Archives pour la catégorie Je ne suis pas folle vous savez ?!!

Perturbé

Il est bientôt 4h, il doit se lever à l’aube, ce n’est pas le moment d’avoir cette conversation et ça va sembler incohérent mais il faut absolument que je le dise, maintenant.

-   Tu sais, sexuellement on ne correspond pas vraiment…

-   Pardon ?

-   Je ne ressens pas pour toi une attirance phénoménale.

-   Tu me dis ça après ce qu’on vient de faire ?

-   Oui, je sais, ça doit avoir l’air bizarre.

-   Plutôt, oui…

Evidemment il me demande de développer. Je me sens triste, je ne voudrais pas lui faire mal ni qu’il se remette en question, j’ai de l’affection pour lui.

-   J’aime les grands mecs, un peu ours…

-   En gros, je ne suis pas ton style ?

-   Ce n’est pas aussi tranché mais il y a de ça…

Je n’arrive pas à m’exprimer clairement, je tourne autour du pot et à mesure que je parle, je ne suis même plus très sûr de ce que j’avance.

-   Je ne sais pas trop où j’en suis.

-   Je vois, tu es un peu perturbé comme garçon…

-   Perturbé ? Non, je ne suis pas perturbé. Disons torturé.

Est-ce que je suis perturbé ? Je me tourne sur le côté pour réfléchir à la question. Je ne me sens perdu comme un marin qui affronterait des vents contraires sur un vieux rafiot fatigué mais je ne pense pas être perturbé. Pourtant, son ex a raison, je vais le faire souffrir, c’est de plus en plus évident. Et maintenant,  pourquoi est-ce que j’ai envie de le serrer contre moi ? Est-ce que c’est seulement parce qu’il est là ? Je me retiens un instant puis je le prends dans mes bras quand même, tant pis. Il a l’air de dormir, peut-être qu’il ne s’en rendra pas compte. Il finit par lancer d’une voix neutre :

-   Ce n’est pas logique.

-   Non, c’est vrai, je me faisais la même remarque !

Les autres

-    J’ai parlé de toi avec mon ex.

-    Ah bon ??!

-     Il se demande si cette relation est bonne pour moi, il la trouve ambigüe.

Ca ne se passait pas trop mal et voilà qu’il me dit ça, je sens la colère qui pointe le bout de son nez. Nos rapports lui semblent ambigus parce que ce sont des rapports amicaux qui se muent immanquablement en rapports sexuels. Nous nous voyons une fois par semaine environ, nous faisons de longues promenades puis nous dînons ensemble avant de finir dans son lit. Quand je l’ai rencontré il y a quelques mois, il était tellement dans l’attente de vivre une histoire d’amour que j’ai clarifié les choses : je n’étais pas épris de lui et ne le serais certainement jamais. Je lui ai proposé de s’en tenir à une relation purement amicale mais il n’avait pas l’air plus perturbé que moi de jouer sur les deux registres, nous avons donc continué.

-     Tu diras à ton ex que nos rapports n’ont rien d’ambigus. En ce qui me concerne, les choses sont on-ne-peut-plus claires et je pense les avoir explicitées. Il ne faut rien attendre de moi. Est-ce qu’on est obligé de définir notre relation, de la mettre dans des cases ? Ne peut-on pas prendre ce qu’il y a à prendre ?

-     Oui mais mon ex me connait bien,  il pense qu’à la longue cette relation va me faire souffrir.

-     Ecoute, je suis une grande personne, je sais à peu près qui je suis et surtout, je sais ce que je veux. Je n’ai pas besoin qu’on me dise ce que je dois faire ni ce qui est bon pour moi. Toi, tu penses quoi ?  Pourquoi tu projettes ?

-     J’aime bien passer du temps avec toi… Le problème c’est que je risque de m’attacher et de souffrir, ça m’est déjà arrivé…

De mon côté, je n’ai jamais envisagé que je pourrais m’attacher, il est comme la plupart des gens : il m’emmerde. Ce que j’aime chez lui c’est qu’il est profondément gentil et qu’il n’est pas dénué d’humour mais j’ai l’impression de toujours devoir marquer un temps d’arrêt pour l’attendre, dans nos balades comme dans nos conversations. Ca devrait me reposer mais ça me fatigue. Je vais à nos rendez-vous à reculons et si nous en restons là, il se pourrait même que je sois soulagé.

Quand nous nous quittons, peut-être pour la dernière fois, je vais me balader seul au bord de l’eau. J’éteins mon téléphone, j’enfile mes lunettes noires et j’essaie de ne pas regarder les gens. Si mon baladeur fonctionnait encore, je mettrais des écouteurs pour que leurs bavardages ne me rappellent pas qu’ils existent. Sartre dit que l’enfer c’est les autres. Que ce soient eux, effectivement, que ce soit le rapport qu’on entretient avec eux ou avec leur regard, Sartre a diablement raison. Si je parvenais à ne plus voir, à ne plus entendre personne, si je pouvais m’enfouir dans ma bulle, je souffrirais beaucoup moins.

Interlude brun (The Poor Lonesome Cowboy)

 

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Tu m’es très sympathique mais tu m’ennuies profondément.

Je sais pourtant que tu es un gentil garçon malheureux. Je sens ta solitude, à quel point elle est différente de la mienne. Je suis seul parmi les gens, toi tu es seul avec toi-même.

Je voudrais devenir ton ami pour que tu puisses en avoir un, te prendre dans mes bras et te dire que je te comprends, que ça va s’arranger, qu’il faut être fort, que tu trouveras ce que tu espérais…

Ou alors … si je laissais parler le manque de nicotine :

Je me lèverais de ma chaise.

Je te donnerais deux énormes gifles qui retentiraient en envoyant valser tes lunettes.

Je te tendrais un miroir puis une bassine et t’ordonnerais de vomir ton Zoloft*.

Tu ne te rends donc pas compte que cette chimie te rend insipide ?

Tu ne vois pas qu’on t’endort ?!

C’est imperceptible pour la plupart mais moi, je sais que tu es éteint, qu’ils ont fait de toi un esclave.

Emancipe-toi, n’engraisse plus ces fabricants de fantômes. Non seulement, tu es toujours déprimé mais en plus tu es creux et dépendant.

Vous êtes si nombreux engoncés dans leurs camisoles, c’est un nouveau génocide.

Assassine symboliquement ta thérapeute, congédie ce parasite. Elle se glorifie d’avoir une importance vitale, c’est une petite crotte qui n’a jamais aidé qu’elle-même, qui a seulement trouvé son créneau dans le crime organisé.

Tu me dis, honteux, que tu es venu habiter dans cette ville par ce que tu aimes la porcelaine, qu’ainsi tu peux aller parfois dans une usine pour assister à sa fabrication. Ne rougis pas, c’est la meilleure raison de pourrir ici qu’il m’ait été donné d’entendre, c’est cet aveu qui te distingue du magma d’inintérêt.

Vas-tu continuer longtemps à faire ce travail que tu détestes ? Parce qu’il présente bien. Parce qu’il plait à tes parents. Parce qu’il t’offre une prétendue sécurité. Alors que toi, tu as toujours voulu être ouvrier dans une fabrique de porcelaine ?!

Combien de temps vas-tu les laisser te faire croire qu’il existe des manières plus légitimes que d’autres ou plus nobles de mener sa barque, combien de temps encore vas-tu porter des œillères siglées, des bouchons de cire dans les oreilles et des coquilles autour du cerveau et du cœur ?

Libère-toi ! Tu marches dans les pantoufles d’un autre, tu disparais peu à peu.

Ca me rend si triste de te voir dans cet état, tu ne mérites pas ça et ça m’est cruel de ne pas pouvoir t’aider.

Tu ne comprendrais pas, tu ne m’écouterais pas, tu me prendrais pour un fou.

Tu me donnes envie de pleurer.

Les charognes ont déjà gagné.

Tu leur appartiens désormais.

Tu ne vivras jamais ta propre vie.

Tu es mort.

Va-t-en.

VA-T-EN !!!

 

 *Antidépresseur, au nom barbare pour lui donner l’air efficace

 

 

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Interlude blond (The Smooth Criminal)

J’ai relevé la tête et mes yeux sont tombés sur les siens. Nulle trace de rage guerrière ou d’anxieuse fébrilité, j’y ai trouvé une douceur apaisante. Elle a soutenu mon regard et elle a souri, comme ça, franchement, à la fois bienveillante et malicieuse. J’ai perdu le contrôle de mes lèvres, elles lui ont rendu son sourire et ont formé un salut silencieux.

Elle marchait vite elle aussi, je n’ai pas eu le temps de m’attarder sur ses boucles blondes et ses minuscules taches de rousseur mais si elle s’était arrêtée pour m’embrasser, je l’aurais laissée faire. Je crois même que j’en avais envie.

Après avoir surfé entre les passants, je me suis retourné plusieurs fois pour la regarder encore mais la belle criminelle était déjà loin et je ne la reverrai surement jamais. Elle m’a laissé cette question, angoissante, déstabilisante, si fondamentale qu’elle me donne le sentiment que je me perdrais à m’y aventurer trop :

- Et si depuis le départ j’avais fait le mauvais choix ? Si l’amour que je cherche chez un garçon n’existait pas ?

J’ai tenté de m’apaiser en me disant qu’il n’y avait pas de choix à faire, qu’il fallait seulement se laisser porter par la vie et saisir les instants mais les vagues m’entraînaient et je savais que la question reviendrait, un jour parmi d’autres, sans rencontrer jamais la certitude d’une réponse définitive.

Le mal-être des succubes belliqueuses

 

On pourrait être tenté de penser qu’il suffit d’être blanc, hétérosexuel et travailleur pour satisfaire à la norme d’ici et maintenant mais ce serait omettre un de ses principes fondamentaux, universel et immuable : avoir le goût de vivre.

En effet, le mal-être dérange aussi sûrement qu’un clochard dans une réunion de copropriété.

Durant toute ma plus si courte existence j’ai entendu :

Il faut vivre, Il faut se battre…

– Se battre pour quoi ?

– Pour la vie !

– Pour ça ?!!! Se battre pour ça ?!!!

Peut-on se battre pour une souffrance ?

A ce stade de la conversation, il vaut mieux changer de sujet car si vous expliquez à votre interlocuteur que cette existence ne vous donne presque aucun plaisir, il vous regarde comme si vous étiez une succube belliqueuse, en parcourant nerveusement le bottin à la recherche du numéro des urgences psychiatriques.

On n’a pas le droit de ne pas aimer la vie.

C’est une chance incroyable d’être dans ce monde avec tous ses bonheurs, ses orgasmes multicolores disponibles à chaque instant pour qui s’en donne la joie…

De plus, les gens s’imaginent que si vous leur confiez que vous n’aimez pas la vie c’est que vous projetez d’y mettre fin bientôt et que vous êtes assez stupide pour les informer de votre décision.

– Bonjour Chantal, je donne une réception pour fêter mon suicide prochain, est-ce que tu serais disponible pour des funérailles le mardi en quinze ?

Drogués à l’écran bleu et aux brochures normatives sur « la dépression, comment faire face », ils pensent que c’est un « appel au secours » et qu’ils doivent vous aider.

En effet, nous, les gens, nous aimons beaucoup nous donner l’impression que nous aidons les autres, peut-être parce que nous nous imaginons qu’ainsi nous allons gagner une image, un bon point, un meilleur Karma, une place VIP au Paradis ou tout simplement une invitation à la télévision pour évoquer notre geste héroïque ?

Enfin, c’est presque une honte de ne pas aimer la vie quand on a la chance inestimable, le privilège indécent de vivre en Occident, ou tout est mieux qu’ailleurs.

– Tu pourrais être né au Bengladesh !!!

Reconnaissons que l’argument est séduisant, malgré le fatalisme qu’il semble véhiculer : accepter son sort quoi qu’il arrive en remerciant le ciel de ces difficultés bénies …

Cependant, il n’est pas d’un grand secours, on se pensait déjà anormal, on finit par se sentir coupable d’être malheureux.

Alors, pour vivre son mal-être tranquillement, il est possible que « souffrir en silence » soit une valeur sûre si on n’est ni téméraire ni masochiste.

D’un autre côté, peut-être qu’on peut aussi essayer de s’en sortir, « s’aider soi-même » simplement parce qu’il n’y a pas de raison d’être les seuls à ne pas croquer dans le gâteau délicieux qu’on voit dans la vitrine.

Peut-être un peu des deux…

 

Point de vue et images du monde

 

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Dans la rue d’innombrables fantômes qui ne se posent plus une seule question de leur propre chef. Des l’école on a commencé à les endormir. Ils ont accepté un système sans jamais le remettre en question. On leur créé des buzz, on leur trouve des sujets de réflexions et ils sont heureux, ils dissertent des heures, des mois, sur Carla Bruni et notre bon président, comme on l’espérait pour qu’ils ne voient pas ce qu’on manigance ailleurs. On leur donne de la confiture, on leur jette des miettes et ils s’en goinffrent, pire ils l’achètent au prix d’or. Moi je dis que les gouvernants doivent continuer comme ça et même forcer un peu les traits. Ils font la queue pour acheter des téléphones !!! Des iPhone à 300 euros ! Le lendemain on décrète que leur joujou est démodé et ils se préparent à refaire la queue!!! Tout ça pour s’envoyer un lol dont ils n’ont jamais cherché le sens dans des sms idoines. Qu’ils sont faciles à asservir…

Ils cherchent les grands espaces au milieu des cases qui les asphyxient. Ils obéissent à des mouvements, des partis, des dogmes. On peut même leur faire croire que là haut sur un grand nuage, un bonhomme à la barbe blanche tire toutes les ficelles et qu’ils l’y rejoindront quand ils seront morts, avec 7 vierges en option s’ils veulent bien se suicider pour lui .

Continuez, messieurs les princes, c’est tellement drôle.

On leur dit ce qu’ils doivent manger puis on ajoute une pub pour leur dire de ne pas trop en manger quand même, on a des dépenses nous ! On leur dit ce qu’ils doivent boire, avec qui baiser, comment, ce qu’ils doivent écouter, penser, chanter, les mots qu’ils peuvent utiliser, les images qui sont autorisées, le poids qu’ils doivent faire, quels vêtements porter… et ils vont jusqu’à payer pour le savoir ! Ils ne savent même pas ce qu’ils aiment, ils ont remplacé leurs idées par des formules journalistiques et des slogans.

La sinistrose, la fracture sociale, buvez , éliminez…

I’m lovin it, ils sont si cons que c’en est fascinant et ça dure depuis des millénaires.

Je pense donc je suis ? Alors on n’est pas nombreux !

Nicolas, crois-moi y’a de l’espoir pour vous autres, vous pouvez même leur dire de faire des économies d’énergie, comme si vous en faisiez vous, hein mon bon comparse, dans vos jets privés et sur vos yachts ?

Dans une autre rue, sur une affiche de LCR des hommes demandent la charité à d’autres hommes, « de quoi vivre siou plait et se divertir un peu, c’est que c’est pas facile de travailler pour vous, de vous faire vivre et de vous rapporter tant d’argent mon brave Seigneur ! ». Des hommes demandent à d’autres hommes s’ils voudraient bien avoir l’extrème gentillesse de les laisser survivre.

Qu’ils mangent de la brioche !

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Long is the way

Il faut que je m’exprime.
Il faut que je sois moi, que je sorte de moi.
Une partie de moi lutte pour sortir tandis que l’autre se bat pour la contenir.
Calé entre les deux je regarde les trains passer.

Les émotions du zèbre

 

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«  »(…) Le fonctionnement émotionnel de l’enfant surdoué est d’une intensité et d’une richesse très élevées. Le bouillonnement émotionnel est constant et envahit l’ensemble de la personnalité. Chez l’enfant surdoué, l’affectif est présent partout et tout le temps. L’ingérence affective est également repérable dans le fonctionnement intellectuel. L’hypersensibilité et l’hyperesthésie de l’enfant surdoué, c’est à dire le développement exacerbé de l’ensemble de ses sens, expliquent en partie cette surcharge émotionnelle. L’enfant surdoué est une véritable éponge émotionnelle. C’est un enfant aux réactions épidermiques, avec une sensibilité à fleur de peau.
C’est un écorché vif : sans protection émotionnelle, il perçoit et réagit à la moindre émergence émotionnelle.
Il vit en état d’alerte permanent.(…)
Cet enfant connaît un sentiment fréquent de grande solitude émotionnelle.
Comment comprendre (en effet) que les autres n’aient pas vu, pas entendu des choses subtiles qui nous ont procuré un plaisir intense ?
Comment comprendre que la joie ou la peur que nous ressentons face à un événement ne soit pas partagé et partageable avec les autres ?
Comment ne pas penser alors, quand tous les autres semblent ne rien avoir entendu que l’on n’est pas bizarre ou fou ? (…)

L’enfant «surdoué » dispose d’une capacité d’empathie (exceptionnelle). Il ressent avec une grande finesse l’état émotionnel de l’autre et y réagit spontanément. La moindre émotion vécue par l’autre est perçue. Il arrive même qu’il capte une émotion pas encore réellement consciente chez la personne concernée ou que cette personne repousse ou ne veut pas ressentir.
Sa perception émotionnelle de l’autre est instinctive. Elle pourrait être comparée à la perception animale. Un chien en effet perçoit la peur des humains et peut devenir agressif en réaction à cette peur. Un autre animal peut manifester des comportements qui indiquent qu’un orage approche. De même, l’enfant «surdoué » sait, avant que la moindre dispute éclate, qu’un conflit entre deux personnes se prépare.(…)

Avec des sens aiguisés à l’extrême et toujours à l’affût, dôté de capacités intellectuelles hautement performantes, doué d’une compréhension élevée du fonctionnement des choses et des personnes, l’enfant «surdoué » porte sur le monde une lucidité implacable (qui est) à l’origine d’une anxiété diffuse constante qui fragilise considérablement l’organisation psychologique de ces enfants.
La lucidité empêche toute forme de «lâcher prise ». L’enfant ne peut arriver à se dégager de l’emprise émotionnelle de l’environnement et de son besoin d’y donner sens. Il est toujours en état d’alerte. L’hypervigilance émotionnelle, associée à une analyse constante des choses, est un processus épuisant pour les ressources psychiques.

(…)
L’enfant surdoué, habitué à tout comprendre, habitué à sa capacité d’analyse, habitué à donner un sens logique à tout ce qui l’entoure, ne parvient pourtant pas à réguler avec son fonctionnement intellectuel le bombardement émotionnel qui l’assaille.
Tout ce qui émane de la vie affective, de la sphère émotionnelle, de l’univers des fantasmes ne se laisse pas prendre dans son système de compréhension logique qui s’applique avec succès aux éléments de connaissances extérieures et désaffectivés.
Pour contrôler toute émergence émotionnelle, pour neutraliser la force de l’affectif, il met en place un mécanisme de défense spécifique que j’appelle : défense par la cognition. Cela signifie que l’enfant va faire passer par l’intellectuel, par la logique, par le raisonnement, par l’explication rationnelle toute donnée émotionnelle.(…)
L’énergie consacrée à ce mécanisme est considérable car les «attaques » du monde émotionnel sont constantes et se renouvellent sans cesse. L’enfant n’a pas de répit. La crainte de l’émergence émotionnelle soudaine et brutale qui pourrait venir désorganiser tout son fonctionnement et tout balayer sur son passage crée une tension psychique parfois insoutenable.
L’énergie que consacre l’enfant dans sa défense contre les émotions est comparable à l’édification d’une digue pour contenir un océan déchaîné. La force des vagues vient régulièrement produire des brèches dans cet édifice. Et il faut sans relâche réparer, consolider pour lutter contre les «forces de la nature ».
Avec, constante, cette peur que soudain tout s’effondre et d’être emporté par les flots.
Quel travail de Titan et quelle dépense d’énergie qui ne sera plus disponible pour toute autre tâche !
La défense par la cognition est un mécanisme efficace car il permet de soustraire toute marque affective à une situation, de désactiver la charge émotionnelle, de mettre à distance les angoisses.
Mais son risque majeur est un appauvrissement et un rigidissement de la vie psychique. Tout ce qui relève de la pulsion, des affects, de l’émotion est abrasé, dénié. (…)
Cela peut alors conduire à un repli sur soi, à la construction d’une personnalité désaffectivée, qui peut apparaître froide et distante, incapable de gérer autrement les situations de vie que sur un mode intellectuel. Une bonne dose de cynisme complète généralement le tableau.
Cette défense peut alors conduire, dans les développements les plus extrêmes, au développement d’une personnalité clivée : seul l’intellect peut s’exprimer au détriment des émotions qui sont véritablement emmurée.
Elle fragilise considérablement la construction identitaire : elle dénie la source profonde de l’identité, coupe du Soi véritable et «fabrique » une identité de surface. Le Moi est prisonnier du système défensif. (…)
Une des conséquences observables de la défense par la cognition pathologique concerne le surinvestissement intellectuel de certains enfants «surdoués » qui fuient là toute sollicitation émotionnelle.
Ils se réfugient dans la sphère intellectuelle pour, surtout, ne plus rien ressentir. »

Extrait du livre  « L’enfant surdo » de Jeanne Siaud-Faccin

Au bord de la crise de nerfs

 

 

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Une vie.com

Je suis extrêmement énervé. D’ailleurs j’étais en train de discuter avec un mec que j’ai rencontré hier sur pédéland.net, quand ça s’est accentué.

«Moi : je ne vais pas me mettre à la colle avec n’importe qui juste pour ne plus être célibataire quand même ?

Moi : j’ai essayé, ça a duré une semaine à peine

Lui : raconte !

Moi : un jour je lui ai présenté mon meilleur ami, qui a fini par me dire « tu fais quoi là avec qi d’huitre ? »

Moi : exemple, il ne savait pas que le nom de l’Almodobar, un bar de Toulouse, venait de Almodovar, c’est un petit détail mais significatif

Lui : tu comptes sur tes amis pour choisir ou te dire ce que tu as à faire?? la prochaine fois on te dira que celui que tu as choisi a quelque chose qui ne va pas etc…

Lui : moi je ne le savais pas et je trouve ça vraiment anodin

Moi : non tu n’as pas saisi, il m’a juste fait atterrir

Lui : il te fera atterrir sur un autre de la même façon

Moi : tu t’imagines que je suis incapable d’avoir un point de vue perso ?

Lui : ben planter un mec parce qu’il ne sait pas que l’amodobar fait référence à almodovar c’est très restrictif tout le monde ne suit pas forcément le ciné

Lui : si j’avais écouté mes amis je ne serais pas resté 7a avec mon ex

Moi : nous sommes sur msn , je n’ai pas la possibilité en terme de temps de développer ce que je dis, Almodovar est un exemple parmi d’autre; mon ami était juste là pour souligner qu’il ne me voyait pas aller très loin, pour moi c’est son rôle entre autre, je n’ai pas besoin de lui pour te dire par exemple que je ne souhaite pas aller plus loin avec toi, que tu sembles être omniscient et avoir la science infuse

Moi : sur ce je te souhaite une bonne continuation, bye ! »

FIN

Je précise ici que je n’ai rien contre les gens qui n’aiment pas le ciné ou qui ne connaissent pas Almodovar. C’était seulement un détail parmi tant d’autres.
Ce billet, inintéressant au possible, est juste là pour poster quelque chose après trois jours d’absence.
Je n’ai pas envie d’écrire.
Je suis énervé, limite hystérique.
J’ai envie de frapper quelqu’un ou de fumer un joint, au choix.

« I should kill somebody, maybe me »
PS: je crois que je suis en train de devenir un connard intolérant, un de plus ! Bienvenue en France !

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Non, je ne vous comprends pas (ou la génétique expliquée aux con(nasse)s)

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