Archives pour la catégorie Rien

Overdose de mocassins

 

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Je marchais dans la rue quand je pris subitement conscience que j’étais bien dans ma peau. J’avançais vite, je me sentais bien et je débordais d’énergie et d’envies : envie de rencontrer du monde, de parler, de rire, de faire l’amour, de boire un verre assis à la terrasse d’un café, de danser, de draguer, de flâner… Je me sentais vivant.
Je me suis mis à regarder les gens autour de moi, j’imagine que j’espérais entrer en contact, mais Limoges m’a sauté dessus pour me jeter à terre. Je n’ai vu que des regards hostiles, hautains et méprisants, des coupes de cheveux laquées des années 50, des costumes étriqués de culs bénis, des enfants habillés à la mode Petit Bateau…

 

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Ca a commencé à m’opprimer, j’ai essayé de penser à autre chose et j’ai cherché ce que je pourrais faire ce soir, un samedi sur la terre avec un peu d’argent en poche. Je n’ai pas trouvé, ou plutôt si : il n’y a rien à faire ici un samedi soir, rien dont j’ai envie.
C’est alors que je les ai vues devant moi… deux filles aux cheveux roses et à l’air jovial. A l’instant même où je les apercevais, je savais qu’elles n’étaient pas d’ici. Alors q
ue je les dépassais d’un pas rapide je les ai entendus parler. Je ne sais pas ce qu’elles se disaient mais une chose est sûre, elles avaient l’accent toulousain. Ca m’a un peu désarçonné et j’ai lutté contre l’envie de me retourner et de leur hurler «je ne suis pas comme eux, je vous comprends, je vous aime, ne me laissez pas là, emmenez-moi ! ! !» mais ça aurait paru bizarre, alors j’ai continué ma route en accélérant le pas, cette fois pour arriver chez moi le plus rapidement possible et ne plus voir cette horrible ville et ses horribles habitants. Mais c’était trop tard, le souvenir de Toulouse grandissait en moi. L’accent chantant qui titille inexplicablement ma libido, le «avec plaisir» local, les sourires, le métro sécurisé à outrance, Capitole toujours bondée le samedi, le soleil, la foule cosmopolite, la Garonne, la prairie des filtres, le temple «FNAC» des allées Jean Jaurès, les Chalets, les pétasses « Rue-Saint-Rome-R&B-Style », les putes au bord du canal près de la gare que je croisais chaque soir en rentrant, , les vendeurs de cigarettes de la Place Arnaud Bernard, le jardin des Abattoirs, Saint Cyp, le style « rugbyman », le quartier Saint Michel, Midica, les charmants petits vieux qui tiennent le kiosque de la place Esquirol, le Quinquina, le Grand cirque ,le Shangaï, l’ex « Milk trendy bar »,… Toulouse me manque. Un jour, bientôt, je partirai d’ici sans billet retour et sans jeter un regard derrière moi. Qu’on fasse de cette région un gigantesque Disneyland et qu’on transforme Limoges en parc hôtelier attenant ! Honnêtement ça ne mérite pas mieux.

J’ai l’air aigri, et tout ça n’est pas très constructif mais je le garde en moi depuis trop longtemps, comme un Alien qu’il fallait que j’expulse enfin.

 

« Stop au bruit, ça saoule et c’est pas cool »

 

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Cher journal,

 

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Ma vie est trop de la merde.

Hier maman est rentré à la maison complètement torchée, avec son nouveau copain qui avait la main dans son soutif. J’avais trop la haine.
Jeremy n’a toujours pas rappelé, ça m’énerve grave.

Qu’est-ce que j’ai envie de dire ?

Quelque part je me sens vide. Il ne m’arrive pas moins de chose que chez Granma, ça serait difficile, mais une nouvelle fois j’ai la sensation de m’éteindre.
Des rêves me tiennent encore debout. A moitié debout puisque je passe une bonne partie de la journée couché sur mon clic-clac à regarder des vidéos.
J’aimerais ne pas être seul et en même temps je fais ce choix car je ne me sens pas capable d’être bien avec les autres.

Ma vie n’aura été qu’un long entraînement à l’état de mort

Faire un minimum de mouvements pour ne pas s’éveiller

Tout à l’heure, je suis allé lire dans un jardin public près de chez moi, lieu de chasse homo incontournable du centre ville de Jurassic Park.
Il y avait un très joli garçon et visiblement il le savait, il ressemblait à un paon. Il a commencé à vouloir jouer avec moi : œillades, changements de banc, …
Moi, je m’efforçais de ne pas le regarder, mes yeux allaient de ma BD à l’horizon, s’attardant sur tous les mecs qui passaient sauf sur lui. Je faisais comme s’il n’existait pas, je voulais lui signifier le non sens de sa minable fierté, qu’il rentre chez lui pour pleurer.

Je suis aigri.

Cher journal, je n’arrive même pas à te parler ce soir.
Maman m’a dit que si je continuais comme ça, je finirais comme elle.

 

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Rien

 

Il y a tous ces jours où j’ai rêvé de toi. Et parfois il n’y a rien d’autre. Il y a toi.
Et c’est tout.
Tu ne mérites pas tout ça.
Tu m’épuises.
Pour toi c’est un jour comme un autre. Moi je meurs. A l’intérieur de moi tout éclate. Et tout ça n’a aucune importance. Quelques gouttes de plus. Un cri. Rien.
Un jour je ne pourrai plus me relever. Et tout ça n’aura aucune importance. Un jour cette douleur finira par m’achever. Un jour. Ou une nuit. Un instant. Un rien. Un vide. Et toi. Là. Au fond. Sous l’épiderme. Une douleur de plus. Un autre trou noir dans le néant. Je suis froid. Je ne sais pas vivre. Tu m’as privé de tout.
Ils avancent, pour eux rien n’est que rien. Au fond de voitures ils avancent.
Ils sont.
Je laisse le poison couler en moi, je te laisse m’envahir. Je suis à toi. Une douleur. Une douleur de plus.

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