister elle doit rester telle quelle. Nous prenons du bon temps ensemble et ce n’est déjà pas si mal…

savonhomme.jpg

Teasing

 

Coming soon in Pollution nocturne

 

Sex

Sex

 

And nothing but sex ! ! !

 

 

A venir dans Pollution nocturne

 

Du sexe

Du sexe

 

Et rien que du sexe ! ! !

 

cecinestpasunconcombre.jpg

ceci n’est pas un concombre

Les moutons, Beatriz, les corps célestes, la nature et le reste

 

1651314126.jpg

Quand je me suis levé ma grand-mère m’a dit « J’espère que tu as bien dormi, moi tu m’en as empêché toute la nuit… J’ai rêvé de toi. Tu étais enfant et tu courais au milieu d’un troupeau de moutons. Puis ton corps semblait gelé, je t’emmenais dormir avec moi mais ton corps ne se réchauffait pas, tu étais froid… « . Comme quoi il semble bien que j’aie des raisons d’être cinglé ! Je ne lui ai rien répondu, je n’arrive plus à lui dire quoi que ce soit. J’émets des grognements, des « mmm » et la plupart du temps je garde le silence. Je suis froid en effet. J’ai pris son rêve comme un signe même si je n’en comprends pas encore complètement le sens. Que je dois commettre ce meurtre symbolique peut-être ? J’ai trouvé « Béatriz et les corps célestes » dans mon courrier du jour. En effet j’ai pris tellement de plaisir à redécouvrir « Amour, Prozac et autres curiosités » que je l’ai lu 2 fois de suite et j’ai décidé de m’intéresser à d’autres textes de Lucia Etxebarria. Si cet auteur me plaît tant c’est parce qu’elle s’adresse à moi et elle parle pour moi, elle me représente. Comme ça marche plutôt bien pour elle j’imagine que c’est le cas pour de nombreuses personnes.

Voici quelques lignes de ce roman :

« (…)N’essaie pas d’ensevelir la douleur : elle s’étendra sur la terre, sous tes pieds, elle s’infiltrera dans l’eau que tu bois et t’empoisonnera le sang. Les plaies se referment, mais il reste toujours des cicatrices plus ou moins visibles qui gênent lorsque le temps change, rappellent leur existence sur ta peau, et avec elles le coup qui les a causées. Or le souvenir du coup influera sur tes décisions futures, réveillera des peurs inutiles, des chagrins misérables, tu deviendras une créature lâche et terne. Pourquoi vouloir t’enfuir et quitter la ville où tu as chu ? Parce que tu espères vainement qu’ailleurs, sous un ciel plus clément, tes cicatrices ne te feront plus mal et que tu boiras une eau plus pure ? Les ruines de ta vie se reformeront toujours. Où que tu ailles tu emporteras ta ville avec toi. Il n’y a ni terre ni mer nouvelles, la vie que tu as ratée demeure ratée n’importe où sur la planète. J’ai vingt-deux ans et je parle à travers les autres.

Ces mots que j’assène, je les ai lu dans des livres. Certains ont été écrits il y’a mille ans, d’autres ont été publiés il y a deux ans. Car tout ce que l’on écrit n’est finalement qu’une note en bas de page d’un écrit antérieur. Il n’existe qu’un sujet : la vie, et la vie est toujours la même ; un même rayonnement imprègne l’univers tout entier et il n’émane d’aucun objet en particulier. Nos actes et nos amours sont la répétition d’actes et d’amours passés, et c’est pourquoi, dans un livre, nous trouverons toujours une réponse à certaine de nos questions. L’ennui c’est que nous ne comprendrons jamais rien à ce qui est écrit avant de l’avoir vécu d’une manière ou d’une autre, et il me semble que je commence seulement à comprendre certaines phrases lues il y a longtemps.

Je comprends à présent que la ville me suit, que je marche toujours dans les mêmes rues et que, sous peine qu’elle pourrisse sous mes pieds, je devrai déterrer mon angoisse. Je quitte une ville pour retourner dans une autre, et je sais qu’au fond j’habite toujours la même. J’ai cru laisser la souffrance derrière moi mais j’ai compris que je la portais avec moi, et me voici de retour dans la ville que je haïssais tant …  » (Lucia Etxebarria, Beatriz et les corps célestes)

L’écho est bien là, prometteur.

Après avoir lu ça j’ai marché pendant deux heures, tellement centré sur mes pensées que je ne faisais quasiment plus attention à la musique de mon lecteur MP3. Je ne regardais pas le paysage, en fait je n’arrivais pas à lever les yeux, ça me coûtait d’essayer de le faire. J’aurais pu me trouver sur les routes de n’importe quelle campagne que ça aurait été la même chose. A un moment j’ai essayé de regarder la nature qui m’entourait et de trouver ça beau, au moins d’éprouver quelque chose. Rien. Le cadre m’indiffère au possible. Parfois c’est comme si j’étais enfermé en moi et que plus rien d’autre ne pouvait vraiment me toucher.

Je n’ai pas allumé mon téléphone portable de la journée, je n’ai envie de parler à personne. Ou plutôt si, j’en aurais envie mais je me sens désespérant avec mes éternels états d’âmes. Si j’en fais encore part aux autres ils finiront par se lasser, si ce n’est déjà fait.

Alors je vais sur des forums, je lis les problèmes de gens à qui je donne des conseils objectivement assez pertinents. C’est tellement plus facile que de s’occuper de sa propre existence.

Entre deux topics je lis les blogs d’êtres plus ou moins supérieurs qui semblent néanmoins passer eux aussi tout leur temps dans la toile.

Je suis une connasse d’Amélie Poulain du web, encore et toujours.

Cependant est-ce que les happy-ends existent dans la réalité ?

2007051375676039346468533df4511.jpg

« Je suis fatigué, je suis épuisé… »

ardoisenoir.jpg

Peut-être pas.

Hier j’ai espéré qu’il m’appelle toute la journée. Je me suis même connecté sur msn en espérant l’y croiser. Personne. La nuit dernière l’espoir est retombé comme une chute de tension. Léo m’expose ses théories sur la solitude, « on est toujours seul «  mais connaît-il celle que je vis ?

Aujourd’hui j’ai hésité à envoyer un e-mail à ma nouvelle obsession, j’ai tenté de penser stratégie, ne surtout pas avoir l’air désespéré. Finalement je l’ai croisé sur le net dans l’après-midi. Il m’a dit qu’il avait trouvé, quand on s’est rencontré, que j’avais l’air fatigué sur un plan général, que je devrais réduire encore le traitement antidépresseur qui me reste.

Oui je me sens fatigué, souvent sans énergie mais j’ai encore diminué de moitié il y’a peu, je ne prends presque plus rien et en ce moment j’ai souvent des crises de larmes, au minimum une fois par jour. Quand j’ai quitté Toulouse il y’a 3 mois ça ne m’arrivait plus, c’est comme si cette maison m’avait à l’usure. J’ai peur de ne jamais m’en sortir. Je me sens désespérant, tellement que je ne veux plus parler aux gens qui me restent de mes problèmes, de mes états d’âme. « Je m’abîme d’être moi-même « .

Oui je suis fatigué.

Je ne sais pas combien de fois on peut toucher le fond, moi j’ai pris de l’avance pour mes vies prochaines.

Tout à l’heure j’étais sur un forum et la tristesse m’a sauté dessus au milieu d’une ligne, les larmes se sont mises à couler et ça n’en finit plus. « Rien ne justifie ». Je ne sais pas si je tiendrai longtemps.

Ma mère m’a parlé hier comme à une merde et je pense de plus en plus sérieusement à les considérer comme mortes, elle et ma grand-mère, si un jour j’arrive à m’enfuir d’ici. Léo me conseille d’ailleurs de commettre un meurtre symbolique mais bon sang que ça me coûte !

Solitude ! Ici jamais personne n’a essayé de me comprendre ou de me connaître, elles parlent de moi, elles s’adressent à moi comme si j’étais cet enfant que j’ai voulu tuer il y’a bientôt 20 ans. Pourquoi ne veut-il pas mourir ? Pourquoi reste-t-il à l’intérieur de moi, à me torturer sans relâche ?

On s’accorde à dire que je suis un mec bien, un gentil garçon mais pourquoi alors est-ce si dur, pourquoi moi ?

Je ne suis pas doué pour la vie.

Souvent je repense à la fin du Petit Prince et moi aussi je voudrais retourner d’où je viens même si je ne me rappelle pas où c’est ni même si c’était bien. Parfois on aspire à rien d’autre qu’au repos, à la fin des souffrances.

Il y’a quelque temps je regardais un des premiers épisodes de « Grey’s Anatomy » où Meredith dit à une patiente anorexique « la vie c’est beaucoup plus simple mais tu ne le sais pas encore ». Ces mots résonnent en moi, je ne sais pas non plus mais je sens que ça ne doit pas être ça la vie.

Ma grand-mère me dit souvent que je n’ai manqué de rien mais à moi il me semble que tout m’a fait défaut, que je suis dans l’incapacité de vivre et d’être heureux. Je suis un survivant.

Finalement la nuit ne m’a pas quitté, ça fait bientôt 20 ans qu’elle m’accompagne et je suis véritablement épuisé. « Je cherche le soleil… «  Qui pourrait comprendre et à quoi ça me servirait qu’on puisse le faire ?

Sur msn j’aurais voulu lui dire « faut pas me laisser traîner là « , HELP mais à quoi bon ? C’est ma galère, mon interminable chute, « la mauvaise pente, comme toujours ».

J’explore les nuances de la fatigue et je pourrai bientôt écrire une encyclopédie de la désespérance et du dégoût.

Dieu que je suis las !

ardoisenoir.jpg

 

Infidélité à la nuit

 

etoile.jpg

Peut-être que mon étoile n’a pas cessé de briller et que l’espoir existe toujours pour peu que je veuille y croire, peut-être que la Roue a enfin tourné ou peut-être pas.

Au retour de Poitiers je m’étais résolu à essayer de vivre, là bas j’avais joué et j’avais finalement aimé ça. Alors j’ai décidé de tendre à nouveau des fils, de baisser un peu les ponts levis entre moi et les autres, d’essayer de faire des rencontres, de jouer quoiqu’il arrive, sans m’arrêter, jusqu’au game over. Dans ce trou, sans permis de conduire ni même un ami à l’horizon, il n’y a pas 150000 ouvertures sur le monde, il reste seulement cette fenêtre que vous avez sous les yeux, cette toile qui nous relie tous où que nous soyons. Ce média pourrait revêtir un caractère divin car il casse les frontières, il bouleverse la notion d’espace. Nous sommes tous devenus des voisins, dans la même posture derrière notre écran, avides, curieux, de Paris à Tokyo, de New York à Moscou. Le monde semble s’offrir à nous pour peu qu’on garde la conscience que ce virtuel n’est qu’un moyen.

Je me suis posté sur pédéland.net, je suis devenu un article de plus dans le catalogue des marchandises avec photo et petite notice d’utilisation. Pour cette dernière j’ai fait relativement simple : « si vous n’avez pas de portrait de vous nous n’irons pas loin » puis j’ai vaqué à mes occupations sous d’autres http. Cependant je revenais y faire un tour régulièrement et quelques menus « dialogues » ont commencé, à base de « tu ch koi ? » auxquels j’avais bien du mal à répondre. La première fois qu’on m’a posé la question j’ai d’abord songé à répondre « à tendre des fils » mais ça semblait assez fou, j’ai aussi mis de côté le « je cherche ce que je trouve » qui me paraissait ou arrogant ou désespéré. J’ai fini par opter pour « des rencontres » : évasif, ouvert mais finalement assez juste. La suite du dialogue a bien sûr rapidement pris un caractère sexuel ; malgré ce qu’ils essaient parfois de faire croire tous sont là pour à peu près la même chose. Il y a les actifs et les passifs, les soft et les hards, ceux qui se déplacent et ceux qui reçoivent mais, mis à part ces détails pratiques, on a vite l’impression de parler toujours à la même personne. On se surprend même à devoir jeter un œil sur la photo de l’interlocuteur pour distinguer « jeunehomcho » de « chohomjeune » et pour tous on ressert le même laïus sur ses goûts en matière de sexe.

Ca commençait à devenir ennuyeux quand il est arrivé. Il n’avait aucune photo et je ne sais pas ce qu’il m’a dit ni ce que j’ai répondu mais j’ai fini par lui demander de se montrer. Avant lui d’autres m’avait proposé pour ça d’aller sur Msn mais je leur répondais immanquablement que j’y allais très rarement pour éviter d’expliquer que je n’ai pas envie de polluer ma messagerie avec un énième contact à la recherche d’un partie de jambes en l’air. J’avais tenté à plusieurs reprises « je le réserve aux amis » mais ça semblait non seulement peu convaincant mais aussi un peu hautain car ça sous-tendait « toi et moi nous ne le sommes pas ». Pourtant quand lui me l’a proposé je lui ai donné mon adresse Internet et, pire, je me suis même connecté à la messagerie. Comme je ne le voyais pas en ligne j’ai continué à répondre sur pédéland.net aux questions d’un autre garçon qui m’a finalement fait la même proposition. J’ai accepté, pas de jaloux.

Avec ce dernier le dialogue fut bref, il cherchait du sexe et n’avait rien d’autre à dire. Je lui posais des questions pour m’intéresser à sa vie, je remettais des pièces dans son juke-box mais il répondait sans enthousiasme aucun. Je sentais bien que ça l’agaçait plus qu’autre chose alors j’ai cessé de le questionner. Ca n’a pas traîné : il a du partir pour faire du ménage. A ce propos, après des années de pratique j’arrive toujours à être étonné par le nombre de pretextes disponibles pour s’enfuir, je crois avoir tout entendu et non, il y en a toujours un pour faire dans l’original. C’est fascinant.

Cependant, avec lui ce fut complètement différent. Comme je n’en avais pas terminé avec la ménagère j’étais assez lent pour lui répondre et peu à peu j’ai senti que c’était moi le juke-box, qu’il s’intéressait à la petite vie de ma petite personne et que son intérêt le rendait intéressant, le distinguait du lot. Alors j’ai fait de même.

L’idée que j’en disais trop m’a traversé l’esprit, j’avais un peu lâché le frein de mon auto-contrôle et je me dévoilais peut-être dangereusement alors je me suis repris : « je ne sais pas pourquoi je te raconte ça » lui ai-je dit et il a répondu « parce que nous parlons de tout et de rien  ». C’est là que j’ai réalisé qui il était. Il y’a des personnes dont on sait, dès le départ, que quoiqu’il arrive on aura toujours des choses à leur dire, qu’on pourra toujours parler de tout et de rien, converser agréablement, que le silence ne s’imposera que si on l’y invite. Il est de ces personnes.

Alors, quand il m’a proposé de venir me chercher pour passer chez lui une soirée entre amis, en tout bien tout honneur si c’est ce que je voulais, j’ai accepté sans hésitation. Est-ce que je le rencontrais ou est-ce que je l’avais toujours connu ? Je ne sais plus. Après cette soirée et la journée qui a suivi ce que je sais c’est que c’est un homme riche, de cette richesse que tous les dollars du monde ne pourront jamais acheter, celle qui se décline en tolérance, ouverture et curiosité. Ce que je sais aussi c’est que nous avons trop de points communs pour que je tente d’en faire le détail. Ce que je sais enfin c’est que j’aimerais le revoir. Je n’ai aucune idée d’où tout ça pourrait nous mener et finalement ce n’est pas si important puisque quand on va quelque part parfois le voyage est plus intéressant que la destination. Je ne sais pas si de son côté il a envie de voyager avec moi mais j’avoue que j’en caresse l’espoir.

Tout à l’heure, après qu’il m’eut déposé ici, la solitude s’est abattue sur moi comme un rapace messager de tristesse, j’ai pris conscience de la nuit qui m’entourait et j’ai dit à cette compagne trop possessive « pars, je ne veux plus de toi  ».

«  Hey you,

Out there in the cold,

Getting lonely, getting old,

Can you feel me?

Hey you,

Standing in the aisle,

With itchy feet and fading smile,

Can you feel me?

Hey you,

Don’t help them to bury the light.

Don’t give in without a fight.

Hey you,

Out there on your own,

Sitting naked by the phone,

Would you touch me?

Hey you,

With your ear against the wall,

Waiting for someone to call out,

Would you touch me?

Hey you,

Would you help me to carry the stone?

Open your heart, I’m coming home.

But it was only fantasy.

The wall was too high, as you can see.

No matter how he tried he could not break free.

And the worms ate into his brain.

Hey you,

Out there on the road,

Always doing what you’re told,

Can you help me?

Hey you,

Out there beyond the wall,

Breaking bottles in the hall,

Can you help me?

Hey you,

Don’t tell me there’s no hope at all.

Together we stand, divided we fall.  »

Pink Floyd

trainfantme.jpg

A l’envers, à l’endroit

resoantisarkogame2.jpg

« On n’est pas encore revenu du pays des mystères

IL y a qu’on est entré là sans avoir vu de la lumière

Il y a l’eau, le feu, le computer, Vivendi et la terre

On doit pouvoir s’épanouir à tout envoyer enfin en l’air

On peut toujours saluer lespetits rois de pacotille

On peut toujours espérer entrer un jour dans la famille

Sûr que tu pourras devenir un crack boursier a toi tout seul

On pourrait même envisager que tout nous explose à la gueule

Autour des oliviers palpitent les origines

Infiniment se voir rouler dans la farine

A l’envers, à l’endroit, à l’envers, à l’endroit

A l’endroit, à l’envers, à l’envers, à l’endroit

Y’a t’il un incendie prévu ce soir dans l’hémicycle

On dirait qu’il est temps pour nous d’envisager un autre cycle

On peut caresser des idéaux sans s’éloigner d’en bas

On peut toujours rêver de s’en aller mais sans bouger de là

Il paraît que la blanche colombe a trois cents tonnes de plombs dans l’aile

Il paraît qu’il faut s’habituer à des printemps sans hirondelles

La belle au bois dormant a rompu les négociations

Unilatéralement le prince entame des protestations

Doit-on se courber encore et toujours pour une ligne droite ?

Prière pour trouver les grands espaces entre les parois d’une boîte

Serait-ce un estuaire ou le bout du chemin au loin qu’on entrevoit

Spéciale dédicace à la flaque où on nage, où on se noie

Autour des amandiers fleurissent les mondes en sourdine

No pasaran sous les fourches caudines

A l’envers, à l’endroit, à l’envers, à l’endroit

A l’endroit, à l’envers, à l’envers, à l’endroit. »

 

Texte: Noir désir

Image: www.re-so.net

12

Si c'est ailleurs ,c'est ici. |
Histoire et fiction - 11ème... |
Critica |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Dolunay
| "Le Dernier Carré"
| Les terres arides de l'isol...