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Le blues de bébé Lou

C’est pas facile bébé Lou, je veux bien te l’accorder. Moi, je pensais être amoureux de lui, lui ne l’était pas de moi, toi, tu m’aimes bien mais je ne suis pas sensible à ton charme. Et puis, le buraliste qui est marié …

Non, c’est pas facile. Tu t’interroges, tu te remets en question, « je trouve plus la notice », … Moi je pense à ce que m’avait dit Elohim pour expliquer son manque d’intérêt et je le ressors pour l’occasion. Ca se passe ou ça ne se passe pas. C’est aussi simple et aussi compliqué que ça.

Ca ne te suffit pas, tu sembles avoir besoin de réponses rationnelles.

Qu’est ce que je ferais avec un avocat ? Je préparerais ton cartable, le matin, j’y mettrais des tupperwares remplis de bons petits plats que j’aurais préparés la veille puis je t’embrasserais sur le perron avant d’aller marcher au bord de l’eau, de reprendre mon rien de vie ? Qu’est ce que je te raconterais le soir ? Le gros de mon existence se passe dans ma tête ou en dehors des sentiers battus. Le notable et le marginal ? Ca manque de réalisme, bébé Lou. Je développe un complexe d’infériorité rien qu’à te regarder dans ton prince de Galle.  

C’est vrai que tu as de la conversation, que tu as un corps parfait et un appendice énorme. J’avoue même que quand tu me sers ta version du blues du businessman en me confiant d’anciennes velléités de devenir comédien, j’aurais presque envie de croire que nos deux mondes peuvent se rencontrer sans entrer en collision mais …

Je t’ai dit tout ça puis je t’ai regardé partir tristement et j’ai commencé à m’interroger. Au fond ce ne sont que des foutaises,  la vérité c’est qu’il manque quelque chose, on ne s’emboîte pas. Je crois que c’est physique. Tu ne m’attires pas plus que ça. Je ne me vois pas t’aimer, tu comprends ?  

J’ai failli t’envoyer un message pour te le dire, nous avions été sincères et peut-être fallait-il l’être jusqu’au bout mais comment recevrais-tu cette sentence ?

« Salut, c’est Joaquim. En fait, je dois te l’avouer, physiquement tu ne me plais pas plus que ça. Bonne soirée à toi. Bises. »

Il vaut certainement mieux que tu continues ton bonhomme de chemin. Tu finiras bien par rencontrer quelqu’un avec qui tu t’emboîtes et toutes ces questions idiotes disparaîtront d’elles-mêmes.  

Ca ne se passe pas.

Que pourrait-on trouver de plus pertinent ?

Interlude blond (The Smooth Criminal)

J’ai relevé la tête et mes yeux sont tombés sur les siens. Nulle trace de rage guerrière ou d’anxieuse fébrilité, j’y ai trouvé une douceur apaisante. Elle a soutenu mon regard et elle a souri, comme ça, franchement, à la fois bienveillante et malicieuse. J’ai perdu le contrôle de mes lèvres, elles lui ont rendu son sourire et ont formé un salut silencieux.

Elle marchait vite elle aussi, je n’ai pas eu le temps de m’attarder sur ses boucles blondes et ses minuscules taches de rousseur mais si elle s’était arrêtée pour m’embrasser, je l’aurais laissée faire. Je crois même que j’en avais envie.

Après avoir surfé entre les passants, je me suis retourné plusieurs fois pour la regarder encore mais la belle criminelle était déjà loin et je ne la reverrai surement jamais. Elle m’a laissé cette question, angoissante, déstabilisante, si fondamentale qu’elle me donne le sentiment que je me perdrais à m’y aventurer trop :

- Et si depuis le départ j’avais fait le mauvais choix ? Si l’amour que je cherche chez un garçon n’existait pas ?

J’ai tenté de m’apaiser en me disant qu’il n’y avait pas de choix à faire, qu’il fallait seulement se laisser porter par la vie et saisir les instants mais les vagues m’entraînaient et je savais que la question reviendrait, un jour parmi d’autres, sans rencontrer jamais la certitude d’une réponse définitive.

L’Amour

 

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- Quand j’aurai trouvé l’Amour, je …
- L’Amour, tu n’as que ça à la bouche ! Tu peux aussi ne jamais le rencontrer, ça t’arrive d’y penser ?

Chinma s’en veut tellement de ne pas avoir eu l’audace de diriger sa vie qu’il aimerait que le monde entier souffre avec lui mais il peut m’espérer longtemps… Et puis, non ça ne m’arrive sincèrement jamais d’y penser…

Malgré mes grands airs et mes ambitions, je suis un garçon monstrueusement simple dans ses envies. Ce que j’attends de l’existence, vous pouvez le trouver dans tous les films ou dans tous les bouquins qui meurent sur les étagères de votre bibliothèque, même votre boucher en parle quand il est ivre.

Je veux un copain, une maison, et un peu d’argent pour cajoler le tout. Je veux … l’Amour.

Maintenant que le tabac est lui aussi en passe de devenir un souvenir, l’Amour est la seule drogue à laquelle je m’adonnerai jusqu’au dernier tremblement.
C’est une dépendance si universelle…

Il y a bien ceux qui vous répètent qu’ils ne mangent pas de ce pain là et vous assènent aigrement que « l’Amour, c’est le calice des gens trop simples pour avoir des passions plus nobles » ou n’importe quoi pour cacher leur extraordinaire misère affective. Ils mentent. Ce sont ceux là mêmes qui feront mine de ne pas vous connaitre quand vous les retrouverez un an plus tard, derrière une église, en train d’essayer de se faire une place à côté de leur impressionnante belle mère sur les photos nuptiales.

L’amour ? De Platon à Platini, de Sartres à Sarkozy en passant par Bacon ou Francis Bouygues, tous succombent un jour à ses sirènes. Quant à vous, si vous ne l’avez pas encore trouvé, vous l’espérez, vous faites bruler le soir des chandelles roses parfumées au patchouli en lançant à la lune des suppliques incandescentes. Ce n’est pas la peine de nier, j’ai vu vos yeux briller. Quant aux requêtes Google ou Yahoo qui vous ont conduit jusqu’ici, elles sont sans appel : « Kevin mon prince charman », « je l’aime à mourir », « mon cœur et en miete », « je ch sortilège amoureux gratuit», etc …

Mes dons médiumniques ont des limites, je ne sais donc pas ce qu’il en est pour vous mais de mon côté je n’ai pourtant aucune raison objective de vouer un culte à l’Amour. C’est même la chose la plus triste qui me soit jamais arrivée.

Des trahisons, des abus de confiance, des passions sans partage, un bout de vie commune avec une crotte, des souffrances aigues ou latentes et quelques drames…

Malgré tout je n’ai jamais cessé d’y croire et parfois ça me surprend moi-même.

Pas plus tard qu’hier, je cherchais de la documentation sur la passion amoureuse et je suis tombé sur des textes qui voulaient expliquer l’Amour par la psychologie : vous aimez cette personne à cause de telle ou telle autre superposition de névroses. Je ne veux pas savoir, je ne veux pas qu’on m’explique. J’aime les choses extraordinaires et j’ai envie que l’Amour continue de l’être.

C’est, pour moi, la chose la plus importante au monde, la seule qui compte vraiment. Je pourrais connaître la gloire, avoir l’argent, tous les plaisirs du monde, si je n’avais pas l’Amour, j’estime que je n’aurais rien. Je réfléchis trop et c’est peut-être par ce qu’il dépasse la raison que l’Amour me plait tant. Ce sentiment qui vous emporte, vous propulse ou vous jette à terre, si c’est un rêve de petite fille, et bien c’est un beau rêve et c’est celui qui me tient vivant.

Je suis hypersensible et romantique, j’avais fini par croire que j’étais mièvre, qu’il me fallait grandir, que les belles histoires n’arrivent qu’au cinéma… Mais au fond de moi, je vais rester comme ça, c’est ma nature et je veux cesser d’en avoir honte.

Alors … Chinma peut bien s’époumoner, je ne l’écoute que de ma facade éclairée. J’ai beau être un peu aigri, j’en ai conscience et je trouverai le remède.

Saint Antoine de Padoue, je sais rien mais je dirais tout, gimme gimme gimme a man, je le mérite après tout.  


Alain Souchon, au ras des paquerettes

  

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Coming out

 

 

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Je suis la chienne de Pavlov

 

 

 

 

La peur dirige ma vie depuis si longtemps

 

Do it to me doggy style

 

 

I’m every woman et autre chose encore

Je crois que je n’ai jamais été aussi prêt d’assumer ce que je suis véritablement.
Il n’y a pas une personnalité à laquelle on doit se cantonner, pas une seule case dans laquelle on doit entrer. On peut être tendre et sadique, drôle et austère, profond puis superficiel, les deux en même temps. On peut être une petite chose fragile mais imbue de sa personne et finalement très forte. On peut-être une brute fleur bleue, érudit passionné de telenovelas, pauvre en Armani, communiste résidant à l’hôtel Crillon, fan de Death metal et de Dalida…
Je veux rester l’exception qui confirme les règles.
Mort aux cases !
Je ne suis pas le jouet de mes contradictions, je suis mes contradictions et autre chose encore.
Je ne manque pas de personnalité, je suis riche de plusieurs personnalités qui font la mienne.
Il a dit « tu n’es pas limité ». Il a raison.
Je ne pensais pas qu’on pouvait se rencontrer soi-même dans l’apparent sordide d’un bordel en plein air.
Chacun son chemin…

« J’ai raté mon premier rôle,
Je jouerai mieux le deuxième,
Je veux que la nuit s’achève. »

 

Valses-hésitations

 

 

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J’ai un aveu à vous faire : je suis un garçon qui a du mal à prendre des décisions. J’hésite, beaucoup et souvent.

Par exemple j’hésitais à écrire un billet pour parler de «Hairspray». Je me disais que le cinéma ce n’est pas le sujet de ce blog, que ça ne serait pas raccord avec le reste. Comme s’il y avait une ligne éditoriale et comme si vous étiez des milliers à fréquenter cette page qui est déjà un joli bordel ! Je me disais aussi que, parler de cinéma, d’autres font ça très bien (voir dans mes liens) et puis que ce film n’est plus vraiment une avant première. Avant ceci j’avais même longtemps hésité aller voir ce film malgré mon abonnement illimité. En effet, je ne suis pas fan de comédies musicales, encore moins un aficionado des 60’s et, pour couronner le tout, la bande-annonce ne m’avait pas donné envie. Devant le cinéma j’ai continué ma valse et je me suis finalement décidé à prendre une place pour «Hairspray» en me disant «au moins si je vais le voir ce soir, la prochaine fois que j’irai au ciné (demain) ce sera pour un film qui me fait vraiment envie ! » !

Et bien je ne regrette pas d’être entré dans la salle parce que j’ai vraiment passé un très bon moment.

Pendant une partie du film le côté obscur en moi s’est évertué à me répéter que c’était naïf, voir mièvre, que Travolta n’était pas crédible en femme, que la partie «antiségrégationniste » du film était démago et qu’en plus cette comédie s’adressait clairement aux blancs… Cependant ça n’a pas réussi à gâcher mon bonheur et ce n’est pas ce qu’il faut retenir du film. En fait «Hairspray» donne plein d’entrain, c’est un bonbon acidulé, du bonheur en laque. Les passages chantés sont excellents – mes jambes bougeaient toutes seules, hors de mon contrôle -, la jeune héroïne resplendit et quel plaisir de revoir la toujours divine Michelle Pfeiffer ! Hairspray c’est magique ! Je suis ressorti de la séance avec l’envie de danser et de télécharger la bande originale dès que je serai de retour chez moi.

 


Je vais finir par croire que lorsque j’hésite à voir un film c’est le signe qu’il va me plaire puisque la dernière fois que c’était arrivé c’était au sujet de «Ratatouille» qui m’a très agréablement surpris. Je ne résiste d’ailleurs pas à l’envie de vous en toucher un mot.

«Ratatouille» c’est l’histoire de Rémy, un jeune rat qui veut devenir cuisinier. Comme vous vous en doutez, ce monde n’est pas vraiment préparé à manger les mets confectionnés par un rat et c’est le sujet du film, qui pourrait presque être envisagé d’une manière queer : accepter qui on est, l’assumer mais aussi et surtout croire en ses rêves. Le «mentor » de Rémy, un grand chef, a écrit un livre qui s’appelle «tout le monde peut cuisiner » et ça va être le leitmotiv du personnage et du film. La vision de la France par les Américains est toujours assez surprenante, voir déplaisante, mais je trouve que «Ratatouille» est un bon dessin animé, intelligent en somme.

Alors, je n’hésite pas plus longtemps au sujet de ce billet et je le poste car ce blog est définitivement un foutoir ! Il ressemble un peu aux draps de votre lit quand vous vous réveillez en pleine nuit pour vous rendre compte que vous avez été victime d’une petite … pollution nocturne.

 

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Emancipation

 

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Je suis décidé à ne plus suivre les conseils des autres.

Force est de constater qu’ils sont tous comme moi : des humains tombés ici sans mode d’emploi, qui avancent comme ils peuvent en essayant, en tâtonnant, en faisant leurs propres erreurs pour découvrir qui ils sont et ce qui leur convient.

Ils n’ont pas plus que moi la science infuse et ils n’ont aucune idée de ce qui est bien pour moi.

J’écouterai leur avis mais je ferai mes propres choix.

C’est probablement une phase de cette adolescence que je rejoue mais ça n’a aucune importance.

C’est comme ça.

Ils me semblent que certains ici bas cherchent une poupée, un pantin, à diriger, à « driver ». Leurs motivations m’importent peu, je n’ai même pas envie de perdre mon temps et mon énergie à essayer de les convaincre de mon bon droit. Fuck them ! C’est ma vie et c’est tout ce que je possède, je lui donnerai la direction et le sens que je veux, en n’en faisant qu’à ma tête.

I wanna be free, i wanna be me.

Upload (to myself): Il serait aussi intéressant que je ne demande pas à ceux que j’aime d’être diiférents de ce qu’ils sont. Dont acte. Act !

 

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Coming out : je suis Scooby Doo

 

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J’ai l’impression de jouer dans une version bizarre de Scooby Doo : les gens qui m’attirent finissent tous par s’avérer être « peu recommandables » (pour rester correct).

Au moins dans le dessin animé on sait à quoi s’attendre, ça se passe toujours après qu’un chat noir ait traversé la route, un soir de pleine lune pendant la fête d’Halloween qui tombe un vendredi 13.

Moi ça ne prévient pas, freestyle : tout va bien, pas de problème en vue et d’un seul coup, sans même être précédés d’une musique angoissante ils retirent leurs masques et le monstre en eux apparaît.

C’est assez flippant et ça n’incite pas à essayer de faire des rencontres, ça donnerait plutôt envie de s’isoler totalement.

En tout cas la prochaine fois que quelqu’un m’intéressera il faudra que je me demande rapidement ce qui ne va pas chez lui puisqu’il est de plus en plus évident que moi j’ai vraiment quelque chose qui cloche.

Est-ce une malédiction ?

Est-ce lié et des vies antérieures et un karma particulièrement mauvais ?

Quand est-ce que ça a commencé ?

Y a t-il une solution ?

Trouverai-je un jour mon Sammy (oui, je préfère encore ça à la gym-queen péroxydée et tête à claques qui jouait dans la pub pour les malabars) ?

Est-ce qu’il y a vraiment des gens qui ont vu le(s) film(s) du même nom avec Sarah Michelle Gellar ?

Enfin et surtout, est-ce que Magali va sortir du château ?

Tels sont les thèmes que nous aborderons peut-être ou peut-être pas dans la suite de notre programme.

 

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« Je suis fatigué, je suis épuisé… »

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Peut-être pas.

Hier j’ai espéré qu’il m’appelle toute la journée. Je me suis même connecté sur msn en espérant l’y croiser. Personne. La nuit dernière l’espoir est retombé comme une chute de tension. Léo m’expose ses théories sur la solitude, « on est toujours seul «  mais connaît-il celle que je vis ?

Aujourd’hui j’ai hésité à envoyer un e-mail à ma nouvelle obsession, j’ai tenté de penser stratégie, ne surtout pas avoir l’air désespéré. Finalement je l’ai croisé sur le net dans l’après-midi. Il m’a dit qu’il avait trouvé, quand on s’est rencontré, que j’avais l’air fatigué sur un plan général, que je devrais réduire encore le traitement antidépresseur qui me reste.

Oui je me sens fatigué, souvent sans énergie mais j’ai encore diminué de moitié il y’a peu, je ne prends presque plus rien et en ce moment j’ai souvent des crises de larmes, au minimum une fois par jour. Quand j’ai quitté Toulouse il y’a 3 mois ça ne m’arrivait plus, c’est comme si cette maison m’avait à l’usure. J’ai peur de ne jamais m’en sortir. Je me sens désespérant, tellement que je ne veux plus parler aux gens qui me restent de mes problèmes, de mes états d’âme. « Je m’abîme d’être moi-même « .

Oui je suis fatigué.

Je ne sais pas combien de fois on peut toucher le fond, moi j’ai pris de l’avance pour mes vies prochaines.

Tout à l’heure j’étais sur un forum et la tristesse m’a sauté dessus au milieu d’une ligne, les larmes se sont mises à couler et ça n’en finit plus. « Rien ne justifie ». Je ne sais pas si je tiendrai longtemps.

Ma mère m’a parlé hier comme à une merde et je pense de plus en plus sérieusement à les considérer comme mortes, elle et ma grand-mère, si un jour j’arrive à m’enfuir d’ici. Léo me conseille d’ailleurs de commettre un meurtre symbolique mais bon sang que ça me coûte !

Solitude ! Ici jamais personne n’a essayé de me comprendre ou de me connaître, elles parlent de moi, elles s’adressent à moi comme si j’étais cet enfant que j’ai voulu tuer il y’a bientôt 20 ans. Pourquoi ne veut-il pas mourir ? Pourquoi reste-t-il à l’intérieur de moi, à me torturer sans relâche ?

On s’accorde à dire que je suis un mec bien, un gentil garçon mais pourquoi alors est-ce si dur, pourquoi moi ?

Je ne suis pas doué pour la vie.

Souvent je repense à la fin du Petit Prince et moi aussi je voudrais retourner d’où je viens même si je ne me rappelle pas où c’est ni même si c’était bien. Parfois on aspire à rien d’autre qu’au repos, à la fin des souffrances.

Il y’a quelque temps je regardais un des premiers épisodes de « Grey’s Anatomy » où Meredith dit à une patiente anorexique « la vie c’est beaucoup plus simple mais tu ne le sais pas encore ». Ces mots résonnent en moi, je ne sais pas non plus mais je sens que ça ne doit pas être ça la vie.

Ma grand-mère me dit souvent que je n’ai manqué de rien mais à moi il me semble que tout m’a fait défaut, que je suis dans l’incapacité de vivre et d’être heureux. Je suis un survivant.

Finalement la nuit ne m’a pas quitté, ça fait bientôt 20 ans qu’elle m’accompagne et je suis véritablement épuisé. « Je cherche le soleil… «  Qui pourrait comprendre et à quoi ça me servirait qu’on puisse le faire ?

Sur msn j’aurais voulu lui dire « faut pas me laisser traîner là « , HELP mais à quoi bon ? C’est ma galère, mon interminable chute, « la mauvaise pente, comme toujours ».

J’explore les nuances de la fatigue et je pourrai bientôt écrire une encyclopédie de la désespérance et du dégoût.

Dieu que je suis las !

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(Coming out) Un acouphène au coeur

 

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5 ans que c’est fini. Pour moi la maladie aura été plus fidèle que nous. Elle s’est répandue dans chacune de mes particules peu à peu. Implacable, elle m’a envahit en une succession d’innombrables stades : de la tristesse au manque, de la colère au désespoir, de la haine à la jalousie, du rejet au déni avant de recommencer dans d’infinies nuances. Toutes les émotions négatives semblent contenues dans ce que tu es devenu pour moi : un bruit de fond désagréable, un acouphène dans le cœur.

Je pensais t’avoir oublié. J’ai cru m’être débarrassé de toi mais toujours tu finis par me rendre visite. Ma solitude est ton lit.

Ce soir tu es venu.

Je cherchais dans le frigo un dessert invisible et te voilà à mes côtés. Je m’aperçois que je suis chez toi. D’abord tu essaies de ruser en prenant une autre forme mais je te reconnais. Je me suis tant baigné dans ton odeur que maintenant je devine ta présence, je te sens. Je tourne la tête et je te considère sans surprise car au fond tu as toujours été là. Tu guettais dans la nuit le moment où je m’abandonnerais à la tentation de te laisser entrer. Tu t’entends si bien avec mes faiblesses. Je fais comme si je ne voyais pas ton sourire arrogant et je continue à chercher ce stupide dessert. Je mets ton frigo sans dessus-dessous comme si ton apparition avait décuplé mon appétit. Ca a l’air immense, je fouille mais je ne trouve pas. Tu prends ce ton paternel si familier et, pédagogue, tu m’expliques les vertus d’une de tes dernières trouvailles, une sucrerie exotique et raffinée qui finira probablement dans toutes les assiettes mais la tienne d’abord. Tu essaies de me convaincre de la goûter, je vais adorer. Je n’en veux pas, je veux ce putain de chocolat liégeois ! Sans quitter ton sourire, tu me demandes de te laisser la place. Je ne refuse pas, je ne sais pas chercher et tu sais si bien trouver. Planté derrière toi j’essaie d’évaluer ce que je ressens. Je suis curieusement calme, les battements de mon cœur sont réguliers, je ne transpire pas. Tu sors ta sale bouille d’enfant terrible du frigo et tu me tends le dessert dont je ne suis plus sûr d’avoir envie. On se regarde encore et tu souris. Je n’ai jamais vu des dents aussi blanches.

Puis sans que je comprenne, nous sommes de nouveau amis, nous quittons la maison et commençons à marcher sous le soleil. Nous bavardons, nous sommes un flot de paroles intarissable, comme avant. Avec l’enthousiasme de l’inédit tu me racontes une de ces blagues que j’ai déjà entendu mille fois et je me surprends à rire. Je tourne la tête pour t’observer et je te découvre monté sur un grand cheval noir. Pas vraiment surpris, je m’arrête pour lui caresser le museau. Je cherche mon reflet dans ses pupilles puis nous repartons. Du coin de l’œil tu as fier allure, je ne te savais pas si bon cavalier.

Après quelques pas je me rends compte que j’ai oublié ce fichu dessert chez toi et que je vais en avoir besoin. Tu me demandes si j’en suis sûr et j’acquiesce. Evidemment que j’en suis sûr, je sais ce dont j’ai besoin ! Je reste calme, tout ça pourrait m’énerver mais non, je ne ressens rien. Tu entreprends de faire demi-tour pour retourner chercher l’objet de mon obsession, à cheval ça ira plus vite. Je me tourne et je ne suis plus qu’un regard vers toi, hypnotisé. Quand tu atteins le milieu du chemin devenu gigantesque, à tes côtés j’aperçois une silhouette noire que je ne reconnais pas. Il me semble que vous parlez tout en continuant à avancer ensemble. Le rythme de mon cœur accélère légèrement. Arrivés à un embranchement, à quelques mètres de la maison, ton compagnon s’engage sur la droite. Mon cœur s’emballe mais tu poursuis ta route, seul. Et puis, alors que tu touches au but, tu reviens en arrière et, sans que j’aie le temps de comprendre ce qui se passe, tu rejoins la forme noire, au galop, et vous disparaissez dans l’horizon sans même jeter un œil dans ma direction.

Je me réveille, je te cherche dans le lit et même si je ne te vois pas je sais que tu es là, je sens ta présence. Je regarde l’écran de l’ordinateur qui était resté allumé, je mets une chanson de déprime et je laisse le vernis s’étaler sur mes joues. Tu ne me quitteras donc jamais ?

 

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