Archive pour avril, 2013

Le film le plus violent au monde

 Je peux dire, sans même être grandiloquent, que Earthlings a changé ma vie.
Quand je l’ai vu il y a quelques années, j’ai été traumatisé au plus haut point. J’ai toujours pensé qu’il n’y avait d’autre enfer que le monde des hommes et ce documentaire en était une démonstration. Il m’avait mis la tête dedans, si bien que devant le générique de fin il ne restait de moi qu’une serpillère toute tremblotante.
Il fallait que je fasse quelque chose.
Arrêter la viande me semblait trop dur et trouver des morceaux dont j’aurais la certitude qu’ils venaient de « petits éleveurs locaux » [sic] : trop onéreux. Tant pis, il me fallait au moins un petit geste, n’importe quoi. J’ai troqué les œufs de poules en cage pour des œufs de « poules élevées en plein air », tout en me sentant coupable à chaque fois que j’en achetais. Non seulement, c’était loin d’être assez mais je me suis toujours demandé si ce fameux « plein air » consistait en une cour d’un demi mètre carré surpeuplée, ce genre de cynisme auquel nous sommes désormais tous habitués.
Cependant, une porte était ouverte et je ne pourrais plus jamais la refermer.  Mon regard sur les animaux a complètement changé et mon âme n’a jamais cicatrisé, ces images horribles sont restées quelque part en moi.
Le week-end dernier,  j’ai eu l’étrange idée de montrer ce film à un ami. J’ai passé la séance entière à pleurer, mon esprit au bord du gouffre. J’ai voulu y échapper, le laisser seul devant cette horreur, j’ai trouvé refuge dans une autre pièce mais ce n’était pas juste, envers les animaux, envers ma conscience, il fallait que je me force à garder la tête dedans jusqu’au bout.
Après le film j’étais de nouveau une loque. Je n’aime pas Facebook mais j’ai pensé que si mon ami y postait cette vidéo, si un de ses « contacts » la voyait, ça en valait la peine.
Personne ne l’a jamais commentée, ils ne l’ont probablement même pas lancée. Mon opération « petit geste » était un échec et l’enfer me semblait encore un peu plus amer.
Ces dernières années ont été une période de grand changement intérieur pour moi et j’ai compris que la seule manière d’être heureux ou au moins le moins malheureux possible était d’agir en accord avec ce que je suis et ce que je crois.
J’arrête la viande. Je ne peux plus être complice de cet esclavage et de ces tortures monstrueuses.
 Je pense que tous les animaux méritent respect et que le bien-être des hommes ne doit pas se faire aux dépens des autres espèces, je pense qu’aucun être vivant et sensible ne devrait être traité comme un objet ou exploité.
De plus, j’ai toujours été interpellé par cette idée : on est ce qu’on mange.
Je ne veux plus être un animal en cage, terrorisé, espérant que la mort viendra me délivrer d’une horrible existence faite de souffrances, si loin de ce qu’on appelle « une  vie »,  pressé comme un citron jusqu’à la dernière goutte et qui finira à la poubelle après qu’on ait retiré toutes les parties de son corps qui pourraient encore servir.
Je partage aussi cette idée : Si vous mangez de la viande, vous devriez regarder ce film. Jusqu’à la fin. Sans baisser les yeux. Parce qu’il n’y a pas de raison que vous ne sachiez pas ce que vous mangez. Ce n’est pas juste.

 

J’ ai pensé à ces animaux la semaine entière. Je me sens tellement triste.

 

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