Archives pour la catégorie Ma vie est une playlist

Suicide, mode d’emploi foireux (a D.J. really saved my life)

SAMSUNG DIGITAL CAMERA

 

Un jour, pendant ma vingt-cinquième ou vingt-sixième année dans la fange, bien après que le bout du rouleau fut devenu poussière, j’ai essayé de m’échapper une dernière fois. J’en avais eu bien plus que ma dose de cette douleur qui, jamais, ne m’a laissé de répit. Je venais de quitter celui que j’appelais « le chat » , après presque deux ans à vivre ensemble une relation caractérielle et destructrice. Un après-midi, alors qu’il travaillait et sans le prévenir au préalable, j’avais déménagé dans un tourbillon toutes mes affaires de sa maison et je m’étais installé dans le logement d’urgence d’un foyer de jeunes travailleurs, une chambre sordide dans une bourgade glauque à vous donner la chiasse. Le soir même, j’avais réalisé que j’étais bien plus accro à mon bourreau que je ne l’avais envisagé. J’étais alors devenu obsédé par l’idée de le reconquérir mais je ne rencontrais de sa part qu’un refus catégorique et obstiné. Avec sa bienveillance coutumière il m’avait même fait comprendre que ma fuite lui avait rendu service :

– Si tu n’étais pas parti, je crois que je t’aurais foutu dehors.

Image de prévisualisation YouTube

Je savais que cette relation était nocive mais sans elle je me sentais encore plus perdu. Il m’apparaissait que d’une manière ou d’une autre, dans la solitude ou la compagnie, sobre ou défoncé, à la campagne, à la ville, j’étais incapable de trouver l’interrupteur qui rallume la lumière. Il n’y avait pas d’espoir pour moi, ici, aucune raison de prolonger ce calvaire.

Pour soutenir mon addiction aux anxiolytiques et autres psychotropes, j’avais à ma disposition de nombreuses boîtes de drogues ainsi que tout un stock de substituts au tabac que j’avais probablement volé au greffier, visiteur médical ou qu’il m’avait donné pour m’inciter à arrêter de fumer. Pensant qu’une dose intense de nicotine aiderait peut-être les pilules à achever mon cœur, j’ai méticuleusement recouvert mon corps de patches, de haut en bas puis j’ai avalé ma pharmacie et me suis couché dans le noir.

Je suis resté comme ça un moment mais mon désespoir était si froid que j’ai décidé de partir avec la radio dans des écouteurs pour qu’elle me procure un semblant de compagnie, une minuscule étincelle pour me réchauffer un peu. Je n’ai pas envisagé qu’une étincelle suffit parfois à raviver les cendres.

Je suis allé cherché la radio puis, une fois les écouteurs sur les oreilles, j’ai recommencé à attendre. C’est alors qu’un morceau que je ne connaissais pas s’est fait entendre, un de ceux qui vous tient captif, haletant dès la première écoute et qui n’est pas fini que vous avez déjà envie de le rejouer. Je me considérais athée depuis déjà des années, je n’avais aucune foi en un autre monde ou un retour possible. J’ai soudain réalisé que si je partais, je ne découvrirais plus aucune chanson, je n’entendrais plus jamais celle-ci et cette idée m’a semblé intolérable. J’ai décidé d’ouvrir les volets et d’aller demander de l’aide auprès du personnel du foyer.

C’est une chanson qui m’a « sauvé la vie ».

J’ai été conduit aux urgences où j’ai été malmené par un docteur odieux qui condamnait mon geste et semblait vouloir me donner une leçon en me traitant comme un moins-que-rien. Le chat est venu me visiter à l’hôpital et m’a apporté un roman policier, un genre qu’il me savait détester formellement, un bouquin de Mary Higgins Clarke nommé « Comment te dire Adieu ». Quand, devant ce titre, j’ai mentionné son manque de subtilité et sa cruauté, il a fait mine de l’avoir choisi au hasard mais je n’étais pas dupe, il était bien trop retors pour ça.

Mon existence dans la fange à continué à être une torture. Il m’a fallu des années pour dompter la douleur mais j’ai découvert d’autres morceaux et j’ai eu de nombreux coups de foudre. Il y a peu je suis tombé sur « Saltwater » de Chicane et toute cette histoire est remontée à la surface. Il se pourrait bien que ce soit le morceau en question, j’ai envie de le croire.

Merci donc à toi, Chicane, d’avoir rallumé les braises avec ces dix minutes parfaites. Merci à tous les autres artistes qui ont rendu mon voyage parmi les humains en devenir  un peu plus acceptable.

Image de prévisualisation YouTube

Chicane, Saltwater

Emotions

Image de prévisualisation YouTube

Boy George, Generations of love

Killer Nina

 

Image de prévisualisation YouTube

Adamski & Nina Hagen, Killer

Midinette, es-tu là ?

 

therealmidinette.jpg

Cher  journal,

Je suis en train de tomber amoureux de la sublime Keny Arkana. Je la connaissais déjà grâce à « Victoria » et «  La mère des enfants perdus » mais après avoir téléchargé quelques morceaux supplémentaires je me rends compte que c’est non seulement une véritable artiste mais aussi une contestataire qui portent des messages intelligents et intelligibles. Qu’elle connaisse un succès certain la rend encore plus exceptionnelle au milieu de ces rappeurs Skyrock qui n’ont absolument rien à dire et le démontrent à longueur d’albums insignifiants trop souvent disques d’or.

C’est en l’écoutant ce matin que j’ai pris conscience que je me libére chaque jour un peu plus de Babylone. Je marche sur ses trottoirs et c’est encore là que je vis mais je ne lui appartiens plus. Je n’ouvre plus ses journaux, je ne regarde plus sa télé, je refuse d’être endormi encore par son ronron aliénant. Malgré tout, le vent a amené jusqu’à moi quelques relents des sujets qui bercent la ruche. A Babylone, on vit à l’heure de Pékin, on parle Chine et Tibet en agitant son éventail et moi, ça ne me concerne pas, je suis diablement vivant à présent.

Après dix jours sous nicotine, j’arrête à nouveau la cigarette. J’en fais un ennemi, je dois à tout prix réussir à me débarrasser de cette cage, je veux être complètement libre. Je recommence à ne plus dormir, à manger autant qu’une baleine en période de gestation et à être extrêmement irritable mais en contrepartie je suis dans une forme éblouissante. C’est comme si fumer absorbait toute mon énergie et me poussait à déprimer. Je m’acharne donc à résister à l’odieuse envie qui tenaille chacune de mes minutes.

Mes allocations de chômage arrivent à leur terme dans six jours et j’ai déposé hier un dossier de RMI. J’ai peur de ne pas savoir m’en sortir avec quatre cents euros par mois, il faut que je procède à des coupures budgétaires. Dans ce but, j’avais trouvé un appartement au loyer moins élevé. Après avoir bataillé avec le propriétaire qui ne voulait pas louer à un chômeur j’avais même réussi à repartir avec les clefs mais j’ai finalement décidé de ne pas le prendre. C’était un studio beaucoup trop sombre, il me faisait penser à la grotte d’un ermite et je savais que je ne tarderais pas à sombrer dans la dépression si je ne voyais plus la lumière du jour. De plus je le vivais comme un véritable échec car c’est à Paris que je veux habiter. Hormis sa clarté, ce que j’aime dans mon studio de ce Foyer de Jeunes Travailleurs c’est que c’est une solution temporaire et estampillée comme telle. Je ne veux rien construire ici, je ne me résignerai pas mais je ne sais toujours pas comment faire pour partir. C’est désespérant.

J’envisage de plus en plus de chercher un travail rémunérateur mais là encore ça m’angoisse. J’ai peur de me laisser emprisonner par Babylone, de me perdre à nouveau et de ne plus avoir le temps d’écrire. Je voudrais ne faire que ça.

Je dois finir le texte « un Dimanche au zoo » et surtout, je dois terminer mon manuscrit. Il faut que je trouve la force de m’y atteler et c’est très difficile. Quand je m’imagine devant mon ordi et une nouvelle page blanche, je suis pris de vertige. J’ai peur. Peur de la montagne à gravir, peur de ne pas y parvenir, peur de me replonger dans les douleurs et les offenses passées, peur de me rendre compte de mon absence de talent.

J’envisage de procéder de la même manière qu’il y a trois mois, me couper complètement du monde et ne plus faire qu’écrire. C’était une expérience d’une intensité incroyable, à la fois psychanalytique, guerrière et mystique. Je me suis senti sur le point de perdre pieds à plusieurs reprises, c’était si effrayant. La vérité, cher journal, c’est que je me sens aujourd’hui à nouveau l’âme d’un guerrier mais d’un guerrier terrorisé.

Je me prends à rêver encore que quelqu’un m’enferme dans une pièce plusieurs heures par jour pour me forcer à noircir des feuilles.

Il faudrait que je trouve le temps de te parler de ces trois derniers mois, de Daniel le sans pareil, de mon immersion dans l’ésotérisme et le sexe à outrance, de toutes ces rencontres qui n’ont fait qu’accentuer ma solitude et m’emplir de désir pour elle, que je te parle de magnétisme et de Reiki mais pour l’heure, j’ai faim.

Je suis un oiseau dont il ne reste qu’une plume et j’ai toute la vie devant moi pour y mettre des mots de toutes les couleurs, pour décrire chaque expérience, embrasser mon Destin et peut-être enfin devenir celui que je devais être.

 

A bientôt,

 

Joaquim

 

midinettepatchwork2.jpg

 

 

PS : Cher journal, j’ai fini par craquer et je t’écris bien au chaud dans un rond de fumée.

En partant de chez moi, je savais que ça allait se produire. Je n’ai dormi que quelques heures cette nuit – peut-on appeler ça dormir ? – et j’ai les traits tirés comme une japonaise neurasthénique. Je pensais demander une cigarette à un passant mais l’univers était décidé à m’empêcher de sombrer et dans les rues de la ville épave personne ne fumait. Au milieu d’un passage clouté devant la bibliothèque, j’ai fini par trouver une boutonneuse avec un mégot au coin des lèvres. Elle a prétexté ne plus en avoir, comment lui en vouloir ? Je l’ai mal vécu, je suppose que je somatisais, je ne pense plus qu’à ça depuis deux jours. J’ai rendu mes vidéos, je me suis précipité dans le tabac le plus proche et j’ai à peine attendu d’avoir passer la porte pour déchirer la protection d’un si joli paquet de blondes américaines. Que c’est bon ! Oui, je ne pourrais pas dire le contraire. Il y a dix huit ans que je fume chaque jour du réveil au coucher, il m’est même arrivé de penser que c’était ma griffe, ma marque de fabrique. J’en ai fumé trois en moins de vingt minutes, quand la machine est lancée plus rien ne semble pouvoir la stopper. Je dois finir le paquet avant de rejoindre Morphée ce soir afin de reprendre l’abstinence dès demain. J’essaie de ne pas culpabiliser, je suis toujours décidé à me débarrasser de cette prison et ce n’est pas si grave. Ce qui est surprenant c’est que c’était beaucoup plus facile lors de mon premier sevrage improvisé il y a trois mois. Nicotina tient absolument à me rattraper, elle est prête à tout. Je vais aller à une consultation anti-tabagique du CHU dès que possible, j’aimerais beaucoup essayer l’hypnose.

Pour l’heure, je me sens fatigué et assez démotivé. Vraiment ça me fait un effet bizarre et somme toute désagréable mais cette nuit je vais enfin pouvoir dormir. Ou peut-être même avant.

Pourquoi pas tout de suite ?

 

japanese.jpg

 

3midinettes.jpg


Interlude brun (The Poor Lonesome Cowboy)

 

brouillard.jpg

 

 

Tu m’es très sympathique mais tu m’ennuies profondément.

Je sais pourtant que tu es un gentil garçon malheureux. Je sens ta solitude, à quel point elle est différente de la mienne. Je suis seul parmi les gens, toi tu es seul avec toi-même.

Je voudrais devenir ton ami pour que tu puisses en avoir un, te prendre dans mes bras et te dire que je te comprends, que ça va s’arranger, qu’il faut être fort, que tu trouveras ce que tu espérais…

Ou alors … si je laissais parler le manque de nicotine :

Je me lèverais de ma chaise.

Je te donnerais deux énormes gifles qui retentiraient en envoyant valser tes lunettes.

Je te tendrais un miroir puis une bassine et t’ordonnerais de vomir ton Zoloft*.

Tu ne te rends donc pas compte que cette chimie te rend insipide ?

Tu ne vois pas qu’on t’endort ?!

C’est imperceptible pour la plupart mais moi, je sais que tu es éteint, qu’ils ont fait de toi un esclave.

Emancipe-toi, n’engraisse plus ces fabricants de fantômes. Non seulement, tu es toujours déprimé mais en plus tu es creux et dépendant.

Vous êtes si nombreux engoncés dans leurs camisoles, c’est un nouveau génocide.

Assassine symboliquement ta thérapeute, congédie ce parasite. Elle se glorifie d’avoir une importance vitale, c’est une petite crotte qui n’a jamais aidé qu’elle-même, qui a seulement trouvé son créneau dans le crime organisé.

Tu me dis, honteux, que tu es venu habiter dans cette ville par ce que tu aimes la porcelaine, qu’ainsi tu peux aller parfois dans une usine pour assister à sa fabrication. Ne rougis pas, c’est la meilleure raison de pourrir ici qu’il m’ait été donné d’entendre, c’est cet aveu qui te distingue du magma d’inintérêt.

Vas-tu continuer longtemps à faire ce travail que tu détestes ? Parce qu’il présente bien. Parce qu’il plait à tes parents. Parce qu’il t’offre une prétendue sécurité. Alors que toi, tu as toujours voulu être ouvrier dans une fabrique de porcelaine ?!

Combien de temps vas-tu les laisser te faire croire qu’il existe des manières plus légitimes que d’autres ou plus nobles de mener sa barque, combien de temps encore vas-tu porter des œillères siglées, des bouchons de cire dans les oreilles et des coquilles autour du cerveau et du cœur ?

Libère-toi ! Tu marches dans les pantoufles d’un autre, tu disparais peu à peu.

Ca me rend si triste de te voir dans cet état, tu ne mérites pas ça et ça m’est cruel de ne pas pouvoir t’aider.

Tu ne comprendrais pas, tu ne m’écouterais pas, tu me prendrais pour un fou.

Tu me donnes envie de pleurer.

Les charognes ont déjà gagné.

Tu leur appartiens désormais.

Tu ne vivras jamais ta propre vie.

Tu es mort.

Va-t-en.

VA-T-EN !!!

 

 *Antidépresseur, au nom barbare pour lui donner l’air efficace

 

 

darkcity.jpg

mortsvivantslivingdeads.jpg

Ma vraie vie sur MSN

 

dubitatif.jpg

 

Il y a cinq minutes sur MSN, un garçon rencontré une fois lors d’un plan sexe m’interpelle.

 

« *** a dit :

salut

Joaquim a dit :

salut

*** a dit :

question conne: tu as pas de ptit rebeu dans ton entourage qui aime ce faire p*****… ( prend pas mal le mot rebeu moi je kiff grave)

Joaquim a dit :

non

*** a dit :

ah ben au moins c est rapide

Joaquim a dit :

je ne connais aucun rebeu, je suis né en creuse, elevé par des creusois, je ne parle pas arabe, je ne suis pas musulman…

Joaquim a dit :

je pourrais connaitre des rebeus comme toi tu en connais …

*** a dit :

et oh … c etait pas mechant…. tu l as mal pris j ai l impression

*** a dit :

excuses moi

Joaquim a dit :

ce n’est pas grave

Joaquim a dit :

bonne journée, bye »

 

Je ne sais pas pourquoi je l’ai mal pris. Je l’ai vécu comme une agression. Je ne lui demandais rien, je sortais de ma douche et il arrive avec ses gros sabots pour me rappeler qui je suis pour lui. Pour eux.

 

 

………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

 

http://www.dailymotion.com/video/x5duc3

 

 

Qu’on soit jeune ou pas, une très jolie chanson de Damien Saez, libéré de
Barclay/universal et signé sur un label indépendant. 
Le morceau est téléchargeable gratuitement et légalement ici.

 

 

………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

 

 



 

 Extrait de Dutty boys, La riposte Hiptonik





 

A force d’écouter FG, je me suis laissé prendre par ce morceau. 
Peut-être intéressé, « tendance »,  mais fichtrement efficace.

 

 





........................................................................................................................

 

 






Ce n'est pas forcément très heureux d'accoler ces deux morceaux "contradictoires".
M'en fous. Royal.
Mort aux cases ! 

 

Si tu ne reviens pas

 

J’ai offert ma vie aux ombres de la nuit

Conjugué l’ennui avec ma folie

Dans le cœur ton image vient me harceler

J’ai pour seule compagnie un mur de regrets

Nourri par l’illusion que je peux encore

Rêver ton retour dans ce maudit décor

Je m’épuise à croire que l’espoir n’est pas mort

Et que mes prières ramèneront l’aurore

Si tu ne reviens pas, je vais rester là

Triste et seul dans le noir à mourir de toi

Si tu ne reviens pas, je n’ai plus le choix

Je vais m’éteindre ici sans aucun éclat

Si tu ne reviens pas, il n’y a plus de moi

Un autre soir sans joie on me trouvera froid

Je cesse d’exister depuis que tu me fuis

Je n’ai pas d’autre envie que ton paradis

Je ne veux même plus qu’un autre me touche

Je ne suis plus qu’un souffle qui attend ta bouche

Je suis comme un arbre qui n’aurait plus d’écorce

Tu m’as laissé là sans aucune force

En mémoire du passé prend un peu pitié

Et viens me retrouver ou je vais crever

Si tu ne reviens pas, je vais rester là

Triste et seul dans le noir à mourir de toi

Si tu ne reviens pas, je n’ai plus le choix

Je vais m’éteindre ici sans aucun éclat

Si tu ne reviens pas, il n’y a plus de moi

Un autre soir sans joie on me trouvera froid

Si tu n’y crois pas, l’enfer m’ouvre les bras

Je sais la torture qu’on m’y réservera

Attendre le jour où tu me rejoindras

 


I need a fucking resolution

 

En regardant ce soir un documentaire sur Mary J. Blige, je l’ai trouvé.

 

 

Track #0, at the beginning : No more Drama, Mary J. Blige

Lovedreamer, Charlotte York attitude

Nobody’s gonna call 911

Introduction historique au Droit


« (…) La société se dotait de plus en plus de règles, de lois pour contredire les règles, et de nouvelles règles pour contredire les lois ; cela effrayait les gens, qui n’osaient plus dévier de l’invisible règlement qui régissait leur vie.
Maria connaissait bien la question (…), elle avait exercé pendant quarante ans la profession d’avocate. Dès le début de sa carrière, elle avait vite perdu sa vision ingénue de la justice, et elle avait compris que les lois n’avaient pas été conçues pour résoudre les problèmes, mais pour prolonger indéfiniment des querelles.
Dommage que Dieu, Allah, Jéhovah- peu importe le nom qu’on lui donne – n’ait pas vécu dans le monde actuel. Si tel était le cas, nous serions tous encore au Paradis, pendant qu’il répondrait à des recours, des appels, des commissions rogatoires, des mandats de comparution, des exposés préliminaires, et devrait expliquer au cours d’innombrables audiences pourquoi Il avait décidé d’expulser Adam et Eve du Paradis, simplement parce qu’ils avaient transgressé une loi arbitraire et sans fondement juridique : l’interdiction de manger du fruit de l’arbre de la connaissance du Bien et du Mal.
S’Il ne voulait pas que ça se produise, pourquoi avait-Il placé cet arbre au milieu du jardin, et non pas hors des murs du Paradis ? Si elle avait été désignée pour assurer la défense du couple Maria aurait assurément accusé Dieu de «négligence administrative », car non seulement Il avait planté l’arbre au mauvais endroit, mais il avait omis de l’entourer d’avertissements ou de barrières, n’adoptant pas les mesures de sécurité minimales et exposant quiconque au danger.
Maria aurait aussi pu également l’accuser d’ »incitation au crime » pour avoir attiré l’attention d’Adam et Eve sur l’endroit précis où se trouvait l’arbre. S ‘il n’avait rien dit, des générations et des générations seraient passées sur cette Terre sans que personne s’intéressât au fruit défendu – qui aurait fait partie d’une forêt d’arbres identiques, et par conséquent sans valeur spécifique.
Mais Dieu avait agi autrement : il avait écrit la loi et trouvé le moyen de convaincre quelqu’un de la transgresser dans le seul but d’inventer le Châtiment. Il savait qu’Adam et Eve finiraient par se lasser de tant de perfection et que, tôt ou tard, ils mettraient à l’épreuve Sa patience. Il resta là à attendre, peut être parce que lui aussi, le Tout-Puissant, en avait assez que les choses fonctionnent parfaitement : si Eve n’avait pas mangé la pomme, que serait-il arrivé d’intéressant au cours de ces millions d’années ?
Rien.
Lorsque la loi fut violée ; Dieu, le Juge tout-puissant, feignit encore de poursuivre les fugitifs, comme s’Il ne connaissait pas tous les refuges possibles. Tandis que les anges regardaient la scène et s’amusaient de la plaisanterie (pour eux aussi, la vie devait être bien monotone, depuis que Lucifer avait quitté le Ciel), Il se mit à arpenter le jardin en tout sens,(…), s’arrêta subitement devant la cachette.
« Ou es-tu ? demanda Dieu.
J’ai entendu ton pas dans le jardin, j’ai pris peur et me suis caché car je suis nu. » répondit Adam, sans savoir que, par ces mots, il se reconnaissait lui-même capable d’un crime.
Voilà. Grâce à une simple ruse, en faisant semblant d’ignorer où se trouvait Adam et le véritable motif de sa fuite, Dieu obtint ce qu’il désirait. Néanmoins, pour ne laisser aucun doute au parterre d’anges qui assistaient attentivement à l’épisode, Il décida d’aller plus loin.
« Comment sais-tu que tu es nu ? » poursuivit Dieu, sachant que cette question ne pouvait avoir qu’une réponse : « parce que j’ai mangé le fruit de l’arbre qui me permet de le comprendre. »*Par cette question Dieu montra à ses anges qu’Il était juste, et qu’Il condamnait le couple sur le fondement de toutes les preuves existantes.
Désormais peu importait que le coupable fût la femme, et qu’ils implorent d’être pardonnés ; Dieu avait besoin d’un exemple, afin qu’aucun être, terrestre ou céleste, n’ait plus jamais l’audace d’aller à l’encontre de Ses décisions.
Dieu expulsa le couple, ses enfants payèrent à leur tour pour ce crime (…) et le système judiciaire fut inventé : loi, transgression de la loi (logique ou absurde, cela n’avait pas d’importance), jugement (où le plus habile triomphait de l’ingénu) et châtiment.

Comme l’humanité tout entière avait été condamnée sans pouvoir présenter une requête en révision, les êtres humains décidèrent de mettre au point des mécanismes de défense pour le cas où Dieu voudrait de nouveau manifester Son pouvoir arbitraire. Mais, au cours de millénaires de travaux, les hommes inventèrent de si nombreux recours qu’ils finirent par en faire trop, et la Justice devint un inextricable maquis de clauses, de jurisprudences et de textes contradictoires auxquels personne ne comprenait plus rien.
Tant et si bien que, lorsque Dieu changea d’avis et envoya son Fils pour sauver le Monde, que se passa-t-il ? Il tomba entre les mains de la justice qu’Il avait inventée.
Ce maquis de lois avait atteint une telle confusion que le Fils finit crucifié. Le procès ne fut pas simple : il fut renvoyé de Hanne à Caïfe, des grands prêtres à Pilate, lequel, à son tour, allégua que le code juif ne permettait pas la condamnation à mort ; d’Hérode à Pilate encore, qui tenta un nouveau recours proposant au peuple un arrangement : il fit flageller le Fils et exhiba ses blessures, mais la manœuvre échoua.
Comme les procureurs modernes, Pilate décida d’assurer sa propre promotion aux dépens du condamné : il offrit d’échanger Jésus contre Barrabbas, sachant que la justice, à ce stade, s’était transformé en un grand spectacle qui réclamait une fin en apothéose, avec la mort de l’accusé.
Finalement Pilate recourut à l’article qui accordait le bénéfice du doute au juge, et non à celui qui était jugé ; il se lava les mains, ce qui signifie « ni oui ni non ». C’était un artifice de plus pour préserver le système juridique romain sans mettre à mal les bonnes relations avec les magistrats locaux, un artifice qui permettait en outre de faire porter au peuple le poids de la décision, dans le cas où cette sentence finirait par créer des problèmes et où un inspecteur viendrait en personne de la capitale de l’Empire vérifier ce qui se passait. (…) »

Texte extrait de « Veronika décide de mourir », propriété intellectuelle de Paulo Coelho

 

« …La vie ne m’apprend rien
Je voulais juste un peu parler, choisir un train
La vie ne m’apprend rien
J’aimerai tellement m’accrocher, prendre un chemin
Prendre un chemin

Mais je ne peux pas, je ne sais pas
Et je reste planté là
Les lois ne font pas les hommes
Mais quelques hommes font la loi
Et je ne peux pas, je ne sais pas
Et je reste planté là … »

Daniel Balavoine, « La vie ne m’apprend rien »


Génèse d’un blog

 

Parfois on tombe amoureux de morceaux de musique qu’on écoute en mode obsessionnel pendant des jours.
Et puis on voudrait les partager mais on ne voit pas avec qui.
C’est parfois pathétique, un blog…

 

(Aujourd’hui je n’arrive pas à faire fonctionner le lecteur mp3 de la plate-forme unblog.fr voici les clips, à écouter plus qu’à regarder, des morceaux que je voulais mettre ici)

 


http://www.dailymotion.com/video/66DzqkamPVSUY2Kgd

Sinnerman, Nina Simone (Felix da Housecat’s Heavenly House Mix)

http://www.dailymotion.com/video/660EmdsOuAuj52YiX

« When Thugz Cry », 2Pac


http://www.dailymotion.com/video/5W6jr6lbquZjne6OV

« Big Shit Poppin’ (Do It) », T.I.

12

Si c'est ailleurs ,c'est ici. |
Histoire et fiction - 11ème... |
Critica |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Dolunay
| "Le Dernier Carré"
| Les terres arides de l'isol...