Archives pour la catégorie Le vrai journal de Midinette

Ma vraie vie dans mes commentaires

Ce qui suit correspond à deux commentaires personnels attachés au texte « 213 mots ». Ce n’est pas la volonté de pondre des billets sans se forcer qui me pousse à les publier ici, c’est encore l’envie de dire les choses, les miennes, et de répondre à ceux qui savent comment je dois vivre ma vie.

(…) Ailleurs ? Deux choses, mon voyage à moi est surtout un voyage intérieur, c’est celui qui est le plus important. Ensuite … Limoges.
Je raconte un peu ma vie dans les commentaires mais bon : ce soir je me suis presque disputé avec deux personnes au sujet de Limoges mais je persiste et je signe.
Si j’étais à Toulouse, je n’écrirais pas que je déteste cette ville et veux être ailleurs, j’imagine qu’il en serait de même pour Lyon, Nantes, Marseille, que-sais-je.
Limoges.
Je ne saurais te convaincre ni qui que ce soit de l’ampleur de l’horreur. Il faut le voir, le vivre et vivre autre chose pour mesurer.
C’est une punition depuis Napoléon, je n’ai rien inventé.
Chacun voit midi à sa porte et on peut certainement être heureux à Limoges mais il n’y a rien de ce que moi, j’aime dans la vi(ll)e ici.
Si j’aime Paris, sa perspective, c’est parce que c’est possible, à Paris tout est possible, si ça ne l’est pas là bas ça ne l’est nulle part en France. Si j’étais espagnol ce serait Madrid, anglais Londres etc… Possible, pas faisable, juste possible.
Puis tout ce que j’aime dans cette ville.
Ca n’a rien à voir avec une fuite, avec cet ailleurs qu’on emmène partout avec soi.
Pour prendre une métaphore, je suis un oiseau et je vis dans un bocal à poisson malheureux.
Alors, ailleurs, oui vraiment, j’en rêve ou j’en meurs, ça dépend des jours.

(…)

Ce blog a commencé à Toulouse, a échoué dans la creuse puis dans la ville-sans-issue. C’est effectivement parcellaire, non seulement parce que c’est une période donnée et aussi parce qu’il y a ce que j’écris et il y a tout le reste.
Ce que je n’aime pas – et je ne parle vraiment pas de toi – c’est que je croise des gens qui envisagent mon envie de vivre à Paris comme un désir idiot, un caprice d’adolescence ou une erreur universellement commise. J’ai 32 ans et si je veux y habiter, peut-être comme quelque chose de provisoire également (le temps me le dira), c’est parce que je la connais déjà, j’y ai passé des mois, j’ai appréhendé ses trottoirs, sa faune, ses rames de métro, de RER, ses jardins, ses mirages aussi. J’ai 32 ans, je le répète et si je ne sais pas grand-chose, je sais ce que je veux dans et pour ma vie et j’ai déjà un bout de route riche en rebondissements et en craquelures derrière moi (certains, à 60 printemps ou plus n’ont connu qu’une ligne droite). Je n’aime pas ça parce que c’est remettre en cause mon intelligence, ma lucidité et mes choix personnels. De plus des gens me parlent de Paris sans l’avoir jamais vraiment vécue, en se basant sur des témoignages de personnes qui en sont revenues (c’est donc que ça ne leur convenait pas), d’autres qui s’en plaignent (l’homme se plaint toujours de ce qui passe à sa portée, y compris de sa ville) ou surtout de leurs envies et de leurs besoins propres. C’est un peu comme si un hétéro voulait me convaincre que c’est bien plus agréable de passer sa nuit avec une fille qu’avec un garçon. J’ai habité ailleurs qu’à Limoges et je n’envisage pas du tout Paris comme un paradis sur terre (vraiment, vraiment pas) mais il y a des rats des champs, des rats des villes et aussi des rats des mégapoles. D’autre part, rien n’est définitif, ma vie n’est pas figée, je peux y partir, je peux en revenir. Un jour, plus tard, je veux habiter au soleil loin des foules. Avant, je veux essayer, je ne veux pas regretter de n’avoir même pas tenté de vivre mes envies. Au fond, je crois que les gens me sous-estiment. Je ne suis absolument pas déconnecté de la « réalité » de la norme.
Ma vie actuelle, ce transit, n’est pas dénuée de choix. Je ne travaille pas, c’en est un. Je ne m’encombre pas de gens qui m’indiffèrent, c’en est un autre. Je ne me force pas à vivre ce qui ne me convient pas.
En ce qui concerne la solidarité des petites villes (Limoges compte 140 000 habitants, 180 000 agglo) je ne l’ai pas rencontrée. J’ai rencontré quelques personnes très sympathiques mais j’aurais pu les trouver à Paris, Melun ou Tombouctou. Les parisiens ne sont pas vraiment agréables ? Et bien, le limougeaud est un parisien en pire, le cadre, le mouvement, le travail, l’ouverture, le côté cosmopolite, l’arbre des possible etc., tout ça en moins. (« ici même les rêves sont étroits »). Le toulousain c’est autre chose, sa surface est accueillante, ses relations peut-être plus superficielles mais il y a une dynamique dans la ville de Toulouse propre aux grandes villes et aussi à elle-même. Toulouse, j’aimais, c’était un lot de consolation très agréable. Je fais des généralités ici, mais il y a des gens formidables partout, bien sur et j’en rencontre quand même. Pour clore ce je-ne-sais-quoi de message, ce que j’attends de la vie, n’est pas une ville, n’est pas une carrière, n’est pas un objet. Je suivrai les choix de mon cœur et quoi qu’on en pense je sais que j’aurai raison. En d’autres termes, si je rencontre un jour l’amour, peu m’importe son lieu de villégiature. Si on veut être prosaïque ou connement statistique, Paris compte 2 millions d’habitants (11 millions agglo) et j’ai plus de chance d’y rencontrer des gens qui me correspondent (parce qu’il y en a plus mais aussi par leur choix de vie, leurs centres d’intérêt, etc …) et un mode de vie qui me convient qu’en crevant ici.

(…)

Midinette, es-tu là ?

 

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Cher  journal,

Je suis en train de tomber amoureux de la sublime Keny Arkana. Je la connaissais déjà grâce à « Victoria » et «  La mère des enfants perdus » mais après avoir téléchargé quelques morceaux supplémentaires je me rends compte que c’est non seulement une véritable artiste mais aussi une contestataire qui portent des messages intelligents et intelligibles. Qu’elle connaisse un succès certain la rend encore plus exceptionnelle au milieu de ces rappeurs Skyrock qui n’ont absolument rien à dire et le démontrent à longueur d’albums insignifiants trop souvent disques d’or.

C’est en l’écoutant ce matin que j’ai pris conscience que je me libére chaque jour un peu plus de Babylone. Je marche sur ses trottoirs et c’est encore là que je vis mais je ne lui appartiens plus. Je n’ouvre plus ses journaux, je ne regarde plus sa télé, je refuse d’être endormi encore par son ronron aliénant. Malgré tout, le vent a amené jusqu’à moi quelques relents des sujets qui bercent la ruche. A Babylone, on vit à l’heure de Pékin, on parle Chine et Tibet en agitant son éventail et moi, ça ne me concerne pas, je suis diablement vivant à présent.

Après dix jours sous nicotine, j’arrête à nouveau la cigarette. J’en fais un ennemi, je dois à tout prix réussir à me débarrasser de cette cage, je veux être complètement libre. Je recommence à ne plus dormir, à manger autant qu’une baleine en période de gestation et à être extrêmement irritable mais en contrepartie je suis dans une forme éblouissante. C’est comme si fumer absorbait toute mon énergie et me poussait à déprimer. Je m’acharne donc à résister à l’odieuse envie qui tenaille chacune de mes minutes.

Mes allocations de chômage arrivent à leur terme dans six jours et j’ai déposé hier un dossier de RMI. J’ai peur de ne pas savoir m’en sortir avec quatre cents euros par mois, il faut que je procède à des coupures budgétaires. Dans ce but, j’avais trouvé un appartement au loyer moins élevé. Après avoir bataillé avec le propriétaire qui ne voulait pas louer à un chômeur j’avais même réussi à repartir avec les clefs mais j’ai finalement décidé de ne pas le prendre. C’était un studio beaucoup trop sombre, il me faisait penser à la grotte d’un ermite et je savais que je ne tarderais pas à sombrer dans la dépression si je ne voyais plus la lumière du jour. De plus je le vivais comme un véritable échec car c’est à Paris que je veux habiter. Hormis sa clarté, ce que j’aime dans mon studio de ce Foyer de Jeunes Travailleurs c’est que c’est une solution temporaire et estampillée comme telle. Je ne veux rien construire ici, je ne me résignerai pas mais je ne sais toujours pas comment faire pour partir. C’est désespérant.

J’envisage de plus en plus de chercher un travail rémunérateur mais là encore ça m’angoisse. J’ai peur de me laisser emprisonner par Babylone, de me perdre à nouveau et de ne plus avoir le temps d’écrire. Je voudrais ne faire que ça.

Je dois finir le texte « un Dimanche au zoo » et surtout, je dois terminer mon manuscrit. Il faut que je trouve la force de m’y atteler et c’est très difficile. Quand je m’imagine devant mon ordi et une nouvelle page blanche, je suis pris de vertige. J’ai peur. Peur de la montagne à gravir, peur de ne pas y parvenir, peur de me replonger dans les douleurs et les offenses passées, peur de me rendre compte de mon absence de talent.

J’envisage de procéder de la même manière qu’il y a trois mois, me couper complètement du monde et ne plus faire qu’écrire. C’était une expérience d’une intensité incroyable, à la fois psychanalytique, guerrière et mystique. Je me suis senti sur le point de perdre pieds à plusieurs reprises, c’était si effrayant. La vérité, cher journal, c’est que je me sens aujourd’hui à nouveau l’âme d’un guerrier mais d’un guerrier terrorisé.

Je me prends à rêver encore que quelqu’un m’enferme dans une pièce plusieurs heures par jour pour me forcer à noircir des feuilles.

Il faudrait que je trouve le temps de te parler de ces trois derniers mois, de Daniel le sans pareil, de mon immersion dans l’ésotérisme et le sexe à outrance, de toutes ces rencontres qui n’ont fait qu’accentuer ma solitude et m’emplir de désir pour elle, que je te parle de magnétisme et de Reiki mais pour l’heure, j’ai faim.

Je suis un oiseau dont il ne reste qu’une plume et j’ai toute la vie devant moi pour y mettre des mots de toutes les couleurs, pour décrire chaque expérience, embrasser mon Destin et peut-être enfin devenir celui que je devais être.

 

A bientôt,

 

Joaquim

 

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PS : Cher journal, j’ai fini par craquer et je t’écris bien au chaud dans un rond de fumée.

En partant de chez moi, je savais que ça allait se produire. Je n’ai dormi que quelques heures cette nuit – peut-on appeler ça dormir ? – et j’ai les traits tirés comme une japonaise neurasthénique. Je pensais demander une cigarette à un passant mais l’univers était décidé à m’empêcher de sombrer et dans les rues de la ville épave personne ne fumait. Au milieu d’un passage clouté devant la bibliothèque, j’ai fini par trouver une boutonneuse avec un mégot au coin des lèvres. Elle a prétexté ne plus en avoir, comment lui en vouloir ? Je l’ai mal vécu, je suppose que je somatisais, je ne pense plus qu’à ça depuis deux jours. J’ai rendu mes vidéos, je me suis précipité dans le tabac le plus proche et j’ai à peine attendu d’avoir passer la porte pour déchirer la protection d’un si joli paquet de blondes américaines. Que c’est bon ! Oui, je ne pourrais pas dire le contraire. Il y a dix huit ans que je fume chaque jour du réveil au coucher, il m’est même arrivé de penser que c’était ma griffe, ma marque de fabrique. J’en ai fumé trois en moins de vingt minutes, quand la machine est lancée plus rien ne semble pouvoir la stopper. Je dois finir le paquet avant de rejoindre Morphée ce soir afin de reprendre l’abstinence dès demain. J’essaie de ne pas culpabiliser, je suis toujours décidé à me débarrasser de cette prison et ce n’est pas si grave. Ce qui est surprenant c’est que c’était beaucoup plus facile lors de mon premier sevrage improvisé il y a trois mois. Nicotina tient absolument à me rattraper, elle est prête à tout. Je vais aller à une consultation anti-tabagique du CHU dès que possible, j’aimerais beaucoup essayer l’hypnose.

Pour l’heure, je me sens fatigué et assez démotivé. Vraiment ça me fait un effet bizarre et somme toute désagréable mais cette nuit je vais enfin pouvoir dormir. Ou peut-être même avant.

Pourquoi pas tout de suite ?

 

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Teaser

 

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Bientôt dans Pollution nocturne :

( Very soon on Nocturne pollution )

 

¡¡¡ Le grand retour de Midinette !!!

( ¡¡¡ Midinette’s huge come back !!!)

 

 

Danse avec les louves

 

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« Mémé a eu de tes nouvelles hier. Moi, on ne peut pas dire que tu te ruines pour m’appeler »

Encore une critique de ma mère dans un sms. La première chose que j’ai envie de lui répondre c’est qu’avec un budget téléphonique mensuel équivalent au produit intérieur brut annuel du Burkina Faso, mes communications sont illimitées sur mon téléphone fixe comme sur mon cellulaire et il en est de même pour les textos. Lui téléphoner ne me couterait pas un centime, on peut donc dire que je me ruine mais que je ne l’appelle pas pour autant.

Qu’est-ce qu’elle s’imagine ?

Je n’ai absolument rien à lui dire. Quand je la vois, je me torture l’esprit pour trouver un sujet de conversation et pour adapter mon lexique. Je lui envoie un message laconique une ou deux fois par mois et c’est déjà énorme. Nous sommes deux étrangers, je dirais que nous n’évoluons simplement pas sur la même planète.

Elohim était surpris qu’elle ne soit pas plus présente dans les débuts de l’histoire autobiographique que j’écris mais c’est finalement un juste reflet de la réalité.

Ce n’est pas que ce soit quelqu’un de mauvais mais je n’ai jamais pu compter sur elle. C’est une petite fille irresponsable, je me sens plus mur qu’elle !

De plus elle a passé sa vie à critiquer la mienne et à me dénigrer. Quand ce n’était pas ma coupe de cheveux, c’était mes vêtements, quand ce n’était pas mon orientation sexuelle c’était ma supposé paresse.

« Tu es un incapable »

« Tu n’y arriveras pas »

« Tu es un fainéant »

« Tu n’es vraiment pas élégant »

Ca résonne encore dans ma tête aujourd’hui, ça me conditionne à l’échec. Pour elle, je n’ai jamais rien fait de bien. Je crois que je ne l’ai jamais entendu me faire un compliment sincère.

J’ai souvent été très négatif au sujet de ma grand-mère sur cette page mais je ne peux pas lui reprocher un manque de soutien. Quoique je fasse, Elle m’aime. Si j’assassinais une famille au complet après l’avoir odieusement torturé, Elle serait capable de se rendre au tribunal en fauteuil roulant pour vanter mes mérites à la Barre, dans des éclats larmoyants mais absolument sincères.

Ma grand-mère m’aime peut-être mal mais elle m’aime de manière inconditionnelle et au fond, malgré les griefs, je l’aime de la même façon.

Est-ce que j’aime ma mère ? Je ne sais pas. J’ai parfois de la compassion pour elle et j’ai l’impression que ça s’arrête là.

Ma vraie mère c’est ma grand-mère.

Alors, j’ai laissé passer une journée avant de lui répondre, afin de lui signifier que je ne suis pas à sa disposition puis je lui ai envoyé ceci :

« Si je ne suis pas le fils idéal, dis-toi que tu n’es pas non plus la mère parfaite. Je ne vais pas t’écrire un roman tous les deux jours, on n’a jamais été proche à ce point. Tu peux bien être jalouse de ta mère mais tu devrais assumer ta part de responsabilité dans cette situation. Ne sois pas surprise du contenu de ce message, tu as déclenché les hostilités dans le tien»

D’aucun penserait que je ne lui ai pas envoyé dire (pas besoin de Shack attack) mais je ne veux plus laisser personne dénigrer ce que je suis ou essayer de me mettre plus bas que terre.

Peut-être ai-je envie de la faire souffrir ? Peut-être n’ai-je pas réglé quelque chose ? Quand je pense à elle ces derniers temps, je suis pris d’une colère sourde.

J’ai grandi au milieu d’une meute de folles furieuses qui ont tué dans l’œuf toutes les chances que j’avais de faire de ma vie quelque chose de bien. Disons, de la première partie. Ma grand-mère me tirait d’un côté, ma mère d’un autre et Regan, cette *§£^$:!!, d’un autre encore. Je veux bien assumer mes responsabilités mais que chacun fasse de même.

Le vrai journal de Midinette

 

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Mercredi 28 Mai, 15h45 / Sur un banc du jardin

X était là, nous avons discuté environ 10 minutes.

C’est moi qui ai initié, c’est moi qui ai clos. On a failli se prendre la tête, le ton est monté très légèrement. Je crois qu’au final c’est moi qui lui suis hostile depuis un moment déjà.

X est devenu Chinma et il me semble que c’est encore comme ça qu’il me convient le mieux.

(…)

Le mec sur le banc d’à côté est bien celui chez qui j’étais allé. Il fait semblant de ne pas me reconnaître, c’est détestable.

Cette ville atroce pourrait me déprimer si je la laisse faire …

Dans cet endroit, je finis par devenir un meuble, un de ces mecs qui passent leur temps à chasser.

Après tout, pourquoi pas ? Je me fous d’avoir une image pathétique. Un jour je partirai d’ici ou j’arrêterai ce cirque pour vivre quelque chose avec quelqu’un.

(…)

Ce froid avec X/Chinma m’a un peu perturbé mais beaucoup moins que je le pensais.

Mon relationnel est devenu très mauvais avec le temps. V. m’a dit que je savais mettre fin à des relations susceptibles de me poser problème. Impression qu’en fait je mets fin à TOUTES les relations.

Une famille « Marie Chantal » vient de passer, tous habillés de la même façon, dans ce que j’appellerais du Petit Bateau, avec un pull négligemment déposé sur les épaules.

En arrière plan, sur les « remparts » des silhouettes floues attendent de nouvelles proies potentielles.

Fuck them all, i’m so free (so alone too)

(…)

01h45 / Sur un banc d’un autre jardin

Je ne deviendrai pas une de ces ombres, je refuse. Ici, je ne reste pas.

Qui était-ce ?

Un passant, un étranger parmi nous, une figure de style.

Je suis juste ce garçon qui a compris l’essentiel, qui ne courra pas plus qu’une étoile filante, qui partira sans un mot quand il finira par entendre que ce qu’il cherche n’existe pas, qu’il n’y a rien à attendre ici que quelques bonheurs au rabais.

(…)

 

 

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Ma vraie vie sur MSN

 

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Il y a cinq minutes sur MSN, un garçon rencontré une fois lors d’un plan sexe m’interpelle.

 

« *** a dit :

salut

Joaquim a dit :

salut

*** a dit :

question conne: tu as pas de ptit rebeu dans ton entourage qui aime ce faire p*****… ( prend pas mal le mot rebeu moi je kiff grave)

Joaquim a dit :

non

*** a dit :

ah ben au moins c est rapide

Joaquim a dit :

je ne connais aucun rebeu, je suis né en creuse, elevé par des creusois, je ne parle pas arabe, je ne suis pas musulman…

Joaquim a dit :

je pourrais connaitre des rebeus comme toi tu en connais …

*** a dit :

et oh … c etait pas mechant…. tu l as mal pris j ai l impression

*** a dit :

excuses moi

Joaquim a dit :

ce n’est pas grave

Joaquim a dit :

bonne journée, bye »

 

Je ne sais pas pourquoi je l’ai mal pris. Je l’ai vécu comme une agression. Je ne lui demandais rien, je sortais de ma douche et il arrive avec ses gros sabots pour me rappeler qui je suis pour lui. Pour eux.

 

 

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http://www.dailymotion.com/video/x5duc3

 

 

Qu’on soit jeune ou pas, une très jolie chanson de Damien Saez, libéré de
Barclay/universal et signé sur un label indépendant. 
Le morceau est téléchargeable gratuitement et légalement ici.

 

 

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 Extrait de Dutty boys, La riposte Hiptonik





 

A force d’écouter FG, je me suis laissé prendre par ce morceau. 
Peut-être intéressé, « tendance »,  mais fichtrement efficace.

 

 





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Ce n'est pas forcément très heureux d'accoler ces deux morceaux "contradictoires".
M'en fous. Royal.
Mort aux cases ! 

 

Midinette qui roule …

 

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C’est la nuit, dehors il fait froid, il tombe du ciel des crachats blanchâtres et entre deux quintes, je rumine mon absence de talent.

Ce qu’on aime c’est mon âme, on pourrait dire que c’est déjà beaucoup. On peut peut-être même le penser un jour de soleil. (« Fais un effort Joaquim, je te sens sur la mauvaise pente ce soir – Mais ta gueuuuuule !!! »). Seulement, être moi ne nécessite rien, je suis moi comme je respire…

Mon physique aussi plait parfois, un rien animal, ma petite gueule de méandres tortueux, quelque chose de diabolique dans le regard 37 b.

Il y a ce garçon-moi d’il y a deux ans, un fantôme sous psychotropes qui passe l’après midi à me dire dans une haleine d’alcool, lancinant :

- Tu es beau. Tu es si beau. Comment fais tu pour être aussi beau ? Tu es beau c’est incroyable. Ce que tu peux être beau …

Je suis mal à l’aise, je lui dis d’arrêter, vraiment ça me met mal à l’aise. Mais qu’est ce que je vais devenir quand il ne sera plus là pour le dire ? Qui me fera entendre encore de telles choses, incapable que je suis de les imprimer dans ma cervelle retorse ?

Je suis dans un lit, est-ce le mien ? Je suis sous un saule pleureur. Je suis dans un lit, est-ce ma couette qui sent cet adoucissant ? Je suis une midinette qui s’oublie dans des toilettes toujours aussi dégueulasses. Je suis dans un lit qui sent le MinidouTM à la pèche.

Qu’est ce qu’il veut, lui ? Il sourit trop pour être honnête. Chinma dirait qu’il va nous la faire à l’envers.

- Entre nous, c’est l’osmose, tu ne trouves pas ?

Quelqu’un a déjà dit ça, il n’y a pas longtemps … Hier ? Non … peut-être la semaine dernière. Si, si ce garçon, …, Gérald ? Non… Geronimo ! Enfin bref, lui aussi se sentait en osmose avec ma personne. Serait-ce assez à propos de le mentionner ?

- Tu aimes ce que je te fais ?

Lui c’est un angoissé, il a beau faire tout ce qu’il peut pour le cacher, ça finit par le dépasser.

Ca m’énerve de lui demander de fumer sa cigarette à la fenêtre… Je me fais l’effet d’être devenu un gros con en quatre semaines sans patch mais qu’est-ce que je peux faire ? Si je sens encore l’odeur de sa fumée, je vais finir par lui en demander une.

Je marche dans la rue, j’ai passé la journée dehors, je file, je dois arrêter de me faire des idées, je ne dois plus penser, le ciel me crache dessus, la solitude se jette sur moi sans prévenir, mon regard meurt, le soleil disparait, je rentre chez moi, j’essaie de sourire au gardien, je passe la porte et mes yeux gouttent le temps d’une chanson.

Etre moi, je voudrais vous y voir.

 

Philip Glass, Truman sleeps (Truman show OST)

 

Georges Michael, Killer/Papa was a rolling stone

 

Le Marocain (”Papa ils ont violé mon coeur”)

Mars 2007,

Souvent, sur pédéland.net, les mecs me demandent quelles sont mes origines ethniques. Je ne sais jamais quoi répondre de simple. Mon laïus est pourtant rodé : « mon père est marocain mais je ne le connais pas » (je précise que je ne le connais pas pour éviter qu’ils ne commencent à me parler arabe car ça m’est arrivé et moi, je ne le parle pas). Obsédé par les « mots justes » et une certaine transparence, cette réponse ne me satisfait pas mais je ne trouve rien de mieux. Cependant, pour certains ça ne saurait suffir, il faut que je déballe un peu plus de mon passé sordide pour les contenter.

Qu’est-ce que je peux dire ?

J’ai été élevé dans la Creuse par des grands-parents maternels « plus français tu meurs « .

« Ah bon et ta mère ? « 

Ma mère, c’est compliqué, les premières années elle vivait avec nous et puis un jour elle a décidé de prendre un appartement et elle a essayé de m’emmener avec elle. Je n’ai pas voulu, j’adulais ma grand-mère et pour rien au monde je ne l’aurais quitté. Je ne me souviens pas des détails sauf d’un : je me rappelle être en train de courir, notamment autour du vieux chêne qu’on voit de la fenêtre de ma chambre, pour que ma mère ne m’attrape pas, qu’elle me laisse ici, avec Elle.

Et c’est là que je suis resté.

Avec Elle.

Mon père ?

J’ai passé mon enfance à entendre ma grand-mère l’appeler Le Marocain. Il n’avait pas de prénom, c’était Le Marocain et c’est tout. Elle le détestait, pour Elle c’était un salaud, il battait ma mère et lui avait volé beaucoup d’argent. C’était un salaud et un voleur, donc, Le Marocain. Moi-même, enfant, je crois que je ne savais même pas que le Maroc est un pays qui compte plus d’un habitant. D’une manière ou d’une autre, avec tout ce qu’Elle m’en avait dit non seulement je le détestais mais en plus j’en avais très peur. Souvent Elle me racontait que lorsque j’étais très petit Elle l’avait surpris en train de me faire du mal : il m’avait fait joindre les doigts et me tapait avec une règle. Quand Elle lui avait demandé pourquoi il faisait ça, quelle bêtise j’avais fait, il lui avait répondu qu’il n’y avait pas de raison, que c’est comme ça qu’on dresse les enfants dans son pays.

Le Marocain, en plus d’être un salaud, était injuste et méchant.

J’essayais de l’oublier tant bien que mal mais souvent, quand l’esprit de ma grand-mère , sans prévenir, revenait sur le sujet, Elle me disait « fais attention quand tu sors de l’école, que le Marocain ne vienne pas te chercher pour t’emmener dans son pays, on ne te reverrait jamais « . J’ai du entendre ça des milliers fois.

Dans la foulée Elle m’expliquait aussi, avec fierté, comment elle avait réussi à l’empêcher de me « reconnaître » à l’état civil.

Elle se prenait pour Betty Mahmoody et moi j’étais sa chose.

Ma mère, elle, je sais qu’elle l’a aimé, peut être plus que n’importe quel autre. Elle aurait fait n’importe quoi pour lui. Au début, je pense qu’elle essayait de reprendre sa mère pour qu’Elle arrête de m’en parler comme ça mais Elle a fini par l’avoir à l’usure, comme les autres.

Ma mère avait un album photo dont je revois encore la couverture rouge. A l’intérieur, au milieu de portraits de divers membres de la famille, j’avais découvert une sorte de photomaton du Marocain. C’était la seule. Un jour d’énervements, je l’ai déchirée et je l’ai jetée à la poubelle. Personne ne pourrait comprendre à quel point je regrette d’avoir fait ça car je suis incapable de me rappeler à quoi il ressemble. Pourtant, quand j’ai du mal à me regarder dans la glace c’est sûrement parce que c’est son visage que je vois.

Il y a quelques temps, un ami me parlait de son ex alors je lui ai demandé de me montrer un portrait de lui mais il m’a répondu qu’il en avait jeté tous les clichés. Ca m’a ramené des années en arrière. J’ai essayé de lui expliquer pourquoi je ne pouvais me séparer d’une photo, aussi insignifiante soit-elle, mais je n’ai pas réussi. La vérité c’est que dans chacune d’elles il y a un peu du Marocain.

Le Marocain se nomme O. mais tout le monde l’appelle A., je ne l’ai su que plus tard. Il a quitté la région quand j’étais enfant, sans dire au-revoir. Il est routier et il vit probablement dans l’Ain. Il a une épouse et des enfants « légitimes ». Je ne sais pas à quoi il ressemble et parfois ça m’obsède.

Il y a quelques années je suis allé voir « Drôle de Félix » et ça m’a bouleversé. Je ne me rappelle plus de l’histoire dans le détail mais il s’agit d’un jeune homme d’origines maghrébines qui part à la recherche de son père qu’il ne connaît pas. Sur sa route il rencontre de nombreuses personnes qui deviennent ses amis. Et puis, vers la fin, je ne sais plus où ni comment, il tombe sur un vieil homme qui, comme dirait La Fontaine, lui tient à peu près ce discours : « tu te prends la tête à chercher un type qui lui ne souhaite même pas te connaître, c’est lui faire trop d’honneur, ta famille ce sont les gens que tu as choisis ! « . J’ai trouvé ça très juste. Depuis, quand il m’arrive de regretter de ne connaître pas mon père, je repense à ce film et j’essaie de me convaincre que le vieux avait entièrement raison.

J’ai bien questionné ma mère à son sujet et elle n’a en général pas envie d’en parler, ce que je peux comprendre. Néanmoins j’en connais suffisamment pour savoir que je ne perds rien, que c’est probablement en effet un salaud, sans grand intérêt.

Mais… je ne sais pas à quoi il ressemble et parfois ça m’obsède !

Quand, sur pédéland.net, ces mecs me demandent quelles sont mes origines je ne peux m’empêcher de me dire « mais ça se voit donc tant que ça? ! ! ». J’ai fini par comprendre que ça les excite. J’en viens même à me demander si je suis vraiment mignon ou si je suis juste ça : un fantasme exotique ? ! ! Je ne connaîtrai jamais la réponse mais j’ai fini par les détester, tous ces mecs.

Récemment, alors que je lui demandais de cesser de me parler de manière si peu élogieuse, voir dégueulasse, de mon grand-père, mort il y a quelques années, Elle m’a répondu :

 » Ton grand-père ? ! ! Mais tu sais, il ne t’aimait pas beaucoup, dès que tu avais le dos tourné il t’appelait « le Marocain  » ! « .

Que la boucle soit ainsi bouclée, ça serait presque drôle si ça ne me donnait pas envie de mourir.

Pourtant, dans cette maison c’est bien ce que je suis :

Je suis le Marocain.

Je suis un bâtard.

Je suis pédé.

Je les hais.

Revival

On peut toujours s’asseoir et regarder la route. Derrière, il y a tout ce qu’on a laissé. Les minutes de silence, les heures interminables, les rêves fauchés en plein vol, son sourire. Il reste quelque chose, même si tu ne le vois pas, même si tu ne sens plus que ta douleur. Il reste ce que tu es aujourd’hui. Ca t’a construit, ça t’a amené là, devant cette route. Ca t’accompagne. Même quand il ne reste plus d’espoir, il reste celui qu’il revienne un jour. Alors, souris.

 

Des nouvelles de Midinette

Un jour, un de mes ex m’avait raconté qu’un de ses amis avait largué sa copine parce qu’il ne supportait pas son odeur.

« Elle ne pue pas, avait-il ajouté en voyant mon sourire, simplement il n’aime pas son odeur.

Ca me semblait gros qu’on puisse quitter des gens pour ça et puis j’ai fini par croiser des garçons dont le parfum naturel me révulsait.

Cet après-midi je suis allé aux tasses de la ville car deux fois j’y avais folâtré avec un garçon que j’aimerais revoir. J’aime beaucoup son physique… sa peau, son ventre poilu, j’adore le sucer, j’aime le goût de son foutre mais par-dessus tout j’aime son odeur.

C’est la deuxième fois que j’allais là bas juste dans l’espoir de le revoir.

Je suis une midinette qui vit la vie d’une pute, Midinette au milieu de chiottes dégueulasses à vomir.

Au fond un garçon à l’allure nonchalante semble regarder ce qui se passe à travers une porte entrouverte.

Intrigué, je m’arrête devant un lavabo, fais semblant de boire un peu puis je marche rapidement jusqu’à lui pour voir ce qui se passe dans le coin.

Rien derrière la porte, personne.

Je fais demi-tour comme une furie car le mec ne m’attire pas et je ne voudrais pas qu’il y ait de malentendu.

Je m’installe un peu plus loin, l’épaule contre un mur, à l’endroit où je me place toujours. C’est un peu ma parcelle de trottoir.

De là, mal à l’aise, je fais semblant de regarder les escaliers pour me donner une contenance et ne pas croiser le regard des chasseurs qui m’ont dans leur ligne de mire.

Dans ma tête je les entends se dire :

« Regardez la pauvresse, il est tellement en manque qu’il en a l’air fébrile et qu’il regarde dehors comme certains contemplent le ciel en espérant y voir enfin une étoile filante »

Je sors mon portable, je fais semblant de lire un sms.

C’est la sortie des bureaux, il y’a de plus en plus de monde et personne qui m’intéresse.

Derrière moi, il me semble entendre le portier pouffer de rire. Je ne me retourne pas, je ne veux pas qu’il puisse lire dans mon regard et puis je ne suis pas sûr, peut-être étaient-ce des râles de mecs.

Je l’entends à nouveau. Cette fois pas de doute, il éclate de rire. Je ne me retourne toujours pas, je fais ma mijaurée.

Et puis, il a raison, le spectacle est assez drôle, juteusement pathétique.

Peut-être qu’il a fumé un joint ou que lui lit vraiment le sms d’un ami. Voilà, c’est ça on s’est tous donné rendez-vous ici pour lire nos textos.

C’est d’ailleurs probablement ce que le gros mec qui me regarde avec lourdeur depuis un quart d’heure répondra à sa femme quand, en rentrant chez eux, elle lui demandera où il était passé…

« Ta secrétaire m’a dit que tu étais parti depuis une heure et demi

- J’étais dans les toilettes publiques, chérie. J’avais des sms à lire ! »

Le temps passe, j’ai froid et il est de plus en plus clair que l’inconnu à l’odeur enivrante ne viendra pas, alors je décide de rentrer chez moi. De toute façon mon cellulaire hors de prix ne capte pas le réseau dans ce bunker.

C’est dommage,

J’aurais voulu le sentir encore une fois et surtout je projetais de lui donner mon numéro de téléphone, qu’on puisse, si le cœur lui en dit, se retrouver hors de ce centre d’appel.

 

Bigitte Fontaine & Zebda, Le nougat

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