Fumer excite ma libido

J’aime quand il me sourit

J’aime le buraliste Maman

Je n’aime pas vraiment le buraliste, cher journal – il est marié, ce serait encore une mauvaise voie – mais il me plait beaucoup. Quand je décide d’acheter des cigarettes, je pourrais le faire en bas de chez moi mais je marche deux cents mètres de plus pour l’apercevoir. Son physique n’a pourtant rien de transcendant, d’aucuns diraient qu’il est assez quelconque mais ces choses là ne s’expliquent pas. Il est sympathique, ça compte.

Cet après-midi, après que j’ai craqué, il m’a parlé, je veux dire « parler vraiment », en dehors des civilités, pour la première fois. Certes, nous en sommes restés à une conversation sur les cigarettes mais c’est un bon début et c’était agréable de le regarder s’animer derrière son comptoir. Il m’a appris que le cowboy était toujours le meilleur dealer de l’ouest, m’a renseigné sur les pratiques de ses fournisseurs, sur les consortiums en vigueur, sur sa clientèle. Je fixais ses lèvres et j’essayais de lui faire passer des messages silencieux, d’avoir l’air un peu moins hétérosexuel mais je ne voyais pas comment j’aurais pu être plus entreprenant. Je sais pourtant de source sûre, une conversation avec une commère de mes connaissances, complètement folle, la pauvre, qu’il n’est pas farouche et que d’autres ont eu l’honneur de s’entretenir plus … intimement avec lui. Ca nourrit mes espoirs de rapprochement.

Maintenant que nous avons ébauché un semblant de dialogue, il faut absolument que je retourne le voir bientôt, autant dire qu’un sevrage complet est inenvisageable. Je sais bien ce que tu dois penser, cher journal, tes raisonnements machiavéliques t’amènent à soupçonner  mon esprit malade d’avoir seulement besoin d’un prétexte pour continuer à s’enfumer. Ca m’a effleuré, moi aussi. Je pourrais acheter la presse chez lui, me diras-tu mais il me faudrait alors lire les nouvelles pour ne pas jeter mon maigre pécule par les fenêtres et c’est hors de question, trop d’angoisses en perspective. Peut-être irais-je boire un verre à son comptoir et laisserais-je l’alcool me guider…

 A bientôt, cher journal. Je ne t’embrasse pas, mon écran est un peu sale.

marlboro.jpg

FUMER C’EST TRES TRES MAL

(Et puis, même en fumant beaucoup,

 peu de chance que tu lui ressembles un jour,

Essaie avec ça)

 


2 commentaires

  1. Pierre-Yves dit :

    J’aime beaucoup les cow-boys, mais je les préfère sans haleine de cendrier.

  2. Lovedreamer dit :

    Comme tu y vas :) Moi j’aime bien les baisers à la cigarette…

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