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Il faut marcher et marcher encore, rejoindre les lumières tant qu’elles brillent. Il regarde sa montre en haletant. Les aiguilles ont disparu. Quelle heure peut-il bien être ? Depuis combien de saisons court-il dans le noir ? Ses jambes chancellent, sa gorge sèche est une douleur mais il ne doit pas s’arrêter. Même si le temps n’existe plus, il n’en a pas suffisamment pour chercher une fontaine dans la ville morte. Il les entend derrière lui, elles sont encore loin mais ne tarderont pas à le rattraper s’il s’autorise une escale. Au milieu du trottoir, juché sur le flanc d’une poubelle renversée, un rat l’observe en frottant ses pattes avant l’une contre l’autre. Est-ce qu’il rit ?  Il chasse cette idée en accélérant le pas. « Seigneur donne-moi un peu de force, ne les laisse pas gagner, pas encore, pas toujours » mais personne ne répond. Il plaque ses mains sur ses oreilles froides et fredonne une vieille mélodie pour faire taire les sirènes de la nuit.  Si les lumières brillent au devant c’est qu’il y a des gens, peut-être des semblables, qui vivent là-bas.  Il doit les trouver, coute que coute. Il ne faut plus réfléchir, il faut seulement courir.

 


11 commentaires

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  1. danslairdusoir dit :

    Tout-va-bien m’sieur, vous zinquiétez donc pas :o )

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