Résolutions

 

 » (…) Il y’a des millions de couples qui ont bâti leur relation à force de volonté et de petites renonciations partagées. Il y’a des millions d’êtres qui n’exigent pas de la personne qui est à leur côté cent pour cent de compatibilité et de goûts communs. C’est le désir de perfection qui tue les affects, la soif d’absolu, la peur de l’habitude, la perpétuelle nostalgie de l’impossible, le refus permanent de nous accepter comme nous sommes et d’accepter les autres tels qu’ils sont. Quand on ne se comprend pas soi-même il est impossible de comprendre que les autres vous aiment. Mais le temps ne nous laisse que deux options : assumer ce que nous sommes ou abandonner. Et si nous n’abandonnons pas, si nous décidons de rester sur cette planète minuscule et de pactiser avec notre vie encore plus minuscule nous pouvons interpréter cette résignation comme une défaite ou comme un triomphe. (…)

Je n’aspire plus aux grands feux. J’espère simplement renaître de mes cendres et jouir de quelques braises de passions, cette source intermittente de chaleur que sont les gestes familiers, les années d’expérience, la chaleur des lèvres connues et la sérénité de tant de jours puisée dans des yeux où ne brille ni l’anxiété ni le désir ; une douceur liée à la routine même, au poids des sentiments assumé, tandis que flue la fatigue, l’étrange indifférence devant ce que nous avons fait. La paix en somme. Ou l’amour (…) »

Lucia Etxebarria, Beatriz et les corps célestes

 


5 commentaires

  1. Querelle dit :

    Moi jprefere Beatrix et les corsés lestes
    C bien d’avoir soif d’absolu, je trouve, non?

  2. Ta réaction est interessante parce que ce texte m’interroge aussi…
    Le désir d’absolu c’est bien, sauf quand ça devient « pathologique » ou en tout cas un problème.
    Pour te donner un exemple quand j’étais ado j’avais tendance à penser que le bonheur ça devait être une extase permanente, une sorte de shoot d’héro. Aujourd’hui je sais que ce n’est pas ça et ce n’est pas ce que je recherche. Maintenant pour moi il s’agit plus d’un équilibre, une « voie du milieu » en quelque sorte.
    Bonheur = sérénité, paix (pour moi bien sûr).Dans d’autres domaines une soif de perfection peut causer la procrastination, on ne fait rien parce que, je shématise, ça ne sera de toutes façons jamais aussi parfait qu’on le voudrait.
    La passion amoureuse est souvent destructrice, c’est de ça qu’il s’agit, ainsi et surtout de prendre les autres comme ils sont, pour ce qu’ils sont sans esperer ni chercher à changer ça, ne pas essayer de s’imposer tout le temps ni de vampiriser l’autre.
    Etxebarria souligne qu’on peut interpreter ce « changement de quête », cette résignation (que je prefère appeler résolution) comme une victoire ou une défaite, tout est peut être là.
    Moi je le vis comme une victoire mais c’est un long travail.

  3. Querelle dit :

    OUias, cette résignation cependant ne mène à rien de bon, elle mène l’homme dans les fers, regarde par exemple La Princesse de Clèves (mdr mais j’adore ce livre), l’autre goulue de Phèdre et j’en passe; l’absence de passion, ca relegue l’homme à devenir une sorte de fossible, ça donne un quotidien morne ; ce qu’il faut, c’est combattre la déstruction et s’élever, non se résigner ; sans changer forcément l’autre, en s’adaptant mais sans trop faire de concession, sans disparaître, dans tous les sens du terme; sinon j’aime toujours autant ton icône dodue

  4. Je ne sais plus trop où j’en suis par rapport à tout ça si ce n’est qu’au lieu de reflechir ça serait bien si je vivais plus.
    Moi aussi j’ai bien aimé la Princesse de Clèves, mais bon moi je suis une midinette !
    ^^

  5. Querelle dit :

    C’est un livre mal aimé et finalement méconnu, pourtant j’aime pas les classiques mais j’aime les midinettes et même les midinettes classiques lollll

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