Le Fluide

Version Stick

Cher journal,

Je viens de passer quinze jours assez fascinants. Quinze jours à cueillir des fleurs sur le côté de ma route, celles qui dépassent des épines, en tendant simplement la main. C’est comme s’il me suffisait de reconnaître ma chance et de me nager avec le courant pour trouver tout ce dont j’ai besoin sur le moment. J’appelle ça le Fluide de la vie. Ils avaient raison quand ils me disaient qu’en souriant à la vie, la vie me sourirait, que si je pensais positif il m’arriverait des choses positives. Certains, le côté sombre, rétorqueraient qu’il ne s’est rien passé de si grandiose, finalement. Je n’ai pas gagné au loto, j’ai reçu des réponses négatives dans le domaine professionnel, je n’ai pas quitté la ville Satan,… Non, c’est autre chose, c’est magique et c’est simple. Ce sont des coups de téléphone qui tombent au bon moment, des inconnus qui répondent à des questions que je me posais en silence, des entrées gratuites distribuées quand je n’ai plus d’argent, des paquets de kleenex trouvées sur un banc le soir où je vais pleurer, des importuns qui s’effacent d’eux-mêmes, des défections qui amènent des rencontres, des pièces de monnaie qui brillent par terre quand je doute de ma chance, des opportunités, des bons moments, des idées neuves,… Pour te donner une métaphore de midinette, cher Journal, ce serait tomber malade pour être conduit à l’hôpital et soigné là bas par celui qui deviendra l’homme de ta vie. C’est ça, le Fluide, c’est un courant qui t’amène où tu dois aller, pour peu que tu décides de le suivre jusqu’au bout. C’est simple comme respirer.

Le Fluide derrière, le Fluide devant, et moi dedans.

Version 100′s

 

A ceux qui s’acharnent à briller dans la nuit, à tout ce qu’on apprend les soirs de pluie

Lundi, Jacques doit passer chez moi à 21h.

Dans l’après-midi, je suis complètement déprimé par la séance de mon bilan de compétences. La sentence des tests n’a pourtant rien de nouveau : je réfléchis trop et je manque de confiance en moi. Bien dressé, je demande à la gentille psychologue si elle a des relations dans le milieu psychiatrique de la ville vomi qui pourraient m’aider à m’améliorer. Dans un tas de papier fiché entre les pages de son agenda, elle trouve la carte de visite d’un psycho-sophrologue spécialisé dans la programmation neuro-linguistique que je ne pourrai jamais rencontré par manque d’argent. Je note quand même ses coordonnées, scrupuleusement. On ne sait jamais et puis, la gentille psychologue m’aime bien, je veux qu’elle continue, j’en mourrais si je devais lui déplaire.

Sur le chemin du retour, j’allume la dernière cigarette que j’ai réussi à tirer de mon paquet de tabac. Il aurait mieux valu attendre le soir pour fumer ce qui restait; en ayant lancé la machine dès le matin, la soirée sans volutes s’annonce difficile. Chez moi, je me colle un patch sur la cuisse et, tandis que je fais un peu de ménage pour rendre mon studio présentable à des yeux étrangers, je suce des pastilles de nicotine les unes après les autres. Ca ne fait pas le même effet qu’une cigarette, c’est comme vouloir remplacer un festin dans un bon restaurant par une gélule multicolore.

Je fouille les poches de tous mes pantalons à la recherche d’un billet que j’aurais pu y oublier mais je ne trouve que de vieux mouchoirs ratatinés. Vers dix-neuf heures, je décide d’aller faire quelques courses pour pouvoir offrir à Jacques autre chose à boire qu’un verre d’eau. Au moins, les supermarchés, eux, ne refusent pas encore les chèques et, chaque fin de mois, quand la situation a dépassé le seuil critique, je mets à profit les quelques jours nécessaires à l’encaissement du morceau de papier pour manger à crédit. Malheureusement, il semble qu’aucun bureau de tabac dans la ville Satan n’accepte encore ce moyen de paiement. Dehors, je trouverais peut-être le courage de demander à un promeneur de me dépanner d’une cigarette.

Cependant, je suis si mal dans ma peau que j’ai l’impression que tout le monde m’en veut, que derrière le bruit de fond de mon lecteur Mp3, tous ceux que je croise se moquent de moi et je suis bien incapable de parler à un inconnu. J’essaie de retrouver le rêve que je faisais hier en me promenant sur la même rive, j’y mets toutes mes forces. Au cours d’une discussion au téléphone avec Louis, j’avais décidé de lui envoyer mon Curriculum Vitae afin qu’il le traduise en espagnol et le transmette à une de ces connaissances madrilènes relativement influente. Ensuite, j’étais sorti prendre l’air et je marchais sur ce sentier des bords de Vienne comme si j’avais déambulé sur les trottoirs de Madrid. En essayant de ne pas trop y croire, je m’inventais un nouveau futur hypothétique, encore plus alléchant que le précédent, riche de rencontres, de vie, de possibilités et de « Je t’emmerde !!! » à l’attention de tous ceux, pour la plupart imaginaires, qui pensaient que j’allais crever ici sans la moindre élégance.

Ce soir, je ne parviens pas à m’évader, la gentille psychologue m’a foutu en l’air avec la vision dénuée d’espoir que ses tests ont de moi. Je suis presque aux portes du supermarché quand le ciel se met à pleurer sur mes épaules. J’étais déjà découragé par la perspective de rentrer à pieds les bras chargés de sacs mais sous la pluie, le retour s’annonce encore plus déplaisant.

(…)

 


4 commentaires

  1. Gary dit :

    Juste comme ça, pour info, la programmation neuro lingistique, c’est de la merde, un joujou sectaire qui n’a aucune base scientifique. En tout cas, cela n’a absolument rien à voir avec la psychologie.

  2. Lovedreamer dit :

    Salut Gary. J’ai un ex passionné par la PNL et j’avais lu tout un bouquin sur le sujet il y a des années. A l’époque j’étais très réfractaire, d’autant que, en effet, à la fin du livre il y avait des références à la scientologie (je crois) mais aujourd’hui je trouve ça intéressant.
    La gentille psychologue, avec qui j’ai beaucoup échangé – m’a bien précisé que ce praticien utilisait des méthodes qui ne sont pas reconnues par la science d’aujourd’hui mais je n’ai pas jugé bon de le préciser dans mon texte.

  3. ouam-chotte dit :

    Arrête de déconner si ça ne fait même que ressembler à la sciento alors c’est une escroquerie. Il n’y a pas d’autre alternative. Je ne rigole pas hein.

    Eclairant – voire davantage :
    La Scientologie Laboratoire du Futur ? Les secrets d’une machine infernale. C’est de Paul Ariès, aux éditions Golias.

    Du reste, je connais – très bien – Gary. N’hésite d’ailleurs pas à entamer une discussion avec lui. C’est beaucoup plus qu’une personne de confiance. En matière de Psycho and co… c’est une référence de trèèèèèès haut niveau. Je répète. De trèèèèèèès haut niveau.

    Je t’embrasse

  4. Lovedreamer dit :

    Salut Ouam,
    Je persiste à penser que c’est une technique intéressante, je vois ça comme une méthode Coué améliorée. Je crois au pouvoir de la pensée positive – évidemment pas pour solutionner des pathologies qui relèvent de la psychiatrie, faut-il le préciser ?? – et la technique en elle-même n’a rien de sectaire.
    J’évoque ici un manque de confiance en soi, pas un problème de schizophrénie lourde, de maniaco-dépression, etc., la PNL relève du « développement personnel », pas de la psy même si c’est vrai que dans mon texte, ça semble associé à la psychologie formelle, mea culpa. Maintenant grâce à mon commentaire ça semble l’être à la scientologie…
    Les filles (vous permettez ?), je suis un scribouillard un peu fantasque, pas un expert scientifique !!! Ma seule étude clinique s’appelle « La spiruline rend velu », si ce n’en est pas la démonstration ! :) :)

    M’enfin, rassure-toi Ouam, la seule secte à laquelle je suis susceptible d’adhérer ce serait celle dont je suis le gourou (on m’appellerait Altesse suprême, restons sobre) et en ce qui concerne la PNL, je vous tiendrai au courant si un jour, j’essaie ;)

    Bisous

    PS : En plus, Gary a un agent … est-ce qu’il est marié (parce que ça semble un bon parti) ? ;)

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