Les incertitudes du temps

 

Les incertitudes du temps dans Je est Amour glacon

  

- Je me demande si bientôt, je verrai enfin l’été
- Printemps, été, bonheur… appelle ça comme tu veux. C’est peut-être seulement une légende dont tout le monde parle mais que personne ne vit jamais…
  

Décembre 2007
  

Dimanche dernier, j’ai rencontré un garçon avec qui j’ai passé l’après-midi et une bonne partie de la soirée. Il était charmant, très gentil et pour la première fois depuis des lustres, quelqu’un semblait chercher la même chose que moi : un autre avec qui construire une relation durable.

Je lui plaisais, il avait envie qu’on se revoit. Moi j’étais assez d’accord mais je l’ai prévenu que j’allais faire un long séjour dans la maison familiale, que je pensais partir le mardi suivant et être absent jusqu’à la fin du mois. Il a acquiescé et nous avons recommencé à nous caresser.

Cependant, à minuit, alors qu’il venait de me quitter, j’ai ressenti du plaisir à me retrouver seul avec mes habitudes de célibataire et je me suis rendu compte que j’avais envie qu’il parte depuis un moment déjà. En cherchant la télécommande de mon téléviseur, satisfait à l’idée de me vautrer dans la bêtise bleutée, j’ai découvert qu’il avait laissé une chaine en or sur ma table de nuit. J’ai pris ça pour un acte manqué qui confirmait son désir affiché de me revoir.
Je lui ai envoyé un message pour le prévenir de son oubli et je me suis oublié moi-même devant un télé-achat américain fascinant.

Le lendemain je me suis éveillé avec l’envie irrépressible de prendre le train sans plus attendre, de fuir la ville cendres, d’être chez ma grand-mère. Ca me dépassait, ça parasitait ma raison jusqu’à virer à l’obsession. J’ai essayé de me contenir en me rappelant que j’avais des affaires à régler et qu’il serait plus sage de ne partir que le lendemain comme je l’avais initialement prévu. Je me suis attelé à mes occupations avec conviction mais l’obsession grandissait et plus les minutes passaient plus je ressentais le besoin impérieux de m’en aller. J’avais l’impression d’étouffer.

A la mi journée, le garçon m’a téléphoné et m’a proposé de me rejoindre chez moi le soir venu. J’ai accepté avant de raccrocher le combiné et de me jeter sur mon ordinateur pour chercher un train qui me permettrait de disparaître dans l’après midi.
Dès que je l’ai trouvé, j’ai prévenu le garçon par un texto et j’ai fait mes bagages.

Le train avait du retard et la nuit était déjà tombée quand je suis arrivé dans la campagne. J’ai diné avec ma grand-mère puis elle est partie se coucher, j’ai branché mon ordinateur portable et j’ai atterri sur MSN où m’attendait Roméo.

Par quelques questions destabilisantes (« tu as ressenti quoi hier ? tu étais bien dans mes bras ? ») et des sentences qui me semblaient un peu prématurées (« tu me manques »), il m’a rapidement fait comprendre que je l’intéressais chaudement. Moi, je n’avais rien ressenti pour lui mais le fait est que j’avais désespérément envie de quitter ma solitude. Alors, tout en restant prudent, je me suis convaincu moi-même que je devais donner une chance à ce début de relation hypothétique, que ce garçon était peut-être celui que j’attendais, qu’il suffisait d’un peu de patience pour que la flamme s’allume.

Le lendemain, nous avons passé une nouvelle soirée à tenter de discuter mais il était de plus en plus évident que nous ne correspondions ni sur le plan intellectuel ni sur le plan émotionnel. Loin d’être bête, il était même assez intéressant mais il me laissait froid.
Dans la nuit, alors que je racontais cette histoire à Louis, les choses me sont apparues avec plus de clarté : c’était n’importe quoi et je me devais d’être honnête avec ce garçon comme avec moi-même.

J’ai donc décidé de lui écrire un courrier électronique pour lui expliquer que je n’avais pas très envie de le revoir et que je lui enverrai sa chaine par la poste.
J’étais triste de le rendre triste et il me semblait que le destin était cruellement ironique : j’étais perturbé par des garçons chez qui je ne provoquais rien et de mon côté, j’éveillais ceux qui ne m’intéressaient pas.

Blanche neige pouvait se rendormir, l’hiver continuait à s’étirer dans des langueurs insolentes. 

 


13 commentaires

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  1. buel dit :

    On s’en aperçoit souvent dès le début si il y a une chance que cela marche. Personnelement, il faut une émotion. Quelque chose d’immédiat, dès lors là je tente.

  2. jeanne_01 dit :

    voilà
    juste pour te dire
    que j’aimais ta sensibilité là
    celle là

  3. Lovedreamer dit :

    Buel, c’est à la fois vrai et faux. Il y a des gens qui passent des mois, voir des années à être collègues de travail ou amis avant de vivre autre chose. Je pense qu’il n’y a pas de règles.

    Jeanne, merci. Si tu aimes une des nombreuses choses qui me composent c’est déjà beaucoup !

    Merci de vos commentaires !

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