Archive pour mai, 2008

Ma vraie vie sur MSN

 

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Il y a cinq minutes sur MSN, un garçon rencontré une fois lors d’un plan sexe m’interpelle.

 

« *** a dit :

salut

Joaquim a dit :

salut

*** a dit :

question conne: tu as pas de ptit rebeu dans ton entourage qui aime ce faire p*****… ( prend pas mal le mot rebeu moi je kiff grave)

Joaquim a dit :

non

*** a dit :

ah ben au moins c est rapide

Joaquim a dit :

je ne connais aucun rebeu, je suis né en creuse, elevé par des creusois, je ne parle pas arabe, je ne suis pas musulman…

Joaquim a dit :

je pourrais connaitre des rebeus comme toi tu en connais …

*** a dit :

et oh … c etait pas mechant…. tu l as mal pris j ai l impression

*** a dit :

excuses moi

Joaquim a dit :

ce n’est pas grave

Joaquim a dit :

bonne journée, bye »

 

Je ne sais pas pourquoi je l’ai mal pris. Je l’ai vécu comme une agression. Je ne lui demandais rien, je sortais de ma douche et il arrive avec ses gros sabots pour me rappeler qui je suis pour lui. Pour eux.

 

 

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http://www.dailymotion.com/video/x5duc3

 

 

Qu’on soit jeune ou pas, une très jolie chanson de Damien Saez, libéré de
Barclay/universal et signé sur un label indépendant. 
Le morceau est téléchargeable gratuitement et légalement ici.

 

 

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 Extrait de Dutty boys, La riposte Hiptonik





 

A force d’écouter FG, je me suis laissé prendre par ce morceau. 
Peut-être intéressé, « tendance »,  mais fichtrement efficace.

 

 





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Ce n'est pas forcément très heureux d'accoler ces deux morceaux "contradictoires".
M'en fous. Royal.
Mort aux cases ! 

 

Des relents du futur

 

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Un oracle du cybermonde, février 2008 : « on me dit de vous dire qu’il arrive bien souvent que les blessures ou les problèmes qu’on a subi nous rendent aigris envers notre prochain, il faut remédier à cela tout en restant sur vos gardes… »

 

 

Chinma est mort d’une overdose d’amertume dans les draps rêches d’une clinique inhospitalière de la ville caveau le 22 juin 2029 à 20h34. Je n’ai pas pu assister à La cérémonie, j’avais un debriefing capital avec mon équipe au complet mais j’ai envoyé un énorme bouquet de fleurs colorées au prix exorbitant. Il est probablement passé inaperçu, Chinma n’avait plus d’ami depuis la fin du siècle dernier et le crématorium a du resté désert mais j’avais envie d’adresser un clin d’œil complice au rhume des foins chronique de ce vieux bougre. S’il nous regarde de là haut, il saura apprécier le geste à sa juste valeur, lui qui passait son temps à me rappeler qu’il n’avait jamais été question d’amitié entre nous. Nous étions de vagues connaissances qui se rencontrent dans le seul but de se vider la glotte ensemble. Je pense pourtant à lui presque tous les jours en priant le Ciel de ne jamais finir comme ça, dans cette aigreur ulcérante. C’est peut-être même cette pensée qui m’a sauvé hier.

Je venais de passer deux heures assis sur le bord de mon lit, à contempler dans mes mains une corde achetée en solde la semaine dernière chez Castoramix, au cas où. Je me suis mis à imaginer Chinma sur son lit d’hôpital et paradoxalement ça m’a donné de la force. J’ai éteint le vieux Noir désir qui tournait en boucle et j’ai quitté ces murs blancs, bien décidé à me changer les idées.

J’ai passé la soirée dans une solitude à couper au couteau à parcourir ce jardin dont je connais désormais chaque recoin. Le temps me rend si téméraire que j’y ai poursuivi un jeune bucheron pendant presque une heure entière. Malheureusement il m’a préféré une jeunesse de trente ans, pourtant bien plus laide que moi. L’avantage de l’âge … En rentrant, bredouille, ma tristesse est redevenue désespoir devant la perspective d’une nouvelle fin de soirée sur mygaypornotube.com, seul au milieu de la ville cendres.

Quand j’avais emménagé là, j’avais cru que j’en partirais rapidement, que ce n’était qu’une affaire de semaines et ça fait plus d’un quart de siècle que j’en suis prisonnier. J’ai chassé tous mes amis, ma famille ne veut plus entendre parler de moi, les seuls coups de téléphone que je reçois sont des appels commerciaux de collègues télévendeurs. Chaque matin je m’invente une nouvelle raison pathétique de respirer encore : un concours de poésie, une grille de Loto, un tirage de tarots prometteur, un dialogue chaleureux sur pédéland.net, l’espoir se contente de peu, il attrape tout ce qui passe à portée de rêve.

Un jour vous ne viendrez plus sur cette page car vous serez lassés d’attendre un nouveau billet. Six mois sans nouvelles, votre patience a des limites. Vous ne saurez jamais que l’odeur de putréfaction qu’exhalait mon appartement a fini par déranger les voisins et que des pompiers m’ont retrouvé lévitant au dessus du sol couvert d’excréments secs. Ou alors … en passant la porte vous trouverez sur une page blanche, une formule laconique qui vous apprendra que cette adresse n’a jamais existé. Vous vous demanderez un instant si tout ça n’était qu’un mauvais rêve, vous secouerez la tête et vous continuerez votre chemin parmi la blogosphère en m’espérant heureux quelque part. J’aurai rejoint Chinma au milieu des nuages où il m’attendait armé de nouvelles formules assassines :

- Tiens, te vlà vieux phacochère ! Prépare-toi à en chier. C’est d’un ennui mortel ici et le pire de tout c’est que c’est sans espoir d’ailleurs plus accueillant…

 

Noir désir, les écorchés

 

 

Midinette qui roule …

 

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C’est la nuit, dehors il fait froid, il tombe du ciel des crachats blanchâtres et entre deux quintes, je rumine mon absence de talent.

Ce qu’on aime c’est mon âme, on pourrait dire que c’est déjà beaucoup. On peut peut-être même le penser un jour de soleil. (« Fais un effort Joaquim, je te sens sur la mauvaise pente ce soir – Mais ta gueuuuuule !!! »). Seulement, être moi ne nécessite rien, je suis moi comme je respire…

Mon physique aussi plait parfois, un rien animal, ma petite gueule de méandres tortueux, quelque chose de diabolique dans le regard 37 b.

Il y a ce garçon-moi d’il y a deux ans, un fantôme sous psychotropes qui passe l’après midi à me dire dans une haleine d’alcool, lancinant :

- Tu es beau. Tu es si beau. Comment fais tu pour être aussi beau ? Tu es beau c’est incroyable. Ce que tu peux être beau …

Je suis mal à l’aise, je lui dis d’arrêter, vraiment ça me met mal à l’aise. Mais qu’est ce que je vais devenir quand il ne sera plus là pour le dire ? Qui me fera entendre encore de telles choses, incapable que je suis de les imprimer dans ma cervelle retorse ?

Je suis dans un lit, est-ce le mien ? Je suis sous un saule pleureur. Je suis dans un lit, est-ce ma couette qui sent cet adoucissant ? Je suis une midinette qui s’oublie dans des toilettes toujours aussi dégueulasses. Je suis dans un lit qui sent le MinidouTM à la pèche.

Qu’est ce qu’il veut, lui ? Il sourit trop pour être honnête. Chinma dirait qu’il va nous la faire à l’envers.

- Entre nous, c’est l’osmose, tu ne trouves pas ?

Quelqu’un a déjà dit ça, il n’y a pas longtemps … Hier ? Non … peut-être la semaine dernière. Si, si ce garçon, …, Gérald ? Non… Geronimo ! Enfin bref, lui aussi se sentait en osmose avec ma personne. Serait-ce assez à propos de le mentionner ?

- Tu aimes ce que je te fais ?

Lui c’est un angoissé, il a beau faire tout ce qu’il peut pour le cacher, ça finit par le dépasser.

Ca m’énerve de lui demander de fumer sa cigarette à la fenêtre… Je me fais l’effet d’être devenu un gros con en quatre semaines sans patch mais qu’est-ce que je peux faire ? Si je sens encore l’odeur de sa fumée, je vais finir par lui en demander une.

Je marche dans la rue, j’ai passé la journée dehors, je file, je dois arrêter de me faire des idées, je ne dois plus penser, le ciel me crache dessus, la solitude se jette sur moi sans prévenir, mon regard meurt, le soleil disparait, je rentre chez moi, j’essaie de sourire au gardien, je passe la porte et mes yeux gouttent le temps d’une chanson.

Etre moi, je voudrais vous y voir.

 

Philip Glass, Truman sleeps (Truman show OST)

 

Georges Michael, Killer/Papa was a rolling stone

 

L’errance initiatique d’une potiche wannabe (part II, last ?)

 

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J’ai pu conserver mon appartement du centre de la ville des lumières et des projecteurs et je suis en train de me faire un petit nom dans le milieu de l’érotisme pour garçons sensibles. Pas plus tard qu’hier, un des maîtres du genre m’a appelé, moi, pour me proposer de reprendre le rôle de Matt Damon dans sa vision personnelle du Soldat Ryan. Au téléphone, il avait l’air charmant, j’ai accepté, ça me changera de l’autre abruti qui dirige mes opérations actuelles, celui qui me parle comme s’il projetait de m’assassiner dans un film d’un genre moins démocratique, diffusé sous un manteau virtuel. Quand je reviens du taudis qu’on qualifie de loge, une pièce encombrée de vêtements bizarres et d’ustensiles inquiétants, il m’aboie de m’étendre sur le lit et de passer à l’acte. Je m’exécute, j’enlève mon peignoir blanc en lui envoyant tout ce que je peux de mépris dans un sourire décérébré de ma meilleure composition. Il répond en enfourchant sa caméra et Julio, le nouvel étalon de la boîte de Jean Michel, commence à explorer mon anatomie. C’est un beau brun gentil, on sent qu’il n’ira pas très loin, il a les yeux qui pétillent quand il me parle entre les prises de sa nouvelle petite amie fraîchement débarquée du sud de la France. Il me dit qu’elle ne sait pas ce qu’il fait pour gagner sa croute et qu’il tourne tellement ces derniers jours qu’il préfère rester seul chez lui quand il a fini le boulot.

- Tu comprends, moi, les heures supplémentaires, je laisse ça à d’autres

Je souris et j’acquiesce.

Alors que je sors de l’immeuble où nous tournons, éreinté par une journée à vous mettre sur les rotules sans contrat, le jeune premier me rattrape et me prend le bras.

- Tu sais que ton visage a l’air plus animé quand tu n’es pas filmé

- C’est un peu mon fond de commerce de sembler docile et serviable, je ne suis pas comme ça dans la réalité

- Tu ne parles pas beaucoup de toi, tu as une copine ?

- Non

- Un copain peut-être ?

- Non

- Ah… c’est plus simple

- J’imagine

Je n’avais jamais envisagé les choses de la sorte, je mène ma petite barque, mon propre combat et ce que je fais pour gagner pitance est tout aussi respectable qu’un travail de livreur de journaux.

Je hèle un taxi qui passe dans la petite rue désertée par les passants, par chance un deuxième finit par s’arrêter. Je suis fatigué et je n’ai pas envie d’écouter les considérations sur le Monde d’un naïf en quête de vérité. Il essaie de glisser à mes côtés sur la banquette arrière, je le repousse d’une main assurée et du ton le plus innocent qui soit, je lance :

- Je t’aurais bien déposé quelque part mais je dois aller chercher un ami à l’aéroport et je suis déjà en retard. Je suis désolé… A Lundi !

Je referme la portière. Il est plus de sept heures du soir et je n’ai qu’une obsession, m’étendre sur le canapé de mon salon trendy, dans la pénombre et laisser un peu de musique douce envahir l’atmosphère. Peut-être quelques bougies…et un bain…

Le chauffeur du taxi, un roumain communiste à l’accent prononcé, me dit d’une voix forte qu’il n’est pas sur d’avoir compris à quel aéroport je faisais référence.

- D’une manière ou d’une autre, ce soir avec les bouchons, il va falloir du temps pour aller là bas

- Vous avez raison, c’est le week-end, j’irai une autre fois

Je lui donne mon adresse, j’essaie d’être péremptoire puis je m’enfonce dans la banquette et je ferme les yeux quelques instants. Le gros roumain commence à commenter les actualités déversées par sa radio mais je ne réagis pas, j’ai fini pour aujourd’hui d’être l’esclave des désirs d’autrui. Je fixe du regard un point dans la vitre de ma portière. Je ne vois plus Paris qui s’allonge pour les quinze euros d’une course en voiture.

J’essaie de faire le point sur ma journée, sur ma semaine puis finalement sur ma vie. Ce n’est pas si mal, j’ai survécu à une journée harassante sous la direction d’un nazi, à un gang bang effréné et ce soir je commande une pizza. Après avoir commenté la météo puis les sports le taxi me dépose devant la porte de mon immeuble gris. Dans le petit couloir sombre qui mène à l’ascenseur, je croise une femme bourgeoise qui marche d’une allure empressée. Elle ne me jette pas un regard, je comprends que c’est une des clientes du psy du deuxième étage, j’en croise régulièrement depuis que j’ai emménagé ici il y a quelques années. Je passe devant ma boîte à lettres sans l’ouvrir, ce ne serait certainement que pour y trouver quelques factures. Je m’engouffre dans l’ascenseur. La femme fatale y a laissé une odeur capiteuse de parfum sophistiqué.

Après avoir actionné le bouton argenté qui mène à mon étage, je jette un œil à mon reflet dans le miroir latéral du petit compartiment. Je peux encore perdre quelques kilos en y mettant du mien. Je ne souris pas, je revendique le droit de faire la gueule au moins jusqu’à demain .

Quand j’enfonce la clef dans la serrure de la porte, je ne trouve pas de mots qu’un admirateur inconnu serait venu griffonner à mon attention, j’entends seulement l’horrible chat qui détale dans mon vestibule. J’aime les animaux depuis que je suis enfant, petit je suis même allé jusqu’à collectionner les limaces au grand dam de mes parents consternés. Ils ne voulaient pas m’offrir un chat, je me vengeais comme je pouvais en ramassant ces bestioles dehors les jours de pluie et je les entassais dans un carton gluant. Je leur présentais alors la boîte, fier de moi, avec le premier sourire de représentation que mon jeune esprit avait pu concevoir. J’étais déjà doué pour le jeu. J’ai acheté cet animal, ce pur gouttière à poil roux, quelques semaines plus tôt, pour connaître une revanche définitive sur la vie. Comme j’avais peur de ne pas être un maître digne, j’avais déniché un livre dans une librairie douteuse des abords de mon quartier, une sorte de manuel d’éducation du chat sobrement sous titré : « Pour que la relation que vous entretenez avec votre meilleur ami félin devienne unique ». On peut penser qu’elle l’est devenue, malheureusement le félin me déteste. Le lendemain de ma visite dans le refuge où je l’ai trouvé, ma maladresse chronique a fait tomber de la table du salon le manuel complet sur sa tête écarquillée. Depuis il fuit en crachotant quand j’entre dans une pièce où il ronronnait quelques secondes auparavant.

Le ménage n’est pas fait, les volets sont restés clos, ce matin j’étais en retard. Je laisse glisser ma veste jusqu’au sol et j’envoie valser mes chaussures. Je débranche le téléphone sans écouter le répondeur qui clignote puis j’appuie sur le bouton qui dirige le son de la chaine hifi du salon avant de me coucher sur le canapé comme si le décor tanguait autour de moi. Je suis fourbu. Je trouve un paquet de cigarettes sur la petite table, je m’évade au milieu des volutes pour la première fois depuis ce réveil brumeux où la perspective de revoir la Gestapo m’avait rendue fébrile. Je ferme les yeux mais je ne trouve pas le sommeil. Je vais me préparer une infusion, je reviens avec un plat cuisiné fraîchement décongelé.

Je change la station de radio et je feuillette un magazine, j’ai l’impression d’être chez moi dans une salle d’attente, un couloir vers quelque chose qui n’est pas encore arrivée. Pendant que mon meilleur ami félin ose traverser le salon pour aller jusqu’à son écuelle afin de boire bruyamment un peu d’eau plus très fraiche, je réalise que je m’ennuie ferme. Je m’approche de la petite fenêtre, il est tard dans la nuit et il n’y a plus personne sous les lampadaires, cinq étages plus bas. Les gens sont ailleurs et le chat a fini de boire, il reste à bonne distance près de l’entrée principale en me jetant de temps en temps des regards apeurés. Je me lève et j’essaie de l’attraper mais il refuse de me laisser tuer l’ennui sous les caresses, le rôle que je lui avais assigné. Il va se réfugier sous une commode et n’en sortira plus que sa petite patte hystérique pour tenter de me griffer quand je retourne brancher le téléphone. J’enclenche mon répondeur, la voix métallique m’annonce un message. J’écoute ma mère me parler de la santé de mon père et de ses voisins.

- Tu es sure que tout va bien. Tu ne m’appelles plus beaucoup… Tu as peut-être trouvé un travail.. ?

Depuis que ma nouvelle carrière prend son envol je n’ai pas trouvé le temps de lui téléphoner et surtout, je n’ai pas réfléchi à ma stratégie de communication. Est-ce que j’ai trouvé un travail ? Est-ce que je peux avertir mes proches que je m’éclate désormais sous les projecteurs dans toutes les positions du Kâma-Sûtra ?

Ce n’est pas si évident d’assumer mon rôle d’objet de plaisirs homosexuels, ni face au regard des autres, ni face à ma propre critique exigeante. Parfois je me demande comment j’en suis arrivé là, à rendre les choses si compliquées et des explications, toujours nécessaires. Rien ne vous prédispose jamais à devenir un roi des sodomies chorégraphiées, on ne se réveille pas avec la vocation d’être un jour vide couilles sur grand écran. J’étais même plutôt un garçon naïf…

 

 


J’ai commis ceci il y a quelques mois, pour m’amuser. Le texte, insatisfaisant, n’est pas assez travaillé et pour l’instant, il n’y a pas de suite. Je ne sais pas si j’en écrirais une un jour…

 

 

 

L’errance initiatique d’une potiche wannabe (projet, part I)

 

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3 heures sur ce lit immaculé dans tous les ajustements qu’on peut concevoir. Sur le flanc, sur le dos, à la verticale, bancal puis à l’horizontale. Je demande une pause, je souris au réalisateur, ce gros con, en me dirigeant vers ce qu’il faut appeler une loge, avec l’air à la fois stupide et narquois que j’offre au monde sur écrans interposés. Je suis Donatello, je suis sur que vous ne vous rappelez pas de moi, j’étais l’assistant d’un animateur télé vedette, un de ceux aux dents si blanches qu’on peut aisément les confondre avec l’émail des toilettes. C’était à la fin des glorieuses années quatre vingt dix. Le premier jour de tournage, pendant que je souriais stupidement à la France pour la première fois, j’en étais sur, j’y étais, c’étaient les débuts inattendus d’un garçon inoubliable. Malheureusement le jeu confié à la présentation de la star était trop subversif pour ce petit pays reculé. En effet, cette adaptation d’un concept qui avait bouleversé l’Amérique avait décidé d’innover en remplaçant l’éternelle blonde qui rend les émissions présentables par un garçon avenant, plus proche de la « population visée par les annonceurs ». L’animateur à la dentition éblouissante hurlait des questions de culture générale à des candidats hystériques au bord de l’apoplexie. Quant à moi on m’avait donné pour mission de ne jamais me départir d’un sourire irréprochable pendant que j’actionnerai une roue lumineuse indiquant la somme d’argent à laquelle le gagnant pouvait prétendre. J’étais la première potiche au masculin de l’histoire de la télévision hertzienne française. Un magazine gay, toujours avant-gardiste avait crié à la révolution mais le public n’était pas préparé. Il n’avait pas suivi, pas une seule fois. Seul le pilote de l’émission avait été diffusé alors que c’est dans le troisième volet que je prenais mes marques. Quelques semaines plus tard, le présentateur vedette était retombé sur ses pieds grâce à une paire de nouvelles lunettes rectangulaires. Il présente désormais des livres dans une émission culturelle de fin de soirée. Les analphabètes du pays y verront certainement un formidable espoir mais pour moi, les choses ont été un peu plus compliquées.

J’ai essayé de m’en sortir avec le téléachat sur une chaîne câblée mais ce n’est pas évident de rendre intéressant un ramasse miette, aussi révolutionnaire soit-il. Les producteurs m’ont, parait-il, jugé décevant. Aujourd’hui, après une longue traversée du désert, me revoilà enfin dans la lumière. Alors que je pensais avoir dit adieu aux caméras, elles sont enfin sur moi. Je me projette dans la pornographie. Je vois vos mines circonspectes, il faut bien vivre et manger. Ca a commencé d’une manière bizarre quand Jean Michel, un ancien amant producteur de porno gay m’a demandé d’être la doublure anale d’une vedette sur le déclin. On ne verra pas ta tête, m’a-t-il répété. J’avais besoin d’argent, depuis que je ne ramassais plus les croutes de pain sur une table au désordre artistique, les loyers impayés de mon appartement s’entassaient dans un tiroir scellé par mon angoisse de finir à la rue. Il me proposait une somme qui me permettrait de rebondir et puis j’avais driblé. On ne voyait pas ma tête et j’avais envie qu’on la voit, c’était peut-être ma dernière chance de fixer l’objectif. J’ai passé quelques auditions et j’ai su convaincre.

Le producteur véreux qui aime à dire à présent qu’il m’a « repéré » avant de partir immanquablement dans un rire gras m’a aussi aidé à trouver un nom de scène. Je voulais un pseudo qui fasse classe, qui me distingue des autres prétendants à la célébrité. Quelque chose de chic et américain, qui réveille les troupes des qu’on le prononce. Je suis devenue Donatello Trixx Starr. Le découvreur de talents m’a aidé à débuter, je dois lui reconnaître ça. J’ai fait mes premiers pas au cinéma, à visage découvert, dans « Fuck or die », un remake à gros budget. Au début c’était surprenant et assez déconcertant d’être l’objet de tant de désirs masculins pluriels devant une caméra. Il me fallait apparaître excitant, si possible aguicheur. J’avais la parade idéale, ce sourire vide que j’avais endossé lors du troisième volet de mon travail de tourneur de roue, celui là même qui m’avait valu ensuite le rôle de porte aspirateur télégénique. J’ai du oublier mes pudeurs pour devenir un objet d’expérimentations corporelles, ça n’a pas été évident mais quand malgré moi, j’ai été secoué de plaisir au milieu d’un tournage à la file indienne, je me suis fait cette réflexion :

Il n’y a pas beaucoup d’emplois rémunérés qui peuvent offrir ça. Je ne tourne peut-être pas avec les plus grands mais avec les plus grosses, indiscutablement.

(…)

Des coups du sort

 

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A ne plus s’exposer qu’à des lumières indigentes, le coeur étouffe d’amertume.

Les souillures jamais ne capitulent, les yeux débordent et les corbeaux chantent.

J’ondule dans l’ombre devant des silhouettes déformées par les coups, qui supplient du regard qu’on les piétine encore.

Dieu vit sur les collines d’Hollywood dans un manoir anglais. Tous les jours, même le dimanche, il chie des programmes en haute définition pour les cochons fébriles.

O soleil écoute moi, je te promets la lune. Je sais fusiller l’ennui, je parle comme je marche, je désarme les silences.

Baise-moi, remplis-moi d’autre chose. Fais disparaitre le gouffre d’un coup de baguette agile.

Un taliban chez les Cataractes


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- Quand je marche vite, je me sens vivant

- …Tu as changé Joaquim …

Chinma prend une mine de dégout pour lancer cette sentence. Je lui rétorque que je n’avais signé aucun contrat d’exclusivité avec la désespérance… Il m’emmerde. Je me sens vivant quand je marche vite, j’ai quand même le droit de le dire ! Par exemple, juste avant de prendre cette photo, je marche dans la rue, très vite, et je suis beau, j’en suis sur. Je me sens incroyablement vivant. Je n’ai pas 32 ans. J’y réfléchis, je pense à ma manière d’être, à celle des hommes de cet âge et ce n’est pas possible. Je n’ai pas 30 ans, ni 25, ni même 20. J’en ai 10 et c’est tout. Je n’ai rien construit, c’est vrai et ça m’aide à me sentir vierge.

Hier, j’étais encore chez Elle et j’ai regardé la photo d’un de mes cousins, de deux ans mon cadet. Il avait l’air d’avoir quinze ans de plus que moi, j’ai été horrifié et j’ai couru chercher mes rides dans le miroir le plus proche. Vous comprenez, je n’ai rien contre les quadras, les quinquas, les sexas, etcetera, au contraire ! C’est juste que ce type a 2 ans de moins que moi et que j’aimerais comprendre comment il en est arrivé là, pourquoi cette inégalité et aussi parce que j’ai très peur que mon image décline. Peut-être avait-il l’air si décati parce qu’il avait son fils dans les bras, que le contraste le vieillissait ? Peut-être qu’une vie dissolue maintient jeune ?

Qu’importe, au final, moi je suis un enfant et quand un rat volant se pose sur le trottoir, je bondis à pied joint pour le surprendre. Il n’est pas très joueur, il fuit alors que j’aurais aimé qu’il me vole dans les plumes, qu’on s’amuse un peu au milieu de la rue, parmi les mines cataractes*. Je suis si seul. Je continue ma route et j’avance de plus en plus vite, j’ai envie de sautiller, la vitesse me grise, je redeviens un oiseau. Quand je marche solitaire, je ne supporte pas de flâner, ça m’angoisse, je vais mourir si je ralentis. Et puis, je lève les yeux pour regarder l’horloge de la gare et je vois cette image…

J’ai peur de ne pas très bien savoir vous expliquer pourquoi dans cet aujourd’hui, il y a eu un avant et un après cette photo. Le temps, le temps dans tous les sens du terme. J’ai pris cette photo (dans la gueule) et comme je reprenais la route, j’y ai jeté un œil. Elle n’était pas cadrée comme je voulais, j’ai donc fait demi-tour pour la corriger. Mais …. Ce n’était pas possible. Non seulement je ne retrouvais pas l’endroit et la position exacte où j’avais rencontré l’image qui me plaisait – j’avais beau bougé mon portable, rien n’y faisait- mais surtout l’heure n’était déjà plus la même. Il me semblait qu’il y avait de plus en plus de nuages autour de cette horloge, qu’elle devenait menaçante et me pointait de l’aiguille en hurlant :

- Hérésie, hérésie !!!

J’ai rangé l’appareil et j’ai fui. Pendant cinq bonnes minutes, je me suis senti angoissé, comme si ma tête était restée dans ces nuages. Et là, c’est à croire qu’il est finalement vrai que quand vous pensez négatif, il vous arrive du négatif car pendant ces quelques minutes, le monde est devenu hostile. Ce n’était pas grand-chose mais il y a d’abord eu ce garçon odieux que j’espérais ne jamais revoir et dont une œillade insistante sur le trottoir d’en face a suffit à me rendre mal à l’aise. Ensuite, j’ai croisé un type à la peau encore plus basanée que la mienne qui m’a regardé en lançant :

- Attention, attention, Ben Laden !

Ca m’a déstabilisé, d’autant plus que la dernière pique que quelqu’un que j’ai connu avait dégoté pour me faire mal était de me dire que j’avais l’air d’un taliban. Je me suis interrogé, est-ce que les gens manquent tant d’originalité que tous ont les mêmes références ? Est-ce qu’on n’a plus le droit d’être bronzé et barbu à la fois? Est-ce que la fashion est la seule chose à retenir de ce mouvement ? Enfin est-ce que beaucoup de gens me prennent pour un terroriste dans les rayons de Géant Casino ?

Alors, toujours charitable, j’ai finalement décidé de mettre ma bobine à l’affiche sur cette page pour que vous puissiez reluire dans vos diners en disant à vos amis, émerveillés par tant d’exotisme, que vous, vous lisez le blog d’un terroriste islamiste ! Tel Saint Christophe, vous l’aurez vu de vos propres yeux.

 

* je me rends compte qu’on pourrait penser qu’avec cette expression je fais allusion à une couleur de peau alors que je m’attarde (encore une fois) sur l’état d’esprit des habitants de la ville cendres.

The Cure, Kyoto song

 

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 » If only I was sure

That my head on the door

is a dream « 

Les incertitudes du temps

 

Les incertitudes du temps dans Je est Amour glacon

  

- Je me demande si bientôt, je verrai enfin l’été
- Printemps, été, bonheur… appelle ça comme tu veux. C’est peut-être seulement une légende dont tout le monde parle mais que personne ne vit jamais…
  

Décembre 2007
  

Dimanche dernier, j’ai rencontré un garçon avec qui j’ai passé l’après-midi et une bonne partie de la soirée. Il était charmant, très gentil et pour la première fois depuis des lustres, quelqu’un semblait chercher la même chose que moi : un autre avec qui construire une relation durable.

Je lui plaisais, il avait envie qu’on se revoit. Moi j’étais assez d’accord mais je l’ai prévenu que j’allais faire un long séjour dans la maison familiale, que je pensais partir le mardi suivant et être absent jusqu’à la fin du mois. Il a acquiescé et nous avons recommencé à nous caresser.

Cependant, à minuit, alors qu’il venait de me quitter, j’ai ressenti du plaisir à me retrouver seul avec mes habitudes de célibataire et je me suis rendu compte que j’avais envie qu’il parte depuis un moment déjà. En cherchant la télécommande de mon téléviseur, satisfait à l’idée de me vautrer dans la bêtise bleutée, j’ai découvert qu’il avait laissé une chaine en or sur ma table de nuit. J’ai pris ça pour un acte manqué qui confirmait son désir affiché de me revoir.
Je lui ai envoyé un message pour le prévenir de son oubli et je me suis oublié moi-même devant un télé-achat américain fascinant.

Le lendemain je me suis éveillé avec l’envie irrépressible de prendre le train sans plus attendre, de fuir la ville cendres, d’être chez ma grand-mère. Ca me dépassait, ça parasitait ma raison jusqu’à virer à l’obsession. J’ai essayé de me contenir en me rappelant que j’avais des affaires à régler et qu’il serait plus sage de ne partir que le lendemain comme je l’avais initialement prévu. Je me suis attelé à mes occupations avec conviction mais l’obsession grandissait et plus les minutes passaient plus je ressentais le besoin impérieux de m’en aller. J’avais l’impression d’étouffer.

A la mi journée, le garçon m’a téléphoné et m’a proposé de me rejoindre chez moi le soir venu. J’ai accepté avant de raccrocher le combiné et de me jeter sur mon ordinateur pour chercher un train qui me permettrait de disparaître dans l’après midi.
Dès que je l’ai trouvé, j’ai prévenu le garçon par un texto et j’ai fait mes bagages.

Le train avait du retard et la nuit était déjà tombée quand je suis arrivé dans la campagne. J’ai diné avec ma grand-mère puis elle est partie se coucher, j’ai branché mon ordinateur portable et j’ai atterri sur MSN où m’attendait Roméo.

Par quelques questions destabilisantes (« tu as ressenti quoi hier ? tu étais bien dans mes bras ? ») et des sentences qui me semblaient un peu prématurées (« tu me manques »), il m’a rapidement fait comprendre que je l’intéressais chaudement. Moi, je n’avais rien ressenti pour lui mais le fait est que j’avais désespérément envie de quitter ma solitude. Alors, tout en restant prudent, je me suis convaincu moi-même que je devais donner une chance à ce début de relation hypothétique, que ce garçon était peut-être celui que j’attendais, qu’il suffisait d’un peu de patience pour que la flamme s’allume.

Le lendemain, nous avons passé une nouvelle soirée à tenter de discuter mais il était de plus en plus évident que nous ne correspondions ni sur le plan intellectuel ni sur le plan émotionnel. Loin d’être bête, il était même assez intéressant mais il me laissait froid.
Dans la nuit, alors que je racontais cette histoire à Louis, les choses me sont apparues avec plus de clarté : c’était n’importe quoi et je me devais d’être honnête avec ce garçon comme avec moi-même.

J’ai donc décidé de lui écrire un courrier électronique pour lui expliquer que je n’avais pas très envie de le revoir et que je lui enverrai sa chaine par la poste.
J’étais triste de le rendre triste et il me semblait que le destin était cruellement ironique : j’étais perturbé par des garçons chez qui je ne provoquais rien et de mon côté, j’éveillais ceux qui ne m’intéressaient pas.

Blanche neige pouvait se rendormir, l’hiver continuait à s’étirer dans des langueurs insolentes. 

L’Amour

 

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- Quand j’aurai trouvé l’Amour, je …
- L’Amour, tu n’as que ça à la bouche ! Tu peux aussi ne jamais le rencontrer, ça t’arrive d’y penser ?

Chinma s’en veut tellement de ne pas avoir eu l’audace de diriger sa vie qu’il aimerait que le monde entier souffre avec lui mais il peut m’espérer longtemps… Et puis, non ça ne m’arrive sincèrement jamais d’y penser…

Malgré mes grands airs et mes ambitions, je suis un garçon monstrueusement simple dans ses envies. Ce que j’attends de l’existence, vous pouvez le trouver dans tous les films ou dans tous les bouquins qui meurent sur les étagères de votre bibliothèque, même votre boucher en parle quand il est ivre.

Je veux un copain, une maison, et un peu d’argent pour cajoler le tout. Je veux … l’Amour.

Maintenant que le tabac est lui aussi en passe de devenir un souvenir, l’Amour est la seule drogue à laquelle je m’adonnerai jusqu’au dernier tremblement.
C’est une dépendance si universelle…

Il y a bien ceux qui vous répètent qu’ils ne mangent pas de ce pain là et vous assènent aigrement que « l’Amour, c’est le calice des gens trop simples pour avoir des passions plus nobles » ou n’importe quoi pour cacher leur extraordinaire misère affective. Ils mentent. Ce sont ceux là mêmes qui feront mine de ne pas vous connaitre quand vous les retrouverez un an plus tard, derrière une église, en train d’essayer de se faire une place à côté de leur impressionnante belle mère sur les photos nuptiales.

L’amour ? De Platon à Platini, de Sartres à Sarkozy en passant par Bacon ou Francis Bouygues, tous succombent un jour à ses sirènes. Quant à vous, si vous ne l’avez pas encore trouvé, vous l’espérez, vous faites bruler le soir des chandelles roses parfumées au patchouli en lançant à la lune des suppliques incandescentes. Ce n’est pas la peine de nier, j’ai vu vos yeux briller. Quant aux requêtes Google ou Yahoo qui vous ont conduit jusqu’ici, elles sont sans appel : « Kevin mon prince charman », « je l’aime à mourir », « mon cœur et en miete », « je ch sortilège amoureux gratuit», etc …

Mes dons médiumniques ont des limites, je ne sais donc pas ce qu’il en est pour vous mais de mon côté je n’ai pourtant aucune raison objective de vouer un culte à l’Amour. C’est même la chose la plus triste qui me soit jamais arrivée.

Des trahisons, des abus de confiance, des passions sans partage, un bout de vie commune avec une crotte, des souffrances aigues ou latentes et quelques drames…

Malgré tout je n’ai jamais cessé d’y croire et parfois ça me surprend moi-même.

Pas plus tard qu’hier, je cherchais de la documentation sur la passion amoureuse et je suis tombé sur des textes qui voulaient expliquer l’Amour par la psychologie : vous aimez cette personne à cause de telle ou telle autre superposition de névroses. Je ne veux pas savoir, je ne veux pas qu’on m’explique. J’aime les choses extraordinaires et j’ai envie que l’Amour continue de l’être.

C’est, pour moi, la chose la plus importante au monde, la seule qui compte vraiment. Je pourrais connaître la gloire, avoir l’argent, tous les plaisirs du monde, si je n’avais pas l’Amour, j’estime que je n’aurais rien. Je réfléchis trop et c’est peut-être par ce qu’il dépasse la raison que l’Amour me plait tant. Ce sentiment qui vous emporte, vous propulse ou vous jette à terre, si c’est un rêve de petite fille, et bien c’est un beau rêve et c’est celui qui me tient vivant.

Je suis hypersensible et romantique, j’avais fini par croire que j’étais mièvre, qu’il me fallait grandir, que les belles histoires n’arrivent qu’au cinéma… Mais au fond de moi, je vais rester comme ça, c’est ma nature et je veux cesser d’en avoir honte.

Alors … Chinma peut bien s’époumoner, je ne l’écoute que de ma facade éclairée. J’ai beau être un peu aigri, j’en ai conscience et je trouverai le remède.

Saint Antoine de Padoue, je sais rien mais je dirais tout, gimme gimme gimme a man, je le mérite après tout.  


Alain Souchon, au ras des paquerettes

  

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Dreams are my reality

 

Dreams are my reality dans Je de lumieres dreams

  

- Je ne sais plus si je dois accepter ce poste
- Et qu’est-ce qui te permet de croire que tu vas le décrocher ??!

Chinma doute de tout sauf de lui-même.

Il était clair que j’avais fait bonne impression lors de cet entretien et que Jérôme allait bientôt téléphoner pour me féliciter. Depuis une semaine, j’avais eu le temps de me provoquer une céphalée à réfléchir sans cesse à cette histoire de rêves qu’on ne doit pas perdre de vue. Ce travail me prendrait trop de temps, m’impliquerait trop, je ne voulais plus passer les appels de Jérôme mais j’avais toujours très envie de le revoir. Quand il a finit par rappeler pour m’annoncer la bonne nouvelle d’une voix guillerette, j’ai été traversé par un odieux mélange d’angoisse froide et de bouffées de chaleur. J’ai bredouillé un instant des jéromiades incompréhensibles mais le brun m’a demandé de répéter calmement. Rasséréné par son flegme, j’ai finalement envoyé valdinguer mes hésitations :

- Ecoutez Jérome, j’ai beaucoup pensé à votre annonce mais 35 heures c’est trop pour moi. J’ai d’autres projets et j’ai besoin de temps pour m’y atteler. A moins que vous ne proposiez un mi temps, je vais devoir décliner …

Jérôme a été fidèle à l’idée que j’avais de lui, très compréhensif. Je n’avais pas besoin d’être en visiochat’ pour savoir qu’il souriait des dents quand il m’a souhaité bonne chance et bonne continuation. J’ai pris mon courage à deux mains pour lui dire précipitamment que je le trouvais charmant mais seul le vide intersidéral a entendu ma confession, il avait déjà raccroché.

Tant pis, tant mieux. Une porte qui se ferme c’est au moins une porte qui s’ouvre. Je rebondirai, Chinma ne me connait pas vraiment.

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