Archives pour la catégorie Des jours carte postale

Dr Sigvard d’Urdelaffoeil, Plantologue agréé

Diplômé de la Faculté de Plantologie Appliquée à Mequouille (Bordeaux V).

Reconnu d’utilité publique par un colloque de 17 pairs.

Ensemenceur officiel de la République. Autorisation 153.123.0.1

VU A LA TV

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La vie secrète des plantes, un documentaire des années 80 passionnant sur les plantes : sont-elles douées de sentiments, peuvent-elles apprendre le japonnais,  savent-elles danser ? Malheureusement, je ne trouve plus de version française :

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Fol espoir

La route est longue, boueuse, inhospitalière et indocile. Le voyage se fait de nuit, aux heures les plus froides, quand le brouillard se mêle au givre. Les grillons ne chantent plus, ils sont tous fous. Les fossés sont remplis des déchets toxiques d’un empire industriel dont personne ne peut se rappeler ni le nom ni la substance.

J’ai aperçu un enfant qui cherchait des cafards. J’avais faim, moi aussi et je me suis demandé avec effroi combien de temps les pauvres chairs de son petit corps me permettraient de tenir.

Il va mourir, de toute façon. IL VA MOURIR. N’est-ce pas évident ? Tu lui rendrais service. Et à toi aussi.

Je suis tellement fatigué que j’oublie de plus en plus souvent où mène cette route et ce que je peux bien faire là. Je me réveille de mes absences assis ou couché sur le sol et malgré tous ces mois d’errance à l’agonie, mon premier réflexe est encore de chercher l’heure à mon poignet.

EST-CE QUE JE L’AI TUÉ ??

Non, je ne suis pas un tueur, pas du tout. Je suis plutôt une gentille personne, je suis la plus gentille personne que je connais. Il était si effrayé qu’il n’arrivait plus à dormir. Je l’ai bercé dans mes bras puis je l’ai aidé à retrouver son chemin. J’ai fait ce que j’ai pu. Comme toujours.

Je me souviens, je suis sur la route de Saint-Nazaire ! Les dernières personnes encore saines d’esprit avec qui j’ai parlées avaient entendu dire qu’on y trouve des bateaux qui vont jusqu’au sud des Amériques. Il paraît que là bas ils n’ont pas été touchés, que tout est comme avant.

Comme avant.

Je suis un gentil garçon. Je n’étouffe pas les enfants après qu’ils m’aient accordé assez de leur confiance pour s’assoupir à mes côtés. J’essaie d’aider les autres. Je mérite une autre chance. Quand je serai enfin à Buenos Aires, je reconstruirai ma vie. Je rencontrerai peut-être une jolie muchacha, je trouverai un travail et une maison. Je ne penserai plus à manger des enfants.

Pour l’heure, je vais faire un feu de camp avec de vieux habits, de la terre et des cartons puis je m’allongerai pour contempler la lune. C’est la même qu’on voit de Buenos Aires. Sauf qu’elle y est plus belle, je le sais. Tout s’illumine quand on le regarde avec sérénité.

Ce soir, même la faim m’a quitté. C’est sûrement ce qui arrive après un long jeûne. J’ai un peu mal au crane et mes oreilles bourdonnent. Il m’a semblé entendre une meute de chiens au loin. Est-ce que je vais mourir cette nuit ?? Non, Dieu ne le permettrait pas. Je ne mérite pas ça, je suis quelqu’un de bien. On n’en fait plus des comme moi. En fait, il se pourrait même qu’on n’en ait jamais fait.

Buenos Aires, je serai là très bientôt. Le vent est incertain et la route meurtrière mais je garde le sourire, je crois en toi.

Sur ma route

Je fais apparaître des billets de banque sur les trottoirs, tu projettes des rollers sur les boulevards. Sommes-nous seulement un des jouets de Paris ? Que lui importe ?! Des millions d’autres la piétinent ce soir…

Lui, je ne suis pas là pour voler sa place, il m’a fallu si long temps pour trouver la mienne – ni trop étroite, ni trop lâche – que je ne la perds plus des yeux. Je vogue sur ma ligne, qu’elle file ou qu’elle bouchonne, qu’elle soit droite ou tordue, je n’en poursuis pas d’autre.

Je te connaissais déjà, voilà, je sais qui tu es, mes neurones n’y sont pour rien, j’ai retrouvé ta trace tout au fond de moi, j’ai suivi les quelques cailloux que tu avais laissés là pour que je te rejoigne.

Tu es beau, mon ami, nu comme moi dans ce halo de vérité. Je ne crois pas qu’on puisse se trahir  si loin des faux semblants et des vaines espérances.

Quelques jours encore et je repars dans le gris et le froid. J’ai un peu peur, juste un peu mal.

Je reviendrai.

213 mots

 

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Il faut marcher et marcher encore, rejoindre les lumières tant qu’elles brillent. Il regarde sa montre en haletant. Les aiguilles ont disparu. Quelle heure peut-il bien être ? Depuis combien de saisons court-il dans le noir ? Ses jambes chancellent, sa gorge sèche est une douleur mais il ne doit pas s’arrêter. Même si le temps n’existe plus, il n’en a pas suffisamment pour chercher une fontaine dans la ville morte. Il les entend derrière lui, elles sont encore loin mais ne tarderont pas à le rattraper s’il s’autorise une escale. Au milieu du trottoir, juché sur le flanc d’une poubelle renversée, un rat l’observe en frottant ses pattes avant l’une contre l’autre. Est-ce qu’il rit ?  Il chasse cette idée en accélérant le pas. « Seigneur donne-moi un peu de force, ne les laisse pas gagner, pas encore, pas toujours » mais personne ne répond. Il plaque ses mains sur ses oreilles froides et fredonne une vieille mélodie pour faire taire les sirènes de la nuit.  Si les lumières brillent au devant c’est qu’il y a des gens, peut-être des semblables, qui vivent là-bas.  Il doit les trouver, coute que coute. Il ne faut plus réfléchir, il faut seulement courir.

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