Costume ch plan tel avec disciple hot and horny

 

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Lui, je l’ai rencontré il y a quelques jours, grâce ou a cause d’une annonce sur internet. Je manque parfois tellement d’originalité.

Il regarde le mauvais cliché que je lui ai envoyée, une main dans son pantalon.

- Tu as de l’expérience ? Au fait, on se tutoie, si ça ne t’embête pas.
- Oui..…nnon. Enfin, oui j’en ai pas mal. Je l’ai déjà fait pour un groupe y a quelques temps.
- Et tu es doué ?
- Oui, je pense. J’ai du savoir faire maintenant, je me débrouille bien.

Il garde les yeux fixés sur son écran, à parcourir ma petite personne et je me sens de plus en plus mal à l’aise.

- Joli trou, là !

Il sort la main de sa poche pour me montrer. Je suis au bord de l’implosion. Je serre les bras un peu plus contre moi pour qu’il ne voit pas à quel point mes aisselles transpirent. Je n’ai jamais vraiment su mentir pendant les entretiens et je ne vois pas comment justifier ce vide de deux ans dans mon curriculum. Avant ce rendez-vous précipité, j’ai cherché une réponse pendant des heures sans rien trouver qui puisse sembler crédible.

- J’ai du faire une longue pause pour travailler sur moi, me reconstruire. Maintenant je suis prêt à m’investir !

La vérité est encore la meilleure alternative. Je reste vague en développant mais, contre toute attente il me sourit et ça me déconcerte. Il est beau, dire le contraire serait mentir. Dans son costume gris impeccable, on lui donnerait le monde. Quand ses fossettes apparaissent, la pièce s’illumine. Même l’horloge sur le mur penche un peu trop vers lui comme si elle était sous le charme.

- Peux-tu m’en dire plus sur tes qualités professionnelles ?

Je m’en sors en lui servant le laïus qui m’accompagne toujours dans ce genre de rendez-vous, je fais quand même pour lui l’effort de le rendre convaincant. Ce n’est pas évident, il ne m’a pas encore très bien expliqué ce qu’il vend et j’avance à l’aveuglette. J’essaie de mettre en valeur des compétences qui semble répondre à son annonce, somme toute évasive : « Commercial cherche assistant(e) pour prise de rendez-vous téléphonique et petit secrétariat ». J’ai envie de lui dire que je fais très bien le café mais je reste sincère et ça semble lui plaire. Qu’il arrête de sourire ou je vais me mettre à trembler.

- Et tu parles anglais ?
- Yes, I try

Avec cet accent simili, je me sens devenir pétasse. Je reverrai les bases et je me perfectionnerais s’il le faut et puis, je vais regarder des vieux épisodes de Friends. Il me jauge encore puis avance ses lèvres fascinantes pour me dire sur le ton de la confidence qu’il a quelques personnes à rencontrer avant de se décider mais que j’ai l’air parfait pour ce poste et qu’en tout cas, il me rappellera. En entendant ces derniers mots, je me demande si c’est bien moi qui vois le mal partout ou s’il n’était pas vraiment un peu ambigu ? Je ne sais pas, sa voix est devenue chaude le temps d’un clic de l’horloge.

Quand il me raccompagne jusqu’à la porte, je peux enfin le voir de dos et j’ai le vertige devant le panorama.

- Merci de m’avoir reçu……
- Jérôme.

Jérôme sourit des dents en me donnant une poignée de main. Je baisse les yeux et jette un œil habile sur les quelques poils qui courent sous son poignet puis j’attends qu’il ait fermé la porte pour suffoquer.

Je suis très tendu, s’il me prend, ça va être dur. Je m’étais pourtant promis de ne plus jamais travailler dans le télémarketing à cause du stress mais je n’ai plus le choix. Mes allocations de chômeur arrivent à leur terme, le RMI ne me suffirait pas, j’ai besoin d’argent. Et puis, peut-être faudrait-il laisser tomber ces projets d’écriture, ou est-ce que ça me mènerait ? Un ami, avec qui j’ai été odieux, ça devient une tradition, m’avait dit « accepter la réalité c’est permettre à ses rêves de se réaliser » mais moi, mes rêves, des chimères de drogué trop tôt à la Bibliothèque rose.

J’ai vraiment envie de décrocher ce job, revoir sa bouche, je pourrais toujours continuer à me raconter à vous sur ce blog, c’est bien déjà. Ce sera plus simple que de courir après des maisons d’édition avec mon histoire, de chercher des piges de journaux ou des brochures à rédiger pour des offices de tourisme, tout ça par passion de l’écriture et volonté d’y consacrer une vie. L’écriture ? Il faut redescendre. Dans ce bureau carré, trente cinq heures, RTT, il fait chaud et ce n’est pas si mal payé.
Peut-être que c’était des conneries ces histoires de rêves auxquels on doit croire, qu’ils ne se réalisent que dans les contes de fée.

Et puis, entre vous et moi, la littérature m’en sera certainement reconnaissante.

Quoiqu’il en soit, même si j’étais très occupé avec Jérôme, je ne manquerai pas de vous tenir au courant sur cette page rutilante.
Comme vous avez pu le constater, nouveau nom pour une peau fraiche, les fulgurances solaires succèdent à la nuit. A l’époque ou Toxxic, nom ô combien ridicule, était devenu Pollution nocturne, j’avais écrit ici que ce changement patronymique avait encore moins d’intérêt que la métamorphose de Bio en Activia. Je doute que les trois personnes qui lisaient mes photos à cette époque soient dans le coin pour s’en rappeler, donc je le redis, mais là, c’est différent, c’est une révolution vitale…

Dehors j’aperçois le soleil mais il semble que d’années en années je sois toujours un peu amer au début du printemps, je vous laisse donc pour aujourd’hui, avec la nouvelle gagnante du titre Miss Morue d’Avril. C’est la deuxième fois consécutive qu’elle l’emporte, lucky girl. Rendez-vous dans un an pour démentir les légendes.

Say it after me :

Once again, Mariah (prononciate Meuhrillah) wants us to believe she’s always hot and horny. I can joke but I love that, love the mix and I may love that bitch, I’m a simple queen and it’s so gay

 

extrait de Mariah carey, Touch my body (Seamus Haji Mix)

 

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Deviens un peu Meuhrillah chez toi en utilisant Safari pour que cette page soit plus jolie

 


6 commentaires

  1. ZaZa dit :

    même désillusion que toi pour les mots..
    tu as raison de t’accrocher à la voie professionnelle, c’est sain, et ça fait bouger.. surtout si le patron est canon..

    zazement triste de perdre un de ses auteurs préférés dans la quête de l’écriture de soi..

    zazement bien amicale
    des bizes
    :)

  2. kitty78 dit :

    Quelle surprise ce changement!
    Pour le boulot bonne chance. Et je suis certaine que ça ne t’empêchera pas d’écrire. Moins, peut-être, mais tu continueras.
    Biz

  3. Lovedreamer dit :

    Zaza, pour les mots rien de définitif !
    Kitty, tu as surement raison au sujet du travail, j’espère que la surprise n’est pas trop mauvaise.
    Merci à vous deux !

  4. lunarpark dit :

    Un boulot alimentaire n’a jamais tué un rêve (cf moi)… On y croira toujours et il le faut.
    Joyeux (?) changement… Bon courage
    bises

  5. ouam-chotte dit :

    Renonce, ou ne renonce pas à tes rêves : mais fais-le en conscience.
    Bon, moi j’aurais plutôt tendance à penser comme lunarpark, sur ce coup-là. Si tu dois écrire, rien ne pourra l’empêcher. Rousseau explique qu’on est écrivain tout le temps, même lorsqu’on n’écrit rien (ou rien encore). Garde-le en tête, s’il te vient un doute et si le travail t’accapare un peu trop. Les artistes ne se nourrissent pas que de l’air du temps. Il te faut du courage, il en faut toujours. Et surtout, le truc à ne jamais perdre de vue : tu dois prendre soin de toi.

  6. Lovedreamer dit :

    Lunarpark, je pense que tu as raison, bien sur
    Ouam, je pense donc a fortiori que tu as raison toi aussi ;)
    Ce serait bien si on pouvait se nourrir de bouffées d’air ou si l’état de nature de Rousseau avait existé et était always available :)
    Merci à vous deux

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