Ma vraie vie dans mes commentaires

Ce qui suit correspond à deux commentaires personnels attachés au texte « 213 mots ». Ce n’est pas la volonté de pondre des billets sans se forcer qui me pousse à les publier ici, c’est encore l’envie de dire les choses, les miennes, et de répondre à ceux qui savent comment je dois vivre ma vie.

(…) Ailleurs ? Deux choses, mon voyage à moi est surtout un voyage intérieur, c’est celui qui est le plus important. Ensuite … Limoges.
Je raconte un peu ma vie dans les commentaires mais bon : ce soir je me suis presque disputé avec deux personnes au sujet de Limoges mais je persiste et je signe.
Si j’étais à Toulouse, je n’écrirais pas que je déteste cette ville et veux être ailleurs, j’imagine qu’il en serait de même pour Lyon, Nantes, Marseille, que-sais-je.
Limoges.
Je ne saurais te convaincre ni qui que ce soit de l’ampleur de l’horreur. Il faut le voir, le vivre et vivre autre chose pour mesurer.
C’est une punition depuis Napoléon, je n’ai rien inventé.
Chacun voit midi à sa porte et on peut certainement être heureux à Limoges mais il n’y a rien de ce que moi, j’aime dans la vi(ll)e ici.
Si j’aime Paris, sa perspective, c’est parce que c’est possible, à Paris tout est possible, si ça ne l’est pas là bas ça ne l’est nulle part en France. Si j’étais espagnol ce serait Madrid, anglais Londres etc… Possible, pas faisable, juste possible.
Puis tout ce que j’aime dans cette ville.
Ca n’a rien à voir avec une fuite, avec cet ailleurs qu’on emmène partout avec soi.
Pour prendre une métaphore, je suis un oiseau et je vis dans un bocal à poisson malheureux.
Alors, ailleurs, oui vraiment, j’en rêve ou j’en meurs, ça dépend des jours.

(…)

Ce blog a commencé à Toulouse, a échoué dans la creuse puis dans la ville-sans-issue. C’est effectivement parcellaire, non seulement parce que c’est une période donnée et aussi parce qu’il y a ce que j’écris et il y a tout le reste.
Ce que je n’aime pas – et je ne parle vraiment pas de toi – c’est que je croise des gens qui envisagent mon envie de vivre à Paris comme un désir idiot, un caprice d’adolescence ou une erreur universellement commise. J’ai 32 ans et si je veux y habiter, peut-être comme quelque chose de provisoire également (le temps me le dira), c’est parce que je la connais déjà, j’y ai passé des mois, j’ai appréhendé ses trottoirs, sa faune, ses rames de métro, de RER, ses jardins, ses mirages aussi. J’ai 32 ans, je le répète et si je ne sais pas grand-chose, je sais ce que je veux dans et pour ma vie et j’ai déjà un bout de route riche en rebondissements et en craquelures derrière moi (certains, à 60 printemps ou plus n’ont connu qu’une ligne droite). Je n’aime pas ça parce que c’est remettre en cause mon intelligence, ma lucidité et mes choix personnels. De plus des gens me parlent de Paris sans l’avoir jamais vraiment vécue, en se basant sur des témoignages de personnes qui en sont revenues (c’est donc que ça ne leur convenait pas), d’autres qui s’en plaignent (l’homme se plaint toujours de ce qui passe à sa portée, y compris de sa ville) ou surtout de leurs envies et de leurs besoins propres. C’est un peu comme si un hétéro voulait me convaincre que c’est bien plus agréable de passer sa nuit avec une fille qu’avec un garçon. J’ai habité ailleurs qu’à Limoges et je n’envisage pas du tout Paris comme un paradis sur terre (vraiment, vraiment pas) mais il y a des rats des champs, des rats des villes et aussi des rats des mégapoles. D’autre part, rien n’est définitif, ma vie n’est pas figée, je peux y partir, je peux en revenir. Un jour, plus tard, je veux habiter au soleil loin des foules. Avant, je veux essayer, je ne veux pas regretter de n’avoir même pas tenté de vivre mes envies. Au fond, je crois que les gens me sous-estiment. Je ne suis absolument pas déconnecté de la « réalité » de la norme.
Ma vie actuelle, ce transit, n’est pas dénuée de choix. Je ne travaille pas, c’en est un. Je ne m’encombre pas de gens qui m’indiffèrent, c’en est un autre. Je ne me force pas à vivre ce qui ne me convient pas.
En ce qui concerne la solidarité des petites villes (Limoges compte 140 000 habitants, 180 000 agglo) je ne l’ai pas rencontrée. J’ai rencontré quelques personnes très sympathiques mais j’aurais pu les trouver à Paris, Melun ou Tombouctou. Les parisiens ne sont pas vraiment agréables ? Et bien, le limougeaud est un parisien en pire, le cadre, le mouvement, le travail, l’ouverture, le côté cosmopolite, l’arbre des possible etc., tout ça en moins. (« ici même les rêves sont étroits »). Le toulousain c’est autre chose, sa surface est accueillante, ses relations peut-être plus superficielles mais il y a une dynamique dans la ville de Toulouse propre aux grandes villes et aussi à elle-même. Toulouse, j’aimais, c’était un lot de consolation très agréable. Je fais des généralités ici, mais il y a des gens formidables partout, bien sur et j’en rencontre quand même. Pour clore ce je-ne-sais-quoi de message, ce que j’attends de la vie, n’est pas une ville, n’est pas une carrière, n’est pas un objet. Je suivrai les choix de mon cœur et quoi qu’on en pense je sais que j’aurai raison. En d’autres termes, si je rencontre un jour l’amour, peu m’importe son lieu de villégiature. Si on veut être prosaïque ou connement statistique, Paris compte 2 millions d’habitants (11 millions agglo) et j’ai plus de chance d’y rencontrer des gens qui me correspondent (parce qu’il y en a plus mais aussi par leur choix de vie, leurs centres d’intérêt, etc …) et un mode de vie qui me convient qu’en crevant ici.

(…)

 


8 commentaires

  1. luna dit :

    La vie à Paris est belle. Pourquoi ne pas y venir? Ou du moins partir du plus grand cimetiere d’Europe? Agir…un sursaut…un soubresaut…

  2. Farfalino dit :

    Mon séjour d’une journée à Limoges (Le TGV le permet, j’habite à Lille) ne m’a permis d’appréhender cette ville. Sinon que l’hôtel de ville est moche.

    Pour Paris, je pense que cela dépend vraiment des gens. J’ai un ami qui est plutôt sociable et curieux, il s’est plu à Paris et il y ait resté quelques années avant de migrer à Lyon, autre grande ville, où il s’y plait aussi. Un autre est resté 9 mois et a fui à Metz où il semble couler des jours heureux. Mon compagnon n’y est resté que 6 mois à peine. Il faut dire qu’il m’a rencontré :) Cependant il y a travaille tous les jours.

    Personnellement, je pense que je ne m’y plairais pas : trop de gens, trop d’embouteillage, des wagons de métro comme bétaillère, les loyers hors de prix. Mais moi je ne suis pas un aventurier : en 30 ans j’ai bougé dans une zone de 100 km².

  3. Gary dit :

    Ce qui est important dans un lieu, c’est finalement plus le rapport que l’on entretient avec que les caractéristiques du lieu lui – même. J’ai des amis qui vivent dans le 18ème arrondisement et qui sont les rois des pantouflards et d’autres qui vivent dans un tout petit village du Tarn et qui sont en permanence sur quinze plans en même temps (théâtre, ciné, expo, bouffe, voyages, ….). Pour ma part, en 20 ans, je suis passé de Lille à Paris, puis à nantes, puis à Toulouse, pour me retrouver à … Lyon (je sais, j’aurai pu faire une escale à Montpellier, ça aurait été plus cohérent). Et à chaque fois, j’ai eu une perception et une pratique de la ville différente. Ceci dit, je n’ai jamais vécu dans une petite ville, ou à limoges (j’y ai passé 24H00 pour un entretien d’embauche, cette ville m’a parru tellement sinistre que j’ai totalement foiré ma présentation). Bref, je comprends ton envi de Paris, même si c’est clairement une ville qui ne se donne que si on la cherche.

  4. tchitchi dit :

    T’as bien le droit de ne pas aimer Limoges et tout à fait raison d’appeler chat un chat.
    Les raisons qui font qu’ on aime ou pas un endroit, sont, à mon sens, très subjectives et forcément liés aux souvenirs qu’on y a construit.

  5. Lovedreamer dit :

    Merci à tous de vos réactions !

  6. Gary dit :

    Ce qui est bizarre pour moi (je sais ça n’intéresse personne), c’est que je m’étais persuadé que tu vivais à Lyon (pourquoi, je serai incapable de le dire). Alors, je me demandais pourquoi tu avais l’air si triste, pourquoi tu voulais à tout prix partir.. Lyon, c’est pas si mal que ça. Bref, je te trouvais un chouia excessif. En fait, je me suis fait une représentation décalée, qui a probablement influencée beaucoup de mes lectures sur ton site (et surement mes commentaires). C’est probablement un des avantages et une des absurdités des blogs : tenter de communiquer avec des personnes que l’on croit percevoir, que l’on croit cerner …. et qui sont en fait probablement totalement autre. Les biais de la perception sociale multipliés par 10. Donc désolé si parfois j’ai commenté à côté de la plaque ;-)

  7. Lovedreamer dit :

    Merci de me préciser ça, je comprends mieux certaines de tes interventions.
    Ouam croyait, lui, que j’habitais dans la banlieue lyonnaise … Je ne sais pas ce qui a pu vous faire penser ça, je n’ai jamais mis les pieds dans cette ville mais ça a l’air sympa.

  8. zeus_antares dit :

    Commentaire un peu tardif, mais je ne lis ton article qu’aujourd’hui. J’ai vécu (et surtout travaillé) dans les trois villes et je n’en préfère pas plus une qu’une autre. Je n’ai gardé aucune relation amicale durable à Toulouse suite à mes études et la ville m’a paru assez superficielle. Le « dynamisme » qu’on lui prête me semble largement surfait et déclinant depuis quelques années. Paris est un monde à part et tout y est possible comme tu l’écris même l’inatendu car si j’y suis « monté » depuis Limoges par suite d’ennui professionnel, j’en suis reparti parce que ce que je souhaitais ne s’est pas réalisé mais que j’en partais avec un ami de coeur pour m’installer à la campagne près de… Limoges.
    En fait, je ne suis pas un citadin et je préfère écouter les oiseaux et regarder la nature depuis ma fenêtre. Et Limoges a cet avantage inégalable sur Paris et Toulouse, c’est que la campagne alentours est belle, même en hiver…

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