Archives pour la catégorie Le vrai journal de Midinette

Tea time

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Seuls, nous sommes seuls. Même accompagné je resterais seul. Alors pourquoi aimerais-je tellement l’être, accompagné ?!! Hier Francis, que j’ai rencontré sur un ‘tchat’ homo m’a demandé si je voulais aller boire un thé avec lui aujourd’hui dans un bar de Toulouse. J’ai dit oui en pensant « non mais il faudrait bien que je me décide à rencontrer « du monde ». J’étais en train de discuter (toujours sur msn, mon qg) avec John, un ami marseillais. Il m’a conseillé de le voir. Il a raison , il faut tenter, oser le rencontrer sinon comment savoir si c’est Lui, celui que j’espère depuis si longtemps maintenant ? Pourtant je sens bien déjà que ce n’est pas Lui. D’ores et déjà, par nos nombreuses discussions je vois bien que Francis et moi nous n’évoluons pas dans le même univers. Néanmoins qui évolue dans mon univers ? Personne. Il s’agit alors peut être de vérifier que ce n’est pas lui. Tout prendre à l’envers, bouleverser les shémas pour arriver ni plus ni moins au même endroit: seul , seul et froid. L’idée de boire ce thé avec lui m’effrayait: j’avais peur de ne pas savoir dire non s’il voulait coucher avec moi. Avec combien de mecs ça m’est arrivé de ne pas dire non pour ne pas leur déplaire ? John m’a rétorqué « libre arbitre » mais je n’ai pas réussi à lui faire comprendre à quel point cette notion est floue quand on a une conduite pathologique comme la mienne. Je passe ma vie à vouloir plaire aux autres, la séduction est le seul mode de fonctionnement que je sache utiliser. Quand je ne le fais pas pour quelqu’un qui éxiste vraiment en dehors de moi, je le fais pour celui que j’invente, inconsciemment dans ma tête. L’enfant que je reste n’a jamais su (pu ?) dire non. Il fait ce qu’il imagine que les autres attendent de lui.

Dans l’idée de cette rencontre je me suis levé plus tôt que je voulais. 14h30: certains diront que j’abuse, que je ne me suis pas levé tôt mais quand on a l’habitude de se lever à 16 ou 17h, et bien c’est un changement, c’est déjà faire quelque chose pour quelqu’un. Je me suis douché et habillé, j’ai fait mon lit. Tout ça je l’ai fait pour pouvoir être pret à partir dès que Francis le voudrait. Déjà j’étais à sa disposition et ne voulait pas le faire attendre. Quand je me suis connecté il n’était pas là. J’ai envoyé un sms pour lui dire « je suis sur msn », ce qui sous entendait « je suis à ta disposition pour aller boire ce thé ». Il n’a pas répondu. Je n’ai pas dit à John, que j’avais retrouvé sur msn, que c’était insultant, ce silence, que je mérites mieux que ce « dédain ». Je pourrais faire la liste de ce que je n’ai pas dit, de ce que j’ai retenu pour ne pas paraitre arrogant et égocentrique: comment me permettrais-je , je n’ai aucune importance ! Francis s’est connecté, je n’ai pas parlé de ce thé, lui non plus. Et puis j’ai sauté sur l’occasion quand il m’a demandé si j’étais sorti cet apres midi : « en fait je pensais que tu voulais boire un thé avec moi… ». Il m’a dit qu’il n’y a plus pensé avant d’ajouter devant mon silence qu’il se sent « épié par son ex qui vit encore chez lui ». J’ai creusé jusqu’à ce qu’il « avoue » que ce n’était pas son ex le jaloux de l’histoire mais lui, qui a mal de voir son ex prendre son envol. Rencontrer quelqu’un d’autre c’est probablement l’autoriser à prendre cet envol. Peu importe, j’ai dit « c’est pas grave ». Pour un peu c’est moi qui me serait excusé…

J’ai continué mes conversations msn, suis tombé sur Pablo, un espagnol rencontré sur le même site il y’a quelques temps. Pablo est aussi un timide, il trouve des excuses pour repousser une rencontre où nous devons « faire des calins ». J’ai décidé alors de le brusquer, d’accélerer les choses. Quelle est la part de moi qui la fait pour correspondre à l’idée de John qu’il faut oser ? J’ai dit « il faudrait qu’on se rencontre enfin, tu es libre maintenant ? »; il rentrait de Barcelone, était fatigué. « Et ce soir ? -Ce soir je dois diner au chinois avec des amis mais je ne sais pas si c’est toujours d’actualité. » On a changé de sujet jusqu’à que j’ose lui dire « Il faudrait que je sache si on se voit ou pas, si on ne se voit pas je prévoierai autre chose ». Je ruminais sur l’idée que je semblais à leur disposition à tous, et qu’il fallait que ça change. « Je vais appeler mes amis pour savoir » a-t-il dit .

Moi j’ai pris la décision de ne pas attendre sa réponse et j’ai débloqué Julien,lui aussi rencontré sur le même site (!!!) il y’a quelques temps. Il vit en couple mais a envie de follâtrer avec moi. On avait même convenu de se voir le week end dernier, je devais confirmer le samedi mais je l’ai bloqué. Aujourd’hui l’idée était simple: trouver un plan. Je pense que je l’ai choisi justement parce qu’il est en couple et qu’ainsi je n’ai rien à en attendre, même si je suis incapable de ne pas penser qu’il peut y avoir un coup de foudre qui le forcerait à quitter son mec pour moi. J’ai déconnecté, et débloqué en constatant qu’il n’était pas en ligne mais à peine me suis je reconnecté qu’il m’a interpellé, restant hors ligne: « Salut comment vas tu ? Tu viens faire un petit tour sur msn ! » Ca m’a flatté, je n’ai pas evoqué l’idée que j’avais de le rencontrer pour un plan ce soir. Il l’a m’a devancé en me demandant si j’étais libre vers 23h. J’ai dit oui. Il reçoit des invités à diner ce soir mais compte s’éclipser après le diner en prétextant vouloir sortir. La dernière fois il m’avait proposé de venir me chercher pour aller chez lui mais ce soir son ami est là. « Un f1 ? » J’ai dit oui, j’ai mentionné que c’etait dommage de devoir payer un hotel juste pour avoir l’air … quoi ? soucieux de son porte monnaie ? Ou pour pouvoir dire que je n’ai pas un centime (ce qui est la vérité) ? J’ai commencé à psychoter sur mon apparence, sur mon bide, je lui ai dit et il a répondu exactement ce qu’il fallait : « Je ne cherche pas un apollon du milieu, j’ai du bide moi aussi – Dans ces cas là je suis d’accord ». Je ne sais plus comment il a formulé les choses mais ça voulait dire « tu souhaites qu’on passe la nuit ensemble ? » J’ai d’abord dit que c’était comme il voulait, qu’on verrait au feeling avant de constater qu’encore une fois je laissais l’autre choisir. Je me suis alors repris: « j’aimerai passer la nuit avec quelqu’un mais peut être que tu veux rentrer chez toi … – J’ai les animaux qui m’attendent, je dois être debout à 6h – Tu as quoi comme animaux ? – Chats, chiens et oiseaux » Je me rends juste compte en l’écrivant que l’excuse parait bidon et que de tels animaux peuvent bien attendre ! Peu importe, j’étais chaud et le suis probablement encore même si je n’en ressens pas les « symptômes ». Néanmoins depuis qu’on a convenu d’aller à l’hotel je ne peux m’empecher de me dire que je me fais penser à une pute. Quand Pablo s’est reconnecté je lui ai dit « bon je vois un mec pour baiser ce soir, je ne pouvais pas prévoir ma soirée en fonction d’une hypothétique rencontre… – Je comprends, je vais au chinois » a-t-il dit avant de me poser mille et une question sur le mec en question. A la fin il m’a dit « en fait je suis jaloux  » . J’ai trouvé ça curieux pour quelqu’un que je n’ai jamais vu mais ça m’a fait plaisir. Je lui ai dit « j’ai l’impression d’être une pute, a caude de l’hotel », il a dit qu’il comprenais alors que j’attendais qu’il dise « n’importe quoi ! » ou quelque chose de ce goût là. Pourtant si je fonctionne avec ma raison je me rend bien compte que c’est idiot. Néanmoins cette idée ne veut pas me quitter. L’idée d’être un objet sexuel pourrait même bien m’exciter.

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Chronique d’une vie.com

Pour la deuxième fois j’ouvre un blog. Est ce que je vais m’y tenir ? Etre rigoureux n’est en général pas mon fort… D’ailleurs pourquoi sur tous les profils astrologiques du Net Libre je lis que les capricornes le sont ? Je n’ai encore surement pas du me révéler à moi même. La quête de soi est la mienne, jour après jour. Je ne sais toujours pas qui je suis et pourtant j’ai terriblement besoin de certitudes. La toile devient quasiment  le seul monde que je fréquente. S’y perdre… Ca me rappelle un texte que j’ai écrit voici quelques semaines. Comme je suis enrhubé et je n’ai pas les idées claires je vais le copier ici…

 

Je relis son sms et pose mon téléphone. Clic gauche, j’ai le monde au bout des doigts, effaçable, reformatable à l’infini, Internet m’a manqué et cet ordi presque autant qu’un ami. Ici tout est chimère, c’est finalement ce que j’y cherche. Entre deux bandeaux publicitaire un apollon m’invite à l’amour. On peut s’y perdre, qui peut veut parfois. Un clic et les Etats Unis me regardent regarder ma caméra. Je suis à Washington,à Nancy et à Rome,un autre Narcisse, une autre époque. S’y perdre, s’y dissoudre en pixel. S’y chercher? Surement pas.L’essence de ma quête est pourtant là: une conversation sans fin, d’un contact à un autre, de branche en branche,de l’Ouest à L’Est.C’est grisant. Ou est l’Autre? Qui est-il ? Est-ce si important? L’Autre c’est moi qui le regarde me toucher en se touchant. C’est une réalité qui me plait: simple dans sa complexité. Ils t’énervent, mieux à faire, clique droit tu bloques. Clique droit encore, tu reprends. Rien ici n’est naturel, pas plus que moi et mes civilités presque oubliées pour un temps. Je tends la main pour ouvrir mon frigo minuscule,songer à commander sur fauché.com. Je regarde la météo des Hybrides presque aussi peu importante que celle derrière les volets fermés, au dessus du radiateur. Je rêve sur cette plage jaune soleil. Il s’agit d’oublier le corps chaud qui manque à mes cotés. Je clique encore, un oracle informatique me dit que « ça viendra », me dit que la patience est La Qualité. Je regarde la pub d’un chien robot qui semble faire l’affaire: 1500 fonctions jusqu’à la crotte du matin, port compris. Ou est le Vrai ? Surement au milieu de toute ces lumières blafardes. « Vous voulez connaitre la Vérité? »: l’affiche d’un film d’anticipation s’étale. C’est sûrement par là. Clic gauche. Un numéro de carte bleue suffit. Une voix metallique m’avertit d’un courrier.  » Plan Branle par cam, tré cho ». Un expatrié à Singapour.Je consulte mon agenda numérique, favori numéro 4: rien avant un rendez vous sur ma messagerie instantanée. Je fonce, je clique, gauche. C’est beau Singapour. J’avais pas imaginé ça comme ça, il y’a aussi des rainbow flags ! Comment se sentir perdu ?!!Je jouis, clique gauche, je raccroche comme on remonte son pantalon trop vite. Mon rendez vous est à l’heure. Discussion vive sur les républicains de l’Amérique, la seule, celle de google et ebay puis sur la mode, la vraie, celle de la page gautier.com en bas à droite. Les critiques de la page fashion.net.gouv.org.com sont unanimes, pas nous. Il quitte la messagerie, j’ai fini mon café. Je remet un clic dans le jukebox virtuel, c’est un beau refrain. Mon film du soir est bientôt téléchargé. Un autre sms m’avertit que ce soir il ne sera pas là, qu’il vient rarement. Un deuxieme horoscope me dit « Soyez patient ». Pourquoi pas ? De toute façon tout le monde finit par passer ici à un moment ou un autre. Ou j’irais de toute façon ? Dehors y’a trop de gaz d’échappement, de bruit et de gens qui achetent le Figaro. J’ai mis un contrôle parental sur le Figaro et le code dans la Corbeille, des fois que ! Clic droit, vue du Luxembourg. Le jardin, pas la ville: quelle idée !C’est reposant, y a même des oiseaux et un écureuil en 3D.Le film peut commencer: « Le bonheur est dans le pré », remasterisé, Dolby et tout et tout. Je relis son sms. S’il ne vient pas où va-t-il donc ? Il doit y’avoir une nouvelle messagerie qui m’enverra sa pub dans le prochain courrier.Rien de grave puisque j’ai mon portable. Clic droit,j’éteins la lumière.

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