Des nouvelles de Midinette

Un jour, un de mes ex m’avait raconté qu’un de ses amis avait largué sa copine parce qu’il ne supportait pas son odeur.

« Elle ne pue pas, avait-il ajouté en voyant mon sourire, simplement il n’aime pas son odeur.

Ca me semblait gros qu’on puisse quitter des gens pour ça et puis j’ai fini par croiser des garçons dont le parfum naturel me révulsait.

Cet après-midi je suis allé aux tasses de la ville car deux fois j’y avais folâtré avec un garçon que j’aimerais revoir. J’aime beaucoup son physique… sa peau, son ventre poilu, j’adore le sucer, j’aime le goût de son foutre mais par-dessus tout j’aime son odeur.

C’est la deuxième fois que j’allais là bas juste dans l’espoir de le revoir.

Je suis une midinette qui vit la vie d’une pute, Midinette au milieu de chiottes dégueulasses à vomir.

Au fond un garçon à l’allure nonchalante semble regarder ce qui se passe à travers une porte entrouverte.

Intrigué, je m’arrête devant un lavabo, fais semblant de boire un peu puis je marche rapidement jusqu’à lui pour voir ce qui se passe dans le coin.

Rien derrière la porte, personne.

Je fais demi-tour comme une furie car le mec ne m’attire pas et je ne voudrais pas qu’il y ait de malentendu.

Je m’installe un peu plus loin, l’épaule contre un mur, à l’endroit où je me place toujours. C’est un peu ma parcelle de trottoir.

De là, mal à l’aise, je fais semblant de regarder les escaliers pour me donner une contenance et ne pas croiser le regard des chasseurs qui m’ont dans leur ligne de mire.

Dans ma tête je les entends se dire :

« Regardez la pauvresse, il est tellement en manque qu’il en a l’air fébrile et qu’il regarde dehors comme certains contemplent le ciel en espérant y voir enfin une étoile filante »

Je sors mon portable, je fais semblant de lire un sms.

C’est la sortie des bureaux, il y’a de plus en plus de monde et personne qui m’intéresse.

Derrière moi, il me semble entendre le portier pouffer de rire. Je ne me retourne pas, je ne veux pas qu’il puisse lire dans mon regard et puis je ne suis pas sûr, peut-être étaient-ce des râles de mecs.

Je l’entends à nouveau. Cette fois pas de doute, il éclate de rire. Je ne me retourne toujours pas, je fais ma mijaurée.

Et puis, il a raison, le spectacle est assez drôle, juteusement pathétique.

Peut-être qu’il a fumé un joint ou que lui lit vraiment le sms d’un ami. Voilà, c’est ça on s’est tous donné rendez-vous ici pour lire nos textos.

C’est d’ailleurs probablement ce que le gros mec qui me regarde avec lourdeur depuis un quart d’heure répondra à sa femme quand, en rentrant chez eux, elle lui demandera où il était passé…

« Ta secrétaire m’a dit que tu étais parti depuis une heure et demi

- J’étais dans les toilettes publiques, chérie. J’avais des sms à lire ! »

Le temps passe, j’ai froid et il est de plus en plus clair que l’inconnu à l’odeur enivrante ne viendra pas, alors je décide de rentrer chez moi. De toute façon mon cellulaire hors de prix ne capte pas le réseau dans ce bunker.

C’est dommage,

J’aurais voulu le sentir encore une fois et surtout je projetais de lui donner mon numéro de téléphone, qu’on puisse, si le cœur lui en dit, se retrouver hors de ce centre d’appel.

 

Bigitte Fontaine & Zebda, Le nougat

 


2 commentaires

  1. matbardigan dit :

    Ravi de ton retour… et puis j’ai lu toutl e reste parce que je ne suis qu’un méchant curieux. C’est bizarre, sur le web on rencontre en différé des gens qui se ressemblent. Bref… juste une trace.

  2. Lovedreamer dit :

    Merci de ta trace et de me lire.
    La curiosité est un plat qui se mange froid… euh ? non, mère de tous les vices … ? ^^
    Joyeux noël à toi !

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