Archive pour décembre, 2007

L’Abordure des mots

 

L’eau du ciel fait flic floc, je suis la mélodie

Je marchote au milieu des papillons de nuit

Je n’espère plus personne, à présent je suis là

Un instant à garder ? Que ce soit celui-là

Je ne sens pas la pluie. Si le ciel fuit, pas moi

Je minaude, je susurre, dans ma tête il fait chaud

Je me sens accordé comme miel et coco

Me voilà arrivé à l’Abordure des mots

Les ombres vont céder sous mon nouveau tempo

NB : L’Abordure des mots est une grande forêt du dix-neuvième siècle avant notre ère ou deux millions cinq cent milles elfes facétieux passaient leurs journées à crier « à l’abordage » à l’attention du soleil sur un ton malicieux.

 

R.Kelly, I Believe I can fly

Revival

On peut toujours s’asseoir et regarder la route. Derrière, il y a tout ce qu’on a laissé. Les minutes de silence, les heures interminables, les rêves fauchés en plein vol, son sourire. Il reste quelque chose, même si tu ne le vois pas, même si tu ne sens plus que ta douleur. Il reste ce que tu es aujourd’hui. Ca t’a construit, ça t’a amené là, devant cette route. Ca t’accompagne. Même quand il ne reste plus d’espoir, il reste celui qu’il revienne un jour. Alors, souris.

 

Il y a un an, il y a une éternité

Jusqu’à ce que je claque la porte (il y’a deux ou trois ans) je passais tous mes noël avec ma cousine. Au début c’était dans la maison de ses parents. Le soir du réveillon, après diner, on allait tous s’asseoir dans le salon pour le cérémonial des cadeaux. Là, chacun, à son tour, ouvrait les siens. Ce moment me mettait mal à l’aise. Peut être parce que mes finances ne m’ont jamais vraiment permis d’en faire autant que les autres, peut être aussi parce que j’en avais moins, mon oncle et ma tante n’étant par définition pas mes parents. Mais surtout j’ai toujours eu le sentiment irraisonné d’être un imposteur, d’avoir volé ma place et de ne rien mériter. Ma tante avait un goût très prononcé pour le « matériel » et le clinquant, aimait que les présents soient chers et que si possible ça se voit. Dans le canapé je regardais le défilé, me préparant à jouer ma scène annuelle de l’émerveillement spontané, sous peine d’essuyer des reproches. Les cadeaux ça devait faire plaisir et la joie devait être apparente. J’ai rarement assisté à un tel déballage d’hypocrisie. Très souvent il y’avait eu une dispute entre ma cousine et sa mère juste avant. Pendant le défilé de cadeaux il s’agissait de faire comme si rien ne s’était passé. C’était notre version personnelle de la trêve de Noël. Au fil des années j’ai perfectionné mon jeu, allant jusqu’à jeter un œil de bonheur et d’envie sur un des présents que j’avais reçu, quand mon tour était passé, pour que ma tante ou ma cousine surprenne mon regard. Ce n’est pas que ces cadeaux ne me faisaient pas plaisir mais c’est une fois seul que je les ouvrais vraiment et je passais parfois des heures à les regarder, à les essayer, laissant enfin libre court à mon plaisir. Dans les loges je pouvais enfin redevenir l’enfant que je n’ai jamais vraiment cessé d’être.

Le plus beau cadeau que j’ai reçu de ma vie entière c’est une machine à écrire offerte par ma grand mère. Elle était orange et le nom de la marque me fait encore sourire: « Lilliput ». Les plus beaux cadeaux sont à double tranchant, je réalise aujourd’hui que c’était une invitation à écrire et que devant cette machine j’ai fini par ressentir la culpabilité de ne pas le faire, d’avoir laissé tomber mon projet d’écrire un jour des histoires, d’être un échec. Néanmoins les ordinateurs me remplissent de joie. Un PC c’est plus qu’un assemblage de matériels informatiques, plus qu’une fenêtre, c’est la porte qui mène à un univers fantastique et absolument sans limite. Un ordinateur c’est divin. C’est aussi une porte qui mène à moi.

Petit je voulais donc être romancier. Vers 10 ans j’ai commencé à écrire un livre, j’ai même noirci des dizaines et des dizaines de pages. Ce que j’écrivais était mièvre et sans intérêt mais ça me remplissait de joie. J’étais tout simplement Dieu qui règne sur son monde propre, j’étais La Fortune qui maîtrise les événements. J’étais la Maître du Destin. Et puis un jour ma cousine a fermé la porte. Elle a eu une idée: un livre à quatre mains. Nous avons commencé à rédiger « Les enfants du partage », sombre connerie inspirée de l’œuvre pathétique et larmoyante de Virginia C. Andrews dont ma tante achetait les bouquins chez France Loisirs. Je trouvais ce que ma cousine écrivait plus que médiocre: lamentable. Ecrire est alors devenu quelque chose de l’ordre du supplice et de la frustration. L’hypocrisie et le mensonge ont pénétré ce lieu jusqu’alors encore vierge de faux semblants et de tromperies. J’étais bien incapable de lui dire que c’était mauvais et que Dieu ne peut pas partager son royaume, encore moins avec la fillette de l’Exorciste. C’était un viol, ni plus ni moins. Ecrire est devenu une souffrance. Un jour nous avons arrêté et Regan a eu la garde des enfants. Je ne sais plus exactement quelles étaient les clauses de notre contrat mais elle devait être alterné. Regan a conservé les feuilles une dizaine d’année et puis un jour où nous faisions une séquence souvenirs, elle l’a sorti de je ne sais où. J’ai regardé ce classeur vert (par superstition idiote j’évite souvent cette couleur) et j’ai découvert que la niaiserie avait été poussée jusqu’à coller sur la première page une photo de bambins à l’air malheureux. J’ai refoulé mon mépris, j’ai dit que mon tour était venu, que je voulais le relire. Il me semblait alors que je le désirais vraiment mais, après l’avoir ramené chez ma grand mère, je l’ai posé dans un amoncellement d’objets et de papiers que je ne peux pas me résoudre à jeter. Ce véritable tas est principalement composé de livres, cahiers et fournitures scolaires de mon enfance. C’est là où que je cachais si souvent mes bouteilles de gin ou de bière. Aujourd’hui je brûle d’envie de faire un autodafé dès que j’irai passer des vacances dans mon trou du cul natal.

Récemment mon psy m’a demandé de lui parler de Noël, de lui dire ce que ça représentait pour moi. Il voulait probablement que je lui évoque enfin des moments heureux de ma vie. Je n’ai pas réussi à parler car je ne voulais pas donner l’impression que je noircis le tableau, que je joue les misérables. Noël, d’une manière ou d’une autre, est lié à Regan et à mon enfance perdue. Pourtant désormais la première chose qui me vient à l’esprit quand je pense à ces fêtes c’est « la beu de Noël », expression utilisée par plusieurs fumeurs que j’ai rencontré. A M. mon dealer gardait même sa meilleure herbe pour cette période là. Moi même j’ai souvent dit qu’en ce jour particulier il me fallait absolument quelque chose à fumer, comme si j’étais à jeun le reste du temps. Je m’apprête à passer le premier Noël clean depuis quinze bonnes années. D’habitude j’ai l’obsession de trouver des gens avec qui passer le réveillon: ne pas se retrouver seul pendant que les autres font la fête, ne pas se sentir si misérable et laissé pour compte. Cette année je n’ai pas trouvé et je n’ai pas vraiment cherché. Ce matin je ne vais pas me coucher, je fais « nuit blanche » pour pouvoir passer la soirée en compagnie de Morphée. Peu de personnes vont vivre un Noël aussi original que le mien ! J’en ai déjà passé un chez ma grand mère, devant internet. Chaque année je pousse l’extravagance un peu plus loin, c’est à se demander si l’année prochaine je ne vais pas réveillonner dans la rue ! Louis ,mon meilleur ami, a une tante médium qui lui a dit que j’allais passé de merveilleuses fêtes de fin d’année, que j’aurais « presque tout ce que je veux ». C’est ce seul espoir qui me tient depuis mon entrée à la clinique. J’ai tout fondé sur la simple prédiction d’une voyante, sur une phrase, une seule: comme quoi ça ne tient vraiment pas à grand chose. Quand c’était dur cette simple idée m’a donné du courage, de la force, de la persévérance. Pourtant ce 24 Décembre 2006 il me semble avoir été rarement aussi loin d’avoir tout ce que je veux; si je fais le tour je dirais même qu’en gros je n’ai rien. Dernièrement Louis a trouvé sa tante sur MSN, elle lui a dit que dans les 3 mois « je serais heureux d’être heureux », ça renouvelle mon espoir. Je me promets de vous tenir au courant. En disant que je n’ai rien je suis un peu ingrat car j’ai la santé ! Mon grand père disait toujours que la santé c’est le principal et il avait probablement raison. La Diva est à Mulhouse chez un ami. Si j’étais négatif je pourrai dire que même lui s’en tire à meilleur compte que moi mais ça serait bien mesquin ! Le côté positif c’est que non seulement j’ai un toit mais je l’ai pour moi seul ! Mon garde manger est plein. Le menu de ce soir est aussi original que le reste: salade niçoise en boîte, poulet au curry (dans une assiette micro ondable en 3 minutes !) et yaourts aux fruits. Néanmoins je me suis offert deux paquets de cigarettes blondes pour ce jour spécial, faisant ainsi une pause avec cet immonde tabac à rouler que je fume maintenant quotidiennement. Chacun ses plaisirs !

Le cinéma transgenre de Valérie Lemercier

 

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En enclenchant la lecture de Palais royal, j’attendais une comédie franchouillarde haute en couleur.

Le début du film m’a déstabilisé.

L’ambiance est froide et parfois assez glauque, particulièrement la fin de la première scène dans le lit princier.

Les personnages sont très antipathiques et la Lady Diana de ce royaume, bouc-émissaire de la Cour, semble au départ assez insipide voir insignifiante.

Les 30 premières minutes étaient passées et tout en espérant qu’il s’agissait d’une mise en jambes, je m’ennuyais un peu.

Mais … comme la comédie entrait dans le vif de son sujet, la mayonnaise prenait.

Palais royal est un film plus subtil qu’il n’y parait, positivement surprenant et se place au dessus de la simple comédie pour dresser un portrait savoureux et troublant d’une famille royale très inspirée de La cour d’Angleterre.

Lemercier compose en finesse une Diana cynique et réaliste. Lady Armelle est petite et mesquine, très loin des images de papier glacé que véhicule le mass-média, le rôle du roi odieusement beauf sied à merveille à Lambert Wilson et le choix de Deneuve pour interpréter cette reine mère calculatrice est en soi assez comique, Catherine n’étant-elle pas la reine de cœur glamour du cinéma français ?

Quant au running gag de la bonne, c’est tout bonnement à mourir de rire.

Avec ces personnages on ne peut plus humains, notamment une Maurane qui pourrait être n’importe quelle ménagère de moins de cinquante ans, Palais royal provoque une impression d’authenticité et c’est un film dérangeant, en cela qu’il semble donner une lecture potentiellement réaliste de l’histoire dont il s’inspire.

Avec ce sujet presque aussi queer que « Le derrière » et cet humour atypique, Valérie ne serait-elle pas une fille très « pédé » ?

 

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Des nouvelles de Midinette

Un jour, un de mes ex m’avait raconté qu’un de ses amis avait largué sa copine parce qu’il ne supportait pas son odeur.

« Elle ne pue pas, avait-il ajouté en voyant mon sourire, simplement il n’aime pas son odeur.

Ca me semblait gros qu’on puisse quitter des gens pour ça et puis j’ai fini par croiser des garçons dont le parfum naturel me révulsait.

Cet après-midi je suis allé aux tasses de la ville car deux fois j’y avais folâtré avec un garçon que j’aimerais revoir. J’aime beaucoup son physique… sa peau, son ventre poilu, j’adore le sucer, j’aime le goût de son foutre mais par-dessus tout j’aime son odeur.

C’est la deuxième fois que j’allais là bas juste dans l’espoir de le revoir.

Je suis une midinette qui vit la vie d’une pute, Midinette au milieu de chiottes dégueulasses à vomir.

Au fond un garçon à l’allure nonchalante semble regarder ce qui se passe à travers une porte entrouverte.

Intrigué, je m’arrête devant un lavabo, fais semblant de boire un peu puis je marche rapidement jusqu’à lui pour voir ce qui se passe dans le coin.

Rien derrière la porte, personne.

Je fais demi-tour comme une furie car le mec ne m’attire pas et je ne voudrais pas qu’il y ait de malentendu.

Je m’installe un peu plus loin, l’épaule contre un mur, à l’endroit où je me place toujours. C’est un peu ma parcelle de trottoir.

De là, mal à l’aise, je fais semblant de regarder les escaliers pour me donner une contenance et ne pas croiser le regard des chasseurs qui m’ont dans leur ligne de mire.

Dans ma tête je les entends se dire :

« Regardez la pauvresse, il est tellement en manque qu’il en a l’air fébrile et qu’il regarde dehors comme certains contemplent le ciel en espérant y voir enfin une étoile filante »

Je sors mon portable, je fais semblant de lire un sms.

C’est la sortie des bureaux, il y’a de plus en plus de monde et personne qui m’intéresse.

Derrière moi, il me semble entendre le portier pouffer de rire. Je ne me retourne pas, je ne veux pas qu’il puisse lire dans mon regard et puis je ne suis pas sûr, peut-être étaient-ce des râles de mecs.

Je l’entends à nouveau. Cette fois pas de doute, il éclate de rire. Je ne me retourne toujours pas, je fais ma mijaurée.

Et puis, il a raison, le spectacle est assez drôle, juteusement pathétique.

Peut-être qu’il a fumé un joint ou que lui lit vraiment le sms d’un ami. Voilà, c’est ça on s’est tous donné rendez-vous ici pour lire nos textos.

C’est d’ailleurs probablement ce que le gros mec qui me regarde avec lourdeur depuis un quart d’heure répondra à sa femme quand, en rentrant chez eux, elle lui demandera où il était passé…

« Ta secrétaire m’a dit que tu étais parti depuis une heure et demi

- J’étais dans les toilettes publiques, chérie. J’avais des sms à lire ! »

Le temps passe, j’ai froid et il est de plus en plus clair que l’inconnu à l’odeur enivrante ne viendra pas, alors je décide de rentrer chez moi. De toute façon mon cellulaire hors de prix ne capte pas le réseau dans ce bunker.

C’est dommage,

J’aurais voulu le sentir encore une fois et surtout je projetais de lui donner mon numéro de téléphone, qu’on puisse, si le cœur lui en dit, se retrouver hors de ce centre d’appel.

 

Bigitte Fontaine & Zebda, Le nougat

2007, oh dis … c’est bientôt fini ?

 

Depuis que j’avais eu un trop perçu de 1200 euros de la part des ASSEDIC il y a plus d’un an, je leur remboursais 60 euros par mois, qu’ils retiraient directement à mes allocations de chômeur. Tout allait bien, je vivotais tranquillement avec les 600 euros restant…

Et puis en septembre, avec mon entrée momentanée à la fac de droit, je changeai de statut pour devenir stagiaire de la formation professionnelle. Pour moi ça ne changeait rien, je continuais à percevoir la même somme qu’avant mais pour les ordinateurs qui dirigent les ASSEDIC c’était une autre histoire, bien plus complexe.

Il semble que cette nouvelle situation avait créé un bug dans le système et au milieu du mois d’octobre je reçus une lettre recommandée me mettant en demeure de leur restituer la somme restant due dans les plus brefs délais, c’est-à-dire dans les 3 jours qui suivaient car comme chacun sait, les chômeurs disposent tous d’un compte en Suisse où ils cachent à l’Administration des sommes considérables leur permettant de disposer de centaines d’euros après un simple appel téléphonique entre deux voyages au soleil.

Malgré tout, je suis pingre, je me déplaçai pour rencontrer un des humains qui travaillent pour la Machine afin d’obtenir des explications… Ce dernier me confirma qu’il s’agissait d’un problème informatique et m’affirma que les choses allaient rentrer dans l’ordre. Serein, je rentrai chez moi à l’autre bout de la ville, me félicitant de pouvoir manger le mois suivant.

Mais …

Au mois de novembre ASS&DICK avaient retiré 150 euros à mes allocations puis quelques jours plus tard ils me firent parvenir une lettre m’informant qu’ils avaient décidé de prélever dorénavant ce montant tous les mois et me demandaient mon accord écrit. J’imaginai alors un des humains qui travaillent pour la Machine, une personne avec des jambes et une tête tout comme moi, qui dans son joli bureau, avait pris mon dossier, y avait jeté un œil puis, un peu blasé par une semaine éprouvante de calculs divers, s’était dit « retirons lui 150 euros, c’est bien 150 euros, c’est un compte rond, ça fait presque mille francs, c’est pas énorme, qu’est-ce qu’on peut bien faire de nos jours avec mille francs, je vous le demande … ».

De ma belle plume j’écrivis donc un courrier à l’Assurance Chômage pour expliquer que je ne pouvais pas vivre décemment avec ce qui restait à mes allocations une fois cette retenue effectuée et demandai s’il était possible de revenir à notre accord initial, qui semblait contenter tout le monde depuis plus d’un an.

Quelques jours plus tard en découvrant une enveloppe estampillée ASSEZ ! DICK dans ma boîte aux lettres, je cru que j’avais reçu une réponse mais il s’agissait d’une nouvelle mise en demeure de rembourser la totalité de ma dette dans les trois jours (soyons honnête : peut être 5) ou faire une demande « motivée » d’échelonnement.

Je ne me décourageai pas et me fendis d’une nouvelle lettre, motivant ma requête de cette manière : « revenir au prélèvement initial me permettrait de survivre et ainsi, de vous rembourser ».

Et enfin, une semaine plus tard un ultime courrier m’informait que les nouveaux prélèvements seraient de 61 euros et 50 centimes. Un peu mesquin, je me demandai alors si l’euro cinquante supplémentaire allait servir à payer des timbres mais je ne mégotai pas, trop content et reconnaissant que j’étais de pouvoir manger des pâtes à Noël.

Les choses auraient pu s’arrêter là mais comme chacun sait la vie n’est pas un long fleuve tranquille…

Au début du mois de décembre je constatai avec surprise qu’il manquait 236 euros et 51 centimes à mes allocations…

Je décrochai donc mon téléphone pour appeler la hotline surtaxée qui me permettrait de parler directement à un des opérateurs de la Machine. J’expliquai mon petit souci à ce dernier qui me répondit d’une voix monocorde « oui, ce mois-ci nous avons décidé de vous retirer cette somme …».

Je perdis un peu mon sang froid et hurlai pendant quelques secondes avant de retrouver mon flegme coutumier pour m’excuser et dire « vous vous rendez compte que je ne peux pas manger et payer mon loyer avec ce qui reste ? «. Stoïque, mon correspondant m’invita à me déplacer jusqu’à l’antenne locale de la Machine pour demander un reversement. Je pris congé en me demandant un peu angoissé si l’intelligence artificielle avait fait à mon insu un tel progrès qu’elle permettait maintenant à des robots de répondre à des questions par téléphone.

Le lendemain, je me rendis donc à la succursale de la Machine et après avoir fait la queue pendant trois quart d’heure dans une ambiance moscovite en essayant de me divertir à la lecture des affiches proclamant « maintenant vous pouvez tout faire sur internet » – ce qui est déjà assez drôle en soi – j’expliquai mon problème à une androïde à l’air las.

Elle me répondit « patientez un peu, je ne peux pas procéder au reversement moi-même, je dois demander à l’ordinateur central… euh à un responsable … je reviens » puis elle disparut derrière une grande porte noire dont elle ressortit un quart d’heure plus tard avec du café au coin des lèvres (le café et l’ordinateur central sont la seule touche fictionnelle de ce billet) pour m’informer que la Machine allait procéder au reversement de 119 euros sur mon compte bancaire. Comme j’étais d’humeur badine, je lui demandai pourquoi ils ne me rendaient pas la totalité de la somme litigieuse :

« Parce que nous ne pouvons pas reverser plus de la moitié de la somme…
-
Pourquoi ?
-
Parce que c’est comme ça. »

Tout était dit …

Quelque jours plus tôt Numéricable, chez qui je venais de prendre un abonnement, avait décidé de multiplier par deux le prélèvement qu’ils m’avaient annoncé à la signature du contrat et avait ponctionné 120 euros sur mon compte….

Alors, dans le bus qui me ramenait chez moi, j’examinai la situation et je décidai d’aller passer quelques temps chez ma grand-mère, ce qui me permettrait de manger jusqu’à la fin du mois.

2007 ne m’avait pas décidemment pas fait de cadeau …

SarkoZy et le chat de la voisine

 

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Well, je suis encore là.

Je passe quelques temps chez Granma suite à quelques problèmes financiers : les ASSEDIC s’amusent à retirer des sommes aléatoires à mes allocations. Pouvoir arbitraire.

Est-ce que je ne suis pas finalement là où j’ai toujours voulu être, est-ce que je n’ai pas tout fait pour me retrouver là ?

J’essaie de ne rien attendre, de prendre les choses comme elles viennent.

Pas de déclic.

Plus de mise au point.

Il n’y a rien à changer chez moi.

Je regarde le tourbillon, j’écoute les gens me parler de leurs petites histoires comme si tout ça avait une importance quelconque.

Sarkozy,

Le chat de la voisine,

Le prix du baril de pétrole,

La réception de Clarissa,

X me fait la gueule,

La météo est mauvaise,

Tu veux que je te dise ?

Tu vis, tu avances, tu aimes, des hauts-des bas, tu essaies d’apprécier le voyage et tu meurs.

On va pas en faire tout un plat.

L’hôpital qui se fout de la charité.

Bilan-comptable : 2007 était véritablement une année de merde pour moi.

Résolution : ne pas prendre de résolutions pour 2008.

Je n’attends rien.

Je n’espère rien.

Je regarde le paysage.

Je négocie les virages.

Je respire.

Il n’y a rien à changer chez moi.

 

 

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wel chui encor la
jpass qq ten ché granma a coz de blem de $. Lé ASSédic s’amuse a retiré dé $ o aZar a mé alloc niksarace
esK chui po finalemen ou g toujour voulu etr ? esK g patoufé pr en arrivé la ?
G –ssai 2 rien atendr 2 prendr lé choz com L viene
no deKliK
no mizOpoin
yarien na changé ché moi
jregard le tourbillon, j’ecout lé gen me parlé de leur ptitZ histoir com si sa avé 1 1portans qqKonK
sarKo
le cha 2 la couzine
le pri du baril de petrol
la teuf 2 britani
X fé la gueule
la meteo é movaiz
tu vi t’avans tu kiffes dé O- dé Ba tu try kiffé le voyage é tu meur
ta vu ?
on va po en f’r tou 1 pla
opital ki sfou 2 la charity
bilan : 2007 tro de la merd
resolution 2008 : no resolution
jaten rien
jesper rien
jregard le payzaj
jnegosi lé viraJ
jrespir
yarien na changé ché moi


 

 

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