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Un oeil sur le ciel

 Février 2008

Hier, tandis que je faisais ma promenade quotidienne parmi la meute, je repensais à une des phrases d’un de ses derniers courriers : ” ne baisse pas la tête “. Bien sur je comprenais l’invitation à être ” fort et fier ” mais je m’attardais sur cette formulation peu ordinaire et j’en cherchais le sens exact. Voulait-il me dire de ne pas baisser les bras mais au vu de la quasi inutilité de ces membres chez moi, jugeait-il plus adéquat de parler de ce qui fonctionnait encore ?

J’avais des lunettes de soleil sur le nez – j’aime mettre cette distance entre moi et le monde – et ça me permettait de regarder les chalands sans détourner les yeux quand leur prenait l’envie de me jauger à leur tour.

Je m’interrogeais sur mon incapacité chronique à soutenir le regard de gens si peu importants pour moi et je repensais à mon sevrage de 2006 dans la clinique de la forêt noire de la périphérie toulousaine. Après avoir laissé derrière moi certains poisons, les relations à autrui étaient très difficiles, je devenais un fantôme silencieux et peureux. Je n’arrivais plus à regarder les gens dans les yeux, pour moi c’était un réel problème car chaque conversation était une torture et peu à peu je m’isolais. C’est alors que l’étonnante psychologue qui présidait un groupe de parole hebdomadaire sur « les dépendances » avait tenté de me donner une leçon. Pendant la séance elle s’était adressée à moi sans me regarder mais au lieu de contempler le sol, elle fixait le plafond. C’était assez déconcertant, tellement inhabituel de voir quelqu’un vous parler les yeux vers le haut, elle ressemblait à ces personnages de mangas dans une de leurs gimmicks récurrentes. Elle ne le saura jamais mais cette scène m’a beaucoup marqué, c’est resté là – au milieu d’un imposant fouillis- et souvent j’y repense. J’avais bien compris le message : rien ne vous oblige à baisser les yeux si vous n’arrivez pas à soutenir le regard des autres, vous pouvez aussi les relever, c’est à vous de voir.

Tout en continuant à marcher et à penser à tout ça, j’ôtais mes lunettes noires et je me disais que je n’avais aucune envie d’offrir à ces gens le petit plaisir de penser que je me sentais inférieur… Même si je n’arrivais pas à dépasser le conditionnement qui m’interdisait de les regarder en face je pouvais toujours essayer de planter mes yeux dans le ciel.

J’y découvris le soleil, des nuages magnifiques, des oiseaux… L’horizon tentait visiblement de me faire comprendre qu’il offrait au regard bien plus de merveilles que le sol et ses petits trésors mesquins. C’est difficile de marcher en contemplant le ciel, mes yeux voulaient sans cesse reprendre leur position habituelle mais je ne les laissais pas faire. Même si je savais que ça ne durerait pas, même si le lendemain j’étais déjà passé à autre chose, j’étais décidé à faire cette balade les yeux dans le ciel jusqu’au bout.

Je regardais les toits, la cime des arbres, les lignes blanches que les avions dessinaient dans le bleu et c’était si joli que je me demandais s’il était possible que je ne déteste pas le monde autant que je pouvais le croire. Comment ne pas aimer ces paysages ?

C’est là que je compris … Ce n’était pas le monde qui me faisait horreur, c’était moi que je n’avais jamais aimé. Quand la vie me semblait hostile, quand j’étais irrité par les autres, c’était souvent avec moi seul que j’avais un problème.

Il me sembla que je venais de trouver une clef d’une importance première : peut-être que s’aimer soi-même était un début de solution à tous les problèmes ? Peut-être que si les hommes avaient plus d’amour propre la terre aurait moins de difficultés à tourner sur elle-même pour nous montrer la voie?

Comment faire quand on ne s’aime pas ? Comment changer ça ?

Entrer dans le cabinet d’un psy, dire « bonjour, pouvez-vous m’aider à m’aimer ? » ?

Je décidais que non, ce n’était pas ma voie, je n’apprenais qu’en suivant mon propre cheminement et les nouveaux gourous de ce monde si moderne n’avaient jamais réussi qu’à me prescrire des difficultés supplémentaires. Comment pourraient-ils me comprendre dans leurs diagnostics, leurs symptômes et leurs remèdes universels ? Comment me faire tenir dans leurs cases ?

Cependant je ne pouvais pas tout rejeter en bloc, d’autres avaient du esquisser des solutions et après avoir analysé la situation pendant quelques instants mon cerveau se connecta à celui de ce bon vieux Coué. Si tout n’est qu’un conditionnement, pourquoi ne pas tenter d’imposer à son mental d’autres schémas que ceux qui vous handicapent ? On peut toujours essayer, ça ne mange pas de pain.

J’ajoutais donc un nouvel exercice à ma marche solitaire, j’avançais désormais en regardant le ciel et en me répétant « je m’aime, je m’aime, JE M’AIME… », à voix haute quand il n’y avait personne sur mon chemin, dans ma tête quand je croisais quelques vieilles peaux limougeaudes au mépris épidermique.

Je tins bon pendant une heure mais, alors que je rentrais chez moi, mes yeux quittèrent le ciel pour tomber sur un garçon au physique troublant.

Je le regardais un moment avec une certaine envie, en me demandant ce qu’on pouvait ressentir lové dans ses bras puis mon regard, fataliste, reprit son voyage vers les sommets. Qui aurait bien pu comprendre un garçon qui marchait dans les rues en exhortant le ciel de lui donner la force de s’aimer ? Il fallait se rendre à l’évidence, il existait des solitudes indélébiles, des partages impossibles.

J’étais un peu triste, j’avais envie de laisser couler mes larmes mais je fis une nouvelle découverte : on ne peut pas pleurer la tête haute, ce n’est pas une attitude qui convient à la désespérance.

La guerre du lave-vaisselle

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« Tous les jours le même scénario.

Lever à 18h30, la diva est derrière son écran, je lance un « bonsoir » auquel invariablement il répond par un « salut ». Je cherche un bol pour faire chauffer de l’eau pour mon thé. Il n’y en a plus et le lave-vaisselle est plein. Tout est propre car il l’a déjà fait tourner.

Comme hier.

Hier je l’ai vidé. Ma petite guerre, mesquine, minable, c’est de ne pas le faire aujourd’hui, ne pas être complètement son esclave. Cette machine pleine est devenue le symbole d’un combat.

Je sors un bol, une cuillère, un sachet de thé. Quand l’eau est chaude je réunis les trois et repars vers ma chambre.

Comme chaque jour j’allume mon ordinateur. Direction Hotmail. Rien d’interessant, aucun courrier perso. Je fais mes deux loteries quotidiennes et je me demande sur quel site aller traîner ma solitude.

J’allume ma deuxième cigarette et je repense à ce mec que j’ai rencontré hier sur un site de « drague » . Il a internet depuis peu, « je ne sais pas encore bien m’en servir » dit-il. Je lui réponds « Ca viendra rapidement » et un, devenu rituel, « internet est un média dangereux ». Je ne développe pas. Il dit « tout est dangereux quand on ne sait pas s’en servir ». Je réponds « peut être ». Je ne veux pas lui dire que je passe beaucoup de temps sur le web. Je réflechis et réalise l’ampleur des dégâts. Je ne passe pas « beaucoup de temps » sur le net, je ne fais plus que ça. Je suis devant l’écran du réveil au coucher. La connexion continue de tourner quand je dors pour télécharger divers films ou séries. Il est 5h du mat et j’essaie de quantifier : je suis sur mon clavier depuis quoi ? 12, 13 h d’affilée. A part des courses rapides je n’ai rien fait d’autre. J’ai probablement un teint affreux et des cernes sous les yeux mais je m’en moque. Ici je contrôle. Ici je suis le dieu d’un petit univers merdique. Ici personne n’a le pouvoir de me faire du mal. Je suis en train de devenir un légume ou peut être un logiciel… La photo que j’affiche sur MSN date de 2002, semblant montrer que tout s’est figé. Ai-je encore une identité dans le monde réel ? Je me demande si quand il dit « savoir s’en servir » cela signifie aussi savoir gérer le temps qu’on passe dessus. Je me dis que peut être je le recroiserai dans quelques années ou quelques mois et que lui aussi sera devenu un « meuble » de la toile qui connait si bien les codes de ce monde virtuel qu’il en oublie presque de sortir, de décrocher. A la fin de la soirée j’ai ouvert un autre compte mail. Je n’avais jamais compris pourquoi on nous demande souvent de recopier une série de lettres et de chiffres pour valider une inscription et sur ce site la réponse était là : « pour vérifier que ce n’est pas un robot « . En suis-je cependant si loin ?

Cette réflexion est devenue celle d’une page internet, la boucle semble bouclée.

Pourtant le monde virtuel a changé lui aussi. En 2000 on critiquait le quasi monopole de Microsoft, on disait « regarde sur un moteur de recherche » et la pub « va chercher Lycos » pouvait nous faire sourire. En 2007 on dit « regarde sur google », personne ne sait si Lycos existe encore, on cherche des blogs sur Google blogs, des photos sur Google image, des cartes sur Google maps, je ne sais quoi sur Google earth, on regarde des vidéos sur Youtube racheté par Google, et beaucoup ont une adresse électronique Gmail… Suis-je le seul à être effrayé ? Si vous l’êtes aussi soyez « subversifs »: passez de temps en temps par Yahoo, Altavista ou n’importe quel autre moteur de recherche et regardez les vidéos sur le français (comme son nom l’indique) Dailymotion.

Dans l’autre monde la diva est sortie. J’ai tout géré façon sprint: je suis allé chercher mon linge sec sur la terrasse, j’ai mis une machine à laver en route, préparé un autre thé, monté le chauffage, pris une douche et finalement… j’ai vidé le lave-vaisselle. »

 

En Janvier 2007, je postais ce texte sur cette page désertique. Quelques temps plus tard, je disais à Louis qu’un jour je ne saurais même plus qui était la Diva (mon ancien colocataire, le porc à cause de qui j’ai du quitter Toulouse), que ce serait un personnage si lointain qu’il ne signifierait plus rien pour moi, que tous mes problèmes de l’époque se seraient envolés et que cette idée me donnait la force de continuer.

Je remets ce texte sur le devant parce que c’est une manière on ne peut plus simple de poster un billet mais aussi parce que ce fut un petit choc de tomber dessus aujourd’hui, parce que je ne pense plus jamais à la Diva et aux soucis qu’il m’occasionnait. Ainsi, je mesure le chemin parcouru, la si longue route qui m’a mené jusqu’ici et me conduira bien plus loin encore.

Un jour, les problèmes que je rencontre en ce moment n’existeront plus.

Il en est de même pour les vôtres, c’est une certitude.

Enfin, je suis persuadé que la voie de la libération commence là, devant un lave-vaisselle plein dont on refuse de s’occuper, qu’il n’y a pas de petits combats, qu’ils ont tous une importance vitale dans la guerre qui mène à devenir enfin soi-même.

Je n’aurais jamais du vider ce putain de lave-vaisselle !

Le Marocain (”Papa ils ont violé mon coeur”)

Mars 2007,

Souvent, sur pédéland.net, les mecs me demandent quelles sont mes origines ethniques. Je ne sais jamais quoi répondre de simple. Mon laïus est pourtant rodé : « mon père est marocain mais je ne le connais pas » (je précise que je ne le connais pas pour éviter qu’ils ne commencent à me parler arabe car ça m’est arrivé et moi, je ne le parle pas). Obsédé par les « mots justes » et une certaine transparence, cette réponse ne me satisfait pas mais je ne trouve rien de mieux. Cependant, pour certains ça ne saurait suffir, il faut que je déballe un peu plus de mon passé sordide pour les contenter.

Qu’est-ce que je peux dire ?

J’ai été élevé dans la Creuse par des grands-parents maternels « plus français tu meurs « .

« Ah bon et ta mère ? « 

Ma mère, c’est compliqué, les premières années elle vivait avec nous et puis un jour elle a décidé de prendre un appartement et elle a essayé de m’emmener avec elle. Je n’ai pas voulu, j’adulais ma grand-mère et pour rien au monde je ne l’aurais quitté. Je ne me souviens pas des détails sauf d’un : je me rappelle être en train de courir, notamment autour du vieux chêne qu’on voit de la fenêtre de ma chambre, pour que ma mère ne m’attrape pas, qu’elle me laisse ici, avec Elle.

Et c’est là que je suis resté.

Avec Elle.

Mon père ?

J’ai passé mon enfance à entendre ma grand-mère l’appeler Le Marocain. Il n’avait pas de prénom, c’était Le Marocain et c’est tout. Elle le détestait, pour Elle c’était un salaud, il battait ma mère et lui avait volé beaucoup d’argent. C’était un salaud et un voleur, donc, Le Marocain. Moi-même, enfant, je crois que je ne savais même pas que le Maroc est un pays qui compte plus d’un habitant. D’une manière ou d’une autre, avec tout ce qu’Elle m’en avait dit non seulement je le détestais mais en plus j’en avais très peur. Souvent Elle me racontait que lorsque j’étais très petit Elle l’avait surpris en train de me faire du mal : il m’avait fait joindre les doigts et me tapait avec une règle. Quand Elle lui avait demandé pourquoi il faisait ça, quelle bêtise j’avais fait, il lui avait répondu qu’il n’y avait pas de raison, que c’est comme ça qu’on dresse les enfants dans son pays.

Le Marocain, en plus d’être un salaud, était injuste et méchant.

J’essayais de l’oublier tant bien que mal mais souvent, quand l’esprit de ma grand-mère , sans prévenir, revenait sur le sujet, Elle me disait « fais attention quand tu sors de l’école, que le Marocain ne vienne pas te chercher pour t’emmener dans son pays, on ne te reverrait jamais « . J’ai du entendre ça des milliers fois.

Dans la foulée Elle m’expliquait aussi, avec fierté, comment elle avait réussi à l’empêcher de me « reconnaître » à l’état civil.

Elle se prenait pour Betty Mahmoody et moi j’étais sa chose.

Ma mère, elle, je sais qu’elle l’a aimé, peut être plus que n’importe quel autre. Elle aurait fait n’importe quoi pour lui. Au début, je pense qu’elle essayait de reprendre sa mère pour qu’Elle arrête de m’en parler comme ça mais Elle a fini par l’avoir à l’usure, comme les autres.

Ma mère avait un album photo dont je revois encore la couverture rouge. A l’intérieur, au milieu de portraits de divers membres de la famille, j’avais découvert une sorte de photomaton du Marocain. C’était la seule. Un jour d’énervements, je l’ai déchirée et je l’ai jetée à la poubelle. Personne ne pourrait comprendre à quel point je regrette d’avoir fait ça car je suis incapable de me rappeler à quoi il ressemble. Pourtant, quand j’ai du mal à me regarder dans la glace c’est sûrement parce que c’est son visage que je vois.

Il y a quelques temps, un ami me parlait de son ex alors je lui ai demandé de me montrer un portrait de lui mais il m’a répondu qu’il en avait jeté tous les clichés. Ca m’a ramené des années en arrière. J’ai essayé de lui expliquer pourquoi je ne pouvais me séparer d’une photo, aussi insignifiante soit-elle, mais je n’ai pas réussi. La vérité c’est que dans chacune d’elles il y a un peu du Marocain.

Le Marocain se nomme O. mais tout le monde l’appelle A., je ne l’ai su que plus tard. Il a quitté la région quand j’étais enfant, sans dire au-revoir. Il est routier et il vit probablement dans l’Ain. Il a une épouse et des enfants « légitimes ». Je ne sais pas à quoi il ressemble et parfois ça m’obsède.

Il y a quelques années je suis allé voir « Drôle de Félix » et ça m’a bouleversé. Je ne me rappelle plus de l’histoire dans le détail mais il s’agit d’un jeune homme d’origines maghrébines qui part à la recherche de son père qu’il ne connaît pas. Sur sa route il rencontre de nombreuses personnes qui deviennent ses amis. Et puis, vers la fin, je ne sais plus où ni comment, il tombe sur un vieil homme qui, comme dirait La Fontaine, lui tient à peu près ce discours : « tu te prends la tête à chercher un type qui lui ne souhaite même pas te connaître, c’est lui faire trop d’honneur, ta famille ce sont les gens que tu as choisis ! « . J’ai trouvé ça très juste. Depuis, quand il m’arrive de regretter de ne connaître pas mon père, je repense à ce film et j’essaie de me convaincre que le vieux avait entièrement raison.

J’ai bien questionné ma mère à son sujet et elle n’a en général pas envie d’en parler, ce que je peux comprendre. Néanmoins j’en connais suffisamment pour savoir que je ne perds rien, que c’est probablement en effet un salaud, sans grand intérêt.

Mais… je ne sais pas à quoi il ressemble et parfois ça m’obsède !

Quand, sur pédéland.net, ces mecs me demandent quelles sont mes origines je ne peux m’empêcher de me dire « mais ça se voit donc tant que ça? ! ! ». J’ai fini par comprendre que ça les excite. J’en viens même à me demander si je suis vraiment mignon ou si je suis juste ça : un fantasme exotique ? ! ! Je ne connaîtrai jamais la réponse mais j’ai fini par les détester, tous ces mecs.

Récemment, alors que je lui demandais de cesser de me parler de manière si peu élogieuse, voir dégueulasse, de mon grand-père, mort il y a quelques années, Elle m’a répondu :

 » Ton grand-père ? ! ! Mais tu sais, il ne t’aimait pas beaucoup, dès que tu avais le dos tourné il t’appelait « le Marocain  » ! « .

Que la boucle soit ainsi bouclée, ça serait presque drôle si ça ne me donnait pas envie de mourir.

Pourtant, dans cette maison c’est bien ce que je suis :

Je suis le Marocain.

Je suis un bâtard.

Je suis pédé.

Je les hais.

Il y a un an, il y a une éternité

Jusqu’à ce que je claque la porte (il y’a deux ou trois ans) je passais tous mes noël avec ma cousine. Au début c’était dans la maison de ses parents. Le soir du réveillon, après diner, on allait tous s’asseoir dans le salon pour le cérémonial des cadeaux. Là, chacun, à son tour, ouvrait les siens. Ce moment me mettait mal à l’aise. Peut être parce que mes finances ne m’ont jamais vraiment permis d’en faire autant que les autres, peut être aussi parce que j’en avais moins, mon oncle et ma tante n’étant par définition pas mes parents. Mais surtout j’ai toujours eu le sentiment irraisonné d’être un imposteur, d’avoir volé ma place et de ne rien mériter. Ma tante avait un goût très prononcé pour le « matériel » et le clinquant, aimait que les présents soient chers et que si possible ça se voit. Dans le canapé je regardais le défilé, me préparant à jouer ma scène annuelle de l’émerveillement spontané, sous peine d’essuyer des reproches. Les cadeaux ça devait faire plaisir et la joie devait être apparente. J’ai rarement assisté à un tel déballage d’hypocrisie. Très souvent il y’avait eu une dispute entre ma cousine et sa mère juste avant. Pendant le défilé de cadeaux il s’agissait de faire comme si rien ne s’était passé. C’était notre version personnelle de la trêve de Noël. Au fil des années j’ai perfectionné mon jeu, allant jusqu’à jeter un œil de bonheur et d’envie sur un des présents que j’avais reçu, quand mon tour était passé, pour que ma tante ou ma cousine surprenne mon regard. Ce n’est pas que ces cadeaux ne me faisaient pas plaisir mais c’est une fois seul que je les ouvrais vraiment et je passais parfois des heures à les regarder, à les essayer, laissant enfin libre court à mon plaisir. Dans les loges je pouvais enfin redevenir l’enfant que je n’ai jamais vraiment cessé d’être.

Le plus beau cadeau que j’ai reçu de ma vie entière c’est une machine à écrire offerte par ma grand mère. Elle était orange et le nom de la marque me fait encore sourire: « Lilliput ». Les plus beaux cadeaux sont à double tranchant, je réalise aujourd’hui que c’était une invitation à écrire et que devant cette machine j’ai fini par ressentir la culpabilité de ne pas le faire, d’avoir laissé tomber mon projet d’écrire un jour des histoires, d’être un échec. Néanmoins les ordinateurs me remplissent de joie. Un PC c’est plus qu’un assemblage de matériels informatiques, plus qu’une fenêtre, c’est la porte qui mène à un univers fantastique et absolument sans limite. Un ordinateur c’est divin. C’est aussi une porte qui mène à moi.

Petit je voulais donc être romancier. Vers 10 ans j’ai commencé à écrire un livre, j’ai même noirci des dizaines et des dizaines de pages. Ce que j’écrivais était mièvre et sans intérêt mais ça me remplissait de joie. J’étais tout simplement Dieu qui règne sur son monde propre, j’étais La Fortune qui maîtrise les événements. J’étais la Maître du Destin. Et puis un jour ma cousine a fermé la porte. Elle a eu une idée: un livre à quatre mains. Nous avons commencé à rédiger « Les enfants du partage », sombre connerie inspirée de l’œuvre pathétique et larmoyante de Virginia C. Andrews dont ma tante achetait les bouquins chez France Loisirs. Je trouvais ce que ma cousine écrivait plus que médiocre: lamentable. Ecrire est alors devenu quelque chose de l’ordre du supplice et de la frustration. L’hypocrisie et le mensonge ont pénétré ce lieu jusqu’alors encore vierge de faux semblants et de tromperies. J’étais bien incapable de lui dire que c’était mauvais et que Dieu ne peut pas partager son royaume, encore moins avec la fillette de l’Exorciste. C’était un viol, ni plus ni moins. Ecrire est devenu une souffrance. Un jour nous avons arrêté et Regan a eu la garde des enfants. Je ne sais plus exactement quelles étaient les clauses de notre contrat mais elle devait être alterné. Regan a conservé les feuilles une dizaine d’année et puis un jour où nous faisions une séquence souvenirs, elle l’a sorti de je ne sais où. J’ai regardé ce classeur vert (par superstition idiote j’évite souvent cette couleur) et j’ai découvert que la niaiserie avait été poussée jusqu’à coller sur la première page une photo de bambins à l’air malheureux. J’ai refoulé mon mépris, j’ai dit que mon tour était venu, que je voulais le relire. Il me semblait alors que je le désirais vraiment mais, après l’avoir ramené chez ma grand mère, je l’ai posé dans un amoncellement d’objets et de papiers que je ne peux pas me résoudre à jeter. Ce véritable tas est principalement composé de livres, cahiers et fournitures scolaires de mon enfance. C’est là où que je cachais si souvent mes bouteilles de gin ou de bière. Aujourd’hui je brûle d’envie de faire un autodafé dès que j’irai passer des vacances dans mon trou du cul natal.

Récemment mon psy m’a demandé de lui parler de Noël, de lui dire ce que ça représentait pour moi. Il voulait probablement que je lui évoque enfin des moments heureux de ma vie. Je n’ai pas réussi à parler car je ne voulais pas donner l’impression que je noircis le tableau, que je joue les misérables. Noël, d’une manière ou d’une autre, est lié à Regan et à mon enfance perdue. Pourtant désormais la première chose qui me vient à l’esprit quand je pense à ces fêtes c’est « la beu de Noël », expression utilisée par plusieurs fumeurs que j’ai rencontré. A M. mon dealer gardait même sa meilleure herbe pour cette période là. Moi même j’ai souvent dit qu’en ce jour particulier il me fallait absolument quelque chose à fumer, comme si j’étais à jeun le reste du temps. Je m’apprête à passer le premier Noël clean depuis quinze bonnes années. D’habitude j’ai l’obsession de trouver des gens avec qui passer le réveillon: ne pas se retrouver seul pendant que les autres font la fête, ne pas se sentir si misérable et laissé pour compte. Cette année je n’ai pas trouvé et je n’ai pas vraiment cherché. Ce matin je ne vais pas me coucher, je fais « nuit blanche » pour pouvoir passer la soirée en compagnie de Morphée. Peu de personnes vont vivre un Noël aussi original que le mien ! J’en ai déjà passé un chez ma grand mère, devant internet. Chaque année je pousse l’extravagance un peu plus loin, c’est à se demander si l’année prochaine je ne vais pas réveillonner dans la rue ! Louis ,mon meilleur ami, a une tante médium qui lui a dit que j’allais passé de merveilleuses fêtes de fin d’année, que j’aurais « presque tout ce que je veux ». C’est ce seul espoir qui me tient depuis mon entrée à la clinique. J’ai tout fondé sur la simple prédiction d’une voyante, sur une phrase, une seule: comme quoi ça ne tient vraiment pas à grand chose. Quand c’était dur cette simple idée m’a donné du courage, de la force, de la persévérance. Pourtant ce 24 Décembre 2006 il me semble avoir été rarement aussi loin d’avoir tout ce que je veux; si je fais le tour je dirais même qu’en gros je n’ai rien. Dernièrement Louis a trouvé sa tante sur MSN, elle lui a dit que dans les 3 mois « je serais heureux d’être heureux », ça renouvelle mon espoir. Je me promets de vous tenir au courant. En disant que je n’ai rien je suis un peu ingrat car j’ai la santé ! Mon grand père disait toujours que la santé c’est le principal et il avait probablement raison. La Diva est à Mulhouse chez un ami. Si j’étais négatif je pourrai dire que même lui s’en tire à meilleur compte que moi mais ça serait bien mesquin ! Le côté positif c’est que non seulement j’ai un toit mais je l’ai pour moi seul ! Mon garde manger est plein. Le menu de ce soir est aussi original que le reste: salade niçoise en boîte, poulet au curry (dans une assiette micro ondable en 3 minutes !) et yaourts aux fruits. Néanmoins je me suis offert deux paquets de cigarettes blondes pour ce jour spécial, faisant ainsi une pause avec cet immonde tabac à rouler que je fume maintenant quotidiennement. Chacun ses plaisirs !

Chronique d’une vie.com

 

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Décembre 2006

Je relis son sms et pose mon téléphone. Clic gauche, j’ai le monde au bout des doigts, effacable, reformatable à l’infini, Internet m’a manqué et cet ordi presque autant qu’un ami. Ici tout est chimère, c’est finalement ce que j’y cherche. Entre deux bandeaux publicitaire un apollon m’invite à l’amour. On peut s’y perdre, qui peut veut parfois. Un clic et les Etats Unis me regardent regarder ma caméra. Je suis à Washington, à Nancy et à Rome, un autre Narcisse, une autre époque. S’y perdre, s’y dissoudre en pixel. S’y chercher ? Sûrement pas. L’essence de ma quête est pourtant là: une conversation sans fin, d’un contact à un autre, de branche en branche, de l’Ouest à L’Est. C’est grisant. Ou est l’Autre ? Qui est-il ? Est-ce si important ? L’Autre c’est moi qui le regarde me toucher en se touchant. C’est une réalité qui me plaît: simple dans sa complexité. Ils t’énervent, mieux à faire, clique droit tu bloques. Clique droit encore, tu reprends. Rien ici n’est naturel, pas plus que moi et mes civilités presque oubliées pour un temps. Je tends la main pour ouvrir mon frigo minuscule, songer à commander sur fauché.com. Je regarde la météo des Hybrides presque aussi peu importante que celle derrière les volets fermés, au dessus du radiateur. Je rêve sur cette plage jaune soleil. Il s’agit d’oublier le corps chaud qui manque à mes cotés. Je clique encore, un oracle informatique me dit que « ça viendra », me dit que la patience est La Qualité. Je regarde la pub d’un chien robot qui semble faire l’affaire: 1500 fonctions jusqu’à la crotte du matin, port compris. Ou est le Vrai ? Sûrement au milieu de toute ces lumières blafardes. « Vous voulez connaître la Vérité? »: l’affiche d’un film d’anticipation s’étale. C’est sûrement par là. Clic gauche. Un numéro de carte bleue suffit. Une voix métallique m’avertit d’un courrier.  » Plan Branle par cam, tré cho ». Un expatrié à Singapour. Je consulte mon agenda numérique, favori numéro 4: rien avant un rendez vous sur ma messagerie instantanée. Je fonce, je clique, gauche. C’est beau Singapour. J’avais pas imaginé ça comme ça, il y’a aussi des rainbow flags ! Comment se sentir perdu ?!!Je jouis, clique gauche, je raccroche comme on remonte son pantalon trop vite. Mon rendez vous est à l’heure. Discussion vive sur les républicains de l’Amérique, la seule, celle de google et d’ebay puis sur la mode, la vraie, celle de la page gautier.com en bas à droite. Les critiques de la page fashion.net.gouv.org.com sont unanimes, pas nous. Il quitte la messagerie, j’ai fini mon café. Je remet un clic dans le jukebox virtuel, c’est un beau refrain. Mon film du soir est bientôt téléchargé. Un autre sms m’avertit que ce soir il ne sera pas là, qu’il vient rarement. Un deuxieme horoscope me dit « Soyez patient ». Pourquoi pas ? De toute façon tout le monde finit par passer ici à un moment ou un autre. Ou j’irais de toute façon ? Dehors y’a trop de gaz d’échappement, de bruit et de gens qui achetent le Figaro. Clic droit, vue du Luxembourg. Le jardin, pas la ville: quelle idée !C’est reposant, y’a même des oiseaux et un écureuil en 3D.Le film peut commencer: « Le bonheur est dans le pré », remasterisé, Dolby tout ça, tout ça. Je relis son sms. S’il ne vient pas où va-t-il donc ? Il doit y’avoir une nouvelle messagerie qui m’enverra sa pub dans le prochain courrier. Rien de grave puisque j’ai mon portable pour recevoir ses sms. Clic droit, j’éteins la lumière.

 

 

La vérité c’est que pendant ce temps là je loupais plein d’évènement capitaux :

 

 

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Recyclage nocturne : Le Lien

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Le lien

A l’heure où le mot communautarisme s’étale dans tous les médias, je m’interroge sur l’homosexualité, sur une communauté, quelque chose qui me rapprocherait plus d’un homo lambda que d’un hétéro lambda. Il y’a quelques temps nous discutions Louis et moi et il me dit « tu es plus ouvert parce que tu es gay ! ! « . Je lui ai répondu que je me sentais à mille lieux de la majorité des mecs qu’on assemble sous le patchwork « communauté « . En effet je me sens loin de la plupart des mecs, héteros ou homos. Je ne suis pas en train de dire que je leur suis supérieur mais de constater que tous autant que nous sommes nous entourons d’amis et de connaissances avec qui nous avons des affinités et délaissons donc les autres, ceux qui ne nous interessent pas. Nous pratiquons tous une forme de « tri sélectif » et quoi de plus naturel ?

Cependant son idée a fait son chemin et force est de constater qu’être homo ce n’est pas seulement baiser avec des personnes du même sexe, c’est aussi, quand on est un garçon, pouvoir développer un sentiment amoureux pour d’autres garçons. Ca peut être aussi une philosophie, une manière d’être, une conception de l’amour ou que sais-je ? Quoiqu’il en soit ça devrait toujours ouvrir des portes, rendre plus tolérant parce quand on passe son enfance à écouter l’insulte « pédé  » à longueur de récréation, on connaît le rejet discriminatoire et on sait à quel point il est douloureux et sans fondement pour celui qui le vit.

Le soir du réveillon du nouvel an, j’étais dans un bar pédé à Aix en Provence. John et moi rigolions en regardant un client s’amuser à faire la folle, dansant sur Dalida en jouant avec un boa, mimant une tentative de séduction auprès d’un client assis à une table, etc… Il était très drôle, il faisait son show pour nous amuser dans une dérision que les pédés me semblent parfois pratiquer mieux que quiquonque. Il nous faisait rire et s’assumait totalement. D’un coup je me suis senti bien et je me suis dit « je suis heureux d’être homo ». Et c’est vrai. Si je devais renaître j’aimerais renaître pédé, parce que je trouve que le cliché « les gays savent faire la fête  » n’est pas si galvaudé, parce que ça m’a ouvert l’esprit sur la diversité du monde, sur la différence, les différences, parce que quand j’aurais pu vouloir être raciste en mettant une ethnie entière dans la même case j’étais bien forcé de constater que moi et un autre quidam gay n’avions parfois absolument rien en commun et enfin et surtout parce que j’aime les hommes et qu’en l’état actuel des choses il m’est très difficile d’imaginer de vouloir aimer les femmes. Etre homo m’a enrichit. Grâce (ou a cause, bouteille moitié vide ou moitié pleine) à mon homosexualité j’ai été plus sensibilisé que la moyenne à la prévention contre le VIH quand les gouvernements laissaient mourir les pédés et les toxicos, j’ai mieux appréhendé l’horreur des camps de concentration où les triangles roses côtoyaient les étoiles jaunes, j’ai compris l’importance de se battre pour ses droits et de ne rien lâcher quand on pourrait se contenter d’un pacs mais que par principe on exige une égalité totale. J’ai pu apprécier qu’on me montre qu’on n’est pas obligé de tirer la gueule pour manifester, que le faire sur de la musique peut être amusant (touche homo par excellence). J’ai aussi compris l’importance des soldes, de l’humour et d’avoir un canapé assorti au papier peint. J’ai appris l’injustice. La liste serait longue pour expliquer comment mon orientation sexuelle et amoureuse a participé à mon identité tout entière. Je suis homosexuel, je suis bien plus qu’une sodomie.

Alors que je rigolais avec John dans ce bar, est arrivé un groupe qui comptait deux hommes travestis. Une des connaissances de mon comparse a soudain fait une mine renfrognée et lui a murmuré quelque chose. J’ai voulu savoir de quoi il s’agissait et mon cavalier m’a dit « il n’aime pas les mecs qui s’habillent en femme « . La moutarde m’est montée au nez. Il est différent, il y’a encore quelques années il était hors la loi et aujourd’hui que fait-il ? A son tour il discrimine, à son tour il est intolérant. Sait-il qu’au Stonewall des folles se sont battus pour lui ? ! Je l’ai maudis le reste de la soirée.

Certaines personnes ne « méritent » pas d’être homosexuelles. Etre gay pour moi ça relève presque d’un acte politique et en son temps j’ai choisi la gauche aussi en partie pour ça. Aujourd’hui nous semblons à la mode, nous sommes devenus  » Double income no kid « , une cible publicitaire, un marché ou des électeurs potentiels. On nous racole à gauche à droite, on en oublierait presque qui sont nos ennemis.

Je comprends ceux qui veulent rejeter le modèle « hétéronormé  » même si moi, une maison, un copain, un travail et des enfants c’est à peu près ce à quoi j’aspire. Il s’agit d’avoir le droit d’être différent, d’être qui on veut ou qui on peut ! Rien n’est jamais acquis et quand nous aurons le droit de nous marier et d’adopter (car nous l’aurons), il faudra se rappeler les combats, du chemin parcouru et des pays où on brime encore et toujours les gens différents de la norme. Il faudra continuer de se battre contre les bien pensants qui veulent imposer comme seule façon d’être la leur, qu’ils soient hétéros, homos, blanc, jaunes ou extraterrestres.

Il y’a des combats qui ne s’arrêtent jamais.

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A l’envers, à l’endroit

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« On n’est pas encore revenu du pays des mystères

IL y a qu’on est entré là sans avoir vu de la lumière

Il y a l’eau, le feu, le computer, Vivendi et la terre

On doit pouvoir s’épanouir à tout envoyer enfin en l’air

On peut toujours saluer lespetits rois de pacotille

On peut toujours espérer entrer un jour dans la famille

Sûr que tu pourras devenir un crack boursier a toi tout seul

On pourrait même envisager que tout nous explose à la gueule

Autour des oliviers palpitent les origines

Infiniment se voir rouler dans la farine

A l’envers, à l’endroit, à l’envers, à l’endroit

A l’endroit, à l’envers, à l’envers, à l’endroit

Y’a t’il un incendie prévu ce soir dans l’hémicycle

On dirait qu’il est temps pour nous d’envisager un autre cycle

On peut caresser des idéaux sans s’éloigner d’en bas

On peut toujours rêver de s’en aller mais sans bouger de là

Il paraît que la blanche colombe a trois cents tonnes de plombs dans l’aile

Il paraît qu’il faut s’habituer à des printemps sans hirondelles

La belle au bois dormant a rompu les négociations

Unilatéralement le prince entame des protestations

Doit-on se courber encore et toujours pour une ligne droite ?

Prière pour trouver les grands espaces entre les parois d’une boîte

Serait-ce un estuaire ou le bout du chemin au loin qu’on entrevoit

Spéciale dédicace à la flaque où on nage, où on se noie

Autour des amandiers fleurissent les mondes en sourdine

No pasaran sous les fourches caudines

A l’envers, à l’endroit, à l’envers, à l’endroit

A l’endroit, à l’envers, à l’envers, à l’endroit. »

 

Texte: Noir désir

Image: www.re-so.net

flash semi-nocturne sous forme d’injonctions personnelles répétées jusqu’à l’oubli et/ou l’abandon pur et simple et/ou plus compliqué ne nécessitant que son aval propre et uniquE.

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1.il n’y a pas de règleS.

2.il n’y a que celles inventées par ceux qui voulaient te faire croire aux règles pour t’imposer les leurS.

3.brise-leS.

12.on ne retiendra que les exceptions.

17.compose les tienneS.

22.crée Ton jeu.

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