Archive pour octobre, 2007

Introduction historique au Droit


« (…) La société se dotait de plus en plus de règles, de lois pour contredire les règles, et de nouvelles règles pour contredire les lois ; cela effrayait les gens, qui n’osaient plus dévier de l’invisible règlement qui régissait leur vie.
Maria connaissait bien la question (…), elle avait exercé pendant quarante ans la profession d’avocate. Dès le début de sa carrière, elle avait vite perdu sa vision ingénue de la justice, et elle avait compris que les lois n’avaient pas été conçues pour résoudre les problèmes, mais pour prolonger indéfiniment des querelles.
Dommage que Dieu, Allah, Jéhovah- peu importe le nom qu’on lui donne – n’ait pas vécu dans le monde actuel. Si tel était le cas, nous serions tous encore au Paradis, pendant qu’il répondrait à des recours, des appels, des commissions rogatoires, des mandats de comparution, des exposés préliminaires, et devrait expliquer au cours d’innombrables audiences pourquoi Il avait décidé d’expulser Adam et Eve du Paradis, simplement parce qu’ils avaient transgressé une loi arbitraire et sans fondement juridique : l’interdiction de manger du fruit de l’arbre de la connaissance du Bien et du Mal.
S’Il ne voulait pas que ça se produise, pourquoi avait-Il placé cet arbre au milieu du jardin, et non pas hors des murs du Paradis ? Si elle avait été désignée pour assurer la défense du couple Maria aurait assurément accusé Dieu de «négligence administrative », car non seulement Il avait planté l’arbre au mauvais endroit, mais il avait omis de l’entourer d’avertissements ou de barrières, n’adoptant pas les mesures de sécurité minimales et exposant quiconque au danger.
Maria aurait aussi pu également l’accuser d’ »incitation au crime » pour avoir attiré l’attention d’Adam et Eve sur l’endroit précis où se trouvait l’arbre. S ‘il n’avait rien dit, des générations et des générations seraient passées sur cette Terre sans que personne s’intéressât au fruit défendu – qui aurait fait partie d’une forêt d’arbres identiques, et par conséquent sans valeur spécifique.
Mais Dieu avait agi autrement : il avait écrit la loi et trouvé le moyen de convaincre quelqu’un de la transgresser dans le seul but d’inventer le Châtiment. Il savait qu’Adam et Eve finiraient par se lasser de tant de perfection et que, tôt ou tard, ils mettraient à l’épreuve Sa patience. Il resta là à attendre, peut être parce que lui aussi, le Tout-Puissant, en avait assez que les choses fonctionnent parfaitement : si Eve n’avait pas mangé la pomme, que serait-il arrivé d’intéressant au cours de ces millions d’années ?
Rien.
Lorsque la loi fut violée ; Dieu, le Juge tout-puissant, feignit encore de poursuivre les fugitifs, comme s’Il ne connaissait pas tous les refuges possibles. Tandis que les anges regardaient la scène et s’amusaient de la plaisanterie (pour eux aussi, la vie devait être bien monotone, depuis que Lucifer avait quitté le Ciel), Il se mit à arpenter le jardin en tout sens,(…), s’arrêta subitement devant la cachette.
« Ou es-tu ? demanda Dieu.
J’ai entendu ton pas dans le jardin, j’ai pris peur et me suis caché car je suis nu. » répondit Adam, sans savoir que, par ces mots, il se reconnaissait lui-même capable d’un crime.
Voilà. Grâce à une simple ruse, en faisant semblant d’ignorer où se trouvait Adam et le véritable motif de sa fuite, Dieu obtint ce qu’il désirait. Néanmoins, pour ne laisser aucun doute au parterre d’anges qui assistaient attentivement à l’épisode, Il décida d’aller plus loin.
« Comment sais-tu que tu es nu ? » poursuivit Dieu, sachant que cette question ne pouvait avoir qu’une réponse : « parce que j’ai mangé le fruit de l’arbre qui me permet de le comprendre. »*Par cette question Dieu montra à ses anges qu’Il était juste, et qu’Il condamnait le couple sur le fondement de toutes les preuves existantes.
Désormais peu importait que le coupable fût la femme, et qu’ils implorent d’être pardonnés ; Dieu avait besoin d’un exemple, afin qu’aucun être, terrestre ou céleste, n’ait plus jamais l’audace d’aller à l’encontre de Ses décisions.
Dieu expulsa le couple, ses enfants payèrent à leur tour pour ce crime (…) et le système judiciaire fut inventé : loi, transgression de la loi (logique ou absurde, cela n’avait pas d’importance), jugement (où le plus habile triomphait de l’ingénu) et châtiment.

Comme l’humanité tout entière avait été condamnée sans pouvoir présenter une requête en révision, les êtres humains décidèrent de mettre au point des mécanismes de défense pour le cas où Dieu voudrait de nouveau manifester Son pouvoir arbitraire. Mais, au cours de millénaires de travaux, les hommes inventèrent de si nombreux recours qu’ils finirent par en faire trop, et la Justice devint un inextricable maquis de clauses, de jurisprudences et de textes contradictoires auxquels personne ne comprenait plus rien.
Tant et si bien que, lorsque Dieu changea d’avis et envoya son Fils pour sauver le Monde, que se passa-t-il ? Il tomba entre les mains de la justice qu’Il avait inventée.
Ce maquis de lois avait atteint une telle confusion que le Fils finit crucifié. Le procès ne fut pas simple : il fut renvoyé de Hanne à Caïfe, des grands prêtres à Pilate, lequel, à son tour, allégua que le code juif ne permettait pas la condamnation à mort ; d’Hérode à Pilate encore, qui tenta un nouveau recours proposant au peuple un arrangement : il fit flageller le Fils et exhiba ses blessures, mais la manœuvre échoua.
Comme les procureurs modernes, Pilate décida d’assurer sa propre promotion aux dépens du condamné : il offrit d’échanger Jésus contre Barrabbas, sachant que la justice, à ce stade, s’était transformé en un grand spectacle qui réclamait une fin en apothéose, avec la mort de l’accusé.
Finalement Pilate recourut à l’article qui accordait le bénéfice du doute au juge, et non à celui qui était jugé ; il se lava les mains, ce qui signifie « ni oui ni non ». C’était un artifice de plus pour préserver le système juridique romain sans mettre à mal les bonnes relations avec les magistrats locaux, un artifice qui permettait en outre de faire porter au peuple le poids de la décision, dans le cas où cette sentence finirait par créer des problèmes et où un inspecteur viendrait en personne de la capitale de l’Empire vérifier ce qui se passait. (…) »

Texte extrait de « Veronika décide de mourir », propriété intellectuelle de Paulo Coelho

 

« …La vie ne m’apprend rien
Je voulais juste un peu parler, choisir un train
La vie ne m’apprend rien
J’aimerai tellement m’accrocher, prendre un chemin
Prendre un chemin

Mais je ne peux pas, je ne sais pas
Et je reste planté là
Les lois ne font pas les hommes
Mais quelques hommes font la loi
Et je ne peux pas, je ne sais pas
Et je reste planté là … »

Daniel Balavoine, « La vie ne m’apprend rien »


Long is the way

Il faut que je m’exprime.
Il faut que je sois moi, que je sorte de moi.
Une partie de moi lutte pour sortir tandis que l’autre se bat pour la contenir.
Calé entre les deux je regarde les trains passer.

I’m every woman et autre chose encore

Je crois que je n’ai jamais été aussi prêt d’assumer ce que je suis véritablement.
Il n’y a pas une personnalité à laquelle on doit se cantonner, pas une seule case dans laquelle on doit entrer. On peut être tendre et sadique, drôle et austère, profond puis superficiel, les deux en même temps. On peut être une petite chose fragile mais imbue de sa personne et finalement très forte. On peut-être une brute fleur bleue, érudit passionné de telenovelas, pauvre en Armani, communiste résidant à l’hôtel Crillon, fan de Death metal et de Dalida…
Je veux rester l’exception qui confirme les règles.
Mort aux cases !
Je ne suis pas le jouet de mes contradictions, je suis mes contradictions et autre chose encore.
Je ne manque pas de personnalité, je suis riche de plusieurs personnalités qui font la mienne.
Il a dit « tu n’es pas limité ». Il a raison.
Je ne pensais pas qu’on pouvait se rencontrer soi-même dans l’apparent sordide d’un bordel en plein air.
Chacun son chemin…

« J’ai raté mon premier rôle,
Je jouerai mieux le deuxième,
Je veux que la nuit s’achève. »

 

Les vies d’un autre

Une autre nuit parmi les ombres d’un autre jardin publique du centre d’une autre ville française. Comme à N. il y a 4 ans, comme à C il y a 15 ans.
Je ne cherche pas du sexe, j’attends autre chose. Je ne baise pas, je passe le temps, je comble le vide.
C’est une journée ordinaire à Gayland… l’après-midi je tripote un italien, le soir tombé je suce un marocain.
Alors que je prends congé de lui pour essayer de retrouver dans la nuit un fantôme blond qui avait tenté de s’immiscer dans nos ébats quelques minutes plus tôt, il me dit :
« Fais attention à toi … »
Ce n’est rien, ça ne semble rien mais c’est la seule trace d’humanité de cette soirée et l’écho de la nuit confère à ces mots une part de tendresse.
Comment s’appelle-t-il déjà ?
Je ne le reverrai pas, nous sommes seulement des étrangers qui ont frotté leur solitude l’une contre l’autre.
Combien en ai-je touché, combien en ai-je croisé depuis toutes ces années ?
Je cherche le blond pendant quelques temps mais il a du déclarer forfait et je ne rencontre aucun autre fantôme. Je m’assois sur le banc ou j’ai mes habitudes et je retrouve la conversation étouffée de deux jeunes hétéros, quelques mètres derrière, qui partagent sans le savoir nombre de mes soirées.
Je pense à lui, qui est dans une autre partie de la ville, lui qui n’est pas un corps mais un fantasme qui réchauffe le coeur.
Je ne le connais pas vraiment, je l’entrevois à peine, mais par des circonstances complexes, je sais qu’il doit être triste ce soir et que lui aussi, à sa manière, il se débat seul dans la nuit et cherche des issues. Il n’aura probablement pas répondu à mon message et il est possible que je ne le revoie jamais. Demain ou la semaine prochaine, quand j’aurai accepté complètement cette idée, nous aurons déjà vécu dans ma tête une longue histoire, ponctuée de détails insignifiants dont moi seul perçois l’importance capitale. Je pourrai alors passer à autre chose, m’accrocher à une nouvelle chimère.
Pour l’heure, il se fait tard et demain matin un autre cours ennuyeux m’attend, dans une autre vie qui n’est pas non plus tout à fait la mienne.
« Je rentre retrouver mon lot
De solitude
J’ôte mes cils et mes cheveux
Comme un pauvre clown malheureux
De lassitude
Je me couche mais ne dors pas
Je pense à mes amours sans joie
Si dérisoires
A ce garçon beau comme un Dieu
Qui sans rien faire a mis le feu
A ma mémoire … » (Aznavour, « Comme ils disent »)


 

Overdose de mocassins

 

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Je marchais dans la rue quand je pris subitement conscience que j’étais bien dans ma peau. J’avançais vite, je me sentais bien et je débordais d’énergie et d’envies : envie de rencontrer du monde, de parler, de rire, de faire l’amour, de boire un verre assis à la terrasse d’un café, de danser, de draguer, de flâner… Je me sentais vivant.
Je me suis mis à regarder les gens autour de moi, j’imagine que j’espérais entrer en contact, mais Limoges m’a sauté dessus pour me jeter à terre. Je n’ai vu que des regards hostiles, hautains et méprisants, des coupes de cheveux laquées des années 50, des costumes étriqués de culs bénis, des enfants habillés à la mode Petit Bateau…

 

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Ca a commencé à m’opprimer, j’ai essayé de penser à autre chose et j’ai cherché ce que je pourrais faire ce soir, un samedi sur la terre avec un peu d’argent en poche. Je n’ai pas trouvé, ou plutôt si : il n’y a rien à faire ici un samedi soir, rien dont j’ai envie.
C’est alors que je les ai vues devant moi… deux filles aux cheveux roses et à l’air jovial. A l’instant même où je les apercevais, je savais qu’elles n’étaient pas d’ici. Alors q
ue je les dépassais d’un pas rapide je les ai entendus parler. Je ne sais pas ce qu’elles se disaient mais une chose est sûre, elles avaient l’accent toulousain. Ca m’a un peu désarçonné et j’ai lutté contre l’envie de me retourner et de leur hurler «je ne suis pas comme eux, je vous comprends, je vous aime, ne me laissez pas là, emmenez-moi ! ! !» mais ça aurait paru bizarre, alors j’ai continué ma route en accélérant le pas, cette fois pour arriver chez moi le plus rapidement possible et ne plus voir cette horrible ville et ses horribles habitants. Mais c’était trop tard, le souvenir de Toulouse grandissait en moi. L’accent chantant qui titille inexplicablement ma libido, le «avec plaisir» local, les sourires, le métro sécurisé à outrance, Capitole toujours bondée le samedi, le soleil, la foule cosmopolite, la Garonne, la prairie des filtres, le temple «FNAC» des allées Jean Jaurès, les Chalets, les pétasses « Rue-Saint-Rome-R&B-Style », les putes au bord du canal près de la gare que je croisais chaque soir en rentrant, , les vendeurs de cigarettes de la Place Arnaud Bernard, le jardin des Abattoirs, Saint Cyp, le style « rugbyman », le quartier Saint Michel, Midica, les charmants petits vieux qui tiennent le kiosque de la place Esquirol, le Quinquina, le Grand cirque ,le Shangaï, l’ex « Milk trendy bar »,… Toulouse me manque. Un jour, bientôt, je partirai d’ici sans billet retour et sans jeter un regard derrière moi. Qu’on fasse de cette région un gigantesque Disneyland et qu’on transforme Limoges en parc hôtelier attenant ! Honnêtement ça ne mérite pas mieux.

J’ai l’air aigri, et tout ça n’est pas très constructif mais je le garde en moi depuis trop longtemps, comme un Alien qu’il fallait que j’expulse enfin.

 

« Stop au bruit, ça saoule et c’est pas cool »

 

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Vu sur la toile

Génèse d’un blog

 

Parfois on tombe amoureux de morceaux de musique qu’on écoute en mode obsessionnel pendant des jours.
Et puis on voudrait les partager mais on ne voit pas avec qui.
C’est parfois pathétique, un blog…

 

(Aujourd’hui je n’arrive pas à faire fonctionner le lecteur mp3 de la plate-forme unblog.fr voici les clips, à écouter plus qu’à regarder, des morceaux que je voulais mettre ici)

 


http://www.dailymotion.com/video/66DzqkamPVSUY2Kgd

Sinnerman, Nina Simone (Felix da Housecat’s Heavenly House Mix)

http://www.dailymotion.com/video/660EmdsOuAuj52YiX

« When Thugz Cry », 2Pac


http://www.dailymotion.com/video/5W6jr6lbquZjne6OV

« Big Shit Poppin’ (Do It) », T.I.

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