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213 mots

 

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Il faut marcher et marcher encore, rejoindre les lumières tant qu’elles brillent. Il regarde sa montre en haletant. Les aiguilles ont disparu. Quelle heure peut-il bien être ? Depuis combien de saisons court-il dans le noir ? Ses jambes chancellent, sa gorge sèche est une douleur mais il ne doit pas s’arrêter. Même si le temps n’existe plus, il n’en a pas suffisamment pour chercher une fontaine dans la ville morte. Il les entend derrière lui, elles sont encore loin mais ne tarderont pas à le rattraper s’il s’autorise une escale. Au milieu du trottoir, juché sur le flanc d’une poubelle renversée, un rat l’observe en frottant ses pattes avant l’une contre l’autre. Est-ce qu’il rit ?  Il chasse cette idée en accélérant le pas. « Seigneur donne-moi un peu de force, ne les laisse pas gagner, pas encore, pas toujours » mais personne ne répond. Il plaque ses mains sur ses oreilles froides et fredonne une vieille mélodie pour faire taire les sirènes de la nuit.  Si les lumières brillent au devant c’est qu’il y a des gens, peut-être des semblables, qui vivent là-bas.  Il doit les trouver, coute que coute. Il ne faut plus réfléchir, il faut seulement courir.

La quintessence du vide

 

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Vendredi 13 juin 2008

 

La réalité est fatigante.

Je reprends une bouffée parce que j’en veux encore.

Un pied ici, la tête dans les étoiles, un autre pied dans la merde, j’essaie de trouver ma route. J’ai le pouce levé sur le bord d’une nationale, je me repose dans un motel ou je cherche un plan dans la ville éteinte.

Les jours passent aussi bien que mal, les nuits défilent sur le compteur des insomnies.

Je monte encore dans un bus et je regarde toujours les gens. Il y a lui avec son costume bleu. Il marche vite. Il va quelque part, ça saute aux yeux. Elle, au téléphone elle n’est plus là, elle certifie à Karim qu’elle n’a pas montré les conversations MSN d’Abdel à Océane et mes états d’âme elle s’en fout. La mamie bleue d’à côté n’en perd pas une miette même si ses yeux s’égare parfois quand fusent les « pétasse ». Derrière, un jeune baggy a troqué son ghetto blaster contre un téléphone tout aussi efficace pour tenir l’assemblée au parfum de ses gouts en matière de rap. Le temps file et moi, j’ai mis vingt euros dans la poche de mon jean, je vais chercher un morceau du bonheur disponible, la résine en barre qui vous fait oublier les entournures.

Je retourne à la zone défonce, deux tours grises au bout de la ville cendres. Je n’en finis pas de prolonger ce week-end où le temps n’existe plus. Fumer des joints, se retourner sur le côté et regarder des séries américaines téléchargées légalement (au Zimbabwe) sur cet ordinateur qui a tellement tourné qu’il va bruler les draps. Desperate housewives … saison 4… en entier. C’est fou la résistance qu’on oppose à la vacuité quand la terre ne tourne plus vraiment, les masochismes deviennent plus doux.

Le téléphone sonne et je ne réponds pas, je veux juste pendant quelques jours oublier tout ce qui m’entoure, toutes les questions, les malédictions farceuses, les problèmes, la fiente sur le sol qui n’a pas complètement cédé au dernier coup de serpillère.

Je n’écris pas, je passe juste vous saluer entre deux cigarettes et une crise de boulimie.

Bientôt il faudra recommencer à respirer et sourire parfois dans le léger vent du soir.

Les oiseaux, le soleil, le printemps qui s’en va, l’amertume aussi, bientôt mais pas maintenant.

Il pleut.

Des relents du futur

 

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Un oracle du cybermonde, février 2008 : « on me dit de vous dire qu’il arrive bien souvent que les blessures ou les problèmes qu’on a subi nous rendent aigris envers notre prochain, il faut remédier à cela tout en restant sur vos gardes… »

 

 

Chinma est mort d’une overdose d’amertume dans les draps rêches d’une clinique inhospitalière de la ville caveau le 22 juin 2029 à 20h34. Je n’ai pas pu assister à La cérémonie, j’avais un debriefing capital avec mon équipe au complet mais j’ai envoyé un énorme bouquet de fleurs colorées au prix exorbitant. Il est probablement passé inaperçu, Chinma n’avait plus d’ami depuis la fin du siècle dernier et le crématorium a du resté désert mais j’avais envie d’adresser un clin d’œil complice au rhume des foins chronique de ce vieux bougre. S’il nous regarde de là haut, il saura apprécier le geste à sa juste valeur, lui qui passait son temps à me rappeler qu’il n’avait jamais été question d’amitié entre nous. Nous étions de vagues connaissances qui se rencontrent dans le seul but de se vider la glotte ensemble. Je pense pourtant à lui presque tous les jours en priant le Ciel de ne jamais finir comme ça, dans cette aigreur ulcérante. C’est peut-être même cette pensée qui m’a sauvé hier.

Je venais de passer deux heures assis sur le bord de mon lit, à contempler dans mes mains une corde achetée en solde la semaine dernière chez Castoramix, au cas où. Je me suis mis à imaginer Chinma sur son lit d’hôpital et paradoxalement ça m’a donné de la force. J’ai éteint le vieux Noir désir qui tournait en boucle et j’ai quitté ces murs blancs, bien décidé à me changer les idées.

J’ai passé la soirée dans une solitude à couper au couteau à parcourir ce jardin dont je connais désormais chaque recoin. Le temps me rend si téméraire que j’y ai poursuivi un jeune bucheron pendant presque une heure entière. Malheureusement il m’a préféré une jeunesse de trente ans, pourtant bien plus laide que moi. L’avantage de l’âge … En rentrant, bredouille, ma tristesse est redevenue désespoir devant la perspective d’une nouvelle fin de soirée sur mygaypornotube.com, seul au milieu de la ville cendres.

Quand j’avais emménagé là, j’avais cru que j’en partirais rapidement, que ce n’était qu’une affaire de semaines et ça fait plus d’un quart de siècle que j’en suis prisonnier. J’ai chassé tous mes amis, ma famille ne veut plus entendre parler de moi, les seuls coups de téléphone que je reçois sont des appels commerciaux de collègues télévendeurs. Chaque matin je m’invente une nouvelle raison pathétique de respirer encore : un concours de poésie, une grille de Loto, un tirage de tarots prometteur, un dialogue chaleureux sur pédéland.net, l’espoir se contente de peu, il attrape tout ce qui passe à portée de rêve.

Un jour vous ne viendrez plus sur cette page car vous serez lassés d’attendre un nouveau billet. Six mois sans nouvelles, votre patience a des limites. Vous ne saurez jamais que l’odeur de putréfaction qu’exhalait mon appartement a fini par déranger les voisins et que des pompiers m’ont retrouvé lévitant au dessus du sol couvert d’excréments secs. Ou alors … en passant la porte vous trouverez sur une page blanche, une formule laconique qui vous apprendra que cette adresse n’a jamais existé. Vous vous demanderez un instant si tout ça n’était qu’un mauvais rêve, vous secouerez la tête et vous continuerez votre chemin parmi la blogosphère en m’espérant heureux quelque part. J’aurai rejoint Chinma au milieu des nuages où il m’attendait armé de nouvelles formules assassines :

- Tiens, te vlà vieux phacochère ! Prépare-toi à en chier. C’est d’un ennui mortel ici et le pire de tout c’est que c’est sans espoir d’ailleurs plus accueillant…

 

Noir désir, les écorchés

 

 

Aux destins insipides

 

A se réveiller dans ce dépotoir sans issue, je n’ai plus rien à dire.

Il ne se passe rien.

10h, je me réveille, encore couché je fume une cigarette et je suis traversé par une énergie soudaine : l’envie de m’en sortir.

Sans quitter mon lit, j’allume mon ordinateur et je commence à faire des recherches d’emploi sur l’internet.

10h17, je prends une nouvelle fois la réalité en pleine face en me heurtant au même problème que la veille, l’avant-veille et l’année dernière : je suis coincé ici où je ne construirai rien, sans perspective de départ.

Je me lève, j’ouvre les volets, je regarde la grisaille au dehors en me demandant comment remplir cette nouvelle journée morne loin de tout ce que j’aime.

Je jette un œil à MSN, personne n’est connecté. Ces gens ont une vie. Que font-ils, où sont-ils, est-ce qu’ils rient … ?

L’aigreur commence à s’installer.

J’ai 32 ans et je suis déjà une vieille carne au futur sans avenir, abîmée par l’ennui d’une existence monstrueusement insipide.

Je parcours toutes les chaines de mon téléviseur, j’allume la radio, je me retourne dans mon lit pour faire face à l’écran de mon ordinateur, je lis.

Par terre, des emballages vides, du tabac, des kleenex. Je n’ai même plus envie de m’occuper de l’intendance de cet endroit. La vaisselle s’accumule. Je lave une tasse et une cuillère, je fais infuser un thé. Dans l’immeuble en vis-à-vis, le voisin bedonnant est sorti fumer une cigarette sur son balcon. Il me regarde en se grattant les couilles.

Est-ce que je suis quelqu’un qu’on regarde en se grattant les couilles ?!

Je me rassois devant l’ordinateur, je cherche une occupation. Encore au moins quinze heures à tenir avant de rejoindre le pays des rêves salutaires.

Que peut-on faire ?

Une énième promenade ridicule, un autre plan sexe désincarné ?

Je parcours mon compte bancaire, ma consommation téléphonique, la météo du Burkina Faso, …

La lassitude me gagne, l’ennui puis la colère. Le tout finit par se fondre dans une frustration indicible.

Je passe un coup de téléphone, j’écris un mail, je poste un commentaire sur un blog.

Vers 5 h du matin, sans savoir comment j’ai réussi l’exploit de tenir une journée de plus, je fume une dernière clope, je laisse la télé allumée pour ne pas être réveillé par les bruits des voisins, je me tourne sur le côté et je ferme les yeux.

Vivre, ce n’est pas ça.

Aux slogans hypocrites

 

Ils disaient « crois en toi, aie confiance en moi », où sont-ils ?

Mes murs blancs n’ont rien à répondre, ma chambre d’hôpital high tech, mon petit chez moi, ma tombe ne promet rien d’autre que la folie.

Quand on m’a tendu le programme il y a des millénaires, ça avait l’air sympa. Ce serait des rires, des tours de grand huit, l’Amour éternel, le bien qui triomphe toujours, des certitudes, des jacuzzis, des sentiments, des petits malheurs qui n’en font jamais un grand.

Je n’avais pas compris, j’étais naïf, je croyais vraiment qu’Omo lave plus blanc que blanc même à travers les nœuds.

Remboursez !

Aux filtres défectueux

 

Au détour d’une ligne quelque chose s’est brisée ou peut-être sera apparue demain, je ne sais plus.

La solitude intérieure, celle qui ne se comble jamais, c’est celle-là qui m’emportera.

Qui pourrait comprendre que le vent n’est plus, qui pourrait effacer la souillure que je porte ?

Ou est-ce elle qui me porte ?

Quand on a compris, quand il n’y a plus rien à attendre, que faire encore ici ?

Comme ces gens qui disent avoir perdu l’homme ou la femme de leur vie, on se demande pourquoi rester debout.

Je n’avais rien à dire, à la vérité je me sentais seul, personne ce soir pour me donner l’illusion que mon gouffre intérieur peut être encore rempli.

Si tout est calcul, s’il ne reste pas une part de virginité, on peut toujours errer ici à la recherche de son ombre, on peut encore se faire croire que le jour reviendra ou écrire des mots qui n’existent que pour eux-mêmes.

Je ne sais pas combien de temps on peut tenir comme ça… probablement des siècles.

SarkoZy et le chat de la voisine

 

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Well, je suis encore là.

Je passe quelques temps chez Granma suite à quelques problèmes financiers : les ASSEDIC s’amusent à retirer des sommes aléatoires à mes allocations. Pouvoir arbitraire.

Est-ce que je ne suis pas finalement là où j’ai toujours voulu être, est-ce que je n’ai pas tout fait pour me retrouver là ?

J’essaie de ne rien attendre, de prendre les choses comme elles viennent.

Pas de déclic.

Plus de mise au point.

Il n’y a rien à changer chez moi.

Je regarde le tourbillon, j’écoute les gens me parler de leurs petites histoires comme si tout ça avait une importance quelconque.

Sarkozy,

Le chat de la voisine,

Le prix du baril de pétrole,

La réception de Clarissa,

X me fait la gueule,

La météo est mauvaise,

Tu veux que je te dise ?

Tu vis, tu avances, tu aimes, des hauts-des bas, tu essaies d’apprécier le voyage et tu meurs.

On va pas en faire tout un plat.

L’hôpital qui se fout de la charité.

Bilan-comptable : 2007 était véritablement une année de merde pour moi.

Résolution : ne pas prendre de résolutions pour 2008.

Je n’attends rien.

Je n’espère rien.

Je regarde le paysage.

Je négocie les virages.

Je respire.

Il n’y a rien à changer chez moi.

 

 

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wel chui encor la
jpass qq ten ché granma a coz de blem de $. Lé ASSédic s’amuse a retiré dé $ o aZar a mé alloc niksarace
esK chui po finalemen ou g toujour voulu etr ? esK g patoufé pr en arrivé la ?
G –ssai 2 rien atendr 2 prendr lé choz com L viene
no deKliK
no mizOpoin
yarien na changé ché moi
jregard le tourbillon, j’ecout lé gen me parlé de leur ptitZ histoir com si sa avé 1 1portans qqKonK
sarKo
le cha 2 la couzine
le pri du baril de petrol
la teuf 2 britani
X fé la gueule
la meteo é movaiz
tu vi t’avans tu kiffes dé O- dé Ba tu try kiffé le voyage é tu meur
ta vu ?
on va po en f’r tou 1 pla
opital ki sfou 2 la charity
bilan : 2007 tro de la merd
resolution 2008 : no resolution
jaten rien
jesper rien
jregard le payzaj
jnegosi lé viraJ
jrespir
yarien na changé ché moi


 

 

No life

Je suis privé d’internet depuis plus de dix jours.
Commne la connexion Wi-Fi de l’immeuble n’est toujours pas rétablie, hier j’ai craqué et ouvert une ligne de téléphone fixe personnelle.
Ensuite j’ai fait un achat compulsif chez Numéricable qui malgré leurs déboires, et surtout ceux de leurs clients, sont plus rapides à installer le haut débit que les dealers d’Adsl.
Je ne serai livré que lundi, alors j’ai ouvert une connexion bas-débit.
Je vendrai un rein s’il le faut.
Je suis accroc.
Je suis un cyber-@ddict.
La réalité, là dehors, m’intéresse de moins en moins.
La vie que je mène ne m’intéresse pas.
Je vis dans une prison dont je suis le geôlier.
J’ai besoin de voir ce compteur internet tourner.
J’ai besoin de ce ron-ron.
J’EN AI BESOIN.
Sur msn ma photo s’est «pixélisée », signe que je vais bientôt disparaître dans la toile.
Seigneur, fais de moi une adresse http, un code HTML, une requête google, une statistique.
Ici, il n’y a pas de mal.
Il n’y a rien.
Ici, vous êtes déjà morts.

Bienvenue.

Long is the way

Il faut que je m’exprime.
Il faut que je sois moi, que je sorte de moi.
Une partie de moi lutte pour sortir tandis que l’autre se bat pour la contenir.
Calé entre les deux je regarde les trains passer.

Les vies d’un autre

Une autre nuit parmi les ombres d’un autre jardin publique du centre d’une autre ville française. Comme à N. il y a 4 ans, comme à C il y a 15 ans.
Je ne cherche pas du sexe, j’attends autre chose. Je ne baise pas, je passe le temps, je comble le vide.
C’est une journée ordinaire à Gayland… l’après-midi je tripote un italien, le soir tombé je suce un marocain.
Alors que je prends congé de lui pour essayer de retrouver dans la nuit un fantôme blond qui avait tenté de s’immiscer dans nos ébats quelques minutes plus tôt, il me dit :
« Fais attention à toi … »
Ce n’est rien, ça ne semble rien mais c’est la seule trace d’humanité de cette soirée et l’écho de la nuit confère à ces mots une part de tendresse.
Comment s’appelle-t-il déjà ?
Je ne le reverrai pas, nous sommes seulement des étrangers qui ont frotté leur solitude l’une contre l’autre.
Combien en ai-je touché, combien en ai-je croisé depuis toutes ces années ?
Je cherche le blond pendant quelques temps mais il a du déclarer forfait et je ne rencontre aucun autre fantôme. Je m’assois sur le banc ou j’ai mes habitudes et je retrouve la conversation étouffée de deux jeunes hétéros, quelques mètres derrière, qui partagent sans le savoir nombre de mes soirées.
Je pense à lui, qui est dans une autre partie de la ville, lui qui n’est pas un corps mais un fantasme qui réchauffe le coeur.
Je ne le connais pas vraiment, je l’entrevois à peine, mais par des circonstances complexes, je sais qu’il doit être triste ce soir et que lui aussi, à sa manière, il se débat seul dans la nuit et cherche des issues. Il n’aura probablement pas répondu à mon message et il est possible que je ne le revoie jamais. Demain ou la semaine prochaine, quand j’aurai accepté complètement cette idée, nous aurons déjà vécu dans ma tête une longue histoire, ponctuée de détails insignifiants dont moi seul perçois l’importance capitale. Je pourrai alors passer à autre chose, m’accrocher à une nouvelle chimère.
Pour l’heure, il se fait tard et demain matin un autre cours ennuyeux m’attend, dans une autre vie qui n’est pas non plus tout à fait la mienne.
« Je rentre retrouver mon lot
De solitude
J’ôte mes cils et mes cheveux
Comme un pauvre clown malheureux
De lassitude
Je me couche mais ne dors pas
Je pense à mes amours sans joie
Si dérisoires
A ce garçon beau comme un Dieu
Qui sans rien faire a mis le feu
A ma mémoire … » (Aznavour, « Comme ils disent »)


 

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