Midinette qui roule …

 

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C’est la nuit, dehors il fait froid, il tombe du ciel des crachats blanchâtres et entre deux quintes, je rumine mon absence de talent.

Ce qu’on aime c’est mon âme, on pourrait dire que c’est déjà beaucoup. On peut peut-être même le penser un jour de soleil. (« Fais un effort Joaquim, je te sens sur la mauvaise pente ce soir – Mais ta gueuuuuule !!! »). Seulement, être moi ne nécessite rien, je suis moi comme je respire…

Mon physique aussi plait parfois, un rien animal, ma petite gueule de méandres tortueux, quelque chose de diabolique dans le regard 37 b.

Il y a ce garçon-moi d’il y a deux ans, un fantôme sous psychotropes qui passe l’après midi à me dire dans une haleine d’alcool, lancinant :

- Tu es beau. Tu es si beau. Comment fais tu pour être aussi beau ? Tu es beau c’est incroyable. Ce que tu peux être beau …

Je suis mal à l’aise, je lui dis d’arrêter, vraiment ça me met mal à l’aise. Mais qu’est ce que je vais devenir quand il ne sera plus là pour le dire ? Qui me fera entendre encore de telles choses, incapable que je suis de les imprimer dans ma cervelle retorse ?

Je suis dans un lit, est-ce le mien ? Je suis sous un saule pleureur. Je suis dans un lit, est-ce ma couette qui sent cet adoucissant ? Je suis une midinette qui s’oublie dans des toilettes toujours aussi dégueulasses. Je suis dans un lit qui sent le MinidouTM à la pèche.

Qu’est ce qu’il veut, lui ? Il sourit trop pour être honnête. Chinma dirait qu’il va nous la faire à l’envers.

- Entre nous, c’est l’osmose, tu ne trouves pas ?

Quelqu’un a déjà dit ça, il n’y a pas longtemps … Hier ? Non … peut-être la semaine dernière. Si, si ce garçon, …, Gérald ? Non… Geronimo ! Enfin bref, lui aussi se sentait en osmose avec ma personne. Serait-ce assez à propos de le mentionner ?

- Tu aimes ce que je te fais ?

Lui c’est un angoissé, il a beau faire tout ce qu’il peut pour le cacher, ça finit par le dépasser.

Ca m’énerve de lui demander de fumer sa cigarette à la fenêtre… Je me fais l’effet d’être devenu un gros con en quatre semaines sans patch mais qu’est-ce que je peux faire ? Si je sens encore l’odeur de sa fumée, je vais finir par lui en demander une.

Je marche dans la rue, j’ai passé la journée dehors, je file, je dois arrêter de me faire des idées, je ne dois plus penser, le ciel me crache dessus, la solitude se jette sur moi sans prévenir, mon regard meurt, le soleil disparait, je rentre chez moi, j’essaie de sourire au gardien, je passe la porte et mes yeux gouttent le temps d’une chanson.

Etre moi, je voudrais vous y voir.

 

Philip Glass, Truman sleeps (Truman show OST)

 

Georges Michael, Killer/Papa was a rolling stone

 

 


8 commentaires

  1. ouam-chotte dit :

    Tu peux au moins avoir cette satisfaction de n’être pas ouam. ;)

    Bises

  2. Farfalino dit :

    très beau texte mélancolique. J’aime beaucoup

  3. Querelle dit :

    L’âme c’est la quintessence de l’individu, le corps, lui, est voué au pourrissement. Laisse le sur le bord de la route, abandonne-le. C’est parfois un étonnement, que de se regarder dans le miroir.

  4. Lovedreamer dit :

    Ouam : Je suis ouam quelque part si je ne suis pas ouat ^^

    Farfalino : merci beaucoup !

    Querelle : Laisser mon corps sur le bord ? A moins que tu ne me parles de voyage astral, je ne ferai ça que quand je mourrai. Mon emballage est mon outil sur cette terre, il lui arrive aussi de me donner du plaisir, de m’offrir des communions. J’ai maintenant envie d’en prendre soin…

  5. souleiman dit :

    Minidou!
    C’est doux comme un petit nid d’oiseau

  6. Lovedreamer dit :

    Merci pour ce messages bucolique Mr Souleiman !
    ^^

  7. Gary dit :

    C’est forcément douloureux de se questionner sur soi. Et pas nécessairement productif. Au mieux, on arrive à donner un peu d’organisation et de sens à la bouillie que certains vont appeler l’âme et d’autres l’égo. Perso, j’aime bien l’action (dans le meilleur des cas) ou la distraction (quand je ne peux pas faire mieux). Ca m’évite de trop penser.

    Pour le reste, une âme déconnectée d’un corps ne me parait pas très réaliste. C’est quand même un peu nos sensations qui préforment notre pensée.

    Sinon, j’aurais juré que tu utilisais un minidou parfum vanille … ;-)

  8. Lovedreamer dit :

    Gary, l’introspection peut être intéressante pour apprendre à se connaître. Pour moi qui questionne beaucoup, je pense qu’elle était (est) nécessaire.

    Pêche, vanille, varions les plaisirs !
    :)

    « C’est quand même un peu nos sensations qui préforment notre pensée » :

    Ce que tu dis là m’interpelle, à réfléchir !

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