Archive pour septembre, 2007

Les émotions du zèbre

 

daria1.jpg

 

 

«  »(…) Le fonctionnement émotionnel de l’enfant surdoué est d’une intensité et d’une richesse très élevées. Le bouillonnement émotionnel est constant et envahit l’ensemble de la personnalité. Chez l’enfant surdoué, l’affectif est présent partout et tout le temps. L’ingérence affective est également repérable dans le fonctionnement intellectuel. L’hypersensibilité et l’hyperesthésie de l’enfant surdoué, c’est à dire le développement exacerbé de l’ensemble de ses sens, expliquent en partie cette surcharge émotionnelle. L’enfant surdoué est une véritable éponge émotionnelle. C’est un enfant aux réactions épidermiques, avec une sensibilité à fleur de peau.
C’est un écorché vif : sans protection émotionnelle, il perçoit et réagit à la moindre émergence émotionnelle.
Il vit en état d’alerte permanent.(…)
Cet enfant connaît un sentiment fréquent de grande solitude émotionnelle.
Comment comprendre (en effet) que les autres n’aient pas vu, pas entendu des choses subtiles qui nous ont procuré un plaisir intense ?
Comment comprendre que la joie ou la peur que nous ressentons face à un événement ne soit pas partagé et partageable avec les autres ?
Comment ne pas penser alors, quand tous les autres semblent ne rien avoir entendu que l’on n’est pas bizarre ou fou ? (…)

L’enfant «surdoué » dispose d’une capacité d’empathie (exceptionnelle). Il ressent avec une grande finesse l’état émotionnel de l’autre et y réagit spontanément. La moindre émotion vécue par l’autre est perçue. Il arrive même qu’il capte une émotion pas encore réellement consciente chez la personne concernée ou que cette personne repousse ou ne veut pas ressentir.
Sa perception émotionnelle de l’autre est instinctive. Elle pourrait être comparée à la perception animale. Un chien en effet perçoit la peur des humains et peut devenir agressif en réaction à cette peur. Un autre animal peut manifester des comportements qui indiquent qu’un orage approche. De même, l’enfant «surdoué » sait, avant que la moindre dispute éclate, qu’un conflit entre deux personnes se prépare.(…)

Avec des sens aiguisés à l’extrême et toujours à l’affût, dôté de capacités intellectuelles hautement performantes, doué d’une compréhension élevée du fonctionnement des choses et des personnes, l’enfant «surdoué » porte sur le monde une lucidité implacable (qui est) à l’origine d’une anxiété diffuse constante qui fragilise considérablement l’organisation psychologique de ces enfants.
La lucidité empêche toute forme de «lâcher prise ». L’enfant ne peut arriver à se dégager de l’emprise émotionnelle de l’environnement et de son besoin d’y donner sens. Il est toujours en état d’alerte. L’hypervigilance émotionnelle, associée à une analyse constante des choses, est un processus épuisant pour les ressources psychiques.

(…)
L’enfant surdoué, habitué à tout comprendre, habitué à sa capacité d’analyse, habitué à donner un sens logique à tout ce qui l’entoure, ne parvient pourtant pas à réguler avec son fonctionnement intellectuel le bombardement émotionnel qui l’assaille.
Tout ce qui émane de la vie affective, de la sphère émotionnelle, de l’univers des fantasmes ne se laisse pas prendre dans son système de compréhension logique qui s’applique avec succès aux éléments de connaissances extérieures et désaffectivés.
Pour contrôler toute émergence émotionnelle, pour neutraliser la force de l’affectif, il met en place un mécanisme de défense spécifique que j’appelle : défense par la cognition. Cela signifie que l’enfant va faire passer par l’intellectuel, par la logique, par le raisonnement, par l’explication rationnelle toute donnée émotionnelle.(…)
L’énergie consacrée à ce mécanisme est considérable car les «attaques » du monde émotionnel sont constantes et se renouvellent sans cesse. L’enfant n’a pas de répit. La crainte de l’émergence émotionnelle soudaine et brutale qui pourrait venir désorganiser tout son fonctionnement et tout balayer sur son passage crée une tension psychique parfois insoutenable.
L’énergie que consacre l’enfant dans sa défense contre les émotions est comparable à l’édification d’une digue pour contenir un océan déchaîné. La force des vagues vient régulièrement produire des brèches dans cet édifice. Et il faut sans relâche réparer, consolider pour lutter contre les «forces de la nature ».
Avec, constante, cette peur que soudain tout s’effondre et d’être emporté par les flots.
Quel travail de Titan et quelle dépense d’énergie qui ne sera plus disponible pour toute autre tâche !
La défense par la cognition est un mécanisme efficace car il permet de soustraire toute marque affective à une situation, de désactiver la charge émotionnelle, de mettre à distance les angoisses.
Mais son risque majeur est un appauvrissement et un rigidissement de la vie psychique. Tout ce qui relève de la pulsion, des affects, de l’émotion est abrasé, dénié. (…)
Cela peut alors conduire à un repli sur soi, à la construction d’une personnalité désaffectivée, qui peut apparaître froide et distante, incapable de gérer autrement les situations de vie que sur un mode intellectuel. Une bonne dose de cynisme complète généralement le tableau.
Cette défense peut alors conduire, dans les développements les plus extrêmes, au développement d’une personnalité clivée : seul l’intellect peut s’exprimer au détriment des émotions qui sont véritablement emmurée.
Elle fragilise considérablement la construction identitaire : elle dénie la source profonde de l’identité, coupe du Soi véritable et «fabrique » une identité de surface. Le Moi est prisonnier du système défensif. (…)
Une des conséquences observables de la défense par la cognition pathologique concerne le surinvestissement intellectuel de certains enfants «surdoués » qui fuient là toute sollicitation émotionnelle.
Ils se réfugient dans la sphère intellectuelle pour, surtout, ne plus rien ressentir. »

Extrait du livre  « L’enfant surdo » de Jeanne Siaud-Faccin

Article 1

giscard.jpg

 

 

 

Il y a bien longtemps que je n’ai posté un billet ici. Depuis trois semaines je suis de retour sur les bancs de la fac et je me promets de vous écrire tout ce que ça a pu changer pour moi depuis, à quel point avoir une activité m’est bénéfique, mais le temps m’a manqué.

En attendant, voici donc les conclusions non définitives d’une étude que je mène sur l’étudiant en première année de droit de Limoges.

L’étudiant en première année de droit à Limoges présente trois désavantages :

- il a 18 ou 19 ans et, c’est bien normal, n’est pas «fini» ; très scolaire, il ressemble à un petit mouton à qui il faudrait tenir la main pour aller aux toilettes, sa principale activité est de gratter du papier, sur son pupitre il dispose de trois Stabilo (rose, jaune et vert) avec lesquels ils surlignent les mots qui lui semblent importants pendant les cours magistraux, il semble que la reflexion ne fasse pas partie du programme. Il pourrait pourtant présenter les nombreux atouts de la jeunesse qu’on retrouve avec enchantement chez l’étudiant en lettres mais


- il est étudiant en droit et c’est comme s’il avait connu une certaine maturation pour en arriver là : il semble conformiste, axé sur les apparences, sarkozyste, bien pensant et facho en devenir. A cela s’ajoute le fait qu’

- il est de Limoges, ce qui ne prédispose pas à l’ouverture d’esprit, il ne semble pas avoir vu grand-chose et pourrait se choquer d’un rien. Il est à 98% blanc et à 42%, taux exceptionnellement élevé, porte des mocassins ou autres tenues vintage.

Bon, il est vrai que je ne suis vraiment pas fashion et que la tenue des gens ne m’intéresse pas plus que ça mais c’est plutôt l’uniformité qui me saute aux yeux et m’agace un chouïa. Je songe alors dans mes rêves les plus fous – je suis encore un jeune rebelle dans l’âme – à porter un jour, pour aller à la fac, un triangle rose (badge act-up par exemple) qui jurerait complètement avec l’austérité toute hétéro qui se dégage de moi.

La prochaine fois, si vous n’êtes pas sages, je vous parlerai des chargées de TD tendance blonde-pétasse qui préparent une thèse sur « la crise capillaire de la juriste dans la société française de 2007, Jean Louis David in or out ? »

 

 

reese.jpg

Valses-hésitations

 

 

hairspray2.gif

 

J’ai un aveu à vous faire : je suis un garçon qui a du mal à prendre des décisions. J’hésite, beaucoup et souvent.

Par exemple j’hésitais à écrire un billet pour parler de «Hairspray». Je me disais que le cinéma ce n’est pas le sujet de ce blog, que ça ne serait pas raccord avec le reste. Comme s’il y avait une ligne éditoriale et comme si vous étiez des milliers à fréquenter cette page qui est déjà un joli bordel ! Je me disais aussi que, parler de cinéma, d’autres font ça très bien (voir dans mes liens) et puis que ce film n’est plus vraiment une avant première. Avant ceci j’avais même longtemps hésité aller voir ce film malgré mon abonnement illimité. En effet, je ne suis pas fan de comédies musicales, encore moins un aficionado des 60’s et, pour couronner le tout, la bande-annonce ne m’avait pas donné envie. Devant le cinéma j’ai continué ma valse et je me suis finalement décidé à prendre une place pour «Hairspray» en me disant «au moins si je vais le voir ce soir, la prochaine fois que j’irai au ciné (demain) ce sera pour un film qui me fait vraiment envie ! » !

Et bien je ne regrette pas d’être entré dans la salle parce que j’ai vraiment passé un très bon moment.

Pendant une partie du film le côté obscur en moi s’est évertué à me répéter que c’était naïf, voir mièvre, que Travolta n’était pas crédible en femme, que la partie «antiségrégationniste » du film était démago et qu’en plus cette comédie s’adressait clairement aux blancs… Cependant ça n’a pas réussi à gâcher mon bonheur et ce n’est pas ce qu’il faut retenir du film. En fait «Hairspray» donne plein d’entrain, c’est un bonbon acidulé, du bonheur en laque. Les passages chantés sont excellents – mes jambes bougeaient toutes seules, hors de mon contrôle -, la jeune héroïne resplendit et quel plaisir de revoir la toujours divine Michelle Pfeiffer ! Hairspray c’est magique ! Je suis ressorti de la séance avec l’envie de danser et de télécharger la bande originale dès que je serai de retour chez moi.

 


Je vais finir par croire que lorsque j’hésite à voir un film c’est le signe qu’il va me plaire puisque la dernière fois que c’était arrivé c’était au sujet de «Ratatouille» qui m’a très agréablement surpris. Je ne résiste d’ailleurs pas à l’envie de vous en toucher un mot.

«Ratatouille» c’est l’histoire de Rémy, un jeune rat qui veut devenir cuisinier. Comme vous vous en doutez, ce monde n’est pas vraiment préparé à manger les mets confectionnés par un rat et c’est le sujet du film, qui pourrait presque être envisagé d’une manière queer : accepter qui on est, l’assumer mais aussi et surtout croire en ses rêves. Le «mentor » de Rémy, un grand chef, a écrit un livre qui s’appelle «tout le monde peut cuisiner » et ça va être le leitmotiv du personnage et du film. La vision de la France par les Américains est toujours assez surprenante, voir déplaisante, mais je trouve que «Ratatouille» est un bon dessin animé, intelligent en somme.

Alors, je n’hésite pas plus longtemps au sujet de ce billet et je le poste car ce blog est définitivement un foutoir ! Il ressemble un peu aux draps de votre lit quand vous vous réveillez en pleine nuit pour vous rendre compte que vous avez été victime d’une petite … pollution nocturne.

 

ratatouilleposters.jpg

Cher journal,

 

mummy.jpg

 

 

Ma vie est trop de la merde.

Hier maman est rentré à la maison complètement torchée, avec son nouveau copain qui avait la main dans son soutif. J’avais trop la haine.
Jeremy n’a toujours pas rappelé, ça m’énerve grave.

Qu’est-ce que j’ai envie de dire ?

Quelque part je me sens vide. Il ne m’arrive pas moins de chose que chez Granma, ça serait difficile, mais une nouvelle fois j’ai la sensation de m’éteindre.
Des rêves me tiennent encore debout. A moitié debout puisque je passe une bonne partie de la journée couché sur mon clic-clac à regarder des vidéos.
J’aimerais ne pas être seul et en même temps je fais ce choix car je ne me sens pas capable d’être bien avec les autres.

Ma vie n’aura été qu’un long entraînement à l’état de mort

Faire un minimum de mouvements pour ne pas s’éveiller

Tout à l’heure, je suis allé lire dans un jardin public près de chez moi, lieu de chasse homo incontournable du centre ville de Jurassic Park.
Il y avait un très joli garçon et visiblement il le savait, il ressemblait à un paon. Il a commencé à vouloir jouer avec moi : œillades, changements de banc, …
Moi, je m’efforçais de ne pas le regarder, mes yeux allaient de ma BD à l’horizon, s’attardant sur tous les mecs qui passaient sauf sur lui. Je faisais comme s’il n’existait pas, je voulais lui signifier le non sens de sa minable fierté, qu’il rentre chez lui pour pleurer.

Je suis aigri.

Cher journal, je n’arrive même pas à te parler ce soir.
Maman m’a dit que si je continuais comme ça, je finirais comme elle.

 

elephantiasismama.jpg

Si c'est ailleurs ,c'est ici. |
Histoire et fiction - 11ème... |
Critica |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Dolunay
| "Le Dernier Carré"
| Les terres arides de l'isol...