Archive pour juin, 2013

Et la lumière fut dans la caverne aux merveilles

Dans le doute et les angoisses, ma vie s’était perdue. Je croyais que j’étais monstrueux parce que je ne me retrouvais chez personne. J’ai tellement essayé de partager les passions des autres, j’ai fait semblant, toujours. Différent n’est pas inférieur. Si j’avais été supérieur, j’aurais certainement compris ça tout de suite. Cependant, je ne suis pas loin d’être la plus jolie personne que j’ai rencontrée jusqu’ici, je l’ai réalisé la semaine dernière. Dans sa voiture, pendant que je le confessais, Daniel n’a rien dit, il a souri. Il y a toujours en moi la voix des moribonds qui m’accuse : « complexe de supériorité désordonné » mais quoi ? Ou qui ? Bien sûr, il existe des gens plus accomplis, ils sont sûrement nombreux mais ils ne sont pas sur ma route. M’ont-ils abandonné ?   Est-ce une épreuve ? Depuis le premier cri, je crois, je me suis senti seul. Daniel répondrait que c’est bien ce qu’on est, seul, du début à la fin et même encore après. Je veux dire : seul, comme appartenant à une autre espèce, ne trouvant pas de semblables.

Devenir végétalien a été un cataclysme dans ma vie. C’était un sacrifice désintéressé, quelque chose de profond et définitif, un engagement avec moi-même qui m’a fait me sentir beau pour la première fois. A la même période, j’ai trouvé refuge en une vieille passion, les « expériences de mort imminente ». Elles semblent démontrer une vie après la vie et depuis quelques années, quand je me sens trop proche du gouffre, regarder des vidéos sur le sujet m’aide énormément. Cette fois j’ai lu des dizaines de témoignages puis j’ai enfin trouvé les livres et les informations dont mon esprit avait besoin pour avancer. J’ai dévoré des pages et des pages. Toujours au même moment, mon intuition était moins bloquée sous le fouillis, elle s’est faite plus présente jusqu’à des extases « pythiques » lors de soirées fumettes. Mon âme s’est soudainement ouverte à la métamorphose. Je crois que j’ai commencé à devenir moi et à voir la vie et les autres comme ils sont. Je me suis brouillé avec le peu de personnes qui peuplaient mon existence. J’ai vécu une soirée « biblique » ou une nouvelle Jézabel m’humiliait des heures durant, lançait des piques empoisonnées sur mon végétarisme, se moquait d’animaux morts avec ses autres convives tout en me passant un énième plat de viande. J’ai surpris en mon être une force insoupçonnée. J’ai traversé des nuits supranormales, des insomnies arides. J’ai accouché d’un nouveau moi dans une affliction inhumaine.

La plus grande terreur que j’ai éprouvée au cours de mon existence c’était face à l’idée que ce que nous sommes s’arrête avec la mort de notre corps. Jamais, depuis l’enfance, je ne me suis senti être cette enveloppe, j’ai toujours pensé que j’en étais prisonnier. Celui qui vit cette expérience, la vie, est celui qui peut l’appréhender, sans moi mon corps n’est qu’un véhicule de chair stupide et vain. Imaginer que quand nous mourons, l’esprit s’éteint définitivement, plonge dans le néant, que rien n’en reste, que tout ça, autour de nous n’a aucun sens, qu’il n’y a pas de raison, pas de justice est une idée absolument abominable, proche du vertige métaphysique. Les « expériences de mort imminente » étaient le levier de mon besoin de justification cartésienne, ce qui m’autorisait à envisager sérieusement une persistance de la conscience. Si même des scientifiques étaient forcés d’avouer le trouble, ça méritait question. Comment, des médecins n’ont pas d’autres choix qu’admettre que certains de leurs patients n’étaient pas en mesure d’écouter les conversations qu’ils ont pourtant rapportées par la suite, c’était impossible puisqu’ils étaient cliniquement morts et que leurs corps étaient dans une autre pièce, trop loin de la scène ?  Comment tous ces gens de civilisations différentes, du passé comme du présent pourraient-ils vivre et décrire la même expérience dans les grandes lignes, sans se connaître, sans avoir eu vent auparavant de témoignages similaires, si cette expérience n’était une réalité ? Ça, mes amis, c’est le début de la route que je cherchais. C’est la porte ouverte de la caverne aux merveilles. C’est le moment ou la vie devient intéressante, acceptable et légitime. Que la Lumière fut réellement ou qu’elle ne soit qu’un fantasme pour tous les gens qu’ils l’ont rencontrée, elle m’a aidé à avancer, c’est elle qui m’a porté. Je lui dois tout.

PS : Ne nous méprenons pas, je vomis toujours l’ensemble des religions, c’est la meilleure formulation que je puisse en faire et c’est parti pour durer. Mon chemin est singulier.

 

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Ma superbe

Le fluide s’est répandu en moi. La victime-comédie soudainement dévoilée ne m’a plus inspiré que du mépris. Je ne pourrai me contenter de la mesquinerie de ceux que j’avais pris pour mes semblables. Je m’appelle Liberté. Je rayonne. Par les portes, les fenêtres, les trous de souris, les points-virgules, je me ferai des passages. La lumière ne s’éteint jamais que dans les âmes. La mienne est inondée.

Providence ensorcelée

Prétendre que les oiseaux s’endorment, comme ça, tout seuls, un matin d’hiver c’est prendre mes lanternes pour des fantassins en balade ! Je sais ce qui s’est passé. Il l’a assassiné, mon seul espoir. Dans la cage qu’il lui avait offerte, il l’a étouffé jusqu’au dernier souffle. Mais les guerriers ne posent pas les armes, ils les lustrent devant la cheminée, tout au plus.

Antigone Desiderata

En laissant mon âme au vestiaire, j’ai abandonné mon futur aux firmaments. Mars aurait dû sonner, Diane ressusciter, Jupiter s’en moquait. Je n’ai pas touché l’épée de glace, je n’ai pas mérité le givre et la flagellation par les grêles. Frêle, certes, était l’espoir. J’ai trahi ce que j’étais et les montagnes ont cédé.  La tornade s’est posée au-dessus de ma tête comme un troisième œil en furie ! J’ai eu beau crier grâce, rien n’a répondu. J’ai pleuré, ça je ne peux le cacher. J’ai versé des larmes de sang et de lave. Il a pourtant fallu réanimer les braises la nuit durant, comme un fou pour Carnaval. Les mots sont la seule arme que j’ai jamais trouvée. Je survivrai à tout ce qui se présente comme je l’ai toujours fait.

Musique, Maestro

Demain ou un autre jour, ça n’a pas d’importance, Je serai là, je te regarderai, je te jugerai. Ce-soir-là, il n’y aura pas de doute sur les mensonges, les trahisons et les coupables. Je n’offrirai plus rien aux vendeurs de bijoux volés pour amour propre rafistolé. Je serai libre. Dans le vent. Encore.

La ruine des voleurs

Leçon un

Devant le mur de Pierre, la ruine des voleurs, je n’ai rien demandé. Les sirènes n’ont pas chanté, la nuit a continué, juste lui qui maugréait. Je ne suis pas fini : petite fusée dans l’éternité, ma route ne s’arrête jamais.

Aux printemps dévastés,

aux naissances des destinées,

à la pluie,

aux épreuves et à la nuit.

 

Comment ai-je pu en arriver là ? Au soir d’un printemps dévasté, les oiseaux chantent que c’est ma destinée. Il fallait braver les pouvoirs mal placés, les abus déguisés. La route est noire, rien ne semblait l’éclairer jamais. J’ai tout donné pour un sourire, quelques mots flatteurs et ma compassion. Je serais mort si en moi ne résistait la part meilleure.

 

“Tomorrow we enter the town of my birth
I want to be ready”

The celebration of the lizard, The Doors

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