Archive pour avril, 2008

Costume ch plan tel avec disciple hot and horny

 

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(version multilingue)

Lui, je l’ai rencontré il y a quelques jours, grâce ou a cause d’une annonce sur internet. Je manque parfois tellement d’originalité.

Il regarde le mauvais cliché que je lui ai envoyée, une main dans son pantalon.

- Tu as de l’expérience ? Au fait, on se tutoie, si ça ne t’embête pas.
- Oui..…nnon. Enfin, oui j’en ai pas mal. Je l’ai déjà fait pour un groupe y a quelques temps.
- Et tu es doué ?
- Oui, je pense. J’ai du savoir faire maintenant, je me débrouille bien.

Il garde les yeux fixés sur son écran, à parcourir ma petite personne et je me sens de plus en plus mal à l’aise.

- Joli trou, là !

Il sort la main de sa poche pour me montrer. Je suis au bord de l’implosion. Je serre les bras un peu plus contre moi pour qu’il ne voit pas à quel point mes aisselles transpirent. Je n’ai jamais vraiment su mentir pendant les entretiens et je ne vois pas comment justifier ce vide de deux ans dans mon curriculum. Avant ce rendez-vous précipité, j’ai cherché une réponse pendant des heures sans rien trouver qui puisse sembler crédible.

- J’ai du faire une longue pause pour travailler sur moi, me reconstruire. Maintenant je suis prêt à m’investir !

La vérité est encore la meilleure alternative. Je reste vague en développant mais, contre toute attente il me sourit et ça me déconcerte. Il est beau, dire le contraire serait mentir. Dans son costume gris impeccable, on lui donnerait le monde. Quand ses fossettes apparaissent, la pièce s’illumine. Même l’horloge sur le mur penche un peu trop vers lui comme si elle était sous le charme.

- Peux-tu m’en dire plus sur tes qualités professionnelles ?

Je m’en sors en lui servant le laïus qui m’accompagne toujours dans ce genre de rendez-vous, je fais quand même pour lui l’effort de le rendre convaincant. Ce n’est pas évident, il ne m’a pas encore très bien expliqué ce qu’il vend et j’avance à l’aveuglette. J’essaie de mettre en valeur des compétences qui semble répondre à son annonce, somme toute évasive : « Commercial cherche assistant(e) pour prise de rendez-vous téléphonique et petit secrétariat ». J’ai envie de lui dire que je fais très bien le café mais je reste sincère et ça semble lui plaire. Qu’il arrête de sourire ou je vais me mettre à trembler.

- Et tu parles anglais ?
- Yes, I try

Avec cet accent simili, je me sens devenir pétasse. Je reverrai les bases et je me perfectionnerais s’il le faut et puis, je vais regarder des vieux épisodes de Friends. Il me jauge encore puis avance ses lèvres fascinantes pour me dire sur le ton de la confidence qu’il a quelques personnes à rencontrer avant de se décider mais que j’ai l’air parfait pour ce poste et qu’en tout cas, il me rappellera. En entendant ces derniers mots, je me demande si c’est bien moi qui vois le mal partout ou s’il n’était pas vraiment un peu ambigu ? Je ne sais pas, sa voix est devenue chaude le temps d’un clic de l’horloge.

Quand il me raccompagne jusqu’à la porte, je peux enfin le voir de dos et j’ai le vertige devant le panorama.

- Merci de m’avoir reçu……
- Jérôme.

Jérôme sourit des dents en me donnant une poignée de main. Je baisse les yeux et jette un œil habile sur les quelques poils qui courent sous son poignet puis j’attends qu’il ait fermé la porte pour suffoquer.

Je suis très tendu, s’il me prend, ça va être dur. Je m’étais pourtant promis de ne plus jamais travailler dans le télémarketing à cause du stress mais je n’ai plus le choix. Mes allocations de chômeur arrivent à leur terme, le RMI ne me suffirait pas, j’ai besoin d’argent. Et puis, peut-être faudrait-il laisser tomber ces projets d’écriture, ou est-ce que ça me mènerait ? Un ami, avec qui j’ai été odieux, ça devient une tradition, m’avait dit « accepter la réalité c’est permettre à ses rêves de se réaliser » mais moi, mes rêves, des chimères de drogué trop tôt à la Bibliothèque rose.

J’ai vraiment envie de décrocher ce job, revoir sa bouche, je pourrais toujours continuer à me raconter à vous sur ce blog, c’est bien déjà. Ce sera plus simple que de courir après des maisons d’édition avec mon histoire, de chercher des piges de journaux ou des brochures à rédiger pour des offices de tourisme, tout ça par passion de l’écriture et volonté d’y consacrer une vie. L’écriture ? Il faut redescendre. Dans ce bureau carré, trente cinq heures, RTT, il fait chaud et ce n’est pas si mal payé.
Peut-être que c’était des conneries ces histoires de rêves auxquels on doit croire, qu’ils ne se réalisent que dans les contes de fée.

Et puis, entre vous et moi, la littérature m’en sera certainement reconnaissante.

Quoiqu’il en soit, même si j’étais très occupé avec Jérôme, je ne manquerai pas de vous tenir au courant sur cette page rutilante.
Comme vous avez pu le constater, nouveau nom pour une peau fraiche, les fulgurances solaires succèdent à la nuit. A l’époque ou Toxxic, nom ô combien ridicule, était devenu Pollution nocturne, j’avais écrit ici que ce changement patronymique avait encore moins d’intérêt que la métamorphose de Bio en Activia. Je doute que les trois personnes qui lisaient mes photos à cette époque soient dans le coin pour s’en rappeler, donc je le redis, mais là, c’est différent, c’est une révolution vitale…

Dehors j’aperçois le soleil mais il semble que d’années en années je sois toujours un peu amer au début du printemps, je vous laisse donc pour aujourd’hui, avec la nouvelle gagnante du titre Miss Morue d’Avril. C’est la deuxième fois consécutive qu’elle l’emporte, lucky girl. Rendez-vous dans un an pour démentir les légendes.

Say it after me :

Once again, Mariah (prononciate Meuhrillah) wants us to believe she’s always hot and horny. I can joke but I love that, love the mix and I may love that bitch, I’m a simple queen and it’s so gay

 

extrait de Mariah carey, Touch my body (Seamus Haji Mix)

 

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Deviens un peu Meuhrillah chez toi en utilisant Safari pour que cette page soit plus jolie

A moi

A moi mais qui suis-je ?

Suis-je le moi d’aujourd’hui, celui d’il y a vingt ans, le moi de demain ou l’instant qui écrit ? En suis-je un mélange ou ne suis-je rien de tout ça ?

Suis-je le mal-aimable que vous croisez dans une rue sombre un soir de déprime ? Ou celui qui vous sourit au fond d’un jardin en vous poursuivant de ses assiduités ? Suis-je le jeune homme timide et bredouillant qui vous rencontre pour la première fois dans un café ? Celui qui s’affirme quand il est apprivoisé ? Suis-je le garçon qui soulève des montagnes les jours lumineux ou la fille qui reste couchée les heures brisées ? Suis-je misogyne ?

Suis-je quand je suis nu ou suis-je quand je suis habillé ?

Suis-je le gai luron ou bien le déprimé ? Suis-je cette virgule, ou est-ce une erreur de frappe ?

Suis-je cet faute d’orthographe ?

Y avait-il une métaphore quelques lignes plus haut ou ai-je posé ces phrases au hasard ?

Quand je dis hasard, à quelle définition du terme est-ce que je fais référence ? Est-ce que j’admets que le hasard existe ou ai-je choisi de simplifier le lexique ?

Suis-je des mots sélectionnés pour vos yeux à trois heures trente neuf, la correction de quatre heures douze ou le nouvel assemblage de cinq heures moins le quart ? Suis-je ce que je dis ou ce que je tais ? Suis-je une pensée en mouvement ?

Suis-je celui qui écrit, celui qui se gratte les couilles ou celui qui n’est déjà plus là ?

A la croisée

 

Courir, monter, avancer, foncer dans les barrières pour les faire plier.

On doit pouvoir y arriver, il suffit de sentir, en soi, là, au fond, la force inépuisable.

Un jour, les coups n’ont plus d’importance, on sait qu’on restera debout.

On devient pour soi l’essentiel.

Soi, pour l’essentiel.

Tout pourrait disparaître :

les autres,

les villes,

la télé du salon,

mais pas nous…

Non, pas nous.

 

David Vendetta/O.T Quartet : Hold that sucker down

 

 

….Bienvenue à bord….

A la mort

 

Je suis en train de changer en profondeur, je ne fais qu’arrêter la course impatiente pour le constater, dire « tiens ce n’est déjà plus ça et bientôt ce sera ça ». Mais ce sera quoi ?

Qu’est-ce qu’il restera de ce que je croyais être quand les mues seront toutes sur la route, derrière moi ?

Peut-être un papillon.

Peut-être un roc.

Un étranger, qui sait, qui ne comprendra même plus ces heures interminables, ces sables qui n’avancent pas.

Et vous, reviendrez-vous quand le sang sera séché et les larmes dépassées ?

Quand je n’aurai plus l’impression d’être le maître du monde mais que j’en serai certain…

C’est beau, ces pollutions, ces offrandes à la nuit mais c’est un sacerdoce qui vous lacère le ventre, vous bouffe depuis les tripes.

C’est la mort, à la longue.

« Tomorrow we enter the town of my birth.
I want to be ready. » (Morrison)

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