2007, oh dis … c’est bientôt fini ?

 

Depuis que j’avais eu un trop perçu de 1200 euros de la part des ASSEDIC il y a plus d’un an, je leur remboursais 60 euros par mois, qu’ils retiraient directement à mes allocations de chômeur. Tout allait bien, je vivotais tranquillement avec les 600 euros restant…

Et puis en septembre, avec mon entrée momentanée à la fac de droit, je changeai de statut pour devenir stagiaire de la formation professionnelle. Pour moi ça ne changeait rien, je continuais à percevoir la même somme qu’avant mais pour les ordinateurs qui dirigent les ASSEDIC c’était une autre histoire, bien plus complexe.

Il semble que cette nouvelle situation avait créé un bug dans le système et au milieu du mois d’octobre je reçus une lettre recommandée me mettant en demeure de leur restituer la somme restant due dans les plus brefs délais, c’est-à-dire dans les 3 jours qui suivaient car comme chacun sait, les chômeurs disposent tous d’un compte en Suisse où ils cachent à l’Administration des sommes considérables leur permettant de disposer de centaines d’euros après un simple appel téléphonique entre deux voyages au soleil.

Malgré tout, je suis pingre, je me déplaçai pour rencontrer un des humains qui travaillent pour la Machine afin d’obtenir des explications… Ce dernier me confirma qu’il s’agissait d’un problème informatique et m’affirma que les choses allaient rentrer dans l’ordre. Serein, je rentrai chez moi à l’autre bout de la ville, me félicitant de pouvoir manger le mois suivant.

Mais …

Au mois de novembre ASS&DICK avaient retiré 150 euros à mes allocations puis quelques jours plus tard ils me firent parvenir une lettre m’informant qu’ils avaient décidé de prélever dorénavant ce montant tous les mois et me demandaient mon accord écrit. J’imaginai alors un des humains qui travaillent pour la Machine, une personne avec des jambes et une tête tout comme moi, qui dans son joli bureau, avait pris mon dossier, y avait jeté un œil puis, un peu blasé par une semaine éprouvante de calculs divers, s’était dit « retirons lui 150 euros, c’est bien 150 euros, c’est un compte rond, ça fait presque mille francs, c’est pas énorme, qu’est-ce qu’on peut bien faire de nos jours avec mille francs, je vous le demande … ».

De ma belle plume j’écrivis donc un courrier à l’Assurance Chômage pour expliquer que je ne pouvais pas vivre décemment avec ce qui restait à mes allocations une fois cette retenue effectuée et demandai s’il était possible de revenir à notre accord initial, qui semblait contenter tout le monde depuis plus d’un an.

Quelques jours plus tard en découvrant une enveloppe estampillée ASSEZ ! DICK dans ma boîte aux lettres, je cru que j’avais reçu une réponse mais il s’agissait d’une nouvelle mise en demeure de rembourser la totalité de ma dette dans les trois jours (soyons honnête : peut être 5) ou faire une demande « motivée » d’échelonnement.

Je ne me décourageai pas et me fendis d’une nouvelle lettre, motivant ma requête de cette manière : « revenir au prélèvement initial me permettrait de survivre et ainsi, de vous rembourser ».

Et enfin, une semaine plus tard un ultime courrier m’informait que les nouveaux prélèvements seraient de 61 euros et 50 centimes. Un peu mesquin, je me demandai alors si l’euro cinquante supplémentaire allait servir à payer des timbres mais je ne mégotai pas, trop content et reconnaissant que j’étais de pouvoir manger des pâtes à Noël.

Les choses auraient pu s’arrêter là mais comme chacun sait la vie n’est pas un long fleuve tranquille…

Au début du mois de décembre je constatai avec surprise qu’il manquait 236 euros et 51 centimes à mes allocations…

Je décrochai donc mon téléphone pour appeler la hotline surtaxée qui me permettrait de parler directement à un des opérateurs de la Machine. J’expliquai mon petit souci à ce dernier qui me répondit d’une voix monocorde « oui, ce mois-ci nous avons décidé de vous retirer cette somme …».

Je perdis un peu mon sang froid et hurlai pendant quelques secondes avant de retrouver mon flegme coutumier pour m’excuser et dire « vous vous rendez compte que je ne peux pas manger et payer mon loyer avec ce qui reste ? «. Stoïque, mon correspondant m’invita à me déplacer jusqu’à l’antenne locale de la Machine pour demander un reversement. Je pris congé en me demandant un peu angoissé si l’intelligence artificielle avait fait à mon insu un tel progrès qu’elle permettait maintenant à des robots de répondre à des questions par téléphone.

Le lendemain, je me rendis donc à la succursale de la Machine et après avoir fait la queue pendant trois quart d’heure dans une ambiance moscovite en essayant de me divertir à la lecture des affiches proclamant « maintenant vous pouvez tout faire sur internet » – ce qui est déjà assez drôle en soi – j’expliquai mon problème à une androïde à l’air las.

Elle me répondit « patientez un peu, je ne peux pas procéder au reversement moi-même, je dois demander à l’ordinateur central… euh à un responsable … je reviens » puis elle disparut derrière une grande porte noire dont elle ressortit un quart d’heure plus tard avec du café au coin des lèvres (le café et l’ordinateur central sont la seule touche fictionnelle de ce billet) pour m’informer que la Machine allait procéder au reversement de 119 euros sur mon compte bancaire. Comme j’étais d’humeur badine, je lui demandai pourquoi ils ne me rendaient pas la totalité de la somme litigieuse :

« Parce que nous ne pouvons pas reverser plus de la moitié de la somme…
-
Pourquoi ?
-
Parce que c’est comme ça. »

Tout était dit …

Quelque jours plus tôt Numéricable, chez qui je venais de prendre un abonnement, avait décidé de multiplier par deux le prélèvement qu’ils m’avaient annoncé à la signature du contrat et avait ponctionné 120 euros sur mon compte….

Alors, dans le bus qui me ramenait chez moi, j’examinai la situation et je décidai d’aller passer quelques temps chez ma grand-mère, ce qui me permettrait de manger jusqu’à la fin du mois.

2007 ne m’avait pas décidemment pas fait de cadeau …

 


Un commentaire

  1. zaza dit :

    comme un écho à ma propre situation..
    si tu savais comme j’ai pu haïr 2007.. pas de cadeau pour moi non plus, et la solitude comme seule compagnie.

    je visite ton site depuis quelques minutes, et j’apprécie vraiment ce que tu écris.. un écorché de plus sur la terre.
    à bientôt du côté de chez zaza! :)

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