Archives pour la catégorie Le vrai journal de Midinette

Midinette IV, l’empire des sens contre-attaque

Cher journal, depuis quelques jours je saisis les opportunités qui se présentent dans ma vie, je prends tout ce qu’il y a à prendre et crois-moi, ce n’est pas grand-chose.Hier soir, c’était un corps couché contre le mien qui ressemblait à mon idéal physique : carré, puissant, de légers biceps, un peu de ventre, du poil et encore du poil. Demain, je rencontrerai peut-être celui qui aurait su s’en servir puis après demain, un visage qui me plairait et enfin, un jour, il est bon de rêver, une conversation saura m’intéresser. Quelqu’un qui possèderait la panoplie complète ? Comme vous y allez, grand fou, ce n’est qu’un fantasme digne du docteur Frankenstein !

J’ai donné du plaisir au corps sous les poils – je suis doué pour ça – puis je l’ai laissé partir en me retenant de ne pas déjà chercher le suivant. On nous dit « Carpe diem », cueille l’instant mais quand l’instant n’est qu’une autre fraction d’ennui, On fait moins le malin.

Ce matin, après les deux heures de sommeil qui constituent mes nuits quand je ne fume pas, j’ai trouvé sur mon cellulaire le message d’un homme marié que j’ai croisé à plusieurs reprises dans les tasses du centre ville. Nous avons discuté au téléphone, j’ai pris une douche et je suis parti le rejoindre à son travail. Clientèle extérieure.

Il m’avait dit être tout près de chez moi mais j’ai marché presque une demi heure avant de trouver l’usine désertée qu’il surveille le week-end. Assis sur une poubelle renversée, nu au milieu de vestiaires mâles, sa tête entre mes jambes, j’avais l’impression de jouer dans un film porno, même si nous n’avions rien de comédiens, ce gros nounours et moi. C’était très agréable.

Avant de repartir, je lui ai demandé une cigarette puis une deuxième. En ce dimanche, je pouvais bien m’autoriser encore un petit plaisir, Dieu lui-même m’aurait donné son aval. Je rentrais d’un pas presque léger quand, en passant devant l’Eglise Sainte Régane, j’ai été surpris de voir autant de monde se rendre à la messe des Rameaux. Sommes-nous vraiment de la même espèce ces gens et moi ou nous contentons-nous de coexister péniblement ?

En approchant de chez moi, je me suis rappelé que je n’avais rien à y faire. Si la journée avait bien commencé, la suite du programme s’annonçait mortifère. Le sexe est mon seul luxe, quand je me réveille et que je commence à arpenter la toile comme une petite araignée nymphomane, il devient un objectif à poursuivre et la journée passe plus vite. A dix heures, je l’avais déjà atteint, que me restait-il à faire ?

Ecrire ? Je n’ai pas réussi à tracer une ligne depuis la lettre de refus de Marylin Bovary-Cublan, lectrice pour les éditions Le Gibouiboui :

«  …pas franchement captivant… conté de façon trop terne, monotone… n’a pas vraiment de qualités littéraires… l’écriture n’évite pas les lourdeurs…»

J’ai essayé de me dire que mes mots ne touchaient simplement pas sa sensibilité mais Marylin m’a fait mal, je l’avoue. Je me demande si ça sera comptabilisé dans son permis à points karmique ? Cependant, mon vrai problème avec cette critique, c’est que je pense comme elle…

Et puis, cher journal, tout ce sexe, est ce que c’est moi ? Je suis un sentimental, bordel à culs mais je dois bien me contenter des bonheurs disponibles. J’espère que ça m’aide à devenir plus libre, à rajeunir encore. Je voudrais un jour regarder ce monde avec légèreté, ne plus voir qu’un horizon dégagé. Quand on a dépensé tant d’énergie à essayer d’y parvenir, ce n’est pas possible qu’il en soit autrement.

J’aurai vaincu la ville Satan, tout le reste. Je serai fort, je serai fier. Je serai la quintessence de moi-même.

 

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Nowhere, Gregg Araki

 

 WE BELIEEEEEEEVE !  WE BELIEEEEVE !

Midinette, de cinq à sept

 Quelques semaines plus tôt, dans un monde parallèle

-   On partage du sexe. Ce n’est déjà pas si mal. Chez certains animaux c’est la quête de toute une vie.

Je n’ai jamais revu celui qui m’a dit ça. Il n’avait pas tort mais chez moi, ça ressemble à un casting géant qui durerait depuis quatre ans. Comme tu le sais, cher journal, c’est assez pathétique une midinette qui vit la vie d’une pute.

Encore à Toulouse,  je disais à Louis :

-    Maintenant que toute la ville t’est passée dessus, va falloir élargir à la périphérie.

Ca nous avait fait rire cinq bonnes minutes, nous ne sommes que deux enfants. Depuis qu’Elle est partie, je passe ma vie sur pédéland.net et la plupart du temps, je discute avec des gens d’autres départements. Ils me paraissent plus intéressants que les clones de la ville Satan et puis, j’ai parfois l’impression d’avoir fait le tour de ces derniers.

Je m’ennuie, cher journal.

Une fois, j’ai « baisé » jusqu’à l’écœurement. Dans un lieu de drague, j’ai partagé quelques instants avec neuf inconnus dans l’après-midi puis deux le soir. Ca ressemblait à du travail à la chaîne, j’étais devenu un morceau de viande ou une serpillère, je ne sais plus très bien. Je pense que la baisse d’estime de moi-même qui a suivi était surtout un effet secondaire « culturel ». Si nous étions tous des animaux libres qui ne se comparent pas aux autres, ce monde aurait des allures de gigantesque orgie décomplexée. Je suis nostalgique d’un Etat de Nature tel que le fantasmait ce vieux brigand de Rousseau. Je préfèrerais être entouré d’animaux libres que de clones automates.  

 

La seconde « cinéma », Nunca Jamás Che guevara

J’ai  vu « Che Guevara ».  Tous les protagonistes sont antipathiques, en particulier le personnage principal. Le pourquoi de la Révolution cubaine est à peine esquissé. Une heure et demie de guérilla dans la brousse entrecoupée d’interwiews ennuyeuses du Che, je me suis endormi avant la fin et mon cavalier aussi. J’aimerais remercier ici ceux qui ont décidé que ce film comprendrait deux parties, ça m’évitera une nouvelle heure et demie d’ennui.

Triste

Elle est morte un matin, il était 6 heures environ. A l’autre bout de la ville, dans la chaleur de mon lit, je me suis réveillé et j’ai regardé la pendule au plafond. Je crois que je savais déjà qu’elle était partie. Quand ma mère a téléphoné un peu plus tard, je n’ai pas voulu répondre et j’ai laissé passer trente minutes avant d’écouter son message.

-   Sois courageux.

Ca m’a mis en colère, il semble que ce soit ma nouvelle façon d’exprimer mon abattement.  J’ai retrouvé ma famille à l’hôpital – « Y’a même Georgio, le fils maudit » – et je me suis énervé dès que je les ai trouvés dans le couloir. Je devais voir Son corps, il le fallait absolument, et je croyais qu’ils essayaient de m’en empêcher. Je voulais être seul, avec Elle, la regarder une dernière fois et lui dire des mots inutiles. Elle n’a pas eu les funérailles qu’Elle méritait, je leur en ai voulu, un peu, mais je n’avais rien à dire, je n’ai pas d’argent.

Dans la chapelle, j’avais envie de chercher des noises à l’aumônier. La cérémonie ressemblait à un cours de catéchisme, je fulminais intérieurement : je me fous de ces foutaises, je ne veux pas qu’on profite de Sa disparition pour me refourguer sa came, j’en ai rien à battre de Lazare et de l’année où a été bénie cette bougie géante qui resservira pour le prochain cadavre…

Retour au crématorium après quelques années. Le cercueil descend, la musique classique exulte et moi, je m’effondre.

Elle est morte.

Je n’ai pas très bien compris.

Quelques jours plus tard, Didier est passé chez moi pour me donner son cadeau de Noël. Je n’avais pas envie de le voir, ça m’obligeait à chercher des mots pour parler de Son départ.

-   Au fait, Ralph m’a dit que tu avais l’air d’être un gentil garçon mais que tu étais triste.

Ce sont toujours les autres qui me font prendre conscience que je suis triste.  Sois courageux ? J’étais déjà triste avant qu’Elle s’en aille, peut-être même suis-je né triste, j’ai l’habitude. J’aurais voulu offrir à son absence le monopole de ce sentiment mais ce n’est qu’un  poids supplémentaire, certes plus lourd que les autres : le poids culminant.

Hiver

Le 3 janvier, après un accident vasculaire cérébral, Elle a été conduite au Centre Hospitalier Universitaire de la ville Satan. Malgré mon inquiétude, j’étais content d’être près d’Elle. Le premier soir, nous avons pu la voir dans ce qui ressemblait à une salle de réanimation. Sans ses lunettes, avec tous ces fils et ces appareillages autour, Elle paraissait dix ans de plus que lors de notre dernière rencontre mais Elle allait relativement bien. Elle parlait haut, son charisme ne l’avait pas quitté, on pouvait sentir que sa force majestueuse continuait d’émaner. Un chirurgien a rencontré ses enfants pour leur proposer une opération dont le détail m’échappe aujourd’hui. Les chances de réveil étaient trop infimes, ils ont préféré refuser. Le lendemain, malgré tout, Elle a du subir un pontage. Quand Elle est revenue du bloc opératoire, Elle n’était plus qu’une vieille ombre fatiguée.  Le chirurgien a été très pessimiste, il a laissé entendre que c’était probablement la Fin. J’ai passé les deux nuits suivantes à son chevet, je ne voulais pas qu’Elle meure seule dans cette froideur. Elle restait près de moi lorsque j’étais enfant et que j’avais été hospitalisé à cause d’une maladie bénigne ou d’un suicide raté. Elle a toujours été là, quoi qu’il arrive, quoi que je lui dise, que je sois aimable ou détestable. Couché sur un lit de fortune, je n’ai pas beaucoup dormi ces nuits là. Dès qu’elle faisait un mouvement, je rallumais la lumière car j’avais peur qu’Elle disparaisse sans crier gare et je voulais pouvoir lui tenir la main le moment venu. Elle est restée une ombre, son bras et la partie gauche de son visage sont paralysés et elle n’ouvre presque plus les yeux. Cependant, Elle n’a pas perdu ses capacités intellectuelles. Même si la plupart du temps on ne comprend pas ses mots, Elle parle, Elle répond aux questions et ça me rassure. Elle est toujours là. Son avenir est plus qu’incertain, la suite est fatalement sombre mais j’aimerais qu’Elle reste encore un peu.

Névrosé

-   Tu es revenu sain et sauf de ta visite à ta grand-mère ? Elle m’avait l’air digne de  Bergman…

-   Je ne connais pas bien Bergman mais j’imagine que ça décrit parfaitement ma grand-mère !

-   Tu devrais aussi regarder « Intérieurs » de Woody Allen.

Je l’ai téléchargé. Sa suggestion était très à-propos puisque chez Elle, j’avais visionné « Celebrity » avec délectation. J’aime Woody Allen.  Il est à part,  ses personnages me rassurent, leurs névroses me sont familières. En cette période déprimante, je voudrais rester blotti dans son univers.

J’ai passé trois jours chez Elle mais je lui aurais consacrée bien plus. Dans cette maison, je me regarde partir en morceaux puis, quand je suis rentré, je m’emploie à les recoller. Je traîne une immense culpabilité. Celle de ne pas être à la hauteur, celle aussi de la savoir seule chez Elle et de n’y rien pouvoir. Malgré tout, je ne peux compter que sur Elle et un jour prochain, Elle ne sera plus là. Cette perspective est  angoissante, je sais que lorsque ça arrivera, je me sentirai plus seul que jamais mais souvent, je repense aux mots d’un de mes anciens amis :

-   Tu vas me trouver horrible mais quand ma mère est morte, je me suis senti libre.

Je ne l’avais pas trouvé horrible, je comprenais pleinement.  J’aurais voulu être capable de vivre une relation apaisée avec  Elle et je m’en veux de ne pas y arriver mais je crois qu’Elle m’étouffe encore, qu’Elle m’empêche d’avancer (d’exister). Je la déteste et je l’aime plus que je n’ai jamais aimé personne.

 

« Pauvre Joey. Elle a toutes les angoisses d’une personnalité artistique. Mais sans en avoir aucun talent. » Intérieurs, Woody Allen

 

Trois jours

J’ai décidé d’aller passer trois jours chez Elle. Trois jours, comme un maximum, pour me donner bonne conscience, pour lui faire plaisir, pour la regarder en coin quand je fais semblant d’être absorbé par la télé, pour son chèque, pour ne pas être seul, pour qu’elle ne le soit pas non plus cet odieux soir de Noël, pour lui offrir un livre.

Depuis que j’ai acheté le billet de train, une angoisse sourde m’a tenu compagnie. En allant à la gare cet après-midi, j’avais très envie d’une cigarette et les pastilles de nicotine n’y changeaient rien. Je ne voyais pas comment j’allais pouvoir gérer sa compagnie, cette maison – ces murs – sans un écran de fumée. Je n’avais plus un centime, je demandais à mon ange de mettre sur ma route une cigarette, un billet,… Très en avance, je suis allé m’asseoir sur le quai. Cinq minutes à regarder les voyageurs d’un autre départ puis j’ai aperçu un paquet vert posé par terre à quelques centimètres de moi. J’ai cru d’abord qu’il était vide, je l’ai quand même soupesé …

-   Tu veux manger ?

-   Je vais d’abord poser mes affaires et fumer une cigarette. J’ai trouvé un paquet de tabac sur le quai de la gare.

-   Quoi ? Je croyais que tu avais arrêté.

-   J’avais… « Ca s’en va et ça revient… »

-   Tu ne devrais pas fumer ça. Et s’il y avait de l’herbe dedans ?

-   Si seulement !

-  Tu m’avais dit que tu avais arrêté, l’alcool aussi. Tu as recommencé tout ça ?

-   …

-   Hein ?

-   Je ne te répondrai pas. Je n’ai aucun compte à te rendre. Je fais ce que je veux de mon corps, de mon esprit, de ma vie. Je ne rendrai de compte à personne.

-   Merci !

Je n’essaie plus de lui parler depuis des siècles. Je n’arrive pas à la regarder. Je voudrais n’être jamais revenu, je voudrais l’oublier, disparaître, avaler n’importe quelle pilule qui m’offre la promesse d’être ailleurs pendant ces trois jours. Je gémis intérieurement : « Mais qu’est-ce qui s’est passé pour qu’on en arrive là. Mais qu’est-ce qui s’est passé ?! »

-   Alors, parle moi de ta vie.

-   Il n’y a rien à raconter.

-   Qu’est-ce que tu fais de tes journées ?

-   Je vis ma vie, je fais ce que j’ai à faire.

Qu’est ce que je pourrais lui dire ? Qu’avant-hier, j’ai passé l’après-midi à baiser avec un inconnu ? Que je me promène la nuit pendant des heures sur les bords d’une rivière en me parlant à moi-même, en m’inventant des histoires, en me projetant un futur ? Que j’ai écouté ce matin la même chanson vingt fois de suite parce qu’elle me ramenait à des personnes que j’ai perdues et que j’avais besoin d’un exutoire ? Que je sors dans des bars avec des gens et que, parfois, au milieu d’une phrase, je me sens seul et étranger ? Que j’écris des choses qui lui feraient pousser un hurlement de dégoût ?  Je ne peux rien lui dire de tout ça et rien d’anodin non plus car elle jugerait, elle critiquerait, elle essaierait de posséder ma vie en l’enfermant dans ses idées étriquées.

-  Tu me parlais, avant.

Avant. Avant lui, lui, lui et lui. Avant elle. Avant les déceptions. Avant les envies de mort. Avant la solitude. Avant l’errance. Avant ce chaos. Avant toute cette douleur.

Avant la nuit.

-  Tu es beau. Tu ressembles à ton père, c’est incroyable.

-  …

Peut-être même encore avant.

-  Tu as un petit copain ?

-  Non.

-  J’aimerais tellement que tu aies quelqu’un.

-  Alors il faut songer à le commander à La Redoute.

J’ai mal. Je ne comprends pas. Je ne sais plus qui j’étais. Mes souvenirs ici semblent appartenir à un autre. Je voudrais tellement partir avant qu’on se fasse encore souffrir. Je haïs Noël de toutes mes forces.

Midinette au pays des concepts

Cher Journal,

Il est 14h30, je viens de me réveiller dans un état brumeux.

Cette nuit, j’ai rencontré un homme dans le jardin. Encore une fois, il m’a semblé que j’avais de la chance, qu’une force mystérieuse accompagnait mes pas. Il était exactement le type de mec dont j’avais envie, il faisait l’amour comme j’aime et en plus on est allé chez lui (je n’avais pas envie de baiser à la va-vite). Il m’excitait terriblement, son visage me plaisait et j’ai repensé à ces deux personnes qui m’ont dit cette semaine  « il ne faut pas confondre amour et désir ».

Ils -j’appelle « ils » le magma des « autres » – Ils voudraient tous nous apprendre ce qui se fait ou pas, ce qui est bien, ce qui ne l’est pas mais la vérité c’est qu’ils n’en savent rien, eux non plus. Il y a la morale, il y a la religion, il y a tous ces mots et ces concepts qui ne sont que des inventions humaines. Il n’y a jamais eu de mode d’emploi pour vivre. Moi j’essaie de ne garder que quelques principes (qui me semblent) fondamentaux : ne pas faire du mal aux autres volontairement et être libre de tout tant que ma liberté ne prive personne de la sienne.

G.me racontait hier qu’au début de sa relation avec son compagnon, il s’était demandé si c’était bien de l’amour entre eux, si c’était plutôt de l’amitié ou encore autre chose.

Amitié, amour, désir, quelle importance ? L’essentiel c’est de vivre ses envies…

Tu ne pourras pas comprendre, cher Journal car tu es un journal et tu ne comprends rien.

 

F.Lo, panique dans l’univers impitoyable du PAF

 

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Critiquer la télé c’est un peu comme si je venais vous apprendre que le vide est vide mais quand on ressent, comme moi, le besoin viscéral de dire les choses et qu’on est célibataire, on se retrouve parfois à 3 h du matin devant la furieuse envie de décrocher son téléphone pour, par exemple, parler à un ami de la dernière émission consternante qu’on vient de découvrir sur NRJ 12, produit dérivé du groupe de radios dont les programmes réussissent à faire passer TF1 pour une chaîne d’avant-garde culturelle. Quand on touche le fond, on a besoin que quelqu’un l’entende, malheureusement mes quelques amis n’apprécient guère que je les réveille au milieu de la nuit, même pour les entretenir de sujets aussi essentiels…

Pour se convaincre de la profondeur du vide cathodique, il suffit de regarder, sur n’importe quelle chaîne, les animateurs qui reçoivent Frédéric Lopez s’émerveiller du fait que sa dernière émission soit le fruit d’un concept qu’il a inventé lui-même et non pas l’énième adaptation d’une émission américaine. C’est dire à quel point la télévision française est créative, irait-on s’étonner qu’un scénariste, un réalisateur ou un romancier ait développé une idée dans sa dernière œuvre ? Ceci étant dit, non seulement Frédéric Lopez est merveilleusement séduisant mais en plus il se paie le luxe de ne pas être creux et comme si ça ne suffisait pas, il va même jusqu’à sembler sympathique. Ca pourrait suffire à justifier qu’on regarde son nouveau concept « Panique dans l’oreillette » mais comme ce ténébreux ne fait rien comme tout le monde, il se pourrait même que ce soit intéressant, pour peu qu’on aime les émissions qui parcourent la vie plus ou moins privée des célébrités. F.Lo (prononcez Efflo, il mérite bien un diminutif , comme sa grande sœur J.Lo (prononcez bombasse portoricaine ))  y interviewe ses invités à l’aide d’une oreillette dans laquelle des proches de la star, cachés dans les coulisses, évoquent des anecdotes personnelles que le grand public ne saurait connaitre au sujet de son idole.  Grâce à ce stratagème, l’émission sort des sentiers battus sans sombrer dans l’indiscrétion et donne lieu à quelques rigolades, voir des révélations fondamentales dont je vous laisse juger l’intérêt tous les samedi à 18h45 sur France 2. Ainsi vous pourrez me dire si j’ai eu raison d’en faire un billet parce que, honnêtement, je n’ai jamais regardé « Panique dans l’oreillette », je ne suis pas vraiment amateur de ce genre de programmes. Moi, je me contente de me pâmer devant le charme animal de F.Lo©, je ne suis qu’une innocente midinette que la passion égare, c’est fou les conneries qu’on peut écrire quand on est dans cet état.

Pour me rattraper et clore cette parenthèse télé, j’avais envie de vous toucher trois mots sur une émission que j’ai déjà regardée, Pif Paf sur Paris Première qui, justement, s’intéresse chaque semaine à la télévision française. Je ne saurais vous offrir une critique plus pertinente que « j’aime bien » mais, vous l’aurez peut-être compris, je suis fasciné par la dentition de certains animateurs et celle de Philippe Vandel ne cesse de me combler. Il est l’Elu que nous cherchions et la maxime qu’il utilise avant chaque générique de fin résume assez bien ce qu’on peut penser de la télé telle quelle est conçue actuellement : « La télé, ce n’est pas de l’art, c’est un meuble ».

Dans un monde parallèle, univers inquiétant aux brushings impitoyables et où les midinettes dégainent leurs flingues pour s’assurer d’avoir le dernier mot, Sue Ellen a réussi son vingt-deuxième sevrage, JR complote, Bobby est temporairement mort, écrasé par la voiture d’une de mes consœurs contrariée et moi, je les quitterai bientôt pour revenir à mes égocentrismes.

 

Ecrans

Est-ce que ce sont mes dents qui ne sont pas assez blanches ou les leurs qui m’éblouissent un peu trop ?

Je ne regardais plus cette boîte depuis des mois et voilà que j’ingurgite des programmes télé jusqu’à l’écœurement. Ingurgiter, c’est à ça que ça me fait penser, à du fast food. Plus je passe d’heures devant cet écran, plus le monde me dégoute.  J’ai recommencé il y a peu et j’ai pourtant déjà l’impression d’en être dépendant. Qu’est-ce que je pouvais bien faire avant ? Il y a eu la période Daniel le sans pareil mais on se voyait surtout le soir… Alors quoi ? Des après-midi sur ces lieux de drague, c’est vrai, là aussi jusqu’à saturation. Anorexie puis boulimie dans tous les domaines. Que dire de toutes ces vidéos regardées sur Youporn ou ses innombrables clones ? Est-ce que ces gens existent vraiment ou ce ne sont que des images de synthèse ? J’ai l’impression que la surconsommation de ces deux écrans me déshumanise quand elle ne me révolte pas entre deux comas. J’ai un problème avec ce porno notamment, j’en regarde et je vais continuer mais plusieurs choses me mettent mal à l’aise. Une vision de la femme (je regarde du porno hétéro principalement), une vision de l’être humain en général, une vision du sexe assez détestables et surtout cette certitude que la misère psychologique ou financière de certain(e)s est exploitée par cette industrie, comme elle peut l’être par la prostitution classique. Brigitte Bardot disait au sujet d’autre chose « on ne va pas continuer à massacrer les phoques pour faire bander les chinois ! ». Et exploiter des gens pour me faire bander moi ? Bien évidemment je n’ai aucune envie qu’on interdise le porno, je suis un libertaire, alors que faire ? Las, toutes ces questions ne présentent aucun intérêt, il est 4h du matin et il serait temps d’aller regarder une rediffusion de Dallas. C’est un somnifère très bon marché même si je ne suis pas certain qu’il soit si anodin.

 

Ma vraie vie sur pédéland (point) net

Un après-midi sans tabac, sur une annexe de pédéland.net


Moi : Ca ne correspond pas à ce que je cherche. Bonne continuation

Lui : lol tu a raison va voir ailleur mdrr et tu finira en te branlant ce soir mdrr

Moi : j’ai parfois beaucoup plus de plaisir à me branler qu’à perdre mon temps avec des petites merdes comme toi. Donc oui, ce soir je vais me branler et c’est ce que tu feras aussi….

Lui : hahahaaha surement pas loulou je me branle jamais tout seul / et des petites merde comme tu dis c’est toi qui es venu vers moi et pas le contraire fils de chienne pour etre aussi débile ta mere a du ce faire metre par un negro ou un arabe

 

Il ne pensait pas viser si juste, après cette dernière phrase j’étais énervé au point d’en trembler. Je lui ai répondu les mots les plus acerbes que je pouvais concevoir mais j’ai constaté qu’il avait bloqué la réception de mes messages.

C’était une interface sans photo où on rencontre très peu d’habitants de la ville Satan et j’étais persuadé qu’il était, comme moi, connecté sur d’autres annexes. Je n’ai pas tardé à trouver ailleurs un profil qui correspondait totalement à mon nouvel ami, par son pseudonyme comme par son descriptif. Je lui ai demandé si c’était bien lui qui m’insultait et les mots tendres ont recommencé à pleuvoir, suivi d’une nouvelle fuite courageuse.

Je l’ai poursuivi sur un dernier site afin de lui envoyer ce message définitif :

«  Puisqu’on ne peut pas discuter avec toi, voilà ce qu’on va faire. La prochaine fois que je te croise sur un des lieux de drague que nous fréquentons tous les deux, je vais te défoncer la gueule, bien à fond. Et ça ne sera pas avec ma BIP. »

Comme si j’allais faire ça … Je voulais seulement qu’il ébauche un tremblement derrière son écran, qu’il cesse de penser qu’Internet le dédouane de toute humanité, de tout respect pour ceux avec qui il fait mine d’échanger.

J’ai du sortir pour prendre l’air et essayer de me calmer mais le monde entier était devenu une agression et j’ai maudit ma trop grande sensibilité, ses nerfs qui s’emballent pour si peu.

Ce n’est qu’un non-évènement, une broutille dans l’existence d’un occidental privilégié mais …

Parfois ce monde me semble dégueulasse jusqu’à l’insoutenable. Je deviens de plus en plus misanthrope, j’ai l’impression presque constante d’être un exemplaire unique, un alien parmi les terriens ou un terrien parmi les aliens et de ne jamais rencontrer personne qui parle mon langage.

«  Jeune « cérébré » sensible cherche désespérément un semblable »

Qui pourrait bien y trouver quelque chose à redire ?

 

NB : Deux heures après avoir écrit ça, en me relisant, je ne suis plus certain que c’est bien lui qui a déclenché les hostilités. « lol tu a raison va voir ailleur mdrr et tu finira en te branlant ce soir mdrr » : j’ai reçu cette phrase comme un « va te branler » mais les « mdr » étaient peut-être censé atténuer … Qu’importe, je l’ai vécu comme ça.

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